‹ Œuvres completesChapitre 115 sur 232 · ODE XI · texte numérisé non relu

ODE XI

Tirée du psaume cm : Bencdic, anima mea. Domino ; Domine Deits meus, magnipcalits es vchemcnter.

ARGL'MF.NT. — Les inlprprMcî grecs ont intitulé ce cr.nlique Fs:iumc di' D.:vi(l sur la Crciilkm du momie. 4'a)i;iot 10 A«uiS v-k? Tii; T.j xi5(r;ATj T-ïTïiiiw;. C'est iiiie description sublime et poétique des diirérciilcs parties qui composent l'univers. L'écrivjdn sacrii peint ici le ponvoir, la providence, réconomie cl la bonté de Dieu <\ni éclatent également dans toutes les icuvres de la création. On y voit l'origine et la destination de l'honime, des animaux, des astres, des éléments. Aussi celte ode pourrait être intitulée la Créutiou du monde.

Inspire-moi de saints cantiques, Mon Ame, bénis le Seigneur.

Quels concerts assez magniliques, Quels liymnes lui rendi'onl honneur 1 L'éclat pora{)eus de ses ouvrages, Depuis la naissance dos âges, Edit l'étonnement des mortels.

Les feux célestes le couronnent.

Et les flammes qui renvironiicnt , Sont ses vélemenls éieinels.

Ainsi qu'un pavillon tissu d'or et de soie. Le vaste azur des deux sous sa main se déplui' : Il peuple leurs déserts d'asires ctincelanis. Les eaux autour de lui doincurenl suspendues;

11 foule aux picJs les nues

El marche sur les vents.

Fait-il entendre sa pni-ole,

Les çieiix croulent , la mer gémit ,

Olil/YUEâ COMPt. DE LEFRiXC DE POMPIGN

i:s i:r i'iiii.os(»wiigii:s. — oiiKS. ii:,ij

La fondre part, l'aquilon vole, La terre en silenco frémit.

Du seuil des iiorles éternelles Dos lésions (I esprits lidèle* A sa Voix s'élancent dans l'air, l'n zèle dévorant loi guide, Et It ur essor est plus rapide Que le feu brillant do l'éclair.

Il reinplil ilii chaos les uhinics funèbres;

Il aOerinii la terre et (liass.i Ls lénèlires ;

Les eaux couvraient au loin les rochers elles moiiis :

Mais au bruit de sa voix les ondes se troublèrent,

I']l soudain s'écoulèrent

Dans leurs gouffres profonds.

Les bornes qu'il leur a prestTiles Sauront toujours les resserrer, Son doigt a tracé les limites Où leur fureur doit expirer.

La mer dans l'excès de sa lago.

Se roule en vain sur le rivage Qu'elle é|iouvanlo do son bruit; L'n grain de sable la divise.

L'onde écume, le flot se brise, lleeonnaît sou maître et s'enfuit.

La terre ici s'élève en de IkiuIgs montagnes, .MUcurs elle s'abaisse en de vasles campagnes ; Les vallons émaillés sont remplis de ruisseaux; El des fleuves divers l'ond ■ fraîche el tjruyanie.

Eteint la soif ard nie

Des plas nombreu.\ troupeaux.

Sur le rociiiT le plus sauvage, Dans les forêts, dans les désetls.

Le cri des oiseaux, leur ramage Bénil lo Dieu de l'univers.

Sur les montagnes solitaires 11 répand les euux salutaires Des torrenls cachés dans les cieux lit dans les plaines arrosées, il fait par d'uliles rosées Germer des fruits délicieux.

Les troupeaux dans les prés vont chercher leur pàlurOj L'homme dans les sillons cueille sa nourriture. L'olivier l'enrichit des flots de sa liqueur, Le pampre coloré fail couler sur sa table

Ce nectar délectable,

Charme cl sauiicn du cœur.

Le souverain de la nature

A prévenu tous nos besoins,

El la plus faible créature

Est l'objet de ses tendres soins.

