Chapitre lu
A.tGL'MEKl. — Caractères du Messie. Bonlieur aes hommes sous soa règne. L'idolàlrie exterminée. Crimes et impiété des Juifs. Leurs défaites, leur servitude, leur aveuglement.
Voici le serviteur, le ministre que j'aime. Rempli de mon esprit, de mon pouvoir suprême Arbitre souverain du sort des nations, Qui dans son tribunal, sans arrogance vainc,
Sans faveur et sans haine.
Jugera seulement l'âme et les actions.
H n'accablera point d'une main meurtrière Le lin qui rend encore une iaiblc lumière.
S i;i l'iiiLosoiMiKH i:s. — I'Iuipiiltiks. kso
iNi il' rii«i an iirisé qui ri'clanii' un appui, 'liiiijours câline utseiein, aux iiiiiuceiiir< propice,
La paix cl lu justice Llabliront les lois qu'il prépare aujouril'hui.
Moi <|ui créai des cicux la voirie ciincelxnie. Les animaux, la terre cl les fruits (jifille enfant , Qui fais respirer l'iiomnic cl qui souiiens ses pas (.'est moi dont lu remplis la paroli- l'iermlle,
El c'est moi qui l'appelle Pour éclairer le monde cl finir les combats.
L'aveugle par tes soins ouvrira la paupière. Tu rendras aux captifs leur liberté |)rcraiére. Mou in)m est le Seigneur, il n'appartient qu'à moi. Je ne souffrirai point que le bron/c il l'argile.
Dieux d'un piniple imbécile, Pariagcnt mes honneurs, au mépris de ma loi.
De mes préJictions souvent multipliées Et par l'événement toujours justifiées. Les fastes d'Israël gardent le souvenir. Je n'ai pas tout prcdil au peuple qui m'adore.
Et je prétends encore Dévoiler à ses yeux un nouvel avenir.
Célébrez le Seigneur, ei par reconnaissance Jusqu'au bout de la terre exaltez sa puissance, Vous qui marchez sur l'onde au bruit des aquilons*. Peuple oisif des cités, et vous, fiers insulaires.
De vosclianis tributaires Remplissez les déserts, les cliara|(s et les vallons.
Cédar en des palais transformera ses tentes, L'Arabe interrompra ses courses inconstanles. Du haut de leurs rochers ils jetteront des cris Et le Seigneur armé de son glaive invincible.
Tel qu'un guerrier terrible Foulera des vaincus les corps cl les débris.
Je me suis tû longtemps, mais, je romps le silence : Ma voix dans ses éclats se fera violence. Une femme en travail crie avec moins d'effort. Tout sera confondu, renversé par mes armes,
Et dans ce jcHir de larmes Ma victoire sera le règne de la mort.
Je changerai les eaux en des veines de sable ; Des traits de mon courroux l'empreinie ineffaçable Desséchera les fruits, les plantes et les (leurs. Mais je dissiperai les épaisses ténèbres
Dont les voiles funèbres De tant d'infortunés augmenlaient les douleurs.
Dans des sentiers plus droits je saurai les conduire ; Prompt à les secourir, fidèle à les instruire. Je sauverai leurs jours et du fer et du feu. Et j'exterminerai ces cœurs opiniâtres,
Ces mortels idolâtres Qui disaient au métal : Coule et deviens un dieu.
Aveugles re'gardez : sourds, prêtez-raoi l'oreille. Qui sont-ils les mortels qu'aucun bruit ne révei^lle,
OEUVRES RELIGIEUSES DE J.-J. LEFRANC, MARQUIS DE POMPIGNAW. 118
Que son aspect est doux, que sa démarclie est belle Ue riieiireux envoyé qui ramène la paix ! Du haut (le la moniagne il annonce, il appelle Et l'Auteur du salut et ses divins bienfaits.
Que nul éclat ne frappe, et que rien n'attendrit ? C'est Israël, mon peuple, à qui tant de prophètes
Ont servi d'interprètes Des divers monuments où mon culte est écrit.
Et ce peuple a choisi mes ennemis pour maîtres; Voyez ce que j'ai fait pour lui, pour sps ancêtres; J'ai mis entre leurs mains mon autel et mes lois, ils en sont dépouillés, ils sont chargés de chaînes,
Et n'ont plus dans leurs peines D'amis ni d'alliés qui protègent leurs droits.
Opprimés dans la paix, écrasés dans la guerre. Méprisables jouets du reste de la terre. Partout vaincus, partout exemples du malheur: Victimes tour à tour de leurs rois et d'eux-mêmes,
Vains, inconstants, extrêmes, El dans leur décadence insolents sans valeur.
Dans cet excès d'opprobre, enflés de leur doctrine, Jis osent de ma loi conjurer la ruine, Attaquer ma puissance et mes propres bienfaits ; El pour surcroit enfin des niaux qui les dévorent,
Aveugles ils ignorent Que c'est Dieu qui les frappe et punit leurs forfaits.