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DE L’HYDROCÈLE

L'hydrocèle est un apostéme aqueux qui occupe le scrotum totalement ou en partie. Cette tumeur n’est souvent qu'une infiltration de sérosité dans les différens tissus cellulaires des membranes qui couvrent et enveloppent les cordons spermatiques et les testicules même. Cette espèce peut être regardée comme un œdème auquel on donne le nom d’hydrocèle par infiltration. D'autres fois lhydrocèle est une vérifable hydropisie, c’est-à-dire une collection ou amas d’eau épanchée ; et cette seconde espèce est nommée hydrocèle par épanchement.

Sr Des Différences de l'Hydrocéle.

La première espèce a différens siéges : quelquefois l'infiltration ædémateuse se trouve dans le tissu cellulaire du muscle dartos ; d’autres fois, dans les cellules qui sont entre. ce muscle et le crémaster; àe manière que les cordons des vaisseaux et les autres membranes qui l’enveloppent sont dans leur état naturel. D’autres fois

le crémaster et.les autres membranes propres sont abreuvés de ces eaux sans que le tissu cellulaire du dartos le soit, ce qui est rare: car, pour l’ordinaire, lorsque l'œdème est aux. membranes propres, il est aussi aux membranes communes. MAR

On distingue facilement l’une et l'autre espèce d’hydrocèle par l'étendue des parties qu’elles occupent : quand l'œdème est aux membranes propres, il n’occupe souvent qu'un côté; et, s’il occupe les deux sans que les membranes communes soient attaquées de l’'œdème , il est facile de le distinguer au toucher, parce que le scrotum est mobile ; au lieu que, quand l’œdème est aux membranes communes, la peau paraît adhérente, elle n’est point mobile, et de plus elle est lisse, blanche et luisante ; au contraire, quand l'œdème n’est que dans les membranes propres, la peau .est ridée et de couleur naturelle. J'ajouterai qu'il est rare que l'œdème des membranes externes soit d’un côté seulement : il occupe pour l'ordinaire tout le scrotum; au lieu que. l'œdème des membranes propres est le plus souvent d'un même côté. On.en sent bien la raison.

: Les espèces d’hydrocèle dont je viens de-parler sont toujours des œdèmes, ou, pour m'expliquer mieux ; le fluide qui les forme est infiltré dans les membranes cellulaires, soit particulières à un seul côté, soit communes à tous les deux ; mais on dit qu'ils peuvent, par succession de temps, changer de nature, c'est-à-dire que les cellules ou les vaisseaux lymphatiques qui contiennent la sérosité et forment des hydatides peuventse rompre ; alorsle fluide s’épanche; et, comme cet épanchement peut se faire immédiatement sous le dartos , qu’il peut se former sous le crémaster , et enfin dans les autres membranes propres du cordon spermatique, cela a donné lieu aux auteurs des faire différentes espèces d’hydrocèle par épanchement. Je ne révoque point en doute ce qu'ils en ont dit; cependant je ne crois pas que ces différentes espèces d’hydrocèle soient si communes qu’ils le pensent. où \

Je ne reconnais donc qu'une espèce d’hydrocèle par épanchement, c’est celle dans laquelle les eaux sont contenues dans une poche ou cavité naturelle, et à laquelle la ponction avec le trocart conyient. La cavité du péritestès (1) est la seule qui puisse être le siége de cette espèce d'hydrocèle ; cette cavité est naturellement existante comme celle du bas-ventre, de la poitrine , du péricarde , des join-

tures et autres dans lesquelles se forment les hydropisies ascites , thoraghiques , ete. Le péritestés ; ou ce qu’on appelle tunique vaginale du testicule, fait, à l'égard de cette partie, ce que fait le péri-

(4) M. Petit a donné le nom de péritestès à la membrane capsulaire qu’on nomme tunique vaginale du testicule, et non à la membrané albuginée, comme ont fait quelques auteurs.

s ‘724 TRAITÉE DES MALADIES CHIRURGICALES.

cardé à l’égard du cœur ; elle l'enveloppe sans y être attachée, ce qui établit une analogie parfaite entre ces deux membranes : en effet le péricarde n’est attaché qu’à la base du cœur ; dans le reste de son étendue il n’y a aucune adhérence : le cœur, dans ses mouvemens, glisse contre sa surface interne, et, pour qu’il y glisse encore plus facilement, la nature fournit une liqueur qui mouille et lubrifie la surface du cœur et celle du péricarde. Il en est. de “même du testicule : il est enveloppé dans une membrane qui n’est attachée qu’à la membrane du corps pampiniforme , à l’endroil où le vaisseau déférent, entortillé sur lui-même, forme l’épididyme:; le reste de l’étendue de cette membrane n’a aucune adhérence ; de sorte que, dans nos différens mouvemens , le testicule peut lisser contre la surface interne du péritestés ; et, pour qu’il y glisse avec plus de facilité, leurs sarfaces sont mônillées d’une liqueur semblable à celle du péricarde ; et, comme ceite liqueur retenue y forme quelquefois hydropisie , celle qui est retenue dans le péritestès y forme hydrocèle. C'est, comme j'ai dit, la seule hydrocèle par épanchement que je conpaisse ; du moins celle-ci diffère-t-eile des autres en ce que Ja liqueur qui la forme est une liqueur naturelle à la cavité du périlestès , et qui ne s’y est amassée que parce qu’elle n’a pu être repompée par les pores absorbans ; au lieu que la liqueur qui forme les autres a été obligée de rompre les cellules ou les vaisseaux dans lesquels elle s'était arrêtée. On- m'objiectera que, si cela était, Fhy- . drocèle serait toujours de figure presque ronde ; qu’on ne la SénEaît pas s'alonger et s'élever jusqu’à l'anneau de oblique externe ; enfin qu on ne senlirait pas au toucher le testicule comme distct et séparé de l’hydrôcèle.

