‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 111 sur 198 · LA COQUETTE, LE MARCHAND · texte numérisé non relu

LA COQUETTE, LE MARCHAND

LA COQUETTE, faisant une grande révérence.

Monsieur , je suis votre très humble servante; je

vous donne le bonjour. (Elle veut s'en aller. )

LE M AR C H AND , la retenant.

Doucement, s'il vous plnît , madame; vous avez mon étoffe, et vous ne sortirez pas que vous ne m'ayez payé.

LA COQUETTE

Quel incivil ! mais je crois que ce brutal-là veut me faire violence.

LE MARCHAND

Non , madame ; mais je veux que vous me donniez de l'argent.

LA COQUETTE

De l'argent? Quelle grossièreté! Demander de

ACTE II, SCENE V. 187 l'argent à une femme de qualité ! Fi ! je n'ai pas un sou , ou la peste m'étouffe !

LE MARCHAND

Laissez-moi donc des gages.

LA COQUETTE

Des gages ! des gages ! Une femme comme moi laisser des gages ! Tenez , mon ami , voilà mon collier.

(Elle lui doune son collier.) LE MARCHAND.

Votre collier , madame ? Je n'en veux point ; il 'n'est que de verre.

LA COQUETTE

H n'est que de verre ! Il est.... il est comme les femmes de qualité les portent. Voyez un peu l'impertinent!

LE MARCHAND

P6int tant de raisonnements , madame ; il faut me contenter.

( Il prend lecharpe, le manteau, la jupe et le manchon de la Coquette, qui demeure en corset et en jupon de Marseille. )

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