‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 26 sur 198 · SCENE IL ISABELLE, OCTAVE · texte numérisé non relu

SCENE IL ISABELLE, OCTAVE

OCTAVE

Enfin , charmante Isabelle , me voilà seul avec vous, et je puis en liberté.... (il l'embrasse. )

ISABELLE

Oh ! monsieur , point de libertés , s'il vous plaît. Comment ! vous débutez par où les autres finissent !

OCTAVE

C'est le privilège de notre profession, mademoiselle; et la hberté du geste est la plus belle partie du comédien.

ISABELLE

Une fille n'est donc pas en sûreté avec vous autres messieurs ?

OCTAVE

Ne craignez rien , belle Isabelle ; nous n'avons que l'extérieur de dangereux : notre science se borne à ébranler les cœurs, d'autres les emportent; et tel ne dit mot dans une loge, qui a tout le profit d'une tendresse que l'acteur s'efforce d'émouvoir.

ISABELLE

Quand un comédien est fait comme vous, il a souvent la meilleure part dans la tendresse qu'il inspire.

OCTAVE

Que je serois heureux , si vous aviez de pareils sentiments pour moi! et que votre cœur....

ISABELLE

Mon cœur.... Oh ! mon cœur ne va pas si vite que vos paroles : je ne vous aime pas encore tout-à-fait, mais je sens bien que je ne vous hais pas.

OCTAVE

Je suis le plus fortuné de tous les hommes. Mais pour gage de votre bonne volonté , il faut que vous me donniez votre main.

ISABELLE

Ma main ? Oh ! monsieur, je n'ai pas le geste si libre que vous.

OCTAVE

Vous ne voulez pas m'accorder cette faveur?...

ACTE III, SCENE II. 47 Ah! oii suis-je?... une vapeur me ferme les yeux!

je n'en puis plus ! ( 11 se laisse aller dans les bras d'Isabelle.) ISABELLE.

O ciel ! quelqu'un ! Colombine, au secours!

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