À toutes ces objections je répondrai que l'hydrocèle ‘par épanchement, dans son commencement , est toujours de forme ronde ; que ce n est que par succession de temps qu’elle s’alonge, soit en forçant Ja partie supérieure du kyste qui l'enveloppe, soit en le relächant , ce qui peut lui permettre de s'étendre jusqu'aux anneaux. À l'égard du testicule qu’on dit apercevoir séparé dé la tumeur , je crois qu’on se trompe ; quand l'hydrocèle est considérable, on ne le touche . facilement que par le côté opposé à la tumeur, © *est-à-dire du côté du Sep medium , auquel le péritestés est attaché : encore est-il rare qu’on le sente dans ce lieu , quelque attention que lon y fasse, parce qu’il est si bien caché du côté malade que tous ceux qui veulent faire la ponction le cherchent ayec soin pour éviter de le piquer avec le trocart. Mais, si on veut se convaincre de ce que)j "avance, il faut observer le commencement et les progrés d’une hydrocèle : c'est ce que j'ai fait toutes les fois que l’occasion s’en est presentéc. La première chose dont se plaint le. malade est d’avoir un testicule plus gros que l'autre. Dans un grand nombre de personnes qui sont venues me frouver pour pareille maladie. j'ai reconnu en: effet

Paugmentation de volume du testicule : le malade se plaignait d’une douleur sourde, quelquefois tensive et gravative ; l’attouchement ne l’augmentait point; ies remèdes généraux et quelques topiques employés ont fait souvent dissiper le tout; d’autres-fois la tumeur ne faisait que s’amollir, el devenait moins douloureuse , quoiqu’elle augmentät. Dans cet état on n’apercevait point encore de fluctualion; enfin, quelques jours après en faisant beaucoup d'attention , eten touchant avec circonspection et douceur, je sentais un fluide formant , pour ainsi dire , une atmosphère autour du testicule ; cette atmosphère aqueuse augmentant peu à peu, l'hydrocèle devenait par degré plus apparente. Je distinguais encore le testicule au milieu de ces amas d’eau lorsque je pressais la tumeur avec deux doigls placés aux deux côtés opposés de son petit diamètre ; car, en la pressant ainsi, je repoussai les eaux vers les pôles du grand diamètre ;'el je touchaïis le testicule; mais par la suite les eaux augmentent au point que la distance qu'il y a entre Île testicule et la membrane qui les contient est si considérable que, quelque pression qu’on fasse, on ne peut approcher les doigts du testicule sans causer de la douleur, ce qu’il faut éviter. C’est pour lors qé’on ne l’aperçoit plus , si ce n'est vers l'endroit où commence le corps pampiniforme; mais par la suite cet endroit est lui-même caché par le progrès qne fait lhydrocèle de ce côté-là; et cette tumeur, qui jusqu'ici a toujours été ronde, devient peu à peu oblongue , s'élève jusqu'aux anneaux , et devient, quelquefois si grosse qu’elle s'étend jusque sur le ventre. Voilà quel est le progrès de cette tumeur’, tel que je l'ai bien observé plusieurs ‘ fois. «À +

Je conclus donc de tout ce que je viens de dire qu'il est-rare que les eaux soient épanchées dans un autre lieu que dans la cavité du péritestés. Pour en donner des preuves plus sensibles, que ceux qui ont fait beaucoup de ponctions se ressouviennént que , à mesure que les eaux se vident, la canule poussée par le ressortdu dartos et du ; crémaster s'approche du testicule ; ‘de $orte que, lorsque les eaux {. sont entièrement évacuées , elle se trouve pressée entre le sac de ! l'hydrocèle et letesticule , ce qui a fait croire quelquefois qu’on avait porté le trocart dans le corps même du testicule : j’ajouterai encore que j'ai fait plusieurs fois l'opération qu'on appelle curative en ouvrant l’hydrocèle dans toute son étendue, et que j'ai toujours trouvé le testicule à nu. C’est donc un fait constant que le siège de l'hydrocèle par épanchement est dans la cavité formée par le péritestès. |

blé | Des Signes des différentes Hydrocèles.

On a quelquefois de la peine à distinguer les maladies qui altaquent les parties contenues dans les bourses. On les prend souvent

les unes. pour les autres, comme il m'est arrivé de prendre une hydrocèle pour une tumeur squirrheuse du testicule : ce fut en partie pour n’avoir pas été assez instruit du commencement de la maladie , et en partie aussi parce que les deux signes distinctifs de lhydrocèle, savoir : la transparence et la fluctuation , ne s’y rencontraient pas. On sait que , pour observer sil y a transparence , on se met dans un lieu obscur, on prend la tuineur de la main gauche ; on appuie la droite ‘sur son sommet, et on porte la vue sur un de ses côtés pendant qu’on fait tenir une bougie allumée au côté opposé. On sait aussi que, pour conpaîtrés’il y a flucluation , on ‘touche la tumeur avec les deux mains , l’une placée à l'opposé de d'autre , et alors on comprime alternativement , non avec loute la main’, mais seulement avec les deux pouces , de manière que celui qui cesse dé comprimer reste sur la tumeur pour recevoir le flot des eaux: que renvoie l’autre pouce : aïnsi alternativement les eaux sont poussées par l’un des pouces , pendant que l’autre reçoit le flot. qui lui est renyoyé. Combien de jeunes chirurgiens se croiront habiles lorsqu'ils sauront que la fluctuation et la transparence annoncent Yhyérocèle ! mais aussi combien de fois seront-ils trompés lorsque ; n ’apercevant ni transparence ni fluctuation , ils assureront qu'il n’y a point d’hydrocèle ! Il faut donc leur faire observer ici qu’il y a des cas où l'hydrocèle n’a ni l’un ni l’autre de ces deux signes. 4° Iln y a point de fluctuation sensible lorsque l'eau est si à l'étroit dans son-kyste que le flot ne peut passer d’un côté à l’autre assez distinctement pour.être aperçu, parce que , pour que ce flot frappe le doigt, il faut qu'il Vienne de loin : or, dans lhydrocèle qui n’a point un grand volume , ie kyste est fort tendu , et le flot ne vient pas d’assez loin pour se faire apercevoir. — 20 Lorsqu' il ÿ a gonflement du testicule , la fluctuation est encore très-difficile à connaître : il fant redoubler Pattentiôn pour l'apercevoir: — 3° Lorsqu'il y a en même témps inflammation au scrotum , ou quand il y a “hydrocéle par infiltration, on ne distingue pas le flot de lhydrocèle par épanchement. — 4° Lorsqu'il y a hernie intestinale ou épiploïque , la fluctuation est très-obscure. — 5° Enfin la transparence ne peut se trouver non-seulement dans plusieurs des cas que je viens de rapporter, mais encore lorsque le fluide renfermé est sanieux , et que le kysie est épais : ce qui arrive lorsque lhydrocèle a été précédée d’une inflammation considérable, comme dans ce qu'on appelle chaude-pisse tombée dans les bôurses: Toutes ces observations montrent combien il est prudent à un chirurgien de ne prononcer sur le caractère d’une maladie qu'après avoir bien réfléchi sur toutes les circonstances qui ont précédé. Il résulte de ce-qui vient * d'être dit qu'il Peut y avoir transparence sans fluctuation , et fluctuation sans fransparence. ? ñ / J'ai vu percer une fumeur à Iagueïlleton croyait sentir la fluc-

