‹ Œuvres complètesChapitre 27 sur 196 · LIVRE r. -IJ · texte numérisé non relu

LIVRE r. -IJ

priai le régent de m'entendre, et il m'écouta. « Ce fut, lui dis-je, le jour de S. Pierre, sa fête, que Durif, notre camarade, nous donnait à dîner : tout occupé à bien régaler ses amis , il n'avait pu fniir les devoirs de la classe , et Tamplificalion était ce qui l'inquiétait le plus. Je crus permis et juste de lui en éviter la peine ; et je m'offris à travailler pour lui, tandis qu'il travaillait pq^ir nous. »

Il y avait au moins deux coupables ; le régent n'en voulut voir qu'un, et son dépit tomba sur moi. Confus , étourdi de colère , il fit appeler le correcteur pour me châtier, disait -il, comme je l'avais mérité: au nom du correcteur, je faisais mon paquet de livres et j'allais quitter le collège. Dès-lors plus d'études pour moi, et mon destin changeait de face ; mais ce sentiment d'équité naturelle qui , dans le premier âge , est si vif et si prompt , ne permit pas à mes condisciples de me laisser abandonné. Non, s'écria toute la classe, ce châtiment serait injuste , et si on l'oblige à s'en aller , nous nous en allons tous. Le régent s'apaisa , et il m'accorda mon pardon , mais au nom de la classe, en s' autorisant de l'exemple du dictateur Papirius.

Tout le collège approuva sa clémence , à Fexception du préfet , qui soutint que c'était un acte de faiblesse , et que , contre la rébellion , jamais il ne fallait mollir. Lui-même , un an après, il voulut exercer sur moi cette rigueur dont il

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