‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 46 sur 255 · SCENE VIII. 89 m"* argante · texte numérisé non relu

SCENE VIII. 89 m"* argante

Ouais! Et où sommes-nous donc? Allons, petite ridicule , qu'on donne tout à l'heure la main à monsieur.

VALÈRE

Non pas, madame , s'il vous plaît.

M. GRIFON.

Qu'est-ce à dire ?

VALÈRE

Avec votre permission , mon père , cela ne sera pas, je vous assure.

M. GRIFON.

Cela ne sera pas ! Que dites-vous à cela, monsieur le musicien ?

SCAPIN

Vous avez là un grand garçon bien mal morigéné , monsieur.

M. GRIFON, à Valère.

Pendard !

VALÈRE

Que diroit-on dans le monde , si , en ma présence , je vbus laissois faire une action aussi extravagante que celle-là ?

M. GRIFON.

Quoi donc , extravagante ? Comment donc ? A ton père , malheureux !

A votre père î

SCAPIN

A votre propre père !

VALÈRE

Quand il seroit mon père cent fois plus qu'il ne l'est encore , je ne souffrirai point que l'amour lut fasse tourner la cervelle jusqu'à ce point-là. '

M. GRIFON.

Mais quelle comédie jouons-nous donc ici ? Je vous demande pardon pour mon fils , madame.

M'"^ ARGAFTE.

Cela n'est rien; j'ai bien des excuses à vous faire pour ma fille , monsieur.

MARINE

Voilà des enfants bien obstinés ; mais aussi pourquoi vous exposer à vous marier , sans savoir si monsieur votre fils le voudra bien ?

M. GRIFOW.

S'il le voudra bien ?

s CAP IN.

Monsieur , avec trois ou quatre cents pistoles ne pourrions-nous point le mettre à la raison ?

M. GRIFON.

Je l'y mettrai bien sans cela.

M"^ ARGANTE

Et moi, je vous réponds de cette petite impertinente-là ; elle vous épousera, ou je la mettrai dans un lieu d'où elle ne sortira de long-temps.

LÉONORE

J'y demeurerai plutôt toute ma vie que d'épouser un homme que je n'aime point.

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