11 verse également la sève

Et dans le chêne qui s'élève.

Et dans les humbles arbrisseaux.

Du cèdro voisin de la nue,

La cime orgueilleuse et toulTue

Sert de base au nid des oiseaux.

Le daim léger, le cerf et le chevreuil agile S'ouvrent sur les rochers une roule facile. Pour eux seuls de ces bois Dieu forma répaisseur! AN. IL 3G

1151 OEi:VUES RELIGIEUSES DE J.-J. LEERANC, MARQUIS DE POMf'lGNAN.

El [es nous loriueiu de re giavler aride,

Pour ranimai lir-îiJe Qui uourril le chasseur.

Le globe éclatant qui dans l'ombre Roule au sein des cieiix étoiles, Brilla pour nous mari)uer le nombre Des ans, des mois renouvelés.

I/astre du jour dès sa naissance, Se plaça dans le cercle immense Que Dieu lui-même avait dncrit ; Fidèle aux lois de sa carrière, Il relire et rend la lumière Dans l'ordre qui lui fut prescrit.

La nuil vient à son tour, c'est le temps du silence. Dans ses antres fangeux la bète alors s'élance. Et de ses cris aigus étonne le pasleur. Par ItJL- s rngisscmenis les lionceaus di mamleiit

I/allment qu'ils aitendent

Des mains du Créateur.

Mais quand l'aurore renaissante Peint les airs de ses premiers leux Ils s'cnloncenl iileins d'épouvante Dans leurs repaires ténébreux.

Klfroi de l'anima! sauvage, Du Dieu vivant brillante image', L'homme paraît quand le jour luit:

Sous ses lois la terre est captive ; Il y commande, il la cultive Jusqu'au lèjjne obscur de la nuit.

Seigneur, Etre parfait, que tes œuvres sont belles ! Tu fais servir l'accord qui les unit entre elles, An bien de l'univers, au bonbeurdes humains. Partout je vois empreint le sceau de ta sagesse;

El tu répands sans cesse

Tes dons à pleines mains.

Tu fis ces gouiïres effr.oyables, Noir empire des vastes mers; Leurs abîmes impénétrables Sont jieuplés d'animaux divers.

Ton souille assembla les orages.

Les aquilons dont les rava^jos Font régner la mort sur les eaux ; Et tu dis: Ces mers déchaînées Verront leurs ondes étonnées Porter tl'inuoDibrables vaisseaux.

Là des monstres marins, dans leur course pesante, Ouvrent des flots émus la surface écuinante. Ils semblent se jouer des vagues en courroux Ouand de l'borrible faim les uuirments les dévorem.

C'est toi seul qu'il:, implorent

Et lu IcS nourris tous.

Privés de les regards célestes Tous les êtres tombent détruits, Et vont mêler leurs Iristos restes Au limftn qui les a produits.

Mais |iar des semences de vie.

Que ton souille seul multiplie, 'lu répares les coups du (emps; Et la terre toujours [leuplée,

De sa faillie renouvelée Voit renaître ses habitants.

Dieu des jours. Dieu des temps, triomphe d'âge ca

[âge; Jouis de ta grandeur, jouis de Ion ouvrage : Tu regardes la terre, elle tremble d'effroi : Tu frappes la montagne, et sa cime enflammée,

Dans des flots de fumée

S'abime devant loi.

Que le jour commence à paraître.

Ou qu'il s'éteigne dans les mers.

Mon créateur, mon divin maître Sera l'objet de mes concerts.

Trop heureux si dans sa clémence Il écoute avec complaisance Les chants que je forme pour lui.

Fidèle à marcher dans sa voie, En lui seul je mettrai ma joie , Mo'i espérance et mon appiii.

Trop longtemps les pécheurs ont lassé sa justice ; Que ren!er les dévore, et que leur nom pé; isse. Que Dieu verse la paix dans le fond de mon cseiir : Qu'il pénètre mes sens, que son zèle m'e. flanimc.

Et qu'à jamais mon âme

Bénisse le Si.igneur.

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