POUR LE JOUR DES MORTS
Ecoute, Dieu puissant, le cri de ma douleur; Autour de moi la mort a déployé son ombre. De nos iniquités si tu complais le nombre, Qui pourrait soutenir le poids de ta fureur?
Ah! suspens les coups redoulables; Contre des humains misé.-'ahles Quelle liaine peut t'inspirer?
Voudrais-lu foudroyer l'argile Dont tu formas l'être fragile Que Ion souffle flt respirer?
Que l'Iiomme est mallieureus, que sa vie est cruelle ! il naît comme la fleur, il est foulé comme elle Ses maux sont mille fois plusuombriux que ses
[jours.
Il disparaît, semblable à la vapeur légère,
Ou tel que l'ombre passagère.
Qui fuit au même instant qu'elle marque son couis.
Je sais trop, Dieu terrible, Quels sont lous mes forfaits.
Serez vous inflexibles, A'ous qui nous avez faits I
Pourquoi cet appareil de guerre et de vengeance? Nous ne vous fuyons pas, vous nous chargez de fers. L'aquilon furieux ciaint-il la résistance De la feuille qui tombe au retour des hivers ?
Qu'ils sont doux les transports dont il remplit leur
[âme Qu'ils sont purs les plaisirs qui pénètrent leurs sens!
La sainte ardeur qui les enllamme,
Les nourrit de feux renaissants.
Fortunés protecteurs des humains gémissants,
Au Dieu que notre voix réclame
Oflrez nos pleurs et notre encen
Sur ces rives étrangères, Sous les tentes de Cédar, Les passions mensongères
Je sais trop. Dieu terrible.
Quels sont tous mes forfaits.
Serez-vous inflexible.
Vous qui nous avez faits 1
Hélas ! ouvrez l'oreil'e à mes soupirs funèbres, El laissez-moi jouir de la douce clarté.
Assez- tôt l'instant redouté
Me plongera dans les ténèbres
De la profonde éternité.
O jour de colère, Terribles moments !
O jour de misère, De pleurs, de tourments 1
ii3'. i'i;i:Mii;nK paktii:. - poksiks sachkks it l'iiii.nsopiiiQiES. —hymnes.
Lit louilru (lévDi'u l.ii U'Vto l'I lo ciel.
Nous vyiins l'iloro l.'t'IVriiyiilili' luiruru Du jour oluriiL'l.
O jour do colèro, 'l'eirihli's uioiiiuiits Ij O jour de misùro, Ue pleurs, do tourinenls I
Vengeur do nos crimes, Où fuir ? où Ciiclier Les tristes victimes, Qu'au Tond îles aliîmes Ta main va cherclier?
0 jour do colère, Terribles monionts!
O jour do niisèi'e.
Do pleurs, de lournicnls
Quels flancs proscrits m'iml donné l'être ! Quelle lalnio nuiin prit soin do nie nourrir ! Uicii (|ui m'as condamné, pourquoi m'as lu fait
[naître,
SI je dois à jamais souHrir?
Non, le désespoir offenso L'ri Dieu teiidie et plein d'amour.
Tout aiitionco sa clémence; 11 atlend votre retour, Il diU'ère sa ven;^eance Jusiju'au dernier instant de votre dernier
[jour.
Soil que l'astre des deux rentré dans la carrière,
Recouvre sa splendeur ; Soil que l'ombre des nuits nous cache sa lumière,
Espérez au Seigneur.
Toujours sensible à votre hommage.
Il est de son plus bel ouvrage Le consolateur, le soutien.
Que pour lui tout mortel vive; Et ne craignez pas qu'il" proscrive Un sang racheté par le sien.
,\mes des fidèles, Reposez en paix.
Que les portes éternelles ' Pour vous s'ouvrent àjamais.
Ames des lidèles, Reposez en paix.
HYiMNE XIV (i6).
POUR LE PUEMIEU «IMàNCUE DE l'aVENT.
Terre, cieux. rentrez dans la nuit.
Les décrets divins s'accomplissent; Le Si;igneur vient, le temps s'enfuit.
L'éternité commence, et les siècles linissent.
L'austère vengeance de Dieu Par les torrents du ciel purilia le inonde ; Mais l'ouvrage imparfait de l'onue Doit être achevé par le feu.
Do la nature entière Les ressorts ne sont plus liés
Par leur cliaiiie première.
Les anges ell'rayés Quittent les globes do luinièr
A leur soin cunliés.
Les monts se renversenl Dans le sein des Ilots ; Les vei;ts se dispersent Sur les vastes eaux :
Les ondes se percent Des chemins nouveaux.
Les toiuierres grondent.
Quels embrasements I Les cieux dissous fondent :
Leurs écoulements ,\ Hument, confondent Tous les éléments
Au monde entier Dieu fait la guerre :
Sur la foudre et les vents son char parcourt les airs.
Après un déluge d'éclairs, Il ensevelit son loiiniirre Dans les débris do l'univers, El dans les cendres de la terre.
Quel silence! quelle terreur!
La nature n'est plus qu'un spectacle d'Iiorreu
Mais déjà la trompette sonne, La mort accourt au tribunal, lout tremble à cet aiïreux signal.
Et Je juste même en frissonne.
Sortez des bras de la mort.
Ranimez-vous, cendres éteintes ; Ce jour d'allégresse et de plaintes
Confirme enfin votre sort.
Quels soudains rayons de lumière !
Quel bruit 1 quels prodiges nouveaux!
Les morts dépouillent leurs lambeaux ; Ces ossements et la poussière S'élèvent du sein des tombeaux.
Le Fils de l'Homme dans sa gloire Brise les chaînes du trépas; Gage auguste de sa victoire, La croix brille devant ses pas.
Tombez, grandeurs passagères Dis[)araissez, titres vains.
Conquérants et souverains Renoncez à vos cliimères ; Rentrez, tjrans de vos frères.
Dans la foule des humains.
Triste élernitÊ ae suppnces.
Tu vas donc commencer ton cours.
Ronheur des saints, [lures délices.
Commencez [lour tlurer toujours.
Trioni|]hez, puissance élernclle.
Un monde plus parfait sort des mains dn Soigneur. Cn plus beau ciel éclaire une terre plus belle;
(4()j Celte liymnc est à proprcmem, pailer un^; ode sur !,■ jugement ilernier.
ijabitons à jamais la demeure nouvelle De la justice et du bonheur.