ODE VII
Tirée du psaumcL : Miserere, mei Deus.
ARGUMENT. — Il n'est guère possible d'attribuer ce psaume ii d'autres qu'à David. L^adultère de ce prince, son châtiment et son repentir y sont clairement désignés. On ne peut se méprendre sur l'auteur ni sur le sujet. Aussi l'Eglise en a-t-elle fait un cantique de pénitence pour les pécheurs. Le st.vle en est simple : on n'y trouve point la pompe et la magnillceuce ordinaire des cantiques divins. C'est l'expression naïve du sentiment; c'est le langage d'un cœur humilié, contrit, mais qui, dans l'abbattement et dans la douleur, conserve toujours une entière confiance en Dieu. La plupart des psaumes sont des odes : celui-ci n'est qu'une élégie.
Grâce au pécheur qui vous implore.
Grâce, 6 mon Dieu ; j'espère encore En vos ineffables bontés.
Fermez les yeux sur mes offenses, Et du livre de vos vengeances Effacez mes iniquités.
Effacez-en toutes les traces;
Dans le torrent pur de vos grâces; ■
Lavez les taches de mon cœur.
Ah! je connais trop bien mon crime;
Partout il me suit, il m'o|iprinie,
Et lui-même il est son vtngeur.
C'est vous, c'est vous seul que j'outrage; Won existence est votre ouvrage, Et je la souillais devant vous.
Quel emploi honteux de ma vie!
Tout m'accuse, et tout justifie L'extrême rigueur de vos coups
Pour remplir un décret sévère, Dans les entrailles de ma mère Le péché m'imprima ses traits.
Riais vous voulez que je sois juste, Et de votre sagesse auguste Vous m'avez ouvert les secrets.
Répandez donc votre eau sacrée;
Mon âme ainsi régénérée
Du la neige aura la blancheur.
Je tressaillerai d'allégresse,
Et revenu de sa faiblesse
Mon corps reprendra sa fraîcheur.
Mon Dieu, que mes fautes passées, Par votre clémence effacées, S'anéantissent dans l'oubli.
Créez en moi, maître adorabie.
Un cœur pur, droit, inaltérable Dans la foi qui l'a rétabli.
Ne vous cachez plus à mon âme Que votre esprit saint qui i'eiillamme.
Désormais l'éclairé en tout lieu.
Rendez-moi ce bonheur paisible.
Ce caractère incorruptible, Attributs des amis de Dieu.
J'appellerai dans votre voie Les méchants, les mortels en proie Aux horreurs de l'impiété.
Délivrez-moi du sang qui crie.
Et mon âme à jamais guérie Exaltera votre équité.
tl«3
l'RF.MiKiiK l'.vnriK.
l'OKSIF.S SAC.UKS |;T l'Illl.OSOI'lllyUKS. — OI»KS.
Sei);neur, voui oiiTiiruz mu Imuclio.
Hifii no Hie tialti', ne me Id'U'Iio Quo vitlro oiillo l't viilie lui.
J'iiurais oDi'rl dos saci'ilii'i's; Miiis loi liiurciiiix ni le» gC'nisses Nu VOUA llccliii'iiii lit |ijis jiMur iiiuï.
Pour désarmer votre colùre, l/liiimlile aveu, le regret siiicùro Sont riiolocauslo du |iii:lieur.
Oui.Seit^neur; plus IV^ircnse est jirnndc, Kl moins viuis dédiiignez l'oirijindu D"uM cœur biisé j)ar la douleur.
(.'.oiilrc les fureurs élraiigi^res, Signalez, ô Dieu ue nos pôres, Vdtre nmour liiidre juiur Sion.' Que de nouveaux m;irs enlouiée, Jérusalem soit délivrée D'uno funeste i.)ii[)ression.
Alors le bruit de nos cantiques, A nos sacrilices anli(|ues Rendra leur éclat solennel.
Nous reromuienceroiis nos ferles, Kl des vicliines toujouis [irèli;s, Se Consumeront sur Taulei.