‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 18 sur 198 · VI · texte numérisé non relu

VI

COLOMBIIYE, le caressant.

Mille fois. Vous êtes fleuri, mûr, belle barbe, le cuir doux et bien corroyé. Bon, bon ! il y a bien de la comparaison !

ROQUILLARD.

La coquine ! je l'aime , que j'en suis fou. Bai.... bai.... baise-moi, friponne.

COLOMBINE

Oui , monsieur, que je vous baise ! Il y a je ne sais combien que vous m'amusez ; vous dites toujours que vous m'épouserez , et vous savez la peine que je prends à vous servir.

ROQU ILLARD.

Il faut se donner patience, tu es encore jeune.

COLOMBINE

Une fille, pendant ce temps-là, ne laisse pas de s'user ; c'est comme un carrosse qui dépérit autant sous la remise qu'à rouler.

ROQUILLARD.

Va, va, ma bouchonne, console-toi; si je ne t'épouse pas, je te laisserai quelque chose en mourant.

COLOMBINE

Dépêchez-vous donc, monsieur; car j'ai bien de l'impatience de gagner une petite somme d'argent, afin d'avoir le moyen d'être honnête fille jusqu'à la fin de mes jours.

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