‹ Œuvres completesChapitre 144 sur 232 · Chapitre lui · texte numérisé non relu

Chapitre lui

ARGUMENT. — Les caractères du Messie ne sont nulle part aussi clairement désignés que dans celte prophétie. Sa n.aissance obscure, sa vie laborieuse, les opprobres dont il fut couvert durant tout le cours de sa longue passion; sa mon, sa sépulture, sa résurrection et sa gloire; tels sont les traits distiHclils auxquels on ne peut méconnaître ici Jésus-Christ, l.e prophète ne lui donne aucun nom. 11 ne l'appelle d'abord u' le serviteur, «i le ministre, ni l'envoyé. Après un début court

iis'.i iKi MiKiii: l'Aurii;.

l'disiKs s.\(;ui;f:

fi iiililiiiii-, il jV/c'i'rTii, iKl il . (.Vi'iiiil le Si'iijMiir ruHiiiii' une iiiuiile i/iiim iiii lenuir mille ; il e»l siiiis ecliii, sii/ii beiiulé .. Noui iavoit» vu, uoui t'inmii iiiéioiuui Celai: le lii^rnitr Uen hummei, un homme de iiuHleurt

l'uur qui nos voix sont-elles fai(i-s7 (jui l)ieii |iar sfs iiitciiirMos

rour qm nos von sonin A (jui l)ieii |iar sfS iiitcii Mtiiitro-l-il Sun bras luminom ?

Il ii.'iit diins sii relrailo obsciiio, C.oiiciie un (uiirisseuii siins ciilluro CioH liiiiis un terroir Siibluneux.

Devant \v Soigneur il s'tMùvo, Sans beauté, i>ans éclat, sans biens ; l'!l toujours ignoré des siens, Sa enurse [léiiible s'aclièvo Dans l'oiiprobre ol dans les liens.

Tout aiinoïK'a'lsiir son visagti Lo dernier des mortels et le plus iiialheiireux. Soii froal détiijiné, ses repartis douloureux Oll^iiii'iii (le ses loin iiienls un saiighuu léiiioignage.

Souillé de l'auge, ;i di'inl nu Les u«s l'ont fui, i)lusicurs l'oul aeeablé d'outrage,

El nous l'avons lousniécenr.u.

Kli 1 pouvions-nous le reconnaître Couver; de nos propres iant^ucurs '?

Pouvions nous croire t|u'il dùl naître Pour soiiH'rir d'inilij^iios riii;iiears '? La i)aix si longtemps altendue, La jiaix aux mortels n'est rendue (Ju'au prix du sang qu'il a versé; Kt le tliiliiaienl de nos crimes Sur la filus noble des victimes Parle ciel môuie est exercé.

Koes n'étions ici has que des brebis errantes Oui suivions au hasard les roules diiïérenles

Où le crime entraînait nos pas. Dieu l'a chargé du poids de tous nos attentats ; Piir ordre du Seigneur, lui-même il les répare ■ Lui-même ila voulu qu'un tribunal barbare Usurpât lâchement le droit de le juger. Il subit sans murmure un arrêt homicide.

Tel un agneau timide Se tait devant le fer tout prêt à l'égorger.

O juges sans foi, sans doolrine, C'est vous qui l'avez nondaioué.

Qui vous dira son origine?

Savez vous comment il est né?

Je veux que son trépas expie La révolte, l'audace impie De ceux qui m'ont désobéi.

Mais ses jours et sa sépulture Seront payés avec usure Parles mècliants qui l'ont trahi.

Jamais la fraude et la malice N'ont rempli sa bouche ou son cœur.

Je ne l'abandonne au supplice Que pour le salut du pécheur Mais après sa longue souffrance Son sang deviendra la semence D'une heureuse postérité.

