‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 155 sur 198 · ACTE III, SCENE XIX · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE XIX

Voilà notre grimoire ; Car ici nous nous entendons Comme larrons en Foire.

COLOMBINE

Tel qui sa femme , tous les jours ,

A la Foire accompagne , Ne voit pas , en certains détours ,

Les rivaux en campagne.

Un mari ne sait pas toujours

Les foires de Champagne.

LA CHANTEUSE , au Docteur.

Il faut que tout vieillard usé

Renonce au mariage.

Si vous en êtes entêté,

Prenez fille à cet âge ;

(Elle montre la petite Fille.) Et pour plus grande sûreté ,

Vous la mettrez en cage.

ARLEQUIN, au Parterre.

Messieurs , de bon cœur recevez

La pièce qu'on vous donne :

Demain nos vœux seront comblés ,

Si votre argent foisonne.

Si les marchands sont assemblés,

La Foire sera bonne.

(Les couplets suivants ont été ajoutés à l'occasion d'une comédie qui fut donnée dans le même temps , et sous le même titre que celle-ci. Cette pièce, dont Dancourt est l'auteur, avoit été faite pour contrebalancer le succès de la pièce italienne. )

Deux troupes de marchands forains Vous vendent du comique 3

Mais si pour les Italiens

Votre bon goût s'explique,

Bientôt l'un de ces deux voisins Fermera sa boutique.

ARLEQUIN

Quoique le pauvre Italien

Ait eu plus d'une crise, Les jaloux ne lui prennent rien

De votre clialandise.

Le Parterre se connoît bien

En bonne marchandise.

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