‹ Œuvres completesChapitre 114 sur 232 · ODE X · texte numérisé non relu

ODE X

Tirée du psaume ci': Domine, exoudi orationem meam.

ARGUMENT. C'est ici, suivant le titre hébreu, une prière du paiirre, lorsqu'il est dans l'affliction, et qn'ii révand son àme devant le Seigneur. Ce pourrait être aussi la prière d'un prince, ou d'un grand tombé dans l'adversité, comme semblent le signifier ces moU : Après m'avoir élevé en liant vous m'avez renversé. Quelquesi versets de ce psaume dont le sens littéral désigne la captivité de Babylone, regardent allégoriquemcnt la personne du Sauveur, et l'établissement de l'Eglise.

Pour fléchir un vengeur sévère Que mes cris montent jusqu'aux cieux; Seigneur, n'écarte point tes y eux Du spectacle de ma misère.

Hûte-loi, viens à mon secours; Je sens, tels que l'ombre légère, S'évanouir mes tristes jours.

Mon corps, victime infortunée

Du feu dévorant qu'il nourrit.

Privé d'aliments se flétrit,

Comme l'herbe aux champs mnisson-

l'iée; Mes yeux nuit et jour sont ouverts ; Ma [leau par mes pleurs est fanée, El mes os ont peicé mes chairs.

Je vis comme l'oiseau sauvage.

Qui du soleil craint le flambeau.

Ou comme un triste pass«'reau Qui s'est caché sous le feuillage.

Ceux qui m'avaient tant exalté.

Changeant de cœur et de langage, A mes malheurs ont insulté.

J'ai souillé mon pain dans la cenarp,

Mes pleurs troublent l'eau que je bois.

Du faîte ou m'éleva Ion choix,

Tes coups m'ont forcé do descendre;

De mes honneurs j'ai vu la fin.

Et je me vois (irôl à le rendre

Mesjours, comme eux sur leur déclin.

C'est le sort que tu nous destines ; Il n'est que toi seul d'éternel Sien de ton cœur paternel Implore les bontés divines.

Il est temps de la relever; Que noire amour pour ses ruines T'engage h nous la conserver.

Rois et sujets, la terre entière Se prosterneront devant loi.

Itao i'i\i;\iiKnE l'urrir. — poksies s.vciik

lU conlu.iii'leroiit l'Iriiis il'rirnii, Siiiii sortant lie la |iuu^siùru; l'!l iliroiit l\ ton cliiii' lii^^ :

Dieu rujjjrili! onlin In luièio De SOS |iuu|ik-s liuinilius.

Quo CCS faits (îrrils iVli'^c on i^n

iioii'iil ci^i'lirt^ |i,ir nos iiovuuv.

Dieu lie son tioni' liiiuincux

Voit la tiire où l'on nous oulrage.

Il serouira les alUi^és,

El délivrera ii'fsclavaj^o

Les lils do pèrus éjjorjjùs

Tous viendront ciMélircr ta fiHo Dans Ji'rusalem et Sion.

Des rois réclatanlc union Sera le fruit de (a uonciuèle.

Maisjo meurs avant ton retour, El je ni'éerie : Ilélas ! arièle, Lalssc-nioi voir cet lieureux jour.

Tu p.iis sur des l'ondemcnts staMos

La lerro et ce vaste univers.

Les eaux des l'ieux, les flots des mers

Ont connu tes lois redoutables.

Ces ouvrages, tu les as faits,

Mais lu les a faits périssables;

Toi seul demeures ù jamais.

Ce ciel orageux et [nobile

S'usera comme un vùtemeut.

Tu cliangeras le lirmameul

En un ciel plus pur, ()lus tranquille ;

Et |iar tes élus Iiabilé,

Ce sera TtUernel asih!.

De leur sainie jiostérité.

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