Appui de ma loi souveraine, C'est lui qui sur la race humaine Accomplira ma volonté.

s i:t i'iiii.(is()i'iiiyi]F..s. — phopiikiii-s. hdo

(,tuils luirenln d'une douce joie, ^)uand des niuui dont il fut la proie

Ses yeux verront partout les fruits ; Kt qu:ind jusiiliés par y,\ propre justice, Ci'UV ipi'il aura gui-iis du l'erreur et du vice, Quitteront les faux biens qui les avaient séduits !

Aussi je lui destine un innncnsc lu'rilagc; l>es tyrans conjurés il vaincra les ellorls : Pc leurs tristes captifs il rompra l'esclavage, Et nietn-a sous ses pieds la dépouille des forts. Lui (|iii sans réchnier ses divins privilèges Soull'ril des scélérats le cliiitiinent hont<'UX, Et qui ne répondait aux blasphèmes allrcux De ses ennemis sacrilèges.

Qu'en demandant grâce pour eux.

IIL PUOPUÉTIL D'ÉZÉCIIIEL.

Chap. XVI, 3 : Radix lua cl generaCio tua de terra Chunaan.

ARCL'MENT. — Celte prophélic et la snlvnnlc sonllrrssiiigulièrt'S. Le Seigneur v parait sous la ligureM un époux qui repruclic à son épouse d'horribles infidéîiLés. Ces acciisalions portent égalemeiK sur l'adullère et sur l'idolàlrie. Hien de plus véliénient ni de plus passionné. L'amour s'y joint à la jalousie, à la menace, à la fureur ; mais les excès de la prostitution y sont peinls de couleurs si naturelles et si Ibrles, que j'ai eru devtiir par respect pour le texte sacré, adoucir quelquefois les images et les expressions. De plus, comme ces deux prophéties roulent sur le même objet, et se ressemblent en plusieurs endroits, je n'ai traduit liltéralemenl que la vingt-troisième. J'ai fort élagué celle-ci, sans ni'écarler cependant du texte. J'abrège, mais je traduis.

O femme, tu naquis d'une famille impure. D'infidèles parents qui trahissaient mes lois. L'art d'une habile main n'aida point la nalure Lorsque tu vis le jour pour la première fois.

Ni les eaux, ni le ciel ne t'ont purifiée ; Ta mère avec regret te porta dans son liane. On te mit sur la terre, où tu fus oubliée ; J'approchai : tu pleurais, tu nageais dans ton sang.

J'en arrêtai le cours, je l'essuyai moi même; Mon cœur fut attendri de ta misère extrême, Et je te dis : Vivez, vivez, trop faible enfant; Sous rdile du Seigneur dont le bras vous défend. Croissez et méritez qu'un tendre époux vous aime.

J'ai depuis ce moa enl veillé sur tes destins. Objet de mes désirs, sous mes yeux élevée, Mes regards paternels, mes soins l'ont cultivée Comme une jeune lleur qui croît dans les jardins.

Ton corps fortifié par les progrès de l'âge, Atteignit ces beaux jours où ton sexe volage De ses charmes naissants connaît trop le pouvoir. Que les liens étaient doux ! Que j'aimais aies voir !

^ul mortel cependant ne cherchait à te plaire. Rebut de l'univers, tu ne trouvas que moi Qui vit avec pitié ta douleur solitaire. Ton maître, ton Seigneur se déclara pour toi; Tu reçus mes serments, et j'acceptai ta foi.

Oh! qu'alors avec complnis.ince Je te prodiguai mes bienfnilsl Qu'avec pompe et magnificence Je pris soins d'orner tes attraits J'instruisis ta faible jeunesse; Des gages purs de ma tendresse Je l'einbélissais chaque jour.

Je te donnai mon héritage, El lu possédas sans partage Mes richesses et mon amour.

L'éclat célèbre de tes charmes

Amena la terre à tes pies.

A ton char, vaincus par tes armes,

De puissants rois furent liés.

ïu mis alors ta conliance

Dans les appas et la puissance

Que tu devais à ma bonté.

Tu conçus une folle joie,

El l'orgueil dont tu fus la proie,

Surpassa môme ta beauté.

