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Professeur de Clinique chirurgicale à la faculté de Paris,
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“PRONONCÉ , A LA SÉANCE PUBLIQUE DE L’ACADÉMIE ROYALE DE CHIRURGIE, LE MARDI 26 MAI 1750,
PAR M, BOURS,
Jean-Louis Petit naquit, à Paris, d’une famille honnête, le 13 mars 1674. On remarqua en lui, dès sa plus tendre enfance , une vivacité d'esprit et une pénétration peu communes à cet àge. M. Littre, célèbre anatomiste, et l'ami particulier de son père, occupait alors un appartement dans sa maison. Ilconcut bientôt pour le fils‘ de son ami une véritable tendresse, à laquelle le jeune Petit parut toujours fort sensible.
‘La reconnaissance ou plutôt l'attachement de cet enfant le con- -duisait quelquefois à la chambre où M. Littre faisait ses dissections. Ces visites, auxquelles une curiosité naturelle pouvait aussi avoir quelque part, ont paru découvrir le germe des talens que la nature avait mis en lui pour la chirurgie. On le trouva un jour dans un grenier faisant de l'objet des plus profondes recherches de M. Littre celui de son amusement ; il avait enlevé un lapin, et, se croyant à couvert de toute surprise, il le coupait dans le dessein d'imiter ce qu'il avait vu faire. M. Littre regarda cela comme leffet d’une disposition prématurée ; il augura très-avantageusement de cette incli- . nation, etse fitun plaisir de la cultiver.
Le jeune Petit avait à peine sept ans qu'il assistait réguliérement aux leçons de M. Littre. Il n’en est pas tout-à-fait de l'anatomie comme des autres sciences difficiles , où il faut que l'intelligence soit formée pour en concevoir les premiers élémens. Le secours des yeux et de la mémoire suffit pour retenir les choses de fait ; l'anatomie pratique est de cette nature :'ce qui coûte le plus, et souvent ce qui éloigne de l'étude du corps humain les personnes qui la cultiveraient peut-être avec le plus de succès, c’est la répugnance qu’on a de toucher les cadavres : c’est avoir beaucoup gagné que d’ayoir vaincu cette espèce de superstition. M. Petit eut l'avantage d’être familiarisé avec les morts avant que d’avoir connu le sentiment d'horreur qu'ils
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inspirent à la plupart des hommes. Il fit en peu de temps d’assez grands progrès dans la disseclion ; en moins de deux ans M. Littre s’en rappprta à lui pour les préparations ordinaires , et il lui confia ensuite le soin entier de son amphithéâtre.
Le jeune Petit remplit cette place avec succès : il ne se bornaïit point à préparer ce qui devait faire le sujet des lecons du maître ; il faisait aux écoliers des répétitions que les.connaisseurs mêmes entendaient avec plaisir. Sa grande jeunesse , une figure agréable, surtout une petite taille , qui le faisait paraître.encore plus jeune qu'il ne l'était, ce qui l’obligeait à monter sur une chaise pour être facilement apercu ; toutes ces circonstances ne contribuaient pas peu à lui acquérir une sorte derépulation.
Six à sept années d’une application constante à l'anatomie, sous un maitre tel que M. Littre, et rempli d'affection pour son disciple , donnèrent au jeune Petit des connaissances fort supérieures à son âge. C’est avec un tel fonds qu’il commença à étudier en chirurgie : ses parens le placèrent, en 1690, chez M. Castel , célèbre chirurgien , et fort occupé pour le traitement des maladies vénériennes ; il y demeura deux ans pour obtenir un brevet, au moyen duquel il pût constater la qualité d'élève , que M. Littre ne pouvait lui donner. Il employa principalement ce temps à suivre les cours publics, et à fréquenter les hôpitaux. Personne ne montra plus d’ardeur à s’instruire. M. Maréchal a raconté que, étant chirurgien-major de la Charité, et y allant de grand matin faire le pansement, il avait trouvé plusieurs fois le jeune Petit couché et endormi sur les degrés de cet hôpital : il se croyait dédommagé de cette fatigue en s’assurant par là d’une place commodeà côté du lit où il savait qu’on ferait une opération de quelque importance.
