‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 135 sur 198 · ACTE III, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE V

ARLEQUIN

J'ai cherché vainement par tout notre hémisphère Une fille pour mettre au signe de vù'go ;

Mais , par le premier ordinaire ,

Il m'en vient une de Congo.

Mais que dites-vous de ces deux jumeaux-là ?

LE DOCTEUR

Comment! c'est Octave et Angélique qui s'embrassent.

ARLEQUIN

Vous l'avez dit , docteur ; les Gemini sont morts ; Mais ces deux grands jumeaux que vous voyez paroître ,

Ne faisant plus qu'un en deux corps ,

Malp^ré vous en feront renaître.

LE DOCTEUR, en colère.

Allez-vous-en au diable , avec votre Zodiaque. Je vous trouve bien insolent.

ARLEQUIN

Doucement , ne nous fâchons point , monsieur le Docteur. Pour vous dépiquer, je vais vous faire entendre quelque chose de bien beau.

LE DOCTEUR

Je ne veux plus rien voir ni rien entendre. Vous êtes un suborneur de la jeunesse.

ARLEQUIN

Vous ne sauriez pourtant vous en dédire (Le Temps,

représenté par Mezzetin, quitte le cadran , et s'avance sur le devant

du théâtre.) Voilà le Temps qui s'avance pour chanter: il faut que vous l'écoutiez paisiblement ; il y va de VI, 1 5

votre vie. Si vous l'interrompiez , il vous couperoit

le cou avec sa faux.

LE DOCTEUR

La malepeste ! j'aime mieux l'écouter.

MEZZETIISr, représentant le Temps , chante au nez du Doctear.

Ton temps est passé;

Ton timbre est cassé ; Tu t'en vas finir ta carrière.

Ne prends point de femme , car, Au lieu de sonner l'heure entière, Tu ne sonnerois que ie quart.

( Le fond du tliéâtre se referme , et tous les acteurs sortent. )

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