SCÈNE XI
VALÈRE, ANGÉLIQUE, NÉRINE
KÉRINE, à pari. ,
Elle connoît ses gens.
VALÈRE
Oui , pour vous je soupire , Et je voudrois avoir cent bouches pour le dire.
jy É s I N E , bas , à Angélique.
Allons, madame, allons, ferme; voici le choc. Point de foiblesse au moins , ayez un cœur de roc.
ANGÉLIQUE, bas, à Nérine.
Ne m'abandonne point.
N É R I jy E , bas , à Angélique.
Non, non; laissez-moi faire.
VALÈRE
Mais que me sert , hélas ! que mon cœur vous préfère ? Que sert à mon amour un si sincère aveu ? Vous ne m'écoutez point, vous dédaignez mon feu. De vos beaux yeux pourtant , cruelle , il est l'ouvrage. Je sais qu'à vos beautés c'est faire un dur outrage De nourrir dans mon cœur des désirs partagés ; Que la fureur du jeu se mêle où vous régnez : Mais....
ANGÉLIQUE
Cette passion est trop forte en votre âme Pour croire que l'amour d'aucun feu vous enflamme.
Suivez, suivez l'ardeur de vos emportements;
Mon cœur n'en aura point de jaloux sentiments.
îf É R I N E , bas , à Angélique.
Optime.
VALÈRE
Désormais , plein de votre tendresse , Nulle autre passion n'a rien qui m'intéresse : Tout ce qui n'est point vous me paroît odieux.
ANGÉLIQUE, d'nn ton pins tendrev
Non , ne vous présentez jamais devant mes yeux.
N É R I N E , bas , à Angélique.
Vous mollissez.
VALÈRE
Jamais ! quelle rigueur extrême !
Jamais ! Ah ! que ce mot est cruel quand on aime ! Hé quoi ! rien ne pourra fléchir votre courroux ? Vous voulez donc me voir mourir à vos genoux ?
ANGÉLIQUE
Je prends peu d'intérêt , monsieur , à votre vie.
N É R I N E , bas , à Angélique.
Nous allons bientôt voir jouer la comédie.
VA L ÈRE
Ma mort sera l'effet de mon cruel dépit.
N ÉR I NE , bas, à Angélique.
Qu'un amant mort pour nous nous mettroit en crédit!
Vous le voulez ? Hé bien , il faut vous satisfaire , Cruelle ! il faut mourir.
( Il vcul tirer son épée. )