ODE IX
LE TRIOMPHE DE 1.4 nEI.IGIO!*.
Aux Carmélites de Saint-Denys
Quelle est celle illuslre morleile Qu'environne tanl de grandeur?
Les lis de nos rois autour d'elle L'emhellissent de leur splendeur.
La terre admire, le ciel s'ouvre, Toute sa gloire se découvre Aux yeux des mortels éblouis ; Les voix des anges se conlondent, Et du liaut des airs nous répondeni, C'esl la ûlle de .«aint Louis.
Mais que vois-je! ces diadèmes Qui sur son fronl étaient liés, Les marques des lioniieurs suprêmes, Les sceptres tombent à ses pieds.
Est-ce un sacrifice, une fi'-le, Qîii pour elle en cejour s'apprête,' Et qui l'apfiellc dansce lieu?
C'est son triompbe qu'on prépare :
Son triomphe 1 hélas ! je m'égare.
C'est le tien plutôt, ô mon Dieu 1
l'aile ne vil que des couronnes Quand elle entra d ms le berceau ; Mais de celle que tu lui donnes, Combien l'éclat est-il plus beau 1 Dans la demeure où tu l'enchaînes.
L'attrait des puissances humaines A ses regards ne brille plus.
Son trône est dans le sanctuaire ; Tu la couvres de Ion suaire, C'est la iiourpre de les élus.
C'esl le voile de Ion épouse,
Nom si cher cl si glorieux.
Elle ne l'ut jamais jalouse
Que de ce litre précieux.
Son cœur dès sa tendre jeunesse
En secret s'immolait sans cesse
Dans les délices de la cour.
C'est recueil d'une âme chrétienne,
Ce n'est point h vous, Vierge auguste, Que j'ose adresser mes accents.
Quel hommage serait plus juste!
Quels devoirs plus intér' ssanls 1 Mais tout éloge vous offense; Je dois respecter en silence L'humilité «le votre cœur.
Autrefois fille de mon Maître, Désormais vous ne voulez être Que la servante du Seigneur.
C'est à vous que parle mon zèle.
Chrétiens, que cet exemple instruit.
Peuple oncor faible, mais lidèle..
Hâtez-vous d'en tirer le fruil.
Mortels, qui n'êtes qu'à l'aurore Du jour que le ciel fait éclore Pour guérir vos infirmités :
Et vous, qui soumis à la grâce.
Suivez moins lenteuienlsa trace.
Accourez, voyez, imitez.
Que ce trait de la Providence Relève les cœurs abattus.
Quel miracle de sa puissance, Pour encourager les vertus I Dans un siècle qui les condamne, Dans un siècle ennemi profane Des maisons saintes, de leurs lois, Malgré la'cour, malgré la ville.
Un cloître obscur devient l'asile De la fille de tant de rois.
Roi si chéri, père si tendre,
Le ciel la dérobe à vos vœux,
Mais l'un à l'autre il veut vous rendre
Dans un séjour bien plus heureux..
Pendant que vos longues années,
Toujours paisibles, fortunées,
Nous feront aimer votre loi,
A la souveraine justice.
Elle offrira son sacrifice
Et pour la France et pour la foi.
La foi, cette foi de nos pères Depuis Clovis jusques à vous, De SCS larmes les plus amères Arrose aujourd'hui vos genoux Ciavée avec des traits de flamme, Elle vit au fond de votre âme, Et vous suivra dans le tombeau.
Ne soullrez pas qu'en votre empire.
Partout on se ligue, on conspire.
Pour en éteindre le flambeau.
De l'horrible pliilosophie
Qui fait des ravages mortels,
Le système se fortifie
Sur la ruine des autels.
Sapés |)ar des f)roJets sinistres.
Bientôt privés de leurs ministres,
Ils n'ont que vous seul pour appui.
Dieu vous a remis son tonnerre;
Vous régnez par lui sur la terre,
Mais vous devez régner oour lui
DEI'MIMI. l'Ail IIK.
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