‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 17 sur 198 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

KOQUILLARD, COLOMBINE.

COLOMBINE

HÉ bien, monsieur, n'êtes-vous pas charmé de votre prétendu gendre , monsieur le baron de la Dindonnière ? Par ma foi , il faudroit que vous fussiez fou pour lui donner votre fille : j'aimerois autant lui faire épouser un chenil tout entier.

E.OQUILLARD.

Certes , il est mal avenant de sa personne , et j'en ai regret; car moi et mes ancêtres avons toujours chéri la chasse et les chasseurs. Tai dans ma bibliothèque plus de cent bois de cerf, rangés par ordre

ACTE II, SCENE IL 33 chronologique , avec les relations historiques de la prise d'iceux.

COLOMB INE

Diantre ! voilà de beaux titres de noblesse , cent Lois de cerf dans une famille! sans ceux qu'on y a introduits , et dont on n'a pas tenu de registre.

ROQUILL A RD.

Le malencontreux visage que ce baron de la Dindonnière ! Encore faut-il à ma fille un peu d'accointance , et cet homme-là seroit toujours à brosser dans les bois.

COLOMBINE

Ce ne seroit pas là le plus mauvais de l'affaire. Tandis qu'un mari court les bois , une femme peut chasser de son coté. Le meilleur gibier n'est pas toujours dans les forets ; il y a telle béte à Paris que j'aimerois mieux avoir prise que vingt sangliers. C'est un friand morceau pour une femme qu'une hure de caissier bien gras.

ROQUILLARD, s'adoucissaDt.

En sorte donc , Colombine , que cet homme-là n'est point de ton goût.

COLOMBIJYE.

Non, ma foi; et toute servante que je suis, je n'en voudrois ni pour or ni pour argent.

ROQUILLARD.

Et moi , comment me trouves-tu ? M'aimerois-tu mieux que lui ?

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