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CHAPITRE PREMIER

De l'obéissance et de la soumission à Dieu dans la manière de le servir.

On ne doit point s'aÛligerde pouvoir peu, si l'on peut aimer beaucoup. Il arrive souvent qu'on ne fait rien, parce qu'on est destiné à faire de grandes choses. Les trente années que Jésus-Ciirist passa dans le silence, ne furent pas moins précieuses que les trois dernières de sa mission, et que le jour même oiî il soutirit pour nous le supiilico ignominieux de la croix.

Que l'âme soit toujours occupée, quoique le corps ne le soit pas. Obéir b Dieu est le principal devoir de la créature. Elle fait assez, si elle aime assez', et si dans son inaction elle souhaite ardemment d'agir.

Alors ses désirs mêmes lui seront comptés pour des œuvres.

Le créateur n"a pas besoin de vous. Eh ! pourquoi gémir de votre impuissance ? Dieu accomplira bien sans vous ce qu'il veuf^. L'homme ne peut lui rendre aucun service, ni l'aider dans l'exécution de ses desseins.

Bien souvent il est plus utile pour le salut de mortiûer les inclinations que de remplir en plusieurs endroits le ministère delà parole, et que de pratiquer les austérités les plus dures. Sachez surtout qu'en vous ôlant la santé, Dieu vous ouvre par cette épreuve un trésor inépuisable de mérites.

Ne vous efforcez de servir Dieu que conformément à ses intentions. Que gagne un esclave à travailler beaucoup, s'il n'est pas au gré de son maître? Après tant de soins et tant de peines il se retrouvera toujours dans la disgrâce.

Si Dieu ne juge pas à propos que vous exécutiez de grandes choses, vous en serez dédommagé par vos souffrances et par votre résignation. Si par la faiblesse de voire tempérament il vous inlerdit l'usage des austérités, apprenez que l'obéissance est [iréférable au saciiOce, et qu'il vaut mieux soumettre sa volonté que de macérer son corps pur des rigueurs et par des abstinences volontaires.

Ne vous obslinez pointa marcher dans une voie que Dieu vous a fermée. Consultez un directeur sage et habile: soumettezlui voire propre jugement. Allez au ciel par le chemin de l'obéissance, et porté sur les bras d'aulrui. Gardez-vous surtout de prendre pour une inspiration de Dieu ce qui ne serait qu'un vice ou une inclination de la iiature.

Ne cherchez à être saint que de la ma-

(IJ Eccle. vn, 17.

nière qu'il plaît à Dieu que vous le sovez Vous manquez d'humilité, si vous présumez de vous plus que les justes, dont le Saint-Esprit a dit qu'ils tombent sept fois le jour.

Une chute qui nous empêche de tomber plus bas, n'est pas bien malheureuse. S'humilier après qu'on a erré, c'est tirer un grand fruit de son erreur. Il vous convient d'être parfaitement humble, et de ne vouloir pas être plus saint que Dieu ne veut. Il exige en premier lieu que vous vous alferraissiez sincèrement et solidement dans rhumilité. Co!iSidéiez ce que dit l'Ecclésiaste : Ne soyez pas trop juste (1). Certainement vous vous tourmenterez en v in, si vous aspirez ou si vous croyez être obligé h devenir si excellemmeni juste que vous ne puissiez jamais commettre de f.iuîe ni d'omission. Ces pensées, ces sollicitudes chimériques, quoiqu'elles n'aient que la sainteté pour objet, vous causeront de grands troubles. \'ous perdrez la paix en la cherchanl ; el vos inquiétudes n'aboutiront qu'à vous souiller davantage en voulant vous |}urifier.

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