‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 210 sur 255 · II · texte numérisé non relu

II

Il vous faut un mari d'une humeur plus fringante , Léger dans ses propos , qui toujours danse ou chante ; Qui vole incessamment de plaisirs en plaisirs , Laissant vivre sa femme au gré de ses désirs, S'embarrassant fort peu si ce qu'elle dépense Vient d'un autre ou de lui. C'est cette nonchalance Qui nourrit la concorde , et fait que dans Paris Les femmes , plus qu'ailleurs , adorent leurs maris.

ISABELLE

Tu sais bien que ma mère est d'une humeur étrange: Crois-tu que son esprit à ce parti se range? Elle m'a défendu de voir le Chevalier.

LISETTE

Sans se voir on ne peut pourtant se marier. Ne vous alarmez point : nous trouverons peut-être Quelque moyen heureux que l'amour fera naître , Qui pourra tout d'un coup nous tirer d'embarras. Un sort heureux déjà conduit ici ses pas.

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