tuation, et qui ne rendit aucun fluide : c'était une hydrocèle par infiltration. Celui qui fit cette ponction n était pas chirurgien : il avait vu percer une hydrocèle; il crut en. pouvoir faire autant avec un trocart qu il emprunta; mais il ne savait pas que cette opération ne convenait point dans l'espèce d’hydrocèle qu'il allait percer ; il ne tira. que quelques gouttes d’eau et de sang : ce qui l’étonna fort. Il crut n’avoir pas pénétré assez profondément, il r'epassa le trocart dans la canule, et le poussa plus avant; mais il ne réussit pas mieux, et cette seconde témérité pensa coûter la vie au malade. Cette observation fait voir combien il est important de distinguer la fluctuation d’une hydrocèle par infiltration d'avec celle d’une hydrocèle-par épanchement; car le fluide, infiltré dans les cellules graisseuses ou dans tout autre tissu cellulaire, a bien une espèce de fluctuation que l’on sent au toucher ; mais la fluctuation d’un fluide renfermé dans une poche ou un kyste produit. une sensation bien différente; il y a cependant des cas où on peut s'y tromper, et, dans ces cas, il.ne suffit pas d’avoir l'organe du toucher délicat, il faut s’y. être accoutumé de bonne heure et.en avoir.vu beaucoup ; ; je dirai même qu'il faut y avoir été cou une fois au moins pour savoir éviter le piége.. «4 Dans ces cas difficiles, pourvu qu’ on‘ne blesse pas le malade, l'erreur n’est pas grande ; mais, lorsqu'on prend un sarcocèle il purant ou pourri pour une hydrocèle par épanchement, et qu'on y porte le-trocart ; il peut y avoir plus de danger, comme On pourra le voir par les VENUE que je rapporterai ci-après.

Il ne suffit pas de savoir connaître l’hydrocèle lorsqu’ elle estseule, il faut distinguer les autres maladies qui la rendent compliquée; et savoir même qu’il peut y arriver des changemens.. Le testicule gonflé est quelquefois douloureux ; d’autres fois il est ‘sans douleur. Lorsqu’il est douloureux, le gonflement augmente en peu de temps , et, si on n’y remédie, il se fait suppurafion , soit dans le voisinage , soit dans le corps du testicule. D’autres fois le dépôt se termine par pourriture ; ou, si on appaise la douleur par les remèdes. généraux et les on ilse résout ; quelquefois il reste dur , et alors ilse forme une tumeur squirrheuse à laquelle on donne ordinairement le nom | de sarcocèle. Cette tumeur augmente et prend des formes irrégulières comme le cancer ; elle produit même des chairs fongueuses et saignantes , comme le cancer ulcéré. Cependant cette tumeur pêut quelquefois prendre le parti. de la résolution, si elle dépend d’un vice intérieur que Fart puisse détruire, commme le virus vénérien , scrofuleux , etc.

Ces sortes de gonflement du testicule! A se : Kee laissent presque toujours une dureté à l’épididyme , laquelle reste toute la'vie. Enfin, le gonflement du testicule nese dissipant pas, il se forme une hydrocèle qui vient peu à peu : c’est ce que j'ai souvent

observé. Cette hydrocële , dans la suite » augmente au point de cacher 16 testicule; de sorte qu'on ignore en quel état est cette Hart PNEX Lérience m'a appris : que. quelquefois il se maintient dans sa dureté, et qu’il augmente même en dureté et en volume ; ; que d autres fois il reprend presque sa consistance et sa grosseur natu- relles , et que d’autres fois ilse flétrit, s'affaisse et S ’anéantit presque. C’est ce que j'ai observé plusieurs 1% après avoir vidé les eaux par Ja ponction. . | : t

; $ LIL. LR "T° D NE À De la Ponction de l'Hydrocèle. M oi |

Il arrive. quelquefois que, en faisant la ponction de l'hydrécële | avec le {rocart, on perce des vaisseaux sanguins : malgré tous les soins qu’on prend pour éviter cet accident , on y tombe sans nl apercevoir pendant l’opération, et même pendant l écoulement des!

eaux ; car souvent ellés coulent claires et limpides jusqu’à la dernière eue ; et on retire le trocart sans qu’il paraisse une goutte de sang. Malgré cela, on ne peut pas s'assurer de n’être point tombé dans cet accident’: on en est averti plus tôt ou plus tard ; selon les circon- | “Stances » comme on va voir par les Observations suivantes : He )

