I.'Eiicltaristie
L'Eglise catholique fait profession de croire que le cori>s el le sang de Jésus-Chrisl sont réellemcnl et sulislantiellemenl présents dans l'Eucharistie sous les espèces du pain et du vin. Elle le croit ainsi, fondée sur l'évidence du sens littéral des paroles de Jésus-Chrisi et de cil es de l'ajôlre saint Paul. {Mulih. xivi; Marc, xiv ; Luc. XXII ; Joan. \i; I Cor. x, 11.) Comment se peul-il faire qu'une secte qui se gloriiiait d'un atlachemenl i eligieux à la sainte Ecriture, qui ne voulait it'autre règle de noirt; foi que ce livre sacré, i[ui se pla gnait sans cesse qu'on eût ajouté, qu'on eûi subs.iti.é des liuaiiions humaines à la révélaiion ; toi: ment, dis-je, se peul-il fidrc qu'avec du
CÎ5 r.MlT. Mil. TIII'.OI,. l'ASr. - l.NSTIl. PASTOUAI.K ALX NOLVKALX CO.NVKIITIS. C16
tels |irliiL'i|)e!i, la sorte de Zain^locl iluC.il- du rogardur Jésus-Chri'it piéseul sutis li:s vin (lit ciimlmllu lu prisciici.' nielle'' Est-cu esiièius oucliurisliniics, coniiin; uiio viclimu parce ijuo co it(i;;ii)e pnruit conlruiro h la uni s'oiïro par- le iniiiislèru des prAires, ut raison? Mais s'il est i-iiisi, co ii'u^t l'Iiis la du l'adoier sons les iiiôiiies ^ymliides doiil pnrolede Dieu. c'i'St la raison ipii doil diici- il eiivuloppo l'iiclat do sa majusIiV Om- pi-nt lier loud^s k'S l'unlioveises do reli^inii. S'il l'aire Jc'.sus-Clirist |iix'sriil. dans riiiicliarisesl «iiisi, pouripioi leci'Viiir parmi les nrti- lie <;.uo d'iiilfrcéder en nuire l'avrL;r? tl lies de volro créance l.i Irinilù de la ualuio (|iii peiil duuler ipie Dicii m; soil louilié didivine, rincaniutinn du \'iM|)e, le péclu: la itrûsenco et do l'iiilcrrtjssion de >()ii Fils '.* originel, el tant d'aulres vérités non moins Voilà l'essenliid du saoriliio. Vous n'en roincoiupréhonMililos à la raison (jue la pré- fuserez plus le nom ù l'Iùiciiarislii', dès siMico réelle 'Misl-ce | arce tpio ce doymi,' (pio vous avouerez que Jésus-dhrisl y est n'est p:is assez claireuienl établi dans 1 licri- dans sa propre personne, honorant son l'ère lure? Mais t|uello clarlé comparable h celle par une suite nécessaire do sa présetice, le di' ces paroles : Ceci est mon corps, ceci est leinercianl de ses bieiiCails, lui un <lemaninon sduij. Ma chair e,^t révlleiiteni une nourri- daiit de nouveaux, apaisant sa justice ol'litre, el mon sang est réellement un breuvage, fensée, cl remplissant ai'isi toutes les t'oiic- Le calice que nous bénissons n'cst-il pas la lions do saciificatour el d'hostie. communication lia sang de Je'sus-Chrisl, et Chcrcirz-vous dans i'Kucharislio une note pain que nous rompons n'est-il pas la par- tion plus paitaito du sacrilice'? Considérez liciputioH du corps du Seigneur? Les lex- la manière dont lelils do Dieu s'y rend prèles ipii |irouvcnt la divinilé de Jésus Christ sent: vous trouverez dans la consécralion sont-ils plus formels'? lit si vous avez en distincte du [lain et du vin, une séparation horreur l'alteiilat des sociniens, qui élu- mystii|ue du corps et du sang do Jésustli'nt le sens littéral de ces textes par drs Ciirist, et une immolation véritable, (juoiligures et de vaincs subtilités, ([ue devez- que sans violence. L'ilommi-Dicu, caché vous penser de tous les elforts lies écrivains sous des voiles qui ne laissent pas môme s.icramentaires pour expliquer dans un sens entrevoir son humanité, vous paruitra dans ligure des paroles si sim[)les et si énergi- cet état de mort et d anéantissement qui déques"? Quand on croit, sur l'autorité do signe si bien une victime; et il en aura Jésus-Christ , qu'il n'est qu'un utec son onfiii le dernier caractère dans la niandul'ère [Joun. x, JO), et qu'on éloigne do co cation réelle de sa chair, dont il nourrit les discours toute ligure qui pouri'ait all'aiblir fiilèles, après l'avoir otferte pour eux. l'idée d'une unité réelle et substantielle. L'adoration de l'Eucliarislio n'est pas quelle jieine peut-on se faire de croiie, sur moins liée au dogme de la piésence réelle la même autorité, que l'Eucharistiecoiitient que l'idée du saciilice. Calvin a lui-même le corps et le sang de Jésus-Christ, non en enseigné cette liaison. Ses plus habiles disligure, ma^s d'une réalité do substance ciples l'ont soutenue comme lui; et ils n'ont qu'emporte nécessairement le sens littéral pas fait d!(lii;ullé do coiivenir que les cane ces paroles, Ceci est mon corps, ceci est tholiques raisonnent sur cette matière plus mon sang ! conséquerament que les luthériens. Vous
Cessez donc d'insulter à la créduliié des nous rendrez, m(is très-chers frères, la
catholiques qui reconnaissent la réalité, ou même justice. Un Dieu incarné [lour notre
renoncez à cette [irolonde vénération pour salut doit être, direz-vous, adoré partout
les saintes Ecritures, qui est selon vous le où il se trouve; et s'il est réellement (iré-
glorieux apanage des Eglises protestantes, sent dans l'Eucharistie, il y mérite nos
Nous vous ré[iondrons que si nous croyons adorations, soit dans le lemjis qu'on l'im-
un dogme si diliicile à comprendre, c'est mole, soit durant qu'il réside sur nus au-
parce qu'il est révélé, et que nous faisons tels, soit lorsqu'un le porte au milieu de
céder notre faible raison à l'autorité de la nous.
révélation. Nous ne répliquerons à tous les , . ; j arguments que l'esprit humain et le témoi- ^"^ communion sous une seule espèce gnage des sens fournissent contre ce mys- Une autre conséquence de cette doctrine 1ère que les paroles expresses de Jésus- est la liberté que l'Eglise laisse aux lidèles Christel de l'Apôtre des gentils, et nous de communier sous la seule espèce du pain, vous demanderons qui est-ce qui resjiecto Jésus-Christ est [irésont sous les symboles davantage l'Ecriture, ou ceux qui en dé- eucharistiques dans cet état de gloire sjt tournent les paroles à un sens ligure, pour d'immortalité oiî il est entré par sa résurnêtre pas forcés de croire ce qu'ils ne con- rection. Sou ûme no [leut plus être séparée (joivent pas, ou ceux qui l'expliquent reli- de son corps, et son sang, qui coule seulegieusement à la lettre, malgré toutes les ii'.enl en mystère, n'est plus réellement rérépugnances de leur raison. pandu. Ainsi les jiaroles sacramentelles
C'en est assez pour justitier à vos yeux la n'opérant que ce qu'elles signilient, il est créance des catholiques sur la présence vrai que la consécration successive du pain réelle, sans entrer plus avant dans la dis- et du vin ne met [lar elle-même sous la precussion des motils (jui prouvent invincible- mière es|ièce que le cor[)S, et sous la sèment que les texics concernanU'Eucharistio coude que le sang. Mais il n'est [las moins ne sont susceptibles (pie du sens littéral, vrai (juo le corps et le sang, par une suite Ajirès cela ^ous ne nouA leri z [dus uncriiuc de leur uûiun indissoluble, se trouvent
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ciiscnible sous chacune des deux espèces, el que qui en reçoit une roçnH toule la personne adorable de Jésus-Christ. C'est à cette personne, el non nu\ voiles qui la couvruni, qu'est ollachée la grflce du sacrement; et il est aisé de conclure, selon lo raisonncraent (2) de saint Paul, que Dieu en nous donnant son Fils unique, nous donne avec lui tout ce qui nous est utile et liécessaire. Vous voyez évidemment, nies frères, que l'Kglise n'a fait aucun tort aux fidèles en leur retranchant la coupe, et ne leur administrant l'Eucharistie que sous la seule espèce du pain. Ce n'est pas là, comme on le dit souvent parmi vous, un sarremcnl imparfait et mutilé. Osericz-vous a; |ieler ainsi un mystère où Jésus-Christ est reçu tout entier ?
