‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 50 sur 162 · AljiMOlRES · texte numérisé non relu

AljiMOlRES

autre Genevoise, la belle Vermenoux, la plus intime amie de M. et madame Necker. Depuis que j'avais fait connaissance avec elle, chez ces époux dont elle avait formé les nœuds, je Tavais toujours cultivée; mais son amitié pour ma femme, depuis mon mariage, fut pour nous un nouveau lien.

Madame de A'^ermenoux , au premier abord , était l'image de Minerve; mais sur ce visage imposant brillait bientôt cet air de bonté, de douceur, celte sérénité, cette gaîté naïve et décente qui embellit la raison , et qui rend la sagesse aimable. L'inclination dont elle et ma femme se prirent mutuellement fut de la sympathie, si l'on n'entend par-là que le parfait accord des esprits, des goûts et des mœurs. Avec quel plaisir cette femme, habituellement solitaire et naturellement recueillie, nous voyait arriver à sa maison de campagne de Sèves ! avec quelle joie son ame se livrait aux douceurs de l'intimité, et s'épanouissait dans les petits soupers que nous allions faire à Paris avec elle ! Assez jeune encore pour goûter les charmes de la vie, la mort nous l'enleva; mais, en la regrettant, j'ai. reconnu depuis que, pour elle, de plus longs jours n'auraient été remplis c[iie de tristesse et d'amertume. Plus tard , elle aurait trop vécu.

J'en reviens à Saint-Brice et au tendre intérêt qui nous y occupait, dans ce tenqis-Ià, ma femme et moi : c'était sa nouvelle grossesse. Le boji air.

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