Un homme de quarante ans, à qui ‘on. avait fait cette opération, S 'apereué, deux où trois heures après, que son suspensoir le gênaitsson chirur gien lui en mit un beaucoup plus large ; mais, la tumeur augmentant. toujours , le malade ; cinq ou six heures'après , se plaignit de la même gêne. On Jui remit un bandagé encore plus large, et, avant que la journée fût, passée, on fut obligé de. Lui remettre celui dont on se servait dans la plus grande plénitude de son hydr. ocèle; alors la tumeur n ’agmenta plus. On he savait à quoi attribner ce retour des eaux si prompt (car on ne doutait point que ce ne fût l’hydrocèle. revenue, parce qu’il n’y avait point de douleur , et qne la couleur de la peau n’était point changée). Leimalade, à qui on avait fait plusieurs fois la ponction sans qu'il fût survenu rien de semblable, devint inquiet, et assembla ure consultation dans laquelle il'fut décidé qu’il y avait eu-un

ME piqué par le trocart, et que ce vaisseau devait être considérable , puisqu’en si peu de temps il avait rempli le Sac qui contenait les eaux. Ce sentiment fut combattu par ceux qui ne pouvaient pas croire que cette tumeur fût sanguine parce que la peau n'avait: point changé de couleur, alléguant qu'ils avaient vu en pareil cas qu’en deux heures de temps le scrotomt était devenu roëge brun par le sang qui s’élait infitré daus le tissu cellulaire, et qui formait. une ecchimose dans toute l'étendue"du scrotum et de la verge. L’obser-

vation était Vrdie, mais élle ne-suffisait pas pour prouver que la tumeur dont il s'agissait n’était pas sanguine. En effet l'expérience m'a appr is que , toutes les ‘fois qu’on perce un vaisseau sanguin en faisant la ponction de l’hydrocèle, il ne survient pas d’ecchimose ; que , dans les cas mêmes où il survient, elle ne: s'aperçoit pas si Rraritemens d. RERE" * #56 h

Pour bien entendre ce.fait il faut se. ressouvenir de ce quer nous avons dit ailleurs touchant le siège des eaux qui forment d’hydro-

cèle : il n’y.a pas de doute que, lorsque les eaux sont renfermées . dans la membrane vaginale du cordon; le sang qui sortira d'un vaisseau piqué s’infiltrera avec beaucoup de facilité dans le tissu cellulaire de ces parties, et alors l'ecchimose pourra paraître promptement , parce que le sang se ‘trouvera immédiatement sous Ja peau ; mais,si l’hydrocèle est dans la membrane du péritestès , que le sang s’épanche dans ce kyste, et qu ‘ille remplisse, lecchimose ne paraîtra poiné, ou sera trés-long-lemps à paraître ; parce que, cette membrane étant dense et. polie dans l’intérieur, le sang ne trouve point de tissu cellulaire pour s’y infiltrer ; il se répand tout dans la cavité , et prend la place des eaux. ; Ceite loi n’est pas si générale. qu ’elle n'ait. quelque exception. Quand lhydrocélé dans la membrane vaginale est ancienne , le Sac devient quelquefois dur et calleux , et alors il est dans le même. cas de l'hydrocèle du péritestès ; Sa ‘densité empêche le sang . de pénétrer dans le tissu céllulaire , et l’ecchimose alors est long-temps à se manifester: D'un autre côté, quoique l hydrocèle soit dans le péritestés ; l'ecchimose peut arriver promptement : cela dépend de la situation du vaisseau piqué ; car, si ce vaisseau est placé immédiatement sous la peau, le sang aura beaucoup plus de facilité à s’infiltrer dans le tissu cellulaire.qu’à $s ‘épancher dans.la cavité du périlestés ; au lieu que , si le vaisseau piqué est: dans l'épaisseur du périlestés, il arrivera au contraire que le sang s ’épanchera plus facilement dans la cavité de cette enveloppe. L Si les sentimens furent partagés sur la nature du mal, ils le furent aussi sur le moyens d'y remédier : les uns conseillérént d'ouvrir la tumeur dans toute son étendue ; les autres furent d'avis d'attendre ; d'y appliquer des foméntations et des cataplasmes émolliens outenus d’un suspensoir, et de faire garder au malade le repos et le régime convenables. Ce dernier avis, auquel j acquiesçai, fut suivi; le malade s’en retourna avec son chir urgien , quiwint me dire tout alarmé que le scrotum était devenu noir et plombé , et que la gangrène s’y mettait; qu’elle se prolongeait dans les aines, dans les cuisses et sous la peau du ventre. Je lui demandai si le malade avait senti de vives douleurs depuis son départ; il me dif que non, qu'il se portait biea d’ailleurs ; sur quoi je l’assurai que son malade n’était point en danger ; qu'il continuât de suivre ce que j'avais prescrit, et de m’en-rendre compte de temps en temps. Il s’en rélourna plus tranquille, parce que je lui dis que ce qu'il croyait gangrène par la couleur n 'était qu'une ecchimose produite par le sang qui se glissait dans les graisses ; que le sang qui ‘causait cette. couleur s'étendrait beaucoup plus loin : mais. qu'il ne devait point s'en inquiéter, parce qu’il se résoudrait, comme font ordinairement toutes les ecchimoses ; qu’il fallait continuer les topiques émolliens, et les appliquer chaudement pour conserver Ja fluidité du sang épanché dans

le scrOtunt , lequel ne s’élendrait qu'autant qu'il serait fluide.

Quelque ins après lé malade vint me voir, et me remercier de m'être opposé à l'opération qu’on: voulait Iui faire. L'éiose n’était pas encore entièrement dissipée , et le kyste de l’hydrocèle contenait encore une partie du sang qui s’y était caillé, ce qui rendait cet endroit dur, mais sans douleur. Je conseillai de continuer les fomentations résolutives et le suspensoir; je le vis quinze jours après :iln°y avait plus d’ecchimose ; la dureté du kyste était diminuée; en deux mois de temps le scrotum se trouva presque dans son état naturel, et le malade rentra dans ses fonctions ordinaires; ce qu’il y a de particulier c'est qu’il fut parfaitement guéri de son hydrocèle. |