Mais vous contestez à l'Eglise le pouvoir de retrancher une des deux espèces dans la participation de l'Eucharistie, et vous l'accusez d'avoir violé par ce retranchement l'institution de Jésus-Christ. Déjà je vous entends répéter ces parole» : Buvez-en tous, et [ailes ceci en mémoire de moi. {Mattli.xwi, 27; Luc. XXII, 30; / Cor. xi, 2G.) Mais il était de la bonne foi do vns ministres f|ui ont mis ces deux textes dans votre boucbe, et de vous marquer h qui le premier était adressé, et de citer plus exactement le second. C'est aux apôtres , et en instituant l'Eucharistie , que Jésus-Christ a dit ces paroles, bitvez-en tous ;el cet ordre leur était nécessaire pour que la coupe qu'il avait donnée au premier (lassût ensuite dans les mains de tous lés autres ; au lieu q.u'ayant lui-même présentée chacun d'eux le pain changé en son corps, il n'avait pas eu besoin de leur ordonner d'en manger tous. '
J'ajoute une seconde raison également convaincante. C'est que le Fils de Dieu établit dans sa dernière cène le sacrifice de l'Eucharistie, et donna en même temps aux apôtres le pouvoir de le célébrer. 11 fallait donc leur ordonner de boire tous son sang, puisque ce sairilice ne peut être olfert que sous les deux espèces, et que le prêtre qui le célèbre est indispensablement obligé do participera l'un et à l'autre. L'usage de la coupe n'est donc ordonné qu'aux apôtres sacrilicateurs, et à tous ceux qui dans la suite des sièvles devaient être associés au Bjôme ministère. Après cet éclaircissemei.l vous comprenez le sens de se second texte, faites ceci en mémoire de moi. 11 n'oblige h recevoir l'Eucharistie comme Jésus-Cluist, que ceux qui sont établis ses ministres et ses coiipératrnrs dans le sacrifice de son corps et de son sang; el vous ne prouverez jamais que les Chrétiens qui n'ont pas le môme privilège, soient assujettis à la môme nécessité. Mais je dois vous avertir de plus que la citation de vos ministres n'est pas exacte. Car il est certain que le Fils de Dieu
(2; Celui qui a livré son Fih unique pour no7is tous, comment ne nous a t il pus donné loues choses «tff lui ? {Itum, vu, 52. J
n'a dit ces paroles {Luc. xxii, 5) qu'en donnant son corps aux apôlres, et en leur commandant de lo manger : et si saint PanI (/ Cor., n) nous apprend qu'il les a répétées après avoir fait boire son sang, c'est en y mêlant ces mois que vous sup(irimez, faites ceci, toutes les fois que tous boirez, en mémoire de moi. Proposition condilionnelle qui fait un devoir à tous ceux qui boivent dans la coupe sacrée de se souvenir de Jésus-Christ, mais qui ne fait pas de l'usage de la coupe une loi générale pour tous les fidèles, et (jui n'empêche pas qu'on no puisse joindre à la réception du corps sous la seule espèce du |iain un souvenir aussi utile de la mort du Sauveur.
Il a fallu, nies frères, vous expliquer des paroles où les plus ignorants d'entre vous croient apercevoir une condamnation manifesie de l'Eglise calholique. Apprenez par cet exenqile ;» vous défier de cette clarté prétendue de la sainte Ecriture; et pour no point sortir de la question que nous examinons, avouez que l'Eglise, sans altérer l'institution divine, a pu ne pas imiter dans l'administration de rEucharislie tout co qu'a lait Jésus-Christ en l'instituant, el retrancher, peur do bonnes raisons, ce qui n'ap[>artient pas à la substance du sacrement. Les Eglises réformées, dont vous admirez la discipline, en ont usé de môuio dans les seuls sacrements qu'elles aient retenus. Jésus-Christ a reçu le baptême en se plongeant dans les eaux du Jourdain, et il a conféré lui-môme, ou fait conférer par ses disciples, ce sacrement par l'immersion dont il avait donné l'exensple. Le teiiiic même de baptiser dont il s'est servi en ordonnant (2*} aux apôlres d'allerdans tontes les nations, signifie dans sa langue originale, plonger, ensevelir. Cette cérémonie était d'ailleurs mystérieuse en elle-mêine. Figurée par lo déluge et par la submersion des Egyptiens dans la mer Rouge, elle l'aisait connaître que les péchés, nos véritables ennemis, étaient noyés dans les eaux du baplôme. Elle représentait la sépulture de Jésus- Christ, et donnait lieu d'apprendre aux caléchumènes, que s'ils étalent ensevelis dans les fonts baptismaux, comme le Fils de Dieu dans son tombeau, ils devaient ressusciter comme lui |)Our mener une vie nouvelle. {Rom. vi, 4.) Tout se réunissait donc pour la nécessité de l'immersion dans le baptême : le sens naturel de ce terme, l'exemple de Jésus-Christ, son ordre exprès, la lepiésentalion plus claire et plus précise des ell'els de ce sacrement. Néanmoins on n'a pas balancé dans les Eglises pi oiestanles à donner le baptême par infusion, comuiu on le faisait depuis plusieurs siècles dans l'iiglise calholique. L'ell'et principal du sacrement, qui consiste à purifier l'ûrae en lavant le cor[is, se trouvait sullisamment niai-qué par rinlusion. Une signification
{•2') Allez, enseigne, toutes les nations, e'. baplisez- Ics an nom du l'rrc, cl du Fils, el du saint Fsprit. {.ilatit. xxviu, 10.)
tii'.) lAUT Mil TliiOT.. PAST. - rNSrU. IVVSroilAU; AUX .NOi;VEALX CO.NVEUTIS. OiO
plus expresse el plus étendue iiu pnrni.ssAit (wis néoo5viiire; et le iMinin.iiiiioniuiit du l-'ils /ic Dii-ii élflit cxécuU', ipioii|u'uii lie suivit pas son fxuMi|.lL> dans tuulrs ses ciicoiistunces.
La vériti^ do ce priiu'ipo se fnisnil 'cntir Ji Tt^gaid ilu JKipli^ino , cl l'un \ eniruil d'nutanl plus vcdonliprs, ijut' ri ji'lor lo bnplôim.' |>ar inlusion, c't'ûl l-Io iléclariT qu'il n'y uvuil plus sur la Icrro de vorilnlilo b,\|il(^inc, et crucilicr de nouveau Jt^sus-tMirist. l'oui- :iu()i l'Ki^liso auiait-ello iiioms de pouvoir dans raduiinislralioii de l'Iùieliurislie quo dans celle du ba|iltînie? et la comniuniiHi sous les deux es|iùces al-elle do meilleurs litres que riiiiinersioii ? Si la | remiôre est foiidéo sur rt.'xeinple du Fils de Dieu, la si'Ciindtj ne l'est pas moins. Si en coiiiniuiiiant sous les deux espèces, il a ordonné flux ulll^lres de fùire ce qu'il avait fuit, il leur a aussi ordonné de ùaptistr, c'esl-bdiie do plonger dans l'eau, ainsi qu'il en avait usé lui-mCnie, soit en recevant, soit en conlérant le bai>léaic. Si manger le corps sons l'espèce du pain, el boire le sang sous celle du vin, marque beaucoup mieux la lin el les eH'cls de l'Hucliarisiie, sorlii'des fonls l.'aptismaux, a[)rès s'y ôlre enseveli, désigne plus parl'aitcinent l'opération de la grâce iiaptisuiale. Si la seule infusion fait assez, entendre que le banlôme [lurilie, la toniinunion sous la seule espèce du pain, donne assez à connaître que Jésus-Clirisl, dans l'Eucharistie est la nourriture des Ames. Si c'était un horrible inconvénient que de
E river l'Eglise durant quelques siècles du nplôuie, en était-ce un moindre de la priver de l'Eucliaristie? Car ne recevoir que la moitié d'un sacrement, c'est une réception aussi vaine qu'elle est téméraire et sacrilège. Enfin, si l'on avait eu des motifs sulllsanls pour remplacer l'immersion dans le baptême par l'inlusioii, l'Eglise n'a-t-elle jms eu des raisons encore plus fortes pour reirancher aux lidèles communiants une espèce dont la disli ibulion donnait lieu à de fréquentes irrévérences? Tnut est égal entre ces deux changements; el s'il y a quelque dillérence, ellefavurise le relrunchement do la coupe.
