ACTE II, SCENE X. ^35 Que mon cœur vous adore, et n'adore que vous
LA COMTESSE
L'amour le trouble. Hé quoi ! que faites-vous , Valère ?
V ALÈ RE.
Ce que vous-même ici m'avez permis de faire.
N É R 1 N E , à part.
Voici du quiproquo.
VALÈRE, à Angélique.
Que je serois heureux.
S'il vous plaisoit encor de recevoir mes vœux !
LA COMTESSE , à Valère.
Vous vous méprenez.
VALÈRE, à la Comtesse.
Non. Enfin, belle Angélique, Entre mon oncle et moi que votre cœur s'explique ; Le mien est tout à vous , et jamais dans un cœur....
LA COMTESSE
Angélique !
VALÈRE
On ne vit une plus noble ardeur.
LA COMTESSE
Ce n'est donc pas pour moi que votre cœur soupire ?
VALÈRE
Madame , en ce moment je n'ai rien à vous dire.
Regardez votre sœur; et jugez si ses yeux
Ont laissé dans mon cœur de place à d'autres feux.
LA COMTESSE
Quoi î d'aucun feu pour moi votre âme n'est éprise ?
Quelques civilités que l'usage autorise....
LA COMTESSE
Comment ?
ANGÉLIQUE
Il ne faut pas avec sévérité Exiger des amants trop de sincérité.
Ma sœur , tout doucement avalez la pilule.
LA COMTESSE
Taisez-vous, s'il vous plaît, petite ridicule.
VA LÈ RE, à la Comtesse.
Vous avez cent vertus , de l'esprit , de l'éclat , Vous êtes belle , riche, et....
LA COMTESSE
Vous êtes un fat.
ANGÉLIQUE
La modération , qui fut votre partage ,
Vous ne la mettez pas , ma sœur , trop en usage.
LA COMTESSE
Monsieur vaut-il le soin qu'on se mette en courroux ? C'est un extravagant , il est tout fait pour vous.
(Elle sort.)