Un cavalier du régiment des cuirassiers, ayant une bydrocèle, recut un coup de pied de Cheval sur Je scrotum ; qui creva.le,sac de l'hydrocèle, et rompit quelques vaisseaux sanguins; il fat i mené à l’hôpital de Dinan, pays de Liége, où j'étais alors. Les eaux et le sang des vaisseaux ouverts, épanchés ensemble, s'étaient infiltrés dans tout le tissu cellulaire du serotof et de la verge : celle-ci devint grosse au point que l'ouverture.du prépuce ne permettait qu’à peiné la sortie des ‘urines. En peu de temps l’ecchimose s’étendit fort avant sous la peau des cuisses et du ventre; et’ la douleur suite du coup était très-considérable. J'enveloppai toutes ces parties de compresses trempées dans de l'éan tiède animée d’eau-de-vie ;.le malade fut promptement secouru par de nombreuses saignées , et la donléur diminua ; mais, quatre jours aprés, il survint inflammation et fièvre , ce qui m’obligea d'ouvrir le scrotum; il sor tit peu de caillots, mais une grande quantité de san£ fluide, non qu’il eût conservé sa fluidité naturelle, mais parce qu’il était délayé par l’eau de l’hydrocèle : je trouvai dB tahent l’ouverture par où les eaux s'étaient écoulées Lcar elle n’était pas considérable, et deplus elle était presque bouchée par un caillot, Ce fut par ce trou que, j ’introduisis une sonde creuse, à la faveur de la quelle j je passai une bistouri pour ouvrir le sac dans toute son étendue, et j’évacuai une matière sanieuse semblable à la - précédente, mais un peu plus fluide, parce qu’il était entré moins de sang dans ce sac qu’il n’était sorti Véat J’avais d’autant plus de raison de me servir de la sonde creuse pour conduire le bistouri que je ne doutais’ point que ce sac ne fût le péritestès , et que, l’ayant ouvert, je dois trouver le testicule à nu ; partie qu'il faut éviter, et dont la piqûre est souvent fâcheuse. Les accidens cessèrent , la suppuration s'établit, et cette blessure fut conduite à à parfaite ER par les moyens or dinar es.

ARTICLE Ir.

DU VARICOCÈLE: |

Le varicocèle attaque particulièrement ce qu'on appelle le Cotps pampiniforme, où cette espèce de pyramide vasculaire qui est audessus du testicule, et dont l’épididyme forme la base ; 5 il est composé de tous les vaisseaux qui portent et qui rapportent ‘queïque liqueur du testicule : ils y sont renfermés et rassemblés par une membrane cellulaire qui ‘est une suite de la membrane extérieure du péritoine. Le muscle crémaster enveloppe le cordon, et contient

ensemble le corps pampiniforme et le testicule. Ce muscle a son point fixe au muscle oblique: externe ; quand il se contracte, les testicules sont relevés; quand il est relâché, les testicules sont pendans : le dartos, qui est proprement le muscle cutané dn scrotum , sert aussi à soutenir les testicules , et ils ne sont bien soutenus que quand tous ces muscles agissent ensemble ; car ils peuvent agir sé- parément : c’est ce que j'ai observé plusieurs fois, c’est-à-dire que, quoique le dartos n’agisse point, les crémasters sont suffisans pour relever ét soutenir les testicules ; et, comme les crémasters peuvent aussi agir séparément, on peut avoir un testicule pendant et l’autre relevé. Cela peut arriver dans l’état naturel, mais cela ne dure pas long-temps : - cette situation n’est que passagère ; si elle subsiste, c’est un symptôme ou une maladie. +

Toutes ces choses doivent être observées non-seulement pour l'intelligence de ce que j'ai à dire du varicocèle , mais pour ce que je dirai des autrés indispositions qui peuvent affliger les même parties. Comme mon desséin n estpas de décrire exactement tous ces organes, je me contenterai d’ajouter à ce que je viens de dire que les veines spermatiques que renferme le COTpS pampiniforme sont infiniment plus grosses et plus nombreuses que les artères , et que tous les vaisseaux qui forment le cordon spermatique sont fort longs, puisqu'ils viennént des émulgentes , et qu’ils sortent du ventre pour parvenir au testicule : je ferai de plus remarquer que ces vaisseaux, en passant sous l’anneau des muscles du bas-ventre , sont appuyés sur l’os pubis comme la corde d’un puits l'est sur la poulie , de manière que le testicule auquel ces vaisseaux parviennent peut bien être comparé au seau qui se trouve à l'extrémité de la corde du puits ; et, comme le seau agit sur cette corde à proportion de son poids; le.testicule agit également sur le cordon spermatique , et celui-ci sur los pubis aussi à proportion de son poids : ce poids, quel qu’ ’il soit, tend à oblitérer les vaisseaux, et à rendre le passage des liqueurs plus difficile. La nature, pour diminuer ce poids, à donné un muscle crémaster à chaque testicule , etun muscle dartos pour tous les deux : ces muscles, dans l'état de santé: soutiennent et maintiennent les bourses relevées, de manière qu’alors le poids des testicules est soutenu , et que le cordon et par conséquent les vaisseaux spermatiques ne sont point pressés sur l’os pubis par le poids du testicule : d’où il résulte que les’ vaisseaux jouissent de tout leur diamètre, et que les fluides remontent avec plus de facilité ; mais il »’en est pas de même dans l'état contre nature, comme nous allons le voir.

Les réflexions que je viens de faire sur la structure des parties serviront beaucoup à l'intelligence des causes qui peuvent former ou concourir à la formation du varicocèle.. Ces causes sont en général ce qui peut gêner ou ralentir le retour du sang ou de la lymphe. Les personnes qui sont constipées sont sujettes au varicocèle , à lhydro-

cèle, et à toutes sortes de hernies par les efforts qu’elles font pour aller à la selle. Ces efforts, qui sont souvent infructueux et par conséquent réitérés, doivent presser les vaisseaux spermatiques , et retarder le retour dusang et dela lymphe. Les veines et les vaisseaux spermatiques deviendront peu à peu plus larges , et enfin variqueux ; outre cela, si les excrémens stercoraux deviennent plus fermes, et s'ils sont retenus dans l'intestin colon , ils péseront sur les vaisseaux spermatiques ; empêcheront le retour du sang , et causeront le varicocèle; car j'ai observé ‘que cette maladie arrive plus souvent. au testicule gauche, parce que lesexcrémens, parvenus dans la partie gauche de l'intestin colon , et retenus dans ls double courbure de cet intestin qu’on nomme l’'S äc colon , sont immédiatement appuyés sur les vaisseaux spermatiques, ét empêchent, par leur poids et leur endurcissement , le retour du sang et de la Iymphe..

