‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 68 sur 198 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

PÉR ION

Ail , malheureux ! quel nom est sorti de ta bouche! Oui, voilà le fatal brandon Qui met mon cœur tout en charbon;

L'outrecuide géant, qui, me faisant injure,

Fait de ma liberté pleine déconfiture.

Oh ! consolez-vous. Si c'est là le poulet de grain dont votre cœur est en appétit , je vous promets , avant qu'il soit peu, que vous en aurez cuisse ou aile.

PÉRION

Ah , mon cher ! il faut que je t'embrasse par avance , pour le grand bien que tu me fais espérer. Mais, dis-moi, écuyer mon ami, ta promesse serat-elle sans fallace? Crois-tu qu'Elizène m'accorde la passade amoureuse ?

G AL AOR

Si fera-t-elle , foi d'écuyer : je sais qu'elle vous trouve d'un fort bon aloi, et je connois moult très bien l'esprit des femelles , qui accordent plus volontiers leurs faveurs à un étranger qu'à un citadin.

( Il chante. )

Une fille bien apprise, Qui veut toujours aller son train , N'accorde rien à son voisin , De peur qu'il ne le dise ; Elle vend mieux sa marchandise A quelque marchand forain.

PÉRIOIN'.

Va donc, cher ami, va opérer de manière que je puisse voir la princesse, et tâche à rechasser sur mes terres ce gibier amoureux.

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