DE L'ÉDITEUR SUR LES DEUX SCÈNES QUI SUIVENT
J-jes deux scènes que nous donnons n'appartiennent point à la comédie de la Foire Saint-Germain y mais y ont été seulement ajoutées à la représentation. Comme il est incertain que Regnard en soit l'auteur ^ nous les avions supprimées ; mais nos lecteurs en ayant témoigné quelque regret, nous les leur restituons.
La première de ces scènes est intitulée Scène des Carrosses. Une anecdote du temps y a donné lieu. Deux femmes, chacune dans son carrosse, s'étant rencontrées dans une rue étroite, ne voulurent reculer ni l'une ni l'autre, et la rue fut ainsi embarrassée jusqu'à l'arrivée du commissaire , qui, pour les mettre d'accord, les fît reculer toutes les deux en même temps. Tel est le sujet de cette scène, qui est plaisamment dialoguée.
La seconde scène est intitulée le Procureur en robe rouge. Le sujet est plus comique , et l'anecdote qui y a donné lieu pouvoit fournir le sujet
256 AVERTISSEMENT, d'une vraie comédie; la voici telle que la rapporte Ghërardi : (( Certain procureur traitant d'une (f charge de greffier en chef, sur les espérances i( qu'on lui avoit données de lui faire trouver les « sommes nécessaires pour cela , avoit déjà fait (c faire son portrait en robe rouge , et F avoit en- (( voyé à une fille très riche qu'il recherchoit en ï( mariage ; mais comme les bourses lui manquè- « rent, et qu'il ne put plus acheter la charge, il <( ne voulut pas payer son portrait au peintre , « disant qu'il l'avoit peint en greffier, et qu'il « n'étoit que procureur. »
Au reste , ces scènes étoient si peu liées à l'action principale de la pièce , qu'on les ajoutoit tantôt à une pièce, tantôt à une autre.