Ceux qui-ont des hernies pour lesquelles ils portent le bandage sont souvent sujets au varicocèle ou à lhydrocèle , parce que le bandage , pressant le cordon, oppose le même obstacle au retour du sang et-de la lymphe. : :

Ceux qui ont des tumeurs RE Ras dans. le ventre le long du cordon des vaisseaux spermatiques , et ceux qui ont des glandes Jombaires gonflées, enfin ceux qui ont les reins affectés , ou qui y ont quelques pierres retenues , sont également sujets au meer * parce que , dans toutes ces maladies, les vaisseaux spermatiques sont continuellement pressés et comprimés.

Le relâchement du crémaster et du darfos ne cause point il immédiatement le varicocèle ; mais on conçoit bien que, faute d’être soutenus , les testicules doivent être pendans , ie cordon des vaisseaux doit s’alonger, et ces vaisseaux portant sur l’os pubis, parce que les testicules sont abandonnés à leur propre poids, la difficulté que les liqueurs ont de remonter doit être bien plus grande ; mais ces vaisseaux" ont une disposition naturelle à devenir variqueax ; car les veines sônt vingt fois plus nombreuses et plus spacieuses que les artères spermatiques ; de sorte que la circulation doit être plus lente dans ces vaisseaux que partout ailleurs. Quand on rassemble toutes ces choses , on n’a pas liea de s'étonner que les veines du corps pampiniforme deviennent variqueuses : : voyez ce que ÿai dit ailleurs-des varices et des hémorrhoïdes , où ÿ ai fait un détail de plusieurs de leurs causes , dont quelques-unes pourraient bien convenir au varicocèle. Je ne parle point ici des causes qui peuvent dépendre de laltération des fluides. F aurai occasion de le faire par la suite ; je passe maintenant aux moyens d'éviter, de borner et même de guérir le varicocèle. ;

On peut prévenir le varicocèle; on peut uisobrt ceux qui en sont attaqués, et même les guérir radicalement quand la maladie est simple, et qu’elle n’est pas parvenue à son dernier période ;

dans l'état le plus fâcheux il n’est pas même impossible de conserver la vie au malade par quelque opération.

Peu de gens pensent à prévenir cette maladie. La jeunesse ne craint point les maux ; il n’y à que ceux qui ont queïques dispositions à la maladie qui se plaignent souvent sans savoir ce qu’ils ont à craindre : ils ont de la douleur aux reins, de la pesanteur au Scrotum; au cordon spermatique, jusques et compris le corps pampiniforme , l’épididyme et le testicule même. Pour peu qu'ils agissent, ils sont fatigués ; ils ressentent des Coliques qui ne sont pour l'ordinaire ni bilieuses ni venteuses: Dans cet état j'en ai vu qui, s'étant mis entre les mains de gens qui ne savent point que tous ces symplômes peuvént être les avant-coureurs du varicocèle , ont pris inutilement une-infinité de remédes, et sont tombés dans de plus grands maux, sans que ceux qui les traitaient soupçonnassent le varicocèle. Il est vrai que tous ces accidens peuvent arriver sans qu’il paraisse de gonflement considérable à toutes ces . parties : c’est au chirurgien à réfléchir mûürement sur toutes les circonstances dont je viens de parler, et à consulter les grands praticiens. | ét | N |

J'ai traité un malade qui était dans ce cas dépuis plusieurs mois : on lui faisait prendre toutes sortes de remèdes fondans, narcotiques, purgatifs et autres , ordonnés sans indication par nn ignorant babillard qui s'était emparé de sa confiance, et qui lui -appliqua pour topique un élixir spiritueux. Ce malade, quoique, homme sensé, ne manqua de confiance pour son charlatan que lorsque, un jour qu’il le disait mieux, il s’aperçut que le testicule gauche était grossi considérablement : alors le malade effrayé me manda à son secours. Après m'être informé de ce qui s’était passé, je ne doutai point qu'il ne fût ménacé d'un varicocèle : je le saignai trois fois en trente heures; je lui fis un cataplasme avec la farine de seigle et la poudre de fleur de grenade. Le scrotum diminua; les vaisseaux spermatiques étant moins cachés, je reconnus qu'ils étaient variqueux depuis le corps du testicule jnsqu’à Panneau; je continuai l'usage du cataplasme soutenu d’un suspensoir ; j’ordonnai des lavemens , je saignai encore deux fois, et, les douleurs étant cessées, je le purgeai avec la manne et les eaux de Vichy; et, comme ce malade avait un peu de jaunisse, je le mis à l’usage des bouillons légèrement amers et des eaux de Passy, qui achevèrent de le guérir. hi

Ce malade n'avait point de glandes gonflées ni de tumeurs apparentes dans le ventre ; mais il avait un embarras dans le foie, et je remarque en passant que cette disposition, qui est souvent cause’ des hémorrhoïdes , l’est quelquefois du varicocèle, quoique les vaisseaux spermatiques n’aillent point se dégorger dans la veine-porte. Pent-être y avait-il quelque autre cause inconnue ; ce qu’il y a de vrai c’est qu’il était mélancolique, et que cette maladie se rencontre fort souvent avec les hémorrhoïdes et le varicocèle. Si ces symptômes m'ont fait soupconner que lé malade pouvait avoir un varicocèle , il se pouvait aussi que cela ne fût pas ; mais je ne devais pas négliger ce soupcon, puisque la pratique m’a fait connaître que le varicocèle est souvent précédé de ces accidens, D'ailleurs un pareil traitement ne pouvait nuire.