Cet orgueil engendra tes vices, Il alluma les passions.

Tu recherchas dans tes caprices Les esclaves des nations.

Dans tes honteuses perlidies, Sur les femmes les plus hardies Tu l'emportas |)ar !a noirceur; Et les excès les plus coupables De tes amours abominables N'égaleront jamais l'horreur

Tu dressas de superbes tentes Dans les bois et sur les hauts lieux.

Là, par des fêtes éclalantes Tu rendis hommage aux faux, dieux Leurs autels que tes mains ornèrent, De mon or qu'elles profanèrent Impunément furent couverts.

Pour leurs consacrer des prémices, Tu dépouillais mes sacrifices Des tributs qui m'étaient oÛ'erts.

Mais d'olfrandcs plus criminelles

Ces premiers dons lurent suivis.

Tes mains, oui tes mains maternelles

Ont immolé tes propres tils.

Sans loi, sans pitié, sans tendresse,

Do BanI simglante prêtresse,

'J'u deshonorais ikjS liens.

0 coups réservés à tes crimes I

Ces enfants choisis pour victimes.

Barbare, étaient aussi les miens.

Ma sévérité toujours lente

N'a point éveillé tes remords.

Tu quilles, transfuge insolenle.

Le Dieu vivant pour des dieux morts

Quoi donc 1 Oubllras-lu, perlidc,

Femiue ingrate, mère homicide,

Que je t'arrachai du tombeau,

Kt le sauvai par ma puissance

Des opprobres de Ion enfance,

Et des douleurs de ton berceau î

Malheur à loi, qui faisais gloire De tesallenlals furieux.

Dont lu conserves la mémoire Dans des monuments odieux.

Sur les marbres de tes portiques

LEFRANC. MARQUIS DE POMPIGNAS. IISÎ

De tes iniquités publiques.

J'ai vu les symboles inif)urs; Et les nations étrangères Ont lu dans ces vils caractères Ta honte écrite sur tes murs.

Mais le jour luit oii ma vengeance Ne suspendra plus son transport.

Je t'abandonne à l'indigence, A l'ignominie, à la mort.

Je susciterai pour ta peine.

Ces femmes, objets de la haine.

Les épouses des Philistins, Qui moins que loi licencieuses.

De tes amours audacieuses Rougissaient avec tes voisins.

Dans l'art de plaire et de séduire Tu vantais tes lâches succès.

Ton cœur, que je n'ai (ui réduire Invantail de nouveaux succès.

Tu rassemblais les Ammonites, Les Chaldéens, les Moabites, Les voluptueux Syriens ; Et toujours plus insatiable, Tu fis un commerce elïroyable De tes plaisirs et de les biens.

D'autres reçoivent des largesses Pour prix de leurs égarements; Mais loi, tu livras tes richesses Pour récompenser les amants, ïu laissais aux femmes vulgaires L'honneur d'obtenir des salaires Qui d'opprobre couvraient leur front.

Pour mieux surjiasser tes rivales, Tes tendresses plus libérales Achetaient le crime el l'affront

Voici donc Ion arrêt, femme 'parjure, écoule : Pour suivre des mécliants la déteslable roule. Tu quittas les sentiers que j'avais (aits pour loi. Ton audace adultère, el ton idolâtrie Oui souillé mon autel, corrompu ta patrie, Egorgé les enfants et renversé ma loi.

Tu vécus sans remords dans tes mœurs dépravées. Mes rigueurs que ton âaie a si longtemps bravées, A les forfaits sans nombre égaleront les maux Pour épuiser sur loi les plus cruels supplices. Tes propres alliés, les amants, les complices Deviendront mes vengeurs el seront tes bourreaux.

Les peuples apprendront cet exemple sévère. Alors j'apaiserai ma trop juste colère.

Ta mort rendra le calme au cœur de ion époux. Il aura satisfait sa vengeance et sa gloire, El us crimes éteints, ainsi quêta mémoire, Ne seront plus l'objet de ses regards jaloux.

