‹ Œuvres completesChapitre 60 sur 232 · ADUKSSÉE ALX NOUVEAUX CONVERTIS DE SON DIOCÈSE · texte numérisé non relu

ADUKSSÉE ALX NOUVEAUX CONVERTIS DE SON DIOCÈSE

Jean George, par la Kf'âce de Dieu et du vaillant à détourner les peines que vous Saiul-Siége apostolique, évêque et seigneur aviez méritées pardes assembléesconiraires du Puy, comte de Velal et do Brioude, suf- aux lois du roj'auuie. Nous gémissions des fraganl immédiat de l'Eglise de Rome, etc. maux que le mépris de ces lois devait vous aux nouveaux convertis de noire diocèse, attirer : nous voulions votre salut, et non salut el bénédiction en celui qui est la voie, voire allliclion ; et dans celle vue nous solla vérité et la vie. {Joan. xiv, G.) licilâmes en votre faveur le magistrat

C'est à vous, mes très-cliers ireres, que cliargé de l'exécution des ordres du roi

nous désirons de nous taire entendre, vous dans celle jirovince. Vous nous promîtes

qui êtes une portion de noire troupeau de mettre lin à ces assemblées, dont vous

d'autant jilus digne de nos soinsquevous ajiprélieiidiez lecliàliment, et nous obJnmes

méconnaissez la voix el l'autorité de votre jiour vous, à celte condiiion, un lraiten)ent

pasteur. Votre égarement excite noire len- (ilus favorable que vous n'aviez lieu do l'at-

dri'sse. Nous vous la prouvAmes dès le ten'Jre.

commencemenl de noire épistoj)»!, en ira- l^st-ce pour nous plaindre de votre infi-

CELVRES COMPLETES DE LEFRANC DE POMPIGNAS.

déliliS el pour vous reprocher les grâces que nous vous avons procurées, que nous rappelons aujourd'hui les circonstances de la promesse que vous nous files ? Nous n'ignorons pas les tiompeuses suggestions de ceux que vous avez écoulés. Ils ont surpris voire crédulité en vous assurant d'une tolérance que le roi n'eut jamais dessein de vous accorder. Ils vous représenlaient des ménagements inspirés par les conjonctures, comme des témoignages non équivoques de l'approbation qu'on donnait à l'exercice public d'une religion proscrite par tant d'édits. Le piège était grossier sans doute. Qui pouvait ignorer l'inébranlable résolution oij le roi a toujours été de ne pernieltre dans ses Etals d'autre culte que celui do l'Iîglise catholique? ilais, de tous les français que celle imposture a séduits, vous, Lies très-chers frères, et les autres luiijilants de ces hautes montages, éiiez peutêtre les moins coupables. Diins des lieux presque inaccessibles, des discours destitués de tout fondement, mais conformes aux désirs de ceux qui les enlendent, trouvent une plus facile créance. Nous croyons volontiers qu'une fausse persuasion que io roi ne désapprouvait pas vos assemblées, a pu seule vous engager à les continuer; et si nous vousaccusons de n'être pas de véritables fidèles, nous ne vous soupçonnons pas d'avoir (né par un dessein formé de re- Lelles sujets,

11 n'est plus possible à présent de vous faire illusion. Les nouveaux ordres de Sa Majesté commencent à s'exécuter parmi vous. On dissipe vos assemblées ; on a puni des j)ères qui n'ont pas fait biqiliser leurs enfants par des ministres et avec les cérémonies de l'Eglise caiholique; on menace de toule la rigueur des lois ceux qui ont contracté ou qui conlracleronl de prétendus mariages au préjudice des ordonnances ecclésiastiques el civiles, ceux (jui sont tombés ou-qui toruberonl dans les crimes d'upuslasie ou de relaps.

Dieu, qui connaît le fond des cœurs, sait (juclles sont nos intenlions en remettant sous vos yeux les peines tem[iorelles qui vous sont préparées. Nuire ministère n'est pas l'ail pour inspirer l'épouvante tl la terleur. Il ne nous sutiit pas de lier votre langue, cl de vous iuqioser malgré vous le joug d'une profession exlérieure, démentie par vos secrels sentimenls. Nous cherchons a dissiper les ténèbres de votre esprit, el nous prétendons vous attacher à l'Eglise par les liens d'une obéissance volontaire. Des ouvrages solides, distribués dans vos cantons, ont déjà fait connaUie à quelques-uns de vous !a vérilé des dogmes catholiques. A ce secours, que vous ue^ei à la religion ou roi, nous avons jugé qu'il éiait de notre devoir de joindre nos propres lUitrucLions. Ce n'esl pus que nous nous tlatlious d'enchérir sur les habiles conlroversisles qui ont réfulé avec tant de lumière les pernicieuses erreurs de Calvin el de ses seclaliaij*; mais nous espérons ij,uu Dieu, qui

nous inspire le zèle de votre salut, donnera une onction particulière aux paroles que nous vous adressons.

Nous n'entreprenons pas de vous convaincre sur tous les points qui divisent les catholiques et les iirétendus réformés : cette discussion serait trop io-igiie, et moins utile pour vous que des réflexions abrégées sur ceux de nos dogmes qui sont Je principal objet de votre aversion. Cet obstacle étant levé, vous aurez moins de peine à com|)reudre et le faible de la réforme introduite par Calvin, e'. la nécessilé indispensable de vivre el de mourir dans le sein de l'Eglise romaine.

Ciaindrai-jo de vous offensor, mes tièschers frères, en vous assurant que vous ne connaissez ni la religion calholique, ni celle que des hommes téméraires osent vous enseigner? On vous a dit dès votre enfance, et vos prédicants vous l'ont répété, qu'il ne fallait pas entendre la messe, adorer l'Eucharistie, la recevoir sous une seule espèce, confesser vos péchés, prier pour les morts, invoquer les saints, honorer les images el les reli(iues, obéir aux commandements de TEglise. C'est tout ce que vous savez de notre religion, et il n'a pas été diUicile de vous persuader que des pratiques qui gênent la nalure sont pleines d'idolâlne el de superstition. iMais le véritable esprit et les fondemenis de toutes ces praliijues vous sont aussi peu connus que les dogmes de la secte que vous voulez suivre. Ceux qui sans mission el sans caractère s'érigent au milieu de vous en apôtres, n'en sont guères mieux instruits. Si l'ignorance peut quelquefois servir d'excuse, ce n'est |)as sans douie dans une religion qui rend tous les tidèles arbitres de leur créance, et leur iml)Ose l'obligation d'examiner et de découvrir par eux-mêmes le vrai sens des divines Ecrilui'es. Dès qu'on s'établit juge, on sengige au moins à connaître la matière du jugement qu'on veut porter. Apjirenez donc de nous, mes Irès-chers frères, ce que croit l'Eglise catholique. Vous l'avez condamnée jusqu'à présent sans l'entendre : vous vous soumettrez sans peine à ses décisions, dès que vous conmiiirez combien elles difl'èreni des monslrueuses erreurs que vous lui avez im|)ulée3.

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