Le cas que je viens de rapporter n’est pas. le seul dans lequel cette

maladie soit difficile à connaître. Il m'est arrivé plusieurs fois d’être appelé pour donner mon avis sur des-gonflemens et des tumeurs du scrotum excessivement grosses ; et, comme trés-souvent on ne peut pas être instruit du commencement ni des circonstances qui ont accompagné le progrès de ces maladies, on est fort embarrassé,

surtout lorsque les signes diagnostics ne sont pas suffisans, qu'ils

sont confondus avec d’autres, et que le volume de la tumeur nous cache les choses dont nous pourrions tirer quelques indices -par le toucher. Voici la manière de se comporter en pareil cas :

Lorsqu'une tumeur du scrotum est excessivement grosse, on examine premièrement si le mal occupe les deux côtés , ce qu’on reconnaît facilement à la vue-et au toucher , parce que.le raphé est incliné du côté malade ; et, si le mal occupe tout le scrotum , le raphé garde le milieu : quand le mal n’est que d’un côté , on touche le testicule du côté sain; celui du côté malade ne se distingue point, parce qu’il est renfermé et confondu dans la tumeur. Il y a cependant un cas , que j'ai vu plusieurs fois, qui en imposerait si on n’en était pas averti ; c’est que la tumeur peut s'être formée dans la cloison entre les deux testicules : en ce cas le raphé garde le milieu, les testicules se trouvent dans leurs places ordinaires , excepté qu'ils sont écartés l’un à droite, l’autre à gauche, à moins que l’un ou : l'autre, ou tous les deux ensemble, ne soient malades. Pour s’en éclaircir on examine les cordons dans leur passage par l’anneau : sion les suit de haut en bas, on trouve quelquefois les testicules , quelquefois aussi on ne les trouve point, et on peut croire qu'ils sont malades ; quoïqu’il ne soit pas ordinaire que le cordon soit sain quand le testicule est affecté, sile cordon est dur, et qu'on ne puisse toucher le testicule, il faut croire que celui-ci est confondu dans la tumeur ; si le COoN est noueux, C ’est-à-dire qu’én le touchant on sente Chire les doigts comme des grains qui ne sont que les contours et circonvolutions .des veines spermatiques remplies du sang qui s’y est arrêté, alors on a lieu de croire que ce qui est renfermé et confondu dans la tumeur, et qu’on ne peut toucher distinctement, est variqueux comme le reste , et par conséquent qu'il y a varicocèle ou spermatocèle.

Il est rare que l’un ‘soit sans l’autre, surtout quand la tumeur du serotum est ancienne et aussi grosse que je l'ai supposé : le spermatocèle est même plus fréquent, parce que le canal déférent fait bien mieux la corde du puits, puisque, en passant sur le pubis, au lieu de monter vers les émulgentes , il se courbe, et descend dans le bassin pour s'approcher des vésicules séminaires, ce qui fait que le poids de la tumeur agit sur lui plus puissamment.

“Si le cordon est mollet dans sa circonférence , et qu’on sente dans le milieu comme une corde dure, il y a tout fé de croire que le

vaisseau déférent est engorgé, et on en est convaincu si cette. corde ne s'étend pas plus loin que le pubis, parce que c’est là l'endroit où ce vaisseau se recourbe, et descend dans le bassin ; on en sera encore plus sûr si, en suivant cette corde jusqu’au testicule , On la trouve plus grosse et noueuse : cela prouvera de plus qu’il y a varico-spermatocèle , ou du moins un engorgement variqueux dans l’épididyme. Si toute la tumeur est dure , et que rien n’ait pu l’amollir , la résoudre ou la faire suppurer , il faut .en faire l'extirpation en observant ce que je dirai dans l’article où je traite de la castration.

Si la tumeur est molle totalement ou en partie, et: qu’on y sente flucluation , il faut faire la ponction pour vider le fluide , et avoir la facilité de toucher plus immédiatement la tumeur ; car, après avoir fait cette ponction, j'ai souvent distingué le varicocéle , le varicospermatocèle, ou ce qu’on appelle sarcocèle, c’est-à-dire, comme je l'ai rapporté ailleurs , le testicule même gonflé, endurci , souvent carcinomateux , suppuré ou anéanti par la putréfaction. Dans tous ces cas il faut emporter le testicule. |

Si on trouve le cordon gonflé près de l'anneau , il y a des circonstances où l’on peut y faire des scarifications pour donner issue à quelque lymphe qui le gonfle , et on le réduit à sa grosseur : je l'ai quelquefois fait suppurer, et j'ai réussi à le rendre presque aussi mou qu’il l’est naturellement. |

J'ai été mandé pour faire la castration à un malade qui avait, sur le cordon, au-dessus de la tumeur du scrotum, une autre tumeur très-dure et trèsdouloureuse. Elle était si considérable que quelqu'un qui l’avait vue avant moi À ne jugeant pas qu’il fût possible de faire l'opération, s’était retiré, prononçant que le malade était sans remède. Je n’en jugeai pas tout-à-fait de même, parce que cette seconde, tumeur me paraissait phlegmoneuse ; je la traitai en conséquence, et, par le moyen des sâignées et des cataplasmes , elle vint à suppuration. Je l’ouvris, et, en peu de jours, tout cette partie et le cordon même furent dégonflés et amollis au point que j'entrepris de faire l’opération. Je ne fis cependant pas la castration, parce que, ayant ouvert la tumeur du scrotum, je trouvai que le testicule n’était point altéré, et que ce qui faisait ce gros volume était une quantité de- lymphe infiltrée qui avait la consistance de gelée épaisse, et qui remplissait tous les tissus cellulaires qui sont sous le dartos et dans les membranes'des testicules. Cette matière gélatineuse couvrait un tumeur variqueuse de la grosseur du poing, que je jugeai m'être pas formée seulement par la dilatation des seuls vaisseaux sanguins, mais aussi par celle des vaisseaux lymphatiques confondus ensemble, ou plutôt moins distincts que les veines variqueuses dont elles remplissaient les intervalles et les circonvolutions. — J’emportai toute cette tumeur en conservant, autant qu’il me fut possible, le corps pampiniforme, et surtout les artères ; non que je craignisse l’hémorrhagie; je ne ferais pas difficulté d’en couper s’il y en avait de dilatées, pourvu que je pusse conserver celles qui entrent dans le testicule. : sé

