LE MARQUIS, VALÈRE, HECTOR
HECTOR, accourant.
Quels desseins emportés....
LE MARQUIS, mettant l'épée à la main.
Ah 1 c'est trop endurer.
HECTOR, au Marquis.
Ah, monsieur! arrêtez.
LE MARQUIS , àHector.
Laissez-moi donc.
HECTOR, au Marquis.
Tqutbeau!
VALÈRE, àHector.
Cesse de le contraindre :
ACTE III, SCENE XII. 271 Va , c'est un malheureux qui n'est pas bien à craindre.
HECTOR, au Marquis.
Quel sujet....
LE MARQUIS, fièrement à Hector.
Votre maître a certains petits airs....
( Valère s'approche du Marqnis. Le Marquis effrayé , dit doucement : )
Et prend mal à propos les choses de travers. On vient civilement pour s'éclaircir d'un doute , Et monsieur prend la chèvre; il met tout en déroute, Fait le petit mutin. Oh ! cela n'est pas bien.
HECTOR, au Marquis.
Mais encor quel sujet ?
LE MARQUIS, à Hector.
Quel sujet? Moins que rien.
L'amour de la Comtesse auprès de lui m'appelle....
HECTOR, au Marquis.
Ah, diable ! c'est avoir une vieille querelle. Quoi ! vous osez, monsieur, d'un cœur ambitieux, Sur notre patrimoine ainsi jeter les yeux! Attaquer la Comtesse, et nous le dire encore !
LE MARQUIS, à Hector.
Bon ! je ne l'aime pas ; c'est elle qui m'adore.
VALÈRE, au Marquis.
Oh ! vous pouvez l'aimer autant qu'il vous plaira ; C'est un bien que jamais on ne vous envîra : \ Vous êtes en effet un amant digne d'elle ; Je vous cède les droits que j'ai sur cette belle.
HECTOR
Oui, les droits sur le cœur ; mais sur la bourse, non.
LE MARQUIS, à part, mettant son épée dans le fourreau,
: Je le savois bien, moi, que j'en aurois raison; i Et voilà comme il faut se tirer d'une affaire.
H E C T O R , au Marquis.
N'auriez-vous point besoin d'un peu d'eau vulnéraire ?
LE MARQUIS , à Valère.
Je suis ravi de voir que vous ayez du cœur, Et que le tout se soit passé dans la douceur. Serviteur. Vous et moi, nous en valons deux autres, i Je suis de vos amis.
U VALÈRE
Je ne suis pas des vôtres.