‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 157 sur 198 · PREMIER HOMME · texte numérisé non relu

PREMIER HOMME

Madame , il y a un carrosse qui empêche de passer.

ARLEQUIN

Un carrosse? Eh ! marchez-lui sur le ventre, mon ami.

MEZZETIN, la tête à la portière.

Quelle est donc l'impertinente qui arrête mon équipage dans sa course ?

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ARLEQUIN, la tête hors la portière.

C'est moi, madame : je vous trouve bien ridi- - cule de borner avec votre fiacre les rues où je dois passer !

MEZZETIÎÎ.

Fiacre vous-même! Notre famille n'a jamais été sans carrosse ni sans chevaux.

ARLEQUIN

Ni sans bourriques, madame.

MEZZETIN

Savez-vous bien qui je suis, ma petite mie?

ARLEQUIN

Me connoissez-vous bien , ma petite mignonne ?

MEZZETIN

Apprenez, si vous ne le savez, que je suis la première cousine du premier clerc du premier huissier à verge au Châtelet de Paris.

ARLEQUIN

Et moi, je suis la femme du premier marguillier du premier œuvre de la Villette.

MEZZETIN

Quand vous seriez le diable , vous reculerez.

ARLEQUIN

Que je recule? Reculez vous-même; on n'a jamais reculé dans notre famille.

MEZZETIN

Oh bien, madame, je vous déclare que je ne recule point, et que je reste ici jusqu'à soleil couchant.

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