‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 163 sur 255 · ACTE IV, SCENE XIII · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE XIII

VALÈRE

Je bénis le sort et ses revers , Puisqu'un heureux malheur me rengage en vos fers. Finis donc.

HECTOR

« Que faut-il à la nature humaine ?

« Moins on a de richesse , et moins on a de peine. « C'est posséder les biens que savoir s'en passer. » Que ce mot est bien dit ! et que c'est bien penser ! Ce Sénèque, monsieur, est un excellent homme. Étoit-il de Paris ?

VALERE

Non , il étoit de Rome.

Dix fois à carte triple être pris le premier! 1 1

Ah , monsieur! nous mourrons un jour sur un fumier.

VALÈRE

Il faut que de mes maux enfin je me délivre :

J'ai cent moyens tout prêts pour m'empêcher de vivre,

La rivière, le feu, le poison et le fer.

HECTOR

Si vous vouliez , monsieur , chanter un petit air ; Votre maître à chanter est ici ; la musique \^ Peut-être calmeroit cette humeur frénétique. ^

VALÈRE

Que je chante !

HECTOR

Monsieur....

VALÈRE

Que je chante , bourreau!

Je veux me poignarder ; la vie est un fardeau j Qui pour moi désormais devient insupportable.

I HECTOR

I Vous la trouviez pourtant tantôt bien agréable. Qu'un joueur est heureux! sa poche est un trésor; Sous ses heureuses mains le cuivre devient or , Disiez-vous.

Ah! je sens redoubler ma colère.

HECTOR

Monsieur, contraignez-vous , j'aperçois votre père.

Page 1