‹ Œuvres completesChapitre 107 sur 232 · ODE II · texte numérisé non relu

ODE II

Tirée du psaume ii : Quart fremuerunl génies ?

AP.liUMENT. — Ce psaume regarde uniquement le Me.';sie. Le prophète y marque d'une manière visible la cunspiraliou et les ell'oris inuliles des puissances de U

terre coulr» Jt^tuit-t'hritl et *vs ill!u-i(i|p». On y tr(iu\u tuiil uni* liiui^c l>li-ii \itp tli'H liciirs tiiiiiiiKurusi'*!, l'I Je I jinliilltiii ililiii>'rii|iir ili'i |>rliiii'>, el surluul li'vx-

lin luiMiKiiK l'Aimi;. - i-oiisies s.vi:ki;ks kt i-iiilosoimiioijes. — odes. iiis

UDK III,

Tiriio du nsaumc vu : Domine Oeui iiieui, in le speravi.

AIK.IMI'.NT. — Cf («aiiiiif dans Iniiir'l l)a\lil ikhimiiIvI lur SjiiI v (ihiiil lies raldiiiiili'S ij'iiii l'iini'iiii (lartliiillrr, li'l (|tic II? Ills (II- iM-iiiilii nii i|ui-li|iii' uuliv, (ii'iil i''lri' iiiipliiiué à ii'Ui iiiil SI- voji'iil i-»ix)*-s 's la luiriir ■II- li-UPi PIKieiiils, Il I lii^Tatltiiili' ilr leurs aiiili, i.-l à riiijiislicc de leurs imii lies : mais iluni rinnipi-cnce, lo iiiûrltc, et la venu lriuiii|ilieiil à la liii ilu l'eut iuux et du caluiuulaleur.

l*ouri|iK>i les |iL'U(>les ilo lO iiti'h Foniioiil-ils ce «oiirours somliiiii ?

l'ouiiiuoi lous eus conseils de miei ro Où t^iiil de rois (larleiil on vain ?

On leur dil : « Aiiùlez l'unduce De rusur|iiitour i|ui nieiiucu l.e roy;iuuio do vus iiii'Uï.

Que nous im|iorli'nl ses niiraoïos?

Nous n'cV'ouldiis ([ue vos or;iclus, El nos monaiiiucs sont nos dieux, u

Mois celui qui fait sa demeure Dans les royaumes élerneis, Qui suil en tous lieux, à toute heure, Les pas incerlains des mortels, Celui qui leur envoie un mailio.

Ce Dieu qu'ils osent méconnaître, Ou (ju'ils l'oi;^neiU do mépriser.

Entend les blas|ilièmes fjivoles Dont ils amusent les idoles Sur eux prûles à s'écraser.

Du haut de sa Dieu m'a conii J'enseigne à l'a J'enseigne è 1 Mon lils, dit- Fils éternel co e l'engendrai Dépositaire de Maître de puni Leur sort est r

montagne sainte é son pouvoir; limer avec crainte, homme son devoir.

1, instruis, éclaire ; mme ton père,

pour les humains ;

ma foudre, r el d'absoudre, émis dans les mains.

J'ai désigné ton héritage Avant les siècles et les temps; L'univers te promet Thommage, Et les vœux, de ses habitants.

Tu briseras comme l'argile.

Le Irùne odieux et fragile Des tyrans que vomit l'enfer.

Protecteur des peuples fidèles, Tu feras plier les rebelles Sous le poids d'uu sceptre de fer.

Mortels, qui jugez vos semblables, Rois, qu'à la terre j'ai donnés, Rois, devenus si formidables Par vos projets désordonnés, Instruisez-vous dans ma justice, Si vous voulez que j'iitTermisse Vos droits par la révolte enfreints; Pour mériter que l'on vous aime, Aimez, strvez, craignez vous-môines Le Dieu par qui veus êtes craints.

Plus d'un sxemplo vous enseigne.

Souverains trop ambitieux, Que les fastes do votre règne Nuit et jour s'écrivent aux cieux.

Prévenez un revers sinistre N'ayez de parent, de ministre, Ni d'ami que la vérité.

Hiun^us les rois qu'elle environne I Malheur à ceux qu'elle abandonne Aux conseils de l'iniquité 1

Sur le péril qui m'al.irino Seigneur, daigne ouvrir les yeux; Que ton liras frappe ou désarmu Mes ennemis furieux.

A leur ap|iroche funeste, C'esl vainement (luo j'alloMe Les lui.'uds du sang, l'amitié:

Tout me fuit, il ne me n.slc Que mes pleurs el ta pilié.

En butte aux traits homicides D'un peuplti obscur et vénal.

Je n'ai point aux cœurs perlides Rendu le mal pour le mal.

J'ai soulfert leurs injustices.

Et les sombres artifices De l'infiline délateur.

Qui fut longiemps de mes vices Le plus bas adulateur

Si dans l'horreur des menaces.

Dans le trouble et dans l'ennui.

Aux auteurs de mes disgiàces Ma douleur a jamais nui ; Inflexible à ma prière.

Que leur rage meurtrière Do cent coups m'ouvre le flanc; Que la fange et la poussière Roivenl les flots de mon sang

Vengeur terrible, mais juste.

Viens changer mon trisie sort :

De ton iribunal auguste Parlent la vie et la mort.

Aiiéanîis la puissance Des mortels dont la licence Se porte aux |)lus noirs lurlails Et répands sur l'innocence Tes rayons et les bienfaits.

Signale à jamais (a force Contre mes persécuteurs ; Fyis un éternel divorce Avec tes blasphémateurs. Tu confondras leur malice Par l'elfroyable su|)plice Qu'ils n'ont que trop mérité ; Dieu scrutateur, remis justice Aux amis de l'équité.

Rentrez enfin dans vous-mêmes, Cœurs barbares et jaloux; <2inignez les rigueurs extrêmes D'un juge armé contre vous.

Mortels, tout [)éclu;ur qui change \'A qui sous SOS lois se range, Sans retour n'esl pas jiroscrit :

Ce Dieu qui tonne cl se venge, Est un Dieu qui s'uttcndiil.

Mais sa clémence trompée

Se convcrlit en fureur;

De sa foudrojanle épée,

LV'clair est l'avant-coureur.

A nos regards invisible,

Déjà de son arc terrible

Il a bandé le ressort;

Ui j'entends le bruit horrible

Des instruments de la mort.

L'imposteur grossit le nombre

De ses crimes odieux ;

11 forme et nourrit dans l'ombre.

Des comidols sédileux.

Vains efl'orls 1 Dieu nie protège ;

Je vois l'ingrat qui m'assiège

Sur la poussière étendu.

Se débattre dans le piège

Que lui-môme avait tendu.

Grâce au ciel, dans la retraite

Oii m'a conduit U' Seigneur,

Je goûte la jiaix secrète,

Compagne du viai bonheur.

Ouand lejour s'éleinl dans l'onde (26),

Au sein de la nuit profonde.

Je ferme l'œil sans trembler;

Et l'astre éclatant du monde

M'éveille sans me troubler

J'annonce alors les oracles Du Maître de l'univers; La grandeur de ses miracles Fait la pompe de mes vers.

Transporté d'un saint délire, Je répèle sur ma lyre Les célestes vérités; Et tout l'univers admire Les cliaiils que Dieu m'a dictés.

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