Tu n'.is pomi démenti l'horreur de ta naissance; Tes vices ont paru dès la plus tendre enfance : La lille suit les pas que la mère a tracés. Tu fus sœur de les sœurs, impudique comme elles Et des femmes d'Ammon, au vrai Dieu tant rebel

[les, Les crimes par les tiens ontéié surpassés.

1105 rUlMIKUK l'AUTIR. Idl.SlIlS SACHKF.S F.T l'IlILOSOIMIIUlKS. - l'IlOl'lIKI. 11!)*

Ton saii); a réuni les pUis imli^ncs races, Vêtes, niéres, atcux qui bravaient int'i niciiaccs, V.i tloiii lu vois eiicor les durables iiiallieurs. l'iintre loi jusqu'au ciel leur voit s'élève el crie ; l'iiur idiii (lire eu un mol, Soiloiue el Samario 'Irouveiil tiaus les l'orlails une excuse des leur».

Do Soilomo si liélesléo Tu n'osais protWcr le nn:n.

S;iis-Ui quels Iléaiix l'onl jcldo Dans ce (léploiahlo ahamlon"?

Do l'orgueil l'insnllaiile ivresse, L'inteiiipLVance, la inoilesso, Lo luxo et la cu|)idilé :

Le dur iiR^pris qu'à l'iiuligonce Oppose l'altiùre opulence Qu accoiupagno roisivetc^.

Triste esclave des mOmcs vices,

Tu commis d'autres allontals,

Des cruautés, des injustices

Que Sodoine no connut pas.

Kt toutefois jo l'ai détruite;

Coramo elle tu seras réduite

Aux dernières calamités.

C'est toi qui m'outrages, me blesses ;

Tu n'as (.as gardé tes promesses,

Et j'ai rompu tous nos traités.

Mais quedis-je 1 Un sentiment tendro Me parle encore en (a faveur.

Ah ! que no dois-tu pas attendre Do la pitié d'un Dieu Sauveur 1 Dans leurs demeures fortunées Tes sœurs, tes filles rauienées Couleront des jours triom[)hants.

Je te rendrai ma confiance, El dans ma nouvelle alliance Vous serez toutes mes enfînts.

Chap. xxiu, 2. Fili homiriis , duœ mulieies filiœ matris unius facrunt.

ARGUMENT. — ^Le Seigneur reproche à ses deux épouses leur idolâtrie et leur prosUtuUon. Il les désigne sous des noms hébreux, qu'il n'y avait pas nioveu de conserver dans notre langue ; mais comme il s'agit de Samarie et de Jérusalem, je les ai nommées partout de leur véritable nom.

tcoutez, fils de l'homme : une mère eut deux fiHes. Pour donner au Seigneur de nombreuses famillesj Dans la fleur de leurs ans je les unis à moi. Des enfa;:ls me sont nés de ce couple volage, El de notre union ce légilinie g:'.ge N'a pu me conserver leur amour ni leur foi.

Des vaiiîs amusements école enc'ianteresse, L'Egypte avait d'abord corrompu leur jeunesse. Et d'un sexe fragile empoisonné les mœurs. 3e fus souvent témoin de l'excès de leurs vices; Mon amour essuya des affronts, des caprices. Mais je leur pardonnai ces premières erreurs.

Jérusalem est l'une, et l'autre est Samarie. Celle-ci dont les goûts se changeaient en furie. Par ses impuretés me provoquait toujours. Je la vis sur mon trône au crime abandonnée Jeunes Assyriens, troupe au luxe adonnée. Vous fûtes les objets de ses lâches amours.

OEtVUES COlirL. DE I.EFnAN'C DE l'OM

D'un peuple cil'éniiné les diverges paruri'S,

Les riches vùlementii, les conrsii rs, les ir.nurjs

De celte indigne épouse ont ébloui les yeux.

Esclave des ainaiils ipii régnaii;nl .liur sa vie.

Elle a prostiliié dans sa double infamie

Son corps à leurs désirs ei s m âme à leurs dicur.