Mais dans l'administration même de l'Eucliaristie les Eglises prolestantes n'ont-, lies pas usé d'une liberté qui juslilie la conduite de l'Eglise catholique? Quoiqu'elles aient si forleMient insiste sur ces jjaroles : faites ceci en mémoire de moi, se sont-elles crues obligées de répéter dans leur cène raclion entière de .lesus-Christ? Communient-elles après un repas de charité, comme le Fils de Dieu l'a pratiqué, et ses apôtres après lui? Les lutliéiiens rompent-ils, à l'exemple du Sauveur, le pain eucharistique pour retracer parcelle fraction sa mort vio'ente ? Et tous ensemble, soit calvinistes, soit lulliériens , rejettent-ils le pain levé, puisijue Jésus-Christ ne mangea |ioint d autre pain dans sa dernière pAqiie que celui (jui était permis par la loi, c'est-à- Uire du paiu uzyme? .Mais que dis-je? cette
communion sous une seule espèce, tant reprochée à l'EiJîlise callioliqii.!, les Eglises prétendues rélomiées l'aiiprouvent el l'ordonnent mémo en certains cas . Elles veulent ilans leur disciplini', que le pain de lu cène soit (ulininisliL' à ceux i/ui ne jiettvent boire le tin, en faisant protestation que ce n'est pas par mépris , et faisant tel effort qu'ils pourront, mi'ine approchant la coupe (le lu bouche tant qu'ils pourront , pour obvier à tout scandale. (Cli. 12, lit. De la Cène, art. 7.) Il est iniitilt^ de répondre que i-et arliile ne dispense de la coujie que par l'impossibilité de boire ce qu'elle contient. Car si la comaïunion sous les deux cs()ècns est essentielle au sacrement do l'Eucharislie. si en omelire une, c'est violer l'instiliilion do Jésus-Christ, on doit refuser les deux espèces à ceux que l'impossibilité dispense d'en recevoir une. Ils ne sont pas obligés à la p.arlicipalion d'un sacrement dont un obstacle invincible les éloigne; et il n'est [>as plus permis de leur donner l'Eucharistie d'une manière qui no peut leur èlre utile, el (lue le Fils do Dieu condamne, que d'employer au défaut de l'eau dans le bajitème, tout autre élément que Jésus-Christ n'a [las choisi pour être l'ins- Irumeiit do sa grûce. Ce règlement des Eglises réformées est donc une preuve que la communion sous les deux espèces n'est pas d'une nécessité aussi absolue qu'elles voudraient le faire enPndre. L'Eglise catlioliijue n'approuve pas plus qu'elles le mépris de l'une ou de l'autre espèce ; et ce n'est que pour obvier au méjuis du sacrement môme, et pour rendre 1 administration plus respectable , qu'elle en a retranché l'espèce du vin, jiersuadée qu'elle en avait le droit, el que dans la seule espèce du pain qu'elle laissait aux tidèles, ils trouveraient avec la chair viviliante de Jésus-Christ, son sang, son âme, sa divinité, et toutes les grâces qui en sont inséparables.
La confession des péchés.
La confession des péchés ne. vous blesse pas moins que la présence réelle. Ici les passions de votre cœur se réunissent aux [iréjugés de votre éducation. Vous ne |)0uvez vous assujellir à un joug si pénible el si humiliant. Il sullit, dites-vous, de cmifesser ses péchés h Dieu, qui peut seul nous les pardonner. Quel abus, et en môme temps quelle tyrannie do nous contraindre à déclarer nos faiblesses les plus cachées à un homme aussi faible el (leut-ôlre plus coupable que nous 1 Ainsi l'homme orgueilleux di.>-putG ct)ntre lo Tout-Puissant, el follement jaloux d'une liberté qui l'a perdu, rejelte une dépendance salutaire. Ce n'est pas au criminel qu',1 appartient de presrriro a son juge la manière d'obtenir son pardon. Trop heureux, (luoi qu'il puisse lui en coûter, d'elle délivré des iieines qui lui étaient dues, el de rentrer en grâce avec le .Maître qu'il avait outragé.
Je vous laisse donc pour un moincnt regarder la confession des [léchés comiiiO uiia
ŒUVRES COMPLETES DE LEFRANC DE POMPIGNAN
^èwt cruelle pour les consciejices. En estclle moins nécefsaire cl moins indispensable, si Dieu l'a ordonnée, et s'il a rnis à ce prix sa inisériiorde elsa grâce? Les remords vous déchirenl. Vous vous senlez pécheur, et en celle qualilé digne de la colère du ciel. Il est temps de réiablir la paix dans votre Ame, et de briser ces cliaîncs honteuses que vons portez en gémissaiil. N'attendez la guérison de vos maux que de la jiénilence; mais ne vous flattez pas de ii'avoir en la faisant que Dieu pour témoin et pour juge. Il a établi sur la terre un Iri- Jiunal où tout pécheur doit recourir. Là se lendenl des sentences, préjugés légiliuies des arrêts qui se prononcent dans le ciel. Lesap6t:es, el tons leurs successeurs dans «et auguste minisière, ont reçu de Jésus- ('.hrist le pouvoir (3) de lier el'cle délier, de remettre et de retenir. Oubliez, mes frères, les interprétations forcées dont on a rempli voire es];ril. Ne lonsultez que la bonne loi et la droite raison. Ne voyez-vous pas tlans ces passades expliqués naturellenn'nt une autorilé judiciiiiie accordée aux aj ôtres et à tous leux (jui ont la môme mission? Il sont déclarés juges pour absoudre ou pour punir, et le Fils de Dieu promel de ratifier leurs jugements. Mais si ce pouvoir est évidemment cirntenu dans les paroles que vous veni z a'entendie, il n'est pas moins certain qu'on ne peut l'exercer sans une connaissance suflisante des causes qui doivent êlie jugées. C'est la lumière naturelle ([ui dicte ce principe, et c'est elle aussi qui nous apprend que les péchés, qui doivent étic connus des prêtres qui en sont les juges, doivent leur être déclarés par les himmes qui en sont coupables.
Combien d'auties preuves pourrions-nous ajouter à ceiles-lh? Il nous serait aisé do vous montrer la confession des [léchés aussi ancienne que le christianisme, et conslammenl observée dans l'Eglise malgré toutes les variations de la discipline. Vous comprendriez sans peine que plus cet usage est contraire aux inclinations de la nature, moins il ei^t été possible de l'introduire et de le ré|ia' dre dans toutes les Eglises, si son origine ne lût pas remontée jusqu'aux temps tpo-luliqiies. Mais pour vous éparguer loul examen au-dessus de vos forces, nous nous bornons à des textes de l'Eciiture que viius devez connaître, puisqu'on vous oblige u'éludier les livres saints pour former voire foi par l'Intelligence que vous en aurez acquise. C'est par ces textes que nous vous prouvons que la confession, qui vous a été cié(i( inleavec des couleurs si odieust'S, est néjiimoin;; coaimandéejjar Jésus-Christ même, l'auteur et le consommateur de noire foi. {Uebr. xii, 2.)
Mais seraii-il possible qu'un moyen é.a-
(3) Tout ce que vous lierez sur la terre, sent lié flans If ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre, lera délié dois le ciel. (Mattli. xviii, is.)
