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CHAPITRE H

De Voraison et de la mortification.

Si des fondions extérieures ne vous permettent pas de vaquer dans la retraite à la prière et à la conlemplatiou , pourvu que vous remplissiez en cela des devoirs d obéissance, de charité, ou de nécessité, vous aurez toujours dans ces différents emplois le mérite de vous conformer à la volonté de Dieu.

Les passions intérieures de l'esprit sont un plus grand obstacle à la contemplation que les occupalions extérieures du corps. Au contraire les exercices corporels de, la vie active, quand ils servent à la mortilication de l'âme , sont des dispositiois à la vie contemplative, parce que le cœur ainsi morlilié est plus libre et plus dégagé de toute affection.

Cherchez Dieu beaucoup .plus que ses dons et que ses présents. Contiimez la prière, quelque sécheresse que vous éprouviez. Servez le Seigneur sans intérêt, et pour lui seul. Les consolations causent quelquefois aux hommes spirituels de plus grandes et de plus fréquente» chutes que ne fuit la sécheresse; et, comme disait un serviteur de Dieu, le démon des consolations est plus dangereux et plus rusé que celui des tribulations. ^

Lacroix est le bien le plus précieux que vous puissiez désirer. Souhaitez moins les

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larmes, les cuiisolalioiis, lus visites ctMus- vous dcvpz oncoro n'iiier lo proclinin. Si

le», iiu'iin feriii)' ot conslant aiiimir <lu Diuu, vous no lui |i<iuviz faiiu du liicn, supporte/

ci lo liouhuur do soultiir |ioiir lui. Il y a au tiioliis sus ihiLiiils.

du diiiigei- à porttT liti|i liiiut ses regards; No vous dé^^oiUez ('Oinl do vnlio frfro

ou »5vilo le pi^ril t-u uiarcliant les yeux hais- parce qu'il est sans nf'-nio cl sans talents.

siVs. Dieu les lui a rel'usi^s. Nous n'avons (|uo co

Mais {|uo ci'lli' LTMiiiuilo no vous remlo ipi'il nous donne. Si vous ôles mieux piirla-

pas Iriip eonlianl. Ne méprisez point eer- gô , no vous en eslinii'Z t'"S davanlatje.

tains mouvements tendres et atl'eetucux, on Craignez de \ous cnoi;^iieillir des dons du

di.Nant que la solide vertu ne consiste point Soigneur, au lieu de les lui rendre oyréa-

en cela. Je l'avoue; mais ils nous aident blos.

h l'acquérir, et do grands saints lont llyn un mérite infini h snuffiir une in-

éjirouvé. jure pour l'amour do Jésus-Chri>t. Vous dc-

Supportez patiemment que la dévotion vez prélV'ier ce sacri!ic.> 'i loulrs hs péni-

seiisible et les consolations vous manquent, tetires que vous sauiiiz faire, dussenl-elles

Faitesdo vcilro cùté ce que vous pouvez, et surpasser celles des plus grands saints. Ou

vous pouvez beaucoup par voire patience peut omettre les i)énilences sans pédié ;

et par votre soumission à Dieu, sans négli- niais on ne peut sans péclié se livrer à l'ini •

ger vos exercices ordinaires. Si vous les palien(e. On ne doit joint p' ur ions les

ubrégez, les forces de l'esprit vous man- Idens du monde, fiU-cc pour des u'uvres

«pieroîil, comme celles dn cor|)S maïupiè- bDOiies et saintes, commellre la plus légère

rent ù Sanison quand on lui coupa les ciie- olfense envers Dieu.

Yeux. Vos bons désirs no sont point réels, si

Attacliez-viius h l'oraison dont vous tire- vous êtes indscilo et peu comiiiaisanl. IMurez le plus do protit, par préférence à la sieurs souliailenl les persérulioiis, les tourplus sublime. La meilleure n'est pas celle monts, lo martyre; mais ils ne [leuvent qui lait paraître l'iiummo plus dévolet (ilus soulTrir qu'un supérieur ou qu'un homme tranquille, et qui le ravit comme en extase, de bien contredise leur volonlé. La nieilmais celle d'où il sort plus humble, plus pa- leure pénitence consiste à être soumis et lient, plus Uélrouipé de ses erreurs et plus obéissant. Pourquoi désirer de comballre morlilié. des géants, que vous ne renconlr.'rez ja-

Quoique l'oraison soit assurément un mais si vous vous l.dssez vaincre par un mou-

très-graiid bien, il vaut mieux cependant cheron qui vole autour de vous ?

que vous soyez un homme de morlilicaliou Montrez-vous reconnaissant envers ceux

qu'un hoium'e d'oraison. qui vous iiisullent ou qui vous lotit quel-

L'oraisOM sans la ruorlificalion, ou n'est que mal; car co mal esl un grand bien. Ke-

qu'dlusiou, ou n'tst (ortainement pas orai- gardez-les commodes insirumonts dont U:e;i

son. Vous aurez beau iirier : si vous n'êtes se Sf rt pour vous niellre eu œuvre, de munie

morlilié, vous ne serez jamais parfait. qu'une pierre prénieu>e, et | our vous pla-

Ne mêliez point voire atl"ect;ou dans les cer hoiiorablemeiil dans le ciel après vous

choses de colle vie. Par là vous lixerez dans avoir ainsi peifeclionné. Vous payez libé;a-

votre cœur l'amour de Dieu. C'est s'ouvrir lement la main qui vous a coupé un bras

la [lorle du ciel que de se fermer celle du ou une jambegangrenée, parce qu'au moyen

monde. Vous serez bien accomiiagné, si do celle cruelle opération vous espérez ) ro-

vous quittez la compagnie des créatures, longer uue vie passagère. El vous téiuoi-

puisque vous aurez celle du Créateur. gnercz de l'indiguatiou contre ceux qui,

Ouel prolit n'esl-co pas d'aband(Hiner des sans vous causer de si vives douieurs,

biens communs et [lérissables, pour acqué- vous ouvrent les porles de la vie éter-

rir l'unique et souverain bien 1 Dépouillez- nellel.

vous de vous-même elDicu vous revêtira de CHAPITRE IV.

sa grâce. ,..,..., De la paix dans le travail et dans les afflic-

Ueureux le pauvre d esprit qui jouit eu '^ tions

Dieu de toutes les richesses du ciel et de la ,, ' . , . .

t.rre. Celui-là est assez riche, et possède ^ ''^s ne sauriez ressenlir de peine tant

plus que tous, qui ne désire rien. q^'e Dieu ■ sera avec vous C est 1 enfer de

Uecueillez-vous en vous-même et ne re- ce monde que d être se, are de pieu, qu^nd

gardez plus ce qu'il ne vous est pas permis c" jouirait d ailleursde toute 1 au:orité, de

de désirer, .\yant une fois quille le monde, I9"tes les richesses, de tous les plaisirs ima-

pourquoi s'en occuper? C'est folie de pen- gi'iables. • , , , .

ser encore à des objets pour lesquels on n'a Dieu et les afflictions sont un riche héri-

pliis d'affeclion tage ; mais un riciie héritage sans Dieu est

Ranimez votre foi ; aimez les biens éler- 1« coiuble de la pauvreté. On est plus heu-

nels, qui sont véritables, quoique invisi- reux de souffrir que d ocai ter loin de soi la

blés. Oubliez tout à fait les biens tempo- cj'oi'' que Dieu nous impose el qu il nous

rels, qui n'ont (lu'une fausse apparence. aide lui-même a porter.

rHAPintï? m ^' ^'°"* "*^ ^'"'^ ' point a souffrir,

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