‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 117 sur 198 · NIGAUDINET, LE FILOU, ARLEQUIN · texte numérisé non relu

NIGAUDINET, LE FILOU, ARLEQUIN

ARLEQUIN, en filou , un manteau rouge sur le nez.

(à part.) Je m'en vais renvoyer monsieur de Pontl'Evêque d'une étrange manière, (haut, à l'autre filou. ) Ah! mons de la Trichardière , soyez le bien trouvé. Il y a long-temps que je vous cherche : vous m'avez filouté mon argent au jeu; voilà cent pistoles que j'ai été prendre chez moi : allons, ma revanche, ou il faut nous couper la gorge ensemble.

LE FILOU

Parbleu, mons de la Filoutière, vous le prenez sur un ton bien haut ! Par la mort !...

(Il met la main sur son ëpée, ) WIGAUDINET, se mettant entre eux.

Hé, messieurs! point de bruit, (à Arlequin.) Comment, monsieur, il vous a donc gagné beaucoup d'argent aux dés ?

ARLEQUIN

C'est un filou , monsieur ; il ne m'a pas gagné, il m'a filouté : je prétends qu'il me rende mon argent, ou qu'il rejoue encore avec moi.

NIGAUDINET.

Et combien avez-vous à perdre ?

ARLEQUIN

J'ai encore cent pistoles, que voilà.

( Il montre une boarse. )

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