D'impudiques transpoils et d'horreurs enivrée,

A ceux qu'elle adorait enliii je l'ai livrée,

El mes propres rivaux ont bie:i vengé mes d oiis.

De son ignominie ils ont rempli la terre;

Ses fdies el ses fds, par le sort de la guerre,

Ont vécu sous le joug d'impitoyables rois.

Expirante elle-même au milieu du carnage. Elle a de ses amants connu toule la rage. Jouet de leur fureur et de Irur volupté. Sa disgrice éclatante instruiia s s semblables. Tels sont leurs cbàiimcnts; telle est, f mues cou- Le prix que je réserve à l'inlldélité. [pables,

Jérusalem sa sœur, cncor plus crimi: elle. Malgré ce triste exemple, a signalé comme elle De l'amour adultère et la honte et le feu : Comme elle aux étrangers, aux fils de Ha! yîoiie, Elle a livré son temple, et son lit et son trô'ie. Son peuple et ses enfants, son époux et son Die:i,

Ces deux perfides sœurs, l'une h l'autre fata'es, Dans leurs dérèglements imprudentes rival, s. Ont eu la même auJace et le même succès. Elles ont mis leurs vœux, leurs .ippas à l'cnclière. Jérusalem si belle, et qui mo fut si chère, A vaincu Samarie en ses plusgrai.ds excès.

Tout servait d'aliment à ses fureurs impures. Sur ses lambris dorés les plus vives peintures De j unes Cliakléens représentaient les traits. De leur beauté guerrière aussiuU enfiammée, A ces lils de Dabel qui l'avaient tant charmée, Par des ambassadeurs elle offrit ses attra'ts.

Ils viennent à sa voix, s'emparent de sa couche; Il n'est point de pudeur, de devoir qui la louche, Le ciinie .irdent, le c i'i e e-i lui scnl écoulé. Mais de son nouveau choix bientôt elle se lasse ; De leurs charmes trompeurs l'impr.'ssion sVlface, El de ces vils amans son, cœur s'est dégoûté.

Elle avait toutefois pour ranimer ses flammes. Dans les embrassen;ents de ces moriels infâmes Par de honteux efforts irriiéses désirs. A servir ses pcnchanls industrieuse et prompte. Elle avait épuisé sans remords et sans home, La science du vice, el iout l'art des plaisirs.

Aux serments les plus saints que d'atlciiitcs cniel-

[les!

Tant d'outrages passés tant d'insultes nouvelles. Ont enfin dans mon cœur étouffé mon amour. Elle a irop abusé de ma longue indulgence;

IGNAN. II 30

lUJS OEUVRES RELIGIEUSES DE 3.J,

Il csl lemps qu'elle éprouve une jusle vengeance, J'avais quille sa sœur, je la quille à son lour.

Jérusalem, ô mon épouse Hélas ! à çiuoi me réduis-tu !

Tu connais ma fureur jalouse, Je me fiais à ta vertu.

Par l'Egypte et l'idolâlrie Ta virginité fut tlétrie Dansl'essor de tes jeunes ans ; Et maintenant dans la Judée, Babel, Assur, et la Chaldée Contre loi mènent leurs enfants.

Tu les aimais : à ton ivresse

Succéda la satiété.

Leurs mai.ns puniront ta faiblesse,

Tes dégoûts, ion impiété.

Quel triste appareil le menace!

Vois ces chefs tout bouillants d'audace,

Ces soldais, ces fougueux coursiers,

Ces machines qui l'environnent,

Ces chars, et ces faux qui moissonnent

Les rangs, les bataillons entiers.

Pour te condamner au supplice Je leur ai confié mes droits.

Ces ministres de ma justice Te jugeront suivant leurs lois.

Ton corps en proie à leurs injures, Sera par d'iudignes blessures Inhumainement mutilé; Et pour finir ton sort étrange.

De les membres couverts de fange, Le reste alfreux sera brûlé.

