‹ Œuvres complètes (volume 3)Chapitre 83 sur 198 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

Les Gardes conduisent Périon au bûcher ; à l'instant il en sort une Ombre.

LES Personnages précédents, UNE OMBRE.

l'ombre cbante.

A h ! que fais-tu là , téméraire ?

Ah î je défends qu'il soit rôti.

D'Élizène et de ce compère 11 doit naître bientôt un fils Prématuré comme son père , Et qu'on doit nommer Amadis.

PÉRION

Comment! d'Elizène et de moi il doit naître un fils qu'on nommera Amadis , et vous voulez me faire

i34 LA NAISSANCE D'AMADIS.

brûler! Ah , vieux penard ! je veux te faire mettre à ma place. Allons , qu'on le saisisse.

LE ROI

Ah, seigneur ! je vous demande pardon; puisque vous m'avez sauvé la vie tantôt contre un hon , je consens que vous épousiez ma fille.

PÉRION

Allons, je vous pardonne; et puisque les destins l'ordonnent, j'épouse votre fille, (à Eiizène.') Mais écoutez, la belle, voilà un oracle qui me lanterne les oreilles : il dit que j'aurai bientôt un fils; je vous avertis que je n'aime pas les enfants précoces.

ÉLIZÈNE.

J'aimerois mieux être morte que d'avoir failli et prévariqué.

D ARIOLETTE.

Seigneur , il ne faut pas que l'oracle vous étonne ; les filles dans les Gaules sont fort expéditives.

C'est à peu près la même chose chez nous; et souvent les pères et mères sont plus tôt avertis de la multiplication de leur famille, que de la noce de leurs filles.

LE ROI

Allons , qu'en faveur de ce mariage , ce triste appareil de funérailles se change en des marques de réjouissance.

( Le bûcher se change en une pyramide enflammée, et forme un feu de joie )

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