‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 44 sur 198 · BR AD AMANTE · texte numérisé non relu

BR AD AMANTE

C'étoient d'anciens et vénérables magistrats , cjui passoient la nuit à examiner les procès , et le jour à les juger.

Oh ! que ce n'est plus le temps ! La plus grande partie de nos juges passent présentement la nuit à courir le bal , et le jour à dormir à l'audience.

Comment peuvent-ils donc apprendre leur métier ?

R OGE R.

Cela n'empêche pas qu'ils ne sachent la procédure comme des Césars, surtout en amour; et les arrêts qu'ils rendent auprès des dames , sont , Télé, par défaut contre les officiers, et l'biver, contradictoires avec les financiers. De votre temps avoit-on des comédies ?

BRADA MANTE.

Les plus divertissantes du monde : elles étoient agréablement mêlées de danses et de symphonies.

ROGER

Oh! que ce n'est plus le temps ! Tout cela est retranché , et nos théâtres seroient terriblement lugubres , si messieurs du parterre ne prenoient soin quelquefois de les égayer avec leur symphonie.

BR AD AMAIVTE.

Mais, après avoir satisfait à toutes vos questions, ne puis-je savoir, brave champion , à qui je suis redevable de ma délivrance ?

ROGER

A moi , qui suis la fleur de la chevalerie , le redresseur des torts et le syndic de toute la magie. Je vais vous faire voir des effets de ma puissance. Alli Astaroth , Abmcadabm. Barbara celarent darii ferio baralipton.

(En disant ces mots, il touche de sa baguette les figures encliantées de la suite de Bradarnante, qui s'animent au son du violou.)

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