Pâle, sanglante et déchirée, Tu n'offriras que des lambeaux A ceux qui t'avaient admirée Sous les vôteiiienls les plus beaux.

Ces amants, jadis tes idoles.

Trompés par les fausses paroles- S'applaudiront de tes revers.

Par eux les filles enchaînées, Loin de loi seront entraînées Avec tes fils chargés de fers.

Tes disgrâces seront égales Au désordre de tes amours.

De tes innombrables scandales Ainsi j'arrêterai le cours.

Malheureuse ! ton cœur rebelle Ne cessera d'être infidèle Qu'au milieu des afflictions.

L'Egypte alors avec ses temples, Ne pourra plus par ses exemiiles Nourrir tes folles passions.

Mais ne pense pas qu'oubliées Parmi tant d'autres faits divers.

Elles en soient moins publiées Dans l'histoire de l'univers.

Ennemis, nations amies.

Tous sauront de tes infamies L'emportement illimité ; Et dans ta puissance abattue, La main du Seigneur perpétue Ta houleuse célébrité.

Dans tes crimes opiniâtre, Jemme au cœur bas et corromou.

Tu boiras avec l'idolâtre Dans la coupe où ta sœur a bu :

Coupe effroyable et toujours pleine, Vase profond où de ma haine Couleront les flots écumants:

Tu la boiras jusqu'à la lie.

Et je la vois qui multiplie Tes insupportables tourments.

C'est peu que ta douleur farouche De ce vase épuise les eaux ; Tu le briseras dans ta bouche Pour en dévorer les morceaux.

Tes mains au sang accoutumées.

Tes mains contre toi-même armées Déchireront ton propre sein :

Effet des rigueurs légitimes Qui te puniront de tes crimes Par des maux sans borne et sans fin.

Aciievez, fi!s de l'homme, achevez mes vengeances; De ces coupables sœurs publiez les offenses, Que le bras de la mort commence à les saisir Monstres qui se faisaient, pour braver ma colère.

Un jeu de l'adullère,

Et (îu meurtre un plaisir.

D'un culte réprouvé prêtresses détestables. Ces femmes ont oiTerl à des dieux exécrables Les enfansquepour moi leurs flancs avaientconçub Elles oiilpiésenié ces victimes tremblâmes,

Et dans ses mains brûlantes

Muloch les a reçus.

Tandis qu'ils expiraient dans des feux sacrilèges. Leurs mères au mépris des plus saints privilèges. Violaient le repos de mes jours solemnels; Et portaient sans effroi jusqu'en mon sancluair'-

Leur cri tumultuaire.

Et leurs jeu^ criminels.

Tu t'abreuvais, barbare, et de sang et de larmes, Et dans le même instant tu préparais les charmes Pour les jeunes mortels dans la cour appelés. Les parfums précieux dont on me doit l'hommage.

Déjà pour ton usage

Dans les bains sont mêlés.

Du fard le plus exquis les couleurs t'embellissent; Les danses, les festins pour te charmer s'unisseul, Ton palais retentit des plus tendres accens. A prévenir tes vœux lont s'empresse et s'anime •

De toutes paris le crime

S'empare de tes sens.

En est-ce encore assez, courtisane indocile . Veux-tu vieillir ainsi? Venx-lu que ton asile Soit réternel séjour de l'impudicitè?

Hommes justes, venez, soyez, inexorables ;

Vengez sur ces coupables

Un époux irrité.

Peuples et Rations assemblez vous contre elles, Effacez dans leur sang des ardeurs criminelles, Le meurtre, l'adultère et tant d'autres forfaits.

M97 l'ULMItliK l'.VUlU.. l'UESIKS SM.M l'i'iiiiret, écraw»! leurs (ils avw: liiiri Qlle«,

t>t'lriiist>i lïur» familles,

tnibrasCJi luura palais.

