‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 5 sur 198 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

LA PETITE FILLE

Je me suis échappée de cliez nous pour vous faire une prière. J'aime la Comédie italienne à la folie , et ma bonne maman ne veut pas m'y mener.

THALI E.

C'est une folle. Il faut y aller sans elle ; vous ne serez pas la première.

APOLLON

Votre mère a tort , ma belle enfant , de vous priver du plaisir le plus agréable et le plus innocent qu'il y ait aujourd'hui.

TH AL I E

As<iurément. Si j'étois mère , j'aimerois mieux que ma fille allât tout un hiver à la Comédie , qu'une fois au bois de Boulogne pendant la séve du mois de mai.

LA PETITE FILLE

Oh ! monsieur , je ne suis pas encore assez grande pour aller au bois de Boulogne ; je ne vais encore que sur le rempart.

APOLLON

La comédie forme l'esprit , élève le cœur , ennoblit les sentiments : c'est le miroir de la vie humaine , qui fait voir le vice dans toute son horreur , et représente la vertu avec tout son éclat. Le théâtre est récole de la pohtesse , le rendez -vous des beaux esprits , le piédestal des gens de qualité. Une petite dose de comédie, prise à propos, rend l'esprit des dames plus enjoué , le cœur plus tendre, l'œil plus

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