En 1692 il fut employé sur l’état des hôpitaux de l’armée du maréchal de Luxembourg, qui fit, sous Louis XIV, le siége de Namur. Il fit cette campagne et les suivantes en meltant à profit toutes les occasions de s'instruire en instruisant les autres. Il s’occupait pendant l'été à faire des démonstrations sur les os : dès que la saison permettait l'usage des cadavres , il faisait des cours réglés d'anatomie. Les travaux volontaires auxquels il se livrait, son assiduité à ses devoirs et une conduite régulière, qui se fait bientôt remarquer dans les armées, fixérent sur lui les yeux de ses supérieurs. À leur recommandation les magistrats de Lille lui accordérent une salle dans la maison de ville , où il démontra publiquement l'anatomie pendant l'hiver de 1693 : les hivers suivans ‘il fit. des démonstrations à Mons et à Cambrai avec la même protection des magistrats, et toujours avec de nouveaux succès:
Ces occupations anatomiques procurèrent à M. Petit la grande dextérité qu’il avait dans les opérations : son habileté en ce genre était si connue que les chirurgiens-majors sous lesquels il travaillait alors lui confiaient avec assurance ce qu'il y avait de plus impor-
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tant, et lui permettaient d'opérer dans des cas où ùils me l'éussent pas | permis à.tout autres:
Le talent de la dissection conduit naturellement un \ chirurgien à à la perfection dans l’art d'opérer; mais la perfection de la chirurgie consiste .à savoir s'abstenir des opérations. Un vrai chirurgien ne compte point ses succès par le nombre des sujets qu’il a êté obligé de mutiler. Il s'applique à connaitre les pouvoirs respectifs de l’art et de la nature. Il sait diriger celle-ci quand elle s'égare, et aider ses mouvemenslorsqu'ils sontsalutaires. [n’ignore aucune des ressources que le régime et l'administration des remèdes Jui fournissent pour le traitement des maladies. M. Petit donna de très-bonne heure des marques de sagacité sur tous ces objets, bien différens de l’art d'opérer , etqui exigént des connaïssances infiniment plus étendues.
A la paix de 1697 on conserva M. Petit à la place de chirurgien aide-major de Fhôpital de Tournay ; il en partit vers le mois de mars 4698 pour venir à Paris : il se mit sur les bancs, et fut recu maître en chirurgie le 27 mars 1700.
On conçoit assez avec quelle distinction il dut paraître dans les différens exercices de sa licence. Les grands talens font souvent plus d’ennemis que d’admirateurs : l’objet de la réception est d'avoir un ‘ titre pour exercer afin de recueillir du public, ét sans crainte de
contradiction, le fruit des soins que l'on lui Gonne. La réputation | que M. Petit s'était déjà acquise. annonçait trop ouvertement qu'il commençait. une carrière brillante: plusieurs personnes crurent qu'il était de leur intérêt de le voir aller à pas plus lents : plus il montrait d’empressement à s’'avancer, plus on craignaït son avancement, Eloigné par caractère de toute voie indirecte, il fut fort sensible aux procédés de ses'adversaires : sa vivacité ne lui permit pas toujours de dissimuler leur conduite à son égard , sa franchise l’emporta quelquefois sur la politique : peut-être que, avec un peu plus de modération ; ileût eu moins d'obstacles à surmonter. Je lui ai oui dire plusieurs fois que les menées sourdes de ses rivaux avaient reculé sa fortune de plus de quinze ans. Il fit, dans les premiers temps de son établissement, des cours publics d'anatomie et d’opérations aux écoles de médecine. It avait établi chez lui une école d'anatomie et de chirurgie, où il eut pour disciples la plupart des médecins et des chirurgiens les plus connus de l’Europe. II ne quitia ces exercices que quand ses occupations, que la confiance du public multipliait de jour en jour, ne lui permirent plus de $ en acquitter avec toute l’assiduité qu'il croyait devoir y donner.
Le temps nécessaire pour prétendre aux premiéres places de son corps était à peine expiré que M. Petit fut nommé prévôt par le suffrage unanime.de ses confrères. Alors sa principale attention fat de-veiller à ce que les épreuves pour la réception des candidats à la maîtrise, se fissent suivant toute la: rigueur que mérite cet objet. L'honneur du corps ets là :sfüreté. des citoyens l'exigeaiént de Ta