Tanl il'liorreurs ^ la Un se vi>rruiil expiées. Car ces coups eelataiils les leuiuies elliayées Apprtiiiiiruut à garder nimi eultc et leur honneur. Elles sauront ilti umins que c'est moi seul i|ui toiiin-,

Qui punis, q<ii parjunne,

Kt c|iii suis le S i^neur.

Chttp. wwii, I : rneta est .vii/kc »ie mii/lir'i Doiiiini.

ARCIMENT. — O'ile prnpliêlie renferme deux sons qu'il n'isl pas posiilile île séparer. Le premier regarde la lin lie la eapliviU- îles Jiiils, et ç"a été peiit-étre le prim-ipal objet du prophète. Mais le second sens aussi clair que le premier, et plus iniporlanl sans doute, offre un tableau lidMe et Irappant île la résurrecti.m des morts Dès le temps de saint Ji'iïime toulcs les Eglises reteniissaiout de celle prupbélie, et de l'i-lonnanle iiii-

firession qu'elle fais;iit sur les esprits. Celle lecture es rempllss.iil de terreur et de consolatiou; deux senliuienls que l'idée de la résurrection future doit imprimer à tout Chrétien.

Dans une triste cl vaste plaine La main du Seigneur m'a conduit- De nombreux ossements la campagne était pleine;

L'efl'ioi me précède et me suii.

Je parcours lentement cette affreuse carrière, Et coii temple en silence, èpars sur la poussière. Ces restes desséchés d'un peuple entier détruit.

Croislu, dit le Seigneur, homme à qui je confie nos secrets qu'à toi seul ma bouche a réservés, (Jue de leurs cendres relevés Ces morts retournent à la vie ?

C'est vous seul, ô mon Dieu, vous seul qu' le savez.

Eli bien ! parle ; ici lu présities ; Parle, ô mon Proplièle, et dis-leur :

"icoutez, osscineuls arides, Ecoulez la voix du Seigneur.

Le Dieu puissant de nos ancêtres.

Du souffle qui créa les èlres.

Rejoindra vos nœuds séparés.

Vous reprendrez des chairs nouvtdles'; La peau se formera sur elles, Ossemenls secs, vous revivrez.

Il dil; et je répète à peine Les oracles de son pouvoir.

Que j'entends parlout dans la plaine Ces os avtc bruit se mouvoir.

Dans leurs liens ils se replacent, Les nerfs croissent et s'entrelacent. Le sang inonde ses canaux ; La chair renaît et se colore :

L'âme seule manquait encore A ces habitants des tombeaux.

Mais le Seigneur se fit entendre, Et je in'écri.ii (ilein d'ardeur

:i;s M l'iiii.osui'iiiuuKS. — i-uoi'iiii

ll'JS

Esprit, liâli!Z-vous (lo descendre,

Veiioz, Esprit réparnleiir

Sonniez des qu.'ilri! vents du iiinndo.

Souillez voire chaleur IitoimIo

Sur ces corps près d'inivrir 1rs yeuï.

Soudain l(! prodige s'achève.

Et ce peujdo do morts se lève.

Etonné de revoir les cicuit.

Ces os, dit le Seigneur, qu'en mon nom tu ranimes,

Sont tous les enfants d'Krael.

Notre espoir a péri, disaient-ils, et nos crimes

U.it niériié eu sort cruel.

Les neveux ite Jacob ne sont plus sur la lerr Qu'un amas d'ossements blanchis,

Qui (lu joug de la mort accal.lés pai- la guerre, iN'en seroiit jamais affranchis.

Non, mon peuple chéri, non, dans ceicsclavag

Israël ne gémira plus.

I>raél revivra dans riieureu.x héritage Que j'ai promis h mes élus.

Dos abirass profonds tiré par ma victoire, Tes sépulcres seront ouverts.

Je te rendrai la vie, et l'empire cl la gloire, A la face de l'univers.

Tu comprendras alors la parole élcrnclle Qui le prédisait ce grand jour;

Ce jour où les décrets d'un Dieu juste et (i iéle Seront cpnsomiiiés sans retour.

Page 1