(i) // souffla sur eux,el leur dit : On reinettra les péJtés a CiUM à qui icu3 les remcltrci, et ils [eroitl
Mi de Dieu pour la rémission des péchés fût un joug aussi onéreux que vous le prétendez? Jésus-Christ en ordonnant la confession des péchés snrait-il oublié celte tendre invitation (4) qu'il fait à tous les pécheurs de venir à lui, et la promesse consolante qu'il y ajoute de les soulager? Il leur annonce le repos de leurs ûines. Leur préparait-il une torture dans l'accusation qu'il exige d'eux ? Je voudrais, mes frères, (loiir vous désabuser d'un si faux piéjiigé, qu'il me fût permis d'en appeler h votre expérience. Mais puisque vous n'avez jias été assez heureux jusqu'à présent pour goûter vous-même la joie que la pénitence, telle qu'elle se pratique dans l'Eglise catholique, apporte dans les consciences, croyezen du moins les pécheurs qui peuvent vous rendre témoignage de ce qu'ils ont éjirouvé. Ils V: us diront que si le remède de la confession est amer, comme il doit l'être, cette auiertume, adoucie par l'onction delà grâce, tempérée par l'espérance du pardon, est le principe d'une ]iaix qui surpasse tout sentiment. [l'Iiilipp. IV 1.) Il est douloureux, il est liumiliant tlo révéler à une créature des choses qu'on voudrait pouvoir se cachera soi-même. Mais quelle consolation d'ouvrir son cœur à un minislre de Dieu, qui n'est votre juge que pour devenir votre libérateur 1 Quel secours ne retire-ton point, je ne dis pas seulement de la puissance des clefs qui lui a été donnée pour ouvrir les l'Ortes du ciel, mais de ses sages avis, d'autant plus utiles qu'ils véjiondenl aux besoins les plus pressants du coupable qui s'accuse 1 A mesure que la bouche s'ouvre, l'ûme relejelte le jioison qui la dévore; et lorsqu'eiifni cette déclaration, d'abord si pénible, est achevée avec tous les sentiments qui doivent racconqiaguer , on croit être déchargé d'un poids accablant; on resiure, on coiumence à sentir sa liberté, et l'on s'étonne des violences qu'il a îA\a se fuir-e à soi-mOmu pour se la ]irocurer. Mais (pii peut cxpriu:cr ce qui se passe dans une ûme vraiment pénitente qui entend prononcer la sentence (le son absolution? C'est un houime qui parle, je l'avoue, mais qui jiarle au nom du souverain Juge dont il lient la place. C'est cet anye qui remue les eaux de Btlhsuide {Joan. y. h), et en môme lenqis ce/ /io»iWie bienfaisant qui plonr/e dans la piscine salutaire les malades les plus désespérés. C'est ce |)ieux Samaritain qui verse Ihuiltet le vin sur des plaies uiorleltes [Luc. X, S4.J Dieu, qui le lait agir auluiisu son minislèie, et scelle dans les cœur's, en y ié()andant son Saint-Esprit, la grâce que le prêtre accorde.
C'est alors (5) que les esprits bienheureux se réjouissent dans le ciel, et que cette allégresse de la cour céleste se communique
retenus à ceux à qui vous les retiendrez. (Joan. xx, -2.)
(5J Je vous le dis en vérité. Il y aura une graudd joie parmi les unrjes de Dieu sur un péclicur ji.isaul pénitence. [Luc. xv, 7.J
«3 l'AUT. Mil. TilLOL. l'ASi. - I.NbTU. PASTOUALl:; AL\ NOLVEALX CONVLUTIS,
tt^eoiicilié. I
pl.iiioiiiciil au |ié(lK'iir rOeonciliO. Il ii (.lis, J> l;i vérilù, rolto ci'iUliule alisuluc ilc >;i juslil'ualioii ol do .io!i s;iliil (|iio les prt'iiiii-i>. niili'Urs ilevuliu rrUniiie oui eii>t'i- ^;iuH'.l'nt' limiililei;uiiliaiui'i|iii liaiiiiit k'tc^u- 1)1' el riiu|iiicluilti, (jui Mail io rtiiiiyiir cl (|ui II) l'oilitii', ([Vil jiJiMlà l;i délL'i.lulioii ilii i^tVlié Tt-MTciCL' lies hidiiies a'iivrts.f ullecoiiliaiico liii»iillit, il ii'u [)as Itosuiii 11*11110 Lcrliludu i liiiiiériiiut', iiisé|i.'iiiible do In |iié>oui|ili')n il do la st'ourilo.'l KiiiYoz-voiis iluiis co jioiliuil (idole do la péiiilcin-o dos caîlii)!l(|uos liiulos los lioiiouis (iiio les |iroleslaiils lui allribuenl? Kl si vous daij^nezoliservur que lolle iiili'giito do la coni'cssion, qui vous paraît si dure, n'csl (ju'uiio acousalion siiilèie des pooliés qu'on se rapiiollo ajJiès uii M'iioux oxaiiioii;si vnus ajuuU-z à tant do moiits Io bili'noe que toutes les lois impoionl au coiil'esseur, (.ersislcrez-vous dans voire él. igueuioiit j)Our une pratique si ^aiule, et pié:ùiercz-vous l'i la Imnle passagère d'une brnèle lévélalion, l'i^iioniinio publique du ju^eiiioMt deri.iiT, et la confusion iHeirielle JiS léprouvos?
l'oul-ôlio itts-vous moins effiavés do la coniession que dis peines salisl'ailt)iies, «pu sont, seion le concile de Treille, une uos parues de la jiénilonce. C'est en ollVt contre ces Siitislaclions qu'on doelaiiie avec plus do vcliouionce dans les Eglises proieslanles. (Jui l'eût cru, qu'on eùl coioié le relikliciiienl delà luolle^so, d'une apparence (Je icspecl jiour la |ieisonno adorable et pour la n)éd:ation do Jésus-Clirisl, co.iitae si c'eût é:é laiie injure à ce divin Uédenipleui', el dimituier la confiance que nous lui devons, que d'établir l'obligalion de marcher sur ses traces; comme si les soulTrances de l'innocent étaiunt dans lu coui)abli; une excuse légilime pour ne rien souO'iirVNe diles pas que le Fils de Dieu a [layé le jirix entier de notre rançon, et (lue par sa niort il nous a délivrés Ue loules les [leinos que nous avions niéiilées par le péché. Plus il a acquis du droit sur les hoiuiiies en les rachetant lie son sauj,', plus il est luaiire de leur distribuer à son gré les grâces qu'il a obtenues pour eux. Et quelle dislribiilion [ilus digne de sa sagesse, de sa juslice, cJe sa boulé même, c|ue de ropaudre sur eux dans la première rémission qu'il leur accorde par le baptême, toutes les richesses de sa miséricorde, et de réserver pour la [lénilence, seconde planche après te naufrage, une ell'usion moins abondante de celle même luiséricorde dont ils ont abusé 1
Diins le sacreuient de la régénération Jésus-Christ reinut le péché avec loules les peines qui lui sont dues, en sorte que suivant la parole de Siiinl Paul, il nij a plus dans les lidèles baptisés aucun sujet de condainnuliun. [liom. \iii, 1.) Aiais (l:.ns le Iri- Lunal de la réconcilialion, où ii s'agit de juger et de punir les crimes commis de- |iuis le baplôiiie, avec une pcrli.iia et une ingratitude qui leur est prO[)re, Dieu ne les pardonne ordinairement qu'en subsiituant aux peines de l'enter des chàliineiiis loua-
ptirels que les (léiiilents doivent subir uu dans 00 monde ou dnns l'autre. Quoi de plus convenable, ipje celle inégalité ile Iruilement entre ileux (jrdres de pécliours si diUérenls l'un do l'aulie! (Juoi de plus nécessaire, ([ue deinellre un Irein par celte sévérité de disciple è l'inslabililé do nos désirs 1 (juoi de plus saint, que de détruiic par ces peiiiis, qui s<inl égali-ment médicinales el satist'ailoires, lis babiliides v'cieiises conlracléiis dans l'état du péché 1 Kl liait cela déroge d'autant moins à la valeur inlinie du sacrilice olléit pour notre salut, fpie l'Kglise cutlioliqnc, dans le concile de Trente, regarde les satislaclions de l'hommo péclieiir, comme tii'anl toute leur vertu de lu salisl'aclion de Jésus-Clirisl dont elles ne sonl que los instruments.
Le purgatoire et la prière pour les morla.
Nous trouvons celle doctrine dans les livres saints, qui nous mollirent dans la personne de David (// Reg. xii) des crimes pardonnes, et un cliàiiinenl rigoureux qui suit le pardon prononcé. Nous la trouvons dans CCS beaux sièclc'S de l'Kglise donl vous reconnaissez vous-in<Tines la pureté, où des pécheurs qui avaient regu dans un péril pressant de mort la grâce do la pénitence, en accomplissaient néanmoins les exercices laborieux, lorsqu'ils recouvraient la santé. Une conséquence nécessaire de celle doctrine, est cet étal d';,inictioii et de tourineni où rKgliso catholique reconnaît les âmes qui sortent de leurs corps sans être entièrement i>uriûées. C'est ce qui s'appelle, le purgatoire, nom si décrié parmi vous, mais donl la réalité ne soulfre aucun doute a[>rès ce que vous venez d'entendre. S'il reste des [leines temporelles à subir après la rémission des péchés commis par les Chrétiens, el si par une mort trop [>roiiii)le, ou par la négligence des pénilenis, celle délie n'a pas été acquittée jusqu'à la dernière obole {Matth. v, 20), il esl clair (|ue des pécheu.'S ainsi nhonciliés meurent dans les liens de la justice divine, 'et ne peitveni, avant que d'en être atl'ranclus, entrer dans le royaume éternel.
Mais je veux que les péchés qui donnent la mort à l'âme aient été (deinemeiil expiés.. Si elle paraît au tribunal de son Juge avec quelqu'une de ces taches qui, sans elTaccc en elle l'image de Dieu, en ternissent cependant la beauté, accor.leiez-vous à celle âme l'entrée de la cité célesie, où rien d'impur ne peut-être introduit? Vous serez contraints d'admettre un intervalle où ces taches puissent être consumées par le feu jaloux de la juslice divine. Voila encore cojiurgaloire que vous avez rejeté avec mépris^ sans le connaître. Je sais que la secte uont on vous a inspiré les maximes n'avoue pas cette dillérence enlre les [léchés qui luent I àine, el ceux qui ne l'ont que la blesser. iMais loi'sque l'Ecriture nous enseigne que depuis le péché originel tous los huiumes, même les plus justes, sont assujettis à- la nécessité générale de pécher quelquefois-»
OTLVUKS COMPLETES DE LEFRANC DE POMPIGNAN
lorsiiui» nous voyons l'apôlre saint Jncquits se mcitie nu nombre de ceux qui manquent en plusieurs choses (Jac. m 2) , el i]iie le Disciple bien-aimé déclare que si lui ou tout autre fidèle se dit sans péché, il est menteur, et la vérité n'est pas en lui, {IJonn. ii, '*), pouvons-nous méconnaître ces faiblesses vénielles qui se trouvent dans les plus sain l s, el par une suite inévitable sont compatibles avec la justice el la sainteté?
Il y a donc des ânu's qui souffrent quelque temps a|irès leur mort, quoique deslinées h une éternité bienheureuse. Dans quel lieu, el corameat souffrent-elles? C'est ce que l'Eglise n'a pas déterminé, contente d'apprendre aux fidèles la vérité de ces souffrances et le soulagement qu'ils peuvent y apporter. Doit-il vous paraîlre incroyable que la communion des saints, qui lie si étroitement tous les membres de Jésus-Christ, inspire aux fidèles qui vivent la pensée et leur fournisse les moyens d'adoucir les peines de leurs frères moris dans la piété ? De là est née la prière jiour les morts, dont on découvre, non pas seulement quelques faibles vestiges, mais de l'aveu des plus liabiles ministres, l'usr-ge universel dans des siècles si voisins (6) du temps des apûtres, qu'il est impossible que la saine doctrine ait été si [)romptement, el au milieu de tant de lumières, ensevelie dans l'oubli, pour n'en être tirée qu'après plus de treize cents ans. Mais pourquoi pailer uniquement de l'Eglise chrétienne? Ne vojons-nous pas la prière pour les morts pratiquée dans l'Eglise judaïque ? En vain répondriez-vous que le second livre des Machaliées, qui loue cette prière (// Mach. XII, 43J et en rapporte un exemple mémorable, a été rayé par les auteurs de votre réforme du canon des saintes Ecritures ; il nie serait facile de vous prouver combien celle décision est injuste , el je vous forcerais au moins de convenir que la tradition de l'Eglise catliolique esl un guide plus sûr pour discerner les livres canoniques do ceux qui ne le sont pas, que cet esprit [-articulier et ce goilt intérieur qui démêle, selon les protestants, la véritable parole de Dieu. Mais sans m'arrûtcr davantage à vous démontrer l'inspiration du livre des Machut)ées, je n'ai besoin pour votre conviction, que de ce fait incontestable. C'esl une bisloire plus ancienne que la naissance du christianisme, qui dépose d'une coutume observée dans la nation juive, et qui justifie par là les Catholiques du reproche que vous l(;ur faites d'avoir inventé par un esprit d'intérêt le purgatoire el la prière pour les morts.
L'invocation des saints.
I.a même communion des saints, qui poi te les fidèles à soulager par leurs suffiuges lésâmes souffrunles, les engage h
(C) La lin du n'et le comniencenieni du ni" sié-
(7) Prie.; ,cs uns peur les nuire:-, nfind'ilrc iauvés,
demander les prières dos âmes bienheureuses. C'est à quoi se réduit cet.te invocation des saints, que les prétendus réformés accusent d'idolâtrie. L'Eglise a beau leur déclarer qu'elle n'adore d'autre divinité que le Créateur du ciel el de la terre ; que c'est de ce Dieu unique et tout-puissant qu'elle attend tous les biens (Je la grâce et de la nature ; que les intercesseurs qu'elle réclame dans le ciel ne sont à ses yeux que des serviteurs du Dieu qui les a créés ; et qu'elle s'adresse h eux dans le même esprit que les fidèles, engagés encore dans les travaux du pèlerinage, se demandent les uns aux autres le secours de leurs prières. Des d('clarations si authentiques el si souvent répétées n'ont pu fermer la bouche à des prédicants séditieux qui ne cherchent qu'à oxciicr contre l'Eglise la haine des peuples crédules qui les écoutent. Il faul dire, malgré l'évidence même, qu'on est idolâtre en servant un seul Dieu, et en priant les justes, qui sont ses amis, de s'unira nous pour obtenir plus aisément, parcelle société de prières , les grâces que nous désirons.
Quelle nouvelle espèce d'idolâtrie 1 Saint Paul (I\om.j.y ,2Q;Ephes. vi, 19; Coloss. iv, 3 ; 1 1 Thcss. m, i ;Philcin., 22; Hebr. xiii, 18) en était donc coupable, lorsqu'il conjurait avec tant d'ardeur les fidèles à qui il écrivait de prier pour sa personne et pour le succès de son apostolat. Saint Jacques, plus criminel encore, prêchait (7) la même idolâtrie en exhortant les Chrétiens à prier réciproquement pour leur salut, dans la ferme confiance que la prière continuelle du juste a beaucoup de pouvoir.
Mais peut-être (]u'il est permis de recourir aux saints qui sont sur la terre. Ce n'est que les saints qui régnent avec Dieu dont rinlerocssion ne peut être demandée. Sans doute, ou que leur crédit est moindre auprès de Dieu depuis qu'ils le voient et qu'ils le possèdent, ou que leur charité s'est refroidie dei'.uis qu'elle est consommée dans la félicité dont ils jouissent. Qui pourrait dire sérieusementde si visibles absurdités? Tout ce que vos ministres peuvent répondre do plus jilausible, c'est que Dieu seul, par l'immensité de son être et [)ar sa science iidinie, peut entendre les prières qu'on lui adresse en tous lieux, et connaître les plus secrets désirs de nos cœurs. S'il sullit donc, pour se laver du crime d'idolâtrie, de réserver à Dieu celte perfection incommunicable aux créatures, les catholiques sont innocents, de l'aveu même de leurs adversaires, puisqu'ils distinguent avec tant de précision la connaissance que Dieu a par lui-même de celle qu'il veut bien accorder à ses serviteurs. Ainsi, quoique la prescience des choses futures n'appartienne qu'à lui, il les a souvent manitestées aux prophètes : et pour citer des exemples plus propres à notre question, ainsiJésus-Ghrist
car la prière ronlinuclk dujuttea beaucoup de po}i- \oir. [Jac. v, 16.)
637 l'AKl. \lll. ilILOL. l'.VSl. l.>bTU. FASTUIl Alt AL\ >OLVKAL.\ CO.NTLIITIS. CZi
Le culte du iinuyes et dtt reli(/ues.
«l sailli P.iul nous a|>|>ronni'iil iiiio les anges savent fo (|tii >t' piisso ici-b;is, soil lorsipi'ils se réjciuissenl di' la cotiversidn •lu péclieiir , suit l(ir$i|u'ils sont animés d'une sainte iiiilignatioti canlre les sùiliicleurs (les enfants ci)iillé< h leur garilc, soit iorsi)u"ils esercetit leur miniilère auprès de ceux 1/1(1 doivent obtenir l'héritage du salut. {iJulth. I. 18; Jlebr. i, IV.)
Que si l'on nltjei te rntin que ddconvrir aux esprit> bienheureux les vœux et les misères iKs lininines, pour attirer .'i ceux-ci lies intercesseurs, est un ilélour peu digne lie la uiajeslû de Dieu et do sa bonté, qui n'a |ias besoin d'être excitée, je répondrai «l'abord que cette objection, dernière ressource des protestants , contredit évideuiment l'Ecriture. Car que.vi,'niliecet encensoir d'or (.l/)oo. VIII, 3.) cjiio l'apùlro saint Jean n vu dans les mains de l'ange qui se tenait ileviinl l'ai tel? Oh lui donna, tiiî le texte sacré, beaucoup de parfums , afin qu'il o/fi it les prières de tous lis saints sur l'autel d'or qui est devant le trône de Dieu. El la fumée des parfums, qui sont les prières des saints, s'élevant de la main de l'ange, monta devant Dieu. (Ibid.)C.ii (]u'\ nous fait coniiaîlre (pie les Ames bienheureuses entendent les (trières qui se font sur la terre, et les présenleut h Dieu. Que veulent dire ces désirs empressés qu'ont les os[)rits célestes pour les empires dont ils sont conducteurs? .V/c/te/, prince des Juifs, s'unit avec l'ange qui ap- ( arut .'i Daniel contio les ellbrts du prince des Grecs et du prince des Perses {Dan. x, 13 ; et de quelque manière qu'on veuille entendre les combats de ces deux derniers, il est indubitable que les deux premiers, touchés de la cajitivité des Juifs qui leur était connue, s'intéressaient pour leur délivrance.
Qui doute que la bonté divini% inépuisable dans ses dons, ne soit toujours prêle à se répandre? Alais elle veut être sollicitée, soit par les prières cju'on fait pour ses besoins personnels, soit par les vœux qu'on forme pour les autres. Kl quand elle met ses grâces à ce prix, ce n'ost pas qu'elle en soit avare; mais c'est qu'elle veut couronner la ferveur et l'iiumilité qui demandent pour elles-mêmes, et la ciiarité qui souhaite h ses frères les mêmes biens dont ellejoiiit déjà ou qu'elle s'efforce de mériter. Mais gnrdons-nous de croire que Dieu, en accordant des grâces à l'intercession des saints, exauce d'autres prières que celles qui sont faites au nom de Jésus-Cliiisl. C'est le seul nom sous le ciel, donné aux hommes, dans lequel ils puissent être sauves {Ad. iv, 12] : et lorsque les anges ou les justes s'intéressent jiour nous ce n'est jamais qu'au non de celui (]ui, par la dignité de sa personne et l'excellence de son sacrilice, est l'uniiiue médialeur entre Dieu et les hommes. L'Eglise ne demande aucunes prières qu'à cette condition; et de Ih vient qu'elle conclut toutes celles qu'elle adresse aux saints , par une protesiatioii de sa conlîancedans les méii.es inlin s de Jésus-Clirist son Sauveur.
Les callioliqiios ne sont pas plus idolâtres dans le cullo des images et des reli(|iK'Ç, (pie dans l'invocation des saints. Ils n'ignorent pas qu'il y aurait «niant d'imidi'lé que d'extravagance h vouloir représenter la J)ivinité. Mais quid est leur crime de retracer aux veux les mêim s (igures (pie Dieu n daigné ()reudre en apparaissant aux liommes? Des images consacrées par un tel exemple doivent être à l'abri de toute critique; et pour en rendre l'apologie complète, les catholiques déclarent hautement qu'elles n'ont par elles-mêmes ainune vertu, que Dieu n'y attache ni sa présence ni son opération, et qu'elles ne servent, suivant l'intention ipie Dieu a eue en se montrant ainsi aux hommes, qu'à élever leurs pensées et leurs sentiments à la connaissance et à l'amour de ses perfections invisibles. L'Eglise ap|iroiivn dans le même esprit les images qui représentent Jésus-Christ et les saints. L'honneur rendu à ces (lieuses représentations se termine à l'objet dont elles rappellent le souvenir. L'homme, comjiosé d'esprit et de cor(is, a besoin d'être excité par les clioses sensibles. Ce secours est encore ()lus nécessaire à la jiiété, combattue par tous les (tenchants naturels et ()ar la corruption (jui nous enviroiuie.
C'est pour soutenir cette faiblesse de l'homme qu'on ajoute à la loi des exemples qui persuadent plus ellicacement que les préce[iles, et que les prédicateurs de l'Evangile mêlent à leurs discours celte onction et cette énergie qui touchent et qui ébranlent les pécheurs. Los images sont dans leur genre une histoire instructive et une prédication [lathétique. Elles dépeignent les personnes dont ou admire les vertus, et réveillent par cette vue le respect de ces grands modèles et le désir de les imiter. La peinture fait souvent une (ilus forte im- (riression que la ()arole; et il est sur au moins qu'elle est plus intelligible aux hommes ignorantj et grossiers. L'Eglise, cette mère commune des chrétiens, devaitelle soustraire h ses enfants un secours si utile? Et fallait-il se séparer d'elle pour des abus [lopulaircs qu'elle condamne [lar sa doctrine et qu'elle ordonne à ses ministres de réprimer par leur vigilance?
Pourquoi, dites-vous, honorer aussi les reliques, vile et méprisable poussière, qui n'a ()as même ce langage muet qu'on attribue aux images? Ainsi s'exjirimait l'Iiérésiarque Vigilance, détesté ()ar toute l'Eglise dans le iv siècle, qui a produit de si brillantes lumières. Mais l'on vous a de bonne heure a[ipris à regarder les saints Pères comme des honunes qui ont yiu se tromper, et l'autorité de la tradition comme un (U'éjugé qui ne décide rien. C'est à ta loi, c'est au témoignage {Isa. vin, 20) que vous en appelez. V(jus y trouverez; votre contlamnalion. Les livres saints {IV lieg. xiii, 21] nous apprennent la résurrection d'un homme dont le cadavre avait louche les os-
ra;UVRES COMPLETES DE LEFRANC DE POMl'IGNAN.
6ti)
seiTienls du prophèle Eli»é<j. Nous voyons dans rEvan,:^ile l'Hémorroïsse s'approcliant de Jdsus-Ciirist dan-; \a ferme roiifiiinco qu'elle sera guérie, si elle peut toucher sa robe [Malth. ii, 21j, et sa guérison oljleiuie sur le cliauip par ce uioyeu, qui lui tit «■proiiver la vertu divine. Les Actes des fljiôtres nous monlrciit de semblables merveilles opérées par des inslrumenls beaucoup moins sacrés que la robe de Jésus- Christ. Des linges et des mouchoirs [Acl. SIS, 12.) de saint Paul rendaient la saiilé par leur application, et chassaient les dénions des corps dos possédés. L'ombre même de saint Pierre était si salutaire qu'on bordait les rues, sur le passage de cet apôtre, de malades couchés dans leurs lils, afin que son ombre, se répnndanl sur eux, les délivrât de leurs infirmilés. {Act. v, 15.)
C'est ainsi que Dieu se )daîl h glorifier les siens. Leurs corps devenus les temples du Sainl-Espril, contractent une sainteté qui se manifeste |iar des miracles. Voilà le fondement du culte que les catholiques rendent aux reliques des saints. Ils révèrent les précieux restes d'une chair crucifiée avec celle de Jés:is-Clirist, et ipii doit un jour être, comme elle, ressuscilée. S'ils ont de la confiance dans ces cendres inanimées, ■ elle est justifiée |>ar les prodiges que l'Ecriture rap|)orte, et ils ne doutent pas que Dieu ne puisse les renouveler, non-seulement pour la guérison des corps, mais, co qui est plus intéressanl, pour la sanctificaliou des âmes. ■
Les Commandements de l Eylise.
Vous ne conqirenez pas que l'Eglise puisse par ses lois lier la conscience des iidèles, et de ce doute que vous fo. me^ sur son autorité vous prenez occasion de n'observer aucune des fêtes qu'elle a instituées, (le n.anger des viandes qu'elle défend en cei tains jours, et do violer lu jeûne (Qu'elle piescrit. 1
Nous ne vous parlons point du célibat des (irètrcs, ni des vœux monastiques. Ces lois ne sont pas faites pour tous les états, tt nous nous bornons à celles qui vous obligent comme chrétiens. Car ne vous y trompez pas, quelque attachement que vous ayez pour une secte qui a fait schisme avec 1 Eglise catholique, vous n'en êtes pas moins enfants de celte Eglise épouse de Jésus-Christ. Votre désobéissance peut vous rendre coupables, mais ne lui ôte aucun de ses droits; et celui que vous lui contestez a des fondements inébranlables dans l'Ecriture. Jou^e âme, dit saint Paul, doit être soumise aux puissances souveraines, comme étant établies de Dieu (Hom. xiii, 1) ; et cette soumission, ajoute l'Apôlre, n'est pas seulement un Immuiage extérieur, mais un devoir de conscience. (l'bid., 5.J Vous me direz sans douie qu'il n'est question dans cet endroit que de la puissante temporelle.
J oVDue que saint Paul lui applique parliluliùrernent le princi|ie qu'il a posé d'aboi d sur loutu auiorilé divinement établie. .Mais
pouvez- vous nier que celle de l'Eglise ne soit de ce genre? N'esl-ce pas Jésus-Christ qui en est l'auteur? Et s'il est avantageux aux Etats que les lois du prince obligent la conscience des citoyens, la même subordination est-elle moins nécessaire dans la société des fidèles? Lorsque l'Eglise fait des ordonnances, elle exerce l'autorité de celui qui a dit à ses pasteurs : qui vous écoule m'écoute [Luc. s., 16), et ailleurs, je voxts envoie comme mon Père m'a envoyé [Joan. XX, 21), et encore, Voilà que je suis avec vous tous les jours jusquà ta consommation des siècles. [Matth. xxvm, 20.) Résister à de tels commandements, c'est donc, suivant l'expression de saint Paul, résister aux ordres de Dieu; c'est s'attirer une damnation certaine. (Rom. xni, 2.) Or que faut-il de plus pour donner aux lois de l'Eglise un empire sur les consciences, qui rend criminels aux yeux de Dieu les transgresseurs de ses lois?
Je n'aurais pas besoin d'opposer une autre réponse aux froides railleries et aux emliortemenls de vos ministres contre les préceptes ecclésiastiijiies. Des lois émanées d'une [luissance divine, et dictées par l'esprit de Dieu, sont toujours des lois sages, indépendamment de tout examen, il faut conuïiencer par les accomplir. Mais les commandements dont nous vous parlons, craignent-ils l'examen? Et l'obéissance que nous vous pioposons , n'est-elle qu'une obéissance aveugle? Que pouvez-vons blûmer avec justice dans les usages que vous ne pratiquez pas? Nous reprocherez-vous que sanctifier les fêtes instituées par l'Eglise, c'est, comme saint Paul le disait aux Galates, observer les jours? (Galat. iv, 10.) Mais cesGalales judaisaient, et nous obéis-^ sons à l'Eglise de Jésus-Christ. Leurs fêtes étaient celles de l'ancienne alliance abrogée par la nouvelle : les nôtres appartiennent à une loi qui durera éternellement. Ils s'assujettissaient à de vaines observances qu'ils croyaient devoir joindre au culte de Jésus- Christ. Pour nous, iiiviolable;iient attachés au Fils de Dieu, et n'attendant notre salut que de lui, nous ne regardons les jours de lête que comme desjourss[)é(iialement destinés h le servir.
C'est pour mieux remplir celte destination que rE.;lise interdit alors les œuvres qu'elle appelle serviles, cafiables do distraire res[)iit en occupant le corps, et incompatibles avec les exercices de religion et de piété. La cessation du travail qu'elle ordonne, n'est pas cette inaction superstitieuse des Juifs durant leurs Sabbats. Elle ne fait reposer ses enfants que [lour leur donner plus de loisir de prier et de méditer les choses saintes; et lorsque l'utililé publique, ou des nécessités particulières l'exigent, elle se relâche sur une loi dont l'observation trop littérale deviendrait jiernicieuse aux hommes contre son intention.
Uiuu, direz-vous peut-être, est lu Roi immortel des siècles (l Tim, i, 17), tous les temps lui appartiennent é^jalement. Mais ne rem-
611 l'Ain. Mil. TIIKOI.. l'AST.- I.NSTU. PASTOH.VLE AIX NOI'VEAIX r.ONVmilS. (Ui
lit-il pns clo sn (irt^senco io citi , la (crio cl iniùros. Il ne rcslo (|u''i V(jiis doniniidiT s'il
'upiviTS l'TitiiM'? Kl s'il n M6 iii'Cessoirc , n'usl pns plus coiilormo ù l'ospril du cticis-
iiWiqiio Dii'ii soil i^mIimuciiI pnrloul, do liaiiisme, (jn'iiii nclo do reiiyion soit com-
(it^diiT (|uul(|ue.< liou\ pr.iiii'uliois h son mnndô par l'Eglise , que par la puissance
culli' pour en l'aire di'S leinplcs, tie Inllail-il séi'ulière.
pns par la nu^aio raison consacrer des jours lui osl-ro assez, mes frères, pour dessiller do rOloîi siin service? vos jeux? Je sais fpi'il est d'aulres (onlro- Vons nous accusez encore desu[ierslilioii versus enlre les cn(lioli(|U(;s et les (irclondnns le discerncun ut des viandes, et vous 'lus réforiiu'^s. Maisje puis su|ipf)ser, sans pensez ÔIro beaucoup plus éclairés, parce vous l'aire tort, qui; des do|j;iiies alislraiis que dans tous les temps vous vous permet- cl de pure spéculation |)assDnt votre intellilez l'usage de toute espèce d'aliinenls. Mais gi'neo, et s'iiraliail les discuter avec vous, de quel IVonl vos ministres peuvent-ils nous |ieut-ûtre se trouverait-il (pi'en suivant les olijeetcr la dél'enso que l'ail saint Paul de Inniières les plus comiiiunes de la raison vondamner personne pour le manycr ou pour etiie la religion, vous condamneriez la docle boiir (Coloss ii. tli), et le reproche amer Irine |iroicslanle, et viuis adopteriez celle qu'il l'ail aux Cidossiens d'écimter ceux (jui 'les eallioiiijues. Je me suis aiiélé h ce ()ui leur disaient, ne mangez pas d'une telle clio- l'appe vos }'(mjx, et h ce qui révolte davaiise, ne goûlez pns de ceci, ne touchez pas à l"/e vos |)réjugés dans notre leligion. Jo rc/a :' (/6i'(/., 21.) t^ommenl a l-on pu citer n'igiiore pas (pie des matières d'une lello contre la loi de l'alislinoiice celte maxime importance méiitaicnt d'ôlro traitées avec iiiconlestable du même ajxjtre, que tout ce {'lus d'étiMidue. Mais j'ai cru en dire assez que Dieu a crééest bon, cl qu'il ne faut rien pour votre instruction, en touchant le,' rejeter de tout ce qui se mange avec action piincipales preuves que i'Kcrilure Sainte de grâces? {I Tim.i\, 3.) iiouslournil pour l'élublissement des dog- Sansdoute c'est unesuperslitionjnda'ique '"cs caiholiques.O.'i ne vous [)arle sans cesse de s'abstenir des viandes défendues par la qne de la parole de Dieu , et c'est par elle loi de Moise, (;omrae si cetto défense avr.it que j'ai voulu vous convaincre d'erreur, et encore quelque vigueur ; et c'est une ira- justilicr l'Kglise roma:;ie contre les calompiélé manichéenne de regarder les viandes "'es de ses adversaires. comme mauvaises par leur nature. Qui a Que tardez-vous d'embrasser ta foi do jamais pu soupçonner l'Eglise catholique celle Eglise avec plus lie siiicéiité que vous de l'une ou l'autre de ces erreurs? Elle ne ne l'avez fait jusqu'à présent? Car Dieu réreconnaît dans les viandes dont elle interdit prouve un culleliy|iocrile oij la bouche e>t l'usage en certains jours, aucune impuielé, désavouée parle cœar. Ucvetiez donc dans ni légale, ni naturelle. Le Fils do Dieu a ces leniples où la plupart d'entre vous ont délivré les hommes de cette loi (lénible leçu le baptême. Assistez à ce sacriheepiéqui déclarait immondes tous les animaux dit par Maiachie, (/la' i'o//>e en tout lieu au dont il esl parlé dans le Lévilique et le nom du Seigneur [.ilalach. i, il ; Psal.c\ii, Deuléionome. L'Eglise connaît mieux que 3) : mais assistez j avec ces sentiments do ses ennemis le prix de celte liberté acquise religion qu'exige lu présence d'un Hommepar le sang, de Jésus-Chuist. Plus éloignée Dieu ([ui est tout à la lois prôlre et victime, encore de ce dogme imiiii; qui rapporte au Chantez les (isaumes et les cantiques saniauvais jirincipe la création des viandes, crés, non dans un langage vieilli et indigi.o elle les propose aux fidèles comme des dons de leur majesté , mais dans une langue de Dieu, (jui doivent élre reçusaveere- coinniune à toutes les nattons de l'Euroie, connaissance, dont l'usage peut-être sancli- et qui conserve dans son uniformilé le véiifié par la parole divine cl par la prière libid., table sens des divines Ecritures. Joignez-y 5), mais dontilesl uide de s'abstenir' cpiel- des tiaductions lidèles et appiouvées dans quefois par un motif de pénitence etdo l'Eglise. Nous louerons en vous le zèle qui mortilication. Ce même motif a fait ajouter cherche, pour s'instruire et p-our s'éditiei, à la loi de l'abstinence celle du jeûne (leu- la signiticalion des jiaroles qu'il prononce dant le carême et en d'aulres jours de l'an- dans la (>rière. Ecoulez des [irédicaleui s née. Quelle tut l'audace de vos premiers qui ont au moins sur ceux que vous avtz réformateu; s de s'élever contre le carême, entendus, l'avantage d'une mission légUiel de combaltre un usage si ancien el si me. Ileiioncez à ces assemblées irréguliéres général paimi les Cliréliens, qu'on ne peut que l'autorité souveraine ne vous permet en allribuer l'institution qu'aux Apôtres, si pas, el réunissez-vous avec les catholiques ce n'est pas Jésus-Cluist lui-même qui l'a dans un culte qui selon vos principes n'a établi? Du moins ne jiouvez-vous nier que rien do co:itraire au salut élernel. le jeune ne sou recommandé d-iiis l'Ancien Ce ne sont pas (tes raisons, j'ose le dire, el le Nouveau Testament, et comme une ce sont des préjugés de naissance, d'éducaactioii agréable à Dieu, el comme le leu.ède tion et d'hybilude, qui vous éloignent <lo du péché, et comme uu préservalilsalulaire nous. Vos [icres ont vécu el sont mort» contre les teiiiatlons. Les Eglises [irolestaii- dans celte croyance dont je travaille <i vous les n'ont pas même prétendu en aliolir l'u- retirer. Oublieiez-vous les leçons (jue vous sage, Noussavoiis (juo dans les Etats sépa- en avez reçues dans votre enfance? Coures de notre commu.ion le souverain or- damiiercz-vous, leur mémoire qui vous est donne quelquefois des jours de jeune el de si chère ? Vous exposerez-vous, en chan-
tELVRES COMPLETES DE LEFllAiNC DE POMPiGNAN.
geBiU de religion, au reproche d'inconstance, el à la censure de vos voisins, de v'os amis, de vos parents? Reconnaissez, mes frères, dans des motifs si vains les pièges de l'esprit tentateur. Quaml la vérité se présente à vous dans tout son éclat, il vous en dérobe la vue par les nuages dont il otîusque voire raison. La cliair et le sang vous sollicitent, le respect humain vous arrête. Et pour commencer par celui de vos prétextes que vous craignez le moins d'avouer , l'exemple de ceux qui vous ont donné le jour, est-il un litre suffisant pour autoriser leur religion et la vôtre? La foi, ce don inestimable de Dieu, est-elle un héritage de famille ? Est-cn en sûreté de conscience dans une secle convaincue de schisme et d'hérésie, parce qu'on en a sucé la doctrine avec le lait? Et qui ne voit qu'avec celte méthode on peut vivre et mourir trunquillcmenl dans les religions qui blasphèment le nom de Jésus-Christ 1
Mais vous-inômes, suivez-vous ce principe à l'égard de vos alfaires temporelles? Si vos parenls vous ont laissé un procès épineux, vous obslinerez-vous à le suivre, après avoir jugé, par vos lumières et par celles des plus habiles gens , que ce procès causera voire ruine? Vous n'oseriez sur la foi d'un père hasarder votre fortune, et vous ne craignez pas sur son exemple de couiproraetlre votre salut 1 Mais s'/l faut enlin, contre les maximes de votre secte, interroger vos pères el vos aieux {Deut. xxxii, 7j, remontez au dessus des dernières générations. Les ancôlres de ceux à qui vous succédez, étaient catholiques romains, et ce n'est qu'en renonçant à la foi de leurs pères que les vôtres sont devenus calvinistes. N'avcz-vous jias le même droit (ju'eux ? Et s'ils ont cru pouvoir changer la tradition de leurs familles pour adhérer à une doctrine nouvelle, n'étes-vous pas mieux fondés à introduire un changement qui rétablit le premier état, et ramène l'ancienne religion dans les lieux dont on l'avait bannie?
Après tout, mesfières, pour qui dispulez-vous, et contre qui? \ ous vous intéressez pour des personnes dont le sort est déjii décidé. Dieu, qui les a jugées, n'aura aucun égard aux désirs de voire cœur; et cumme en abandonnant leur cause, vous ne pourriez leur nuire, vous ne rendrez jias leur condition plus heureuse, en vous opiniâirant h les jusliOer. Faut-il que vous vous perdiez vous-mêmes par un excès d'attachement qui leur est inulile, el que sous le frivole prétexte de ne pas condamner leur mémoire, vous attiriez sur vos têtes une ellroyable condamnation? Non, on n'exige pas clo vous, et ce n'est point une conséquence nécessaire du changement que je vous propose, que vous prononciez sur l'élat de vos pères dans l'autre nionde. Conservez tous les sentiments do tenUresse, île reconnaissance et de resiiect que vous devez à leur mémoire. Détestez la secle oià ils ont vécu. Pleigncz-les d'y avoir tté engagés. Mais ne prévenez pas les
jugements de Dieu qui sont impénétrables. Souhaitez qu'il ait accordé à des personnes dont le souvenir vous esl si précieux, nue de ces grâces cxlraoïdinaircs qui juslifient en secret ceux pour qui l'Eglise ne se croit pas en droit d'offrir ses prières. Ainsi vous remplirez toute jusiice, et vous concilierez la piété liliaie avec le soin indispensable de votre salut.
Que vous dirai je du respect liumain, qui est encore un obstacle à votre conversion? Vous répéterai-je la foudiojanie menace de Jésus Chrisl? Il rougira en présence de son Pèi-e et de ses anges de ceux qui auront rougi devant les hommes de Jui et de son Evangile. (Litc. ix, 2G.) Malheureux les pécheurs dont le Fils de Dieu dans tout l'appareil de sa majesté n'osera soutenir la vue. La confusion qu'ils insi)iieront à leur Juge, qui aurait voulu être leur Sauveur, retoiubeia sur eux. Ils ne pourront à leur tour, soutenir ses regards, el ils s'écrieront dans leur désespoir, Montagnes, tombez sur nous, cachez-nous de devant lu face de celui qui esl assis sur le trône, cl sauvez-nous de la colère de l'Agneau. {Apoc. vi, 16; Isa. n, 19; Ose. x, 8; Luc. X's.iu , 30. j Juste châtiment de la honte criminelle qui préfère l'estime des hommes à colle de IJieu. Mais pourquoi m'airèterais-je à vous dé|)eindre la malice et 5 vous décrire fes funestes effets du respect humain? C est un des points de la morale chrétienne dont la prétendue réforme est d'accord avec nous. Méprisez donc, mes frères, les faux jugements que porteront sur votre conversion ceux qui ne jiourronl se résoudre h l'imiler. lis se moqueront de votre inconstance? On ne doit pas donner co nom au passage de l'erreur à la vérilé, de l'état du péché à celui de la grâce et de la justice. Changer par des motifs si purs, et après de sérieuses réflexions, est un eflort héroïque der.iison et de vertu. Vos plus cheis amis fuiront volro commerce, vos parents même se déclareront contre vous, et toutes les personnes qui faisaient la douceur de voire vie en deviendront l'amertume dès que vous no enseiez plus comme elles sur la religion?
ais ce malheur qui vous elTraye n'est-il pns une des béatitudes de l'Evangile? Qu'a )iromis Jésus-Christ à ses tidèles . disciples que des croix dans ce monde et des persécutions ? Elles ne sont jamais plus redoutables, et notre courage à les soutenir ne doit jamais être plus invincible que lorsque nous avon? nos proches pour ennemis el pour persécuteurs. Le Fils de Dieu noue a prémunis contre leurs attaques par ses exemples et par sa doctrine, el nous serions indignes de lui appartenir, si Sun amour ne l'emportait dans nos cœurs sur les plus tendres et les jilus légilimes attachements.
Que le Dieu de notre Seigueur Jésus-Christ, le père de gloire, vous donne l'esprit de sagesse et de lumière pour le connaître ; et qu à ce Dieu, seul sage et seul puissant, soit honneur et gloire par Jésus-Christ dans tous ies siècles des siècles. [Ephts, i, 17; Houi.
l'AiM. Mil iiii;t»i.. l'.vsT. - unrni: ALXCL'Hr.SDL vivahais.
XVI, '?,T.) AiiUMi.
II1111110 «Il l'iiy, il.ins iiiilro p;ilais 6|iisco- I^aI, le truisuuiiL' 'diinuiiclio après rEiiijiliu-
iiiu 24 jntivier 17.)l.
Ji;A>-tlK()nr,K, (jv^ijun du Puy.
IlicuRAnu, suiTcluiro.