J’ai fait cette dernière opération à un courrier qui ayait quarante ans, et qui

courait la poste dépuis l’âge de quinze : il croyait avoir trois testicules. Je ne crus pas toutes les fables qu’il me conta à ce sujet : je lui dis que ce troisième testicule était une tumeur qu'il faHait extirper au plus tôt pour qu’elle ne nuisît point aux testicules véritables : ceux-ci étaient écartés de manière-qu’ ils étaient à plus de six pouces de distance l’un de l’autre: — Cette tumeur était un varicocèle : je n’eus pas de peine à déterminer le malade à l’amputation, parce qu’il ne pouvait plus continuer son métier. Je fis une incision assez grande le long du raphé; je séparai la tumeur avec le doigt; jé ne trouvai aucune adhérence 1e celle du pédicule qui tenait à la cloison,

de laquelle jé le détachai jusqu’ à ce que je l’eusse réduit à un volume ‘qu’ ân pût lier facilement , comme je le fis avec un fil en quatre et bien ciré ; Je coupai le pédicule au-dessous de la ligature ; je pansai avec la charpie sèche , puis avec le digestif à à l'ordinaire. La ligature tomba le septième jour ,-et le malade fat guéri en vingt. — Cette tumeur était un varicocèle bphauqne et sanguin : je le fis tremper dans l’eau, et, lorsqu'il fut macéré, que j'en eus taie sortir tout le sang ét la lymphe, je le soufflai avec un tuyau; je faisais gonfler lé tout comme on ferait gonfler un paquet de boyaux grêles; mais je ne pouvais y retenir Pair pour le sécher et le conserver, parce qu'il y avan quantité d'ouvertures. |

Ces opérations , qui.ne sont pas fort usitées, m ront ha à en faire qui. ne sont pas moins salutaires.

Je me suis trouvé en consultation pour décider d’une opération de la castration qu’on voulait faire en conséquence d’un varicocêle plus gros que la tête d’an enfant : c'était du moins le volume du scrotum, Dans 4 nombre des consultans, qui n’était pas petit, la pluralité des voix fut qu’i ! fallait ouvrir le scrotum depuis l’anneau'j jusqu ’à la partie la plus basse, et qu’on ne déciderait de l’'amputation qu après avoir bien examiné l'état du mal. On trouva que tous les vaisseaux sanguins, par ticulièrement les veines, ‘étaient extrêmement dilatés, mais qu’on pouvait conserver l'artère spermätique, l’épididyme et Je testicule, par conséquent le canal déférent; qu’il s’agissait de couper de manière à ne détruire que les veines variqueuses ; ce qui fut fait par l'instrument tranchant préférablement aux autres moyens proposés. — Pour faire celte : opération je fis tenir le cordon près de l'anneau, et tirer en même temps le testicule en bas avec douceur, mais suffisamment pour que le cordon fût assez tendu pour l’apercevoir etne lé point confondre avec le reste. Alors je disséquai et séparai, aussi exactement qu’il me fut possible, le corps variqueux d’avec le testicule et le cordon; je lemportai, ce qui ne put se faire sans que les grosses veines variqueuses ne fussent coupées , et qu'il n’en sortit beaucoup de sang: ayant bien dégorgé les var ices, je pansai avec la charpie trempée dans l’eau alumineuse, des compresses et un bandage à l'ordinaire. Le malade fut guéri en un mois. W I ne faut point faire de difficulté de dénuder le testicule lorsqu'on fait celte opération ; mais cependant on doit conserver, autant qu’on peut, les membranes , surtout celle qu'on nomme péritestés, parce que, en la détruisant, on découvre la membrane albugineuse : cette membrane, qui est très-sensible , s’altère facilement , se pourrit, et elle est long-termps à suppurer avant que les escharres soient en-

OPÉRATIONS AUX BOURSES. r. 4

tièrement détachées. De plus, lorsque ces escharres sont séparées , il reste-un trou par où les vaisseaux séminifères sortent, et ce qui s’en échappe d’un pansement à l'autre est pris par les novices pour du pus mal digéré ou pour des lambeaux de pourriture : on en tire à chaque pansement; et, si on. ne s’apercevait pas que c’est la propre substance du testicule qu'on tire, on viderait tout, et la membrane albugineuse deviendrait le réceptacle du pus ; qui causerait une fièvre lente et d’autres accidens qui conduiraient à la mort. ; (Me gr)

Je suis tombé dans ce cas, et j'ai eu depuis plusieurs occasions de profiter de cette faute.

Mais, avant de les rapporter, il est essentiel d'apprendre aux jeunes chirurgiens quel fut le sort d’un malade à qui j'avais ouvert un abcès à un testicule. Les douleurs et la fièvre étaient diminués : cependant il. sortait toujours, par l'ouverture du péritestès, de cette même substance que je croyais être du pus quand elle était fluide, ou une séparation de quelque escharre lorsqu’elle avait quelque consistance; mais, n'étant aperçu que, quand ces lambeaux résistaient à leur séparation, il sortait un peu de sang, je crus qu’il fallait ouvrir davantage pour voir le fond, ce que je fis; et alors je récon- | nus que €’était la propre substance du testicule que je tirais, laquelle, n'étant composée que de petits vaisseaux, se développait comme un-peloton de fil, de la même manière qu’on les développe dans les testicules du rat, de l’homme et de la plupart des animaux. — Je cessai de tirer et même d’essuyer ce quisortait par l’ouverture faite à la membrane, que je pansai par la Suite avec un plumasseau plat trempé dans le baume de Fioraventi; je continuai d’apptiquer sur le reste de la plaie lé digestif ordinaire, et il ne sortit plus rien de semblable ni au pus, ni aux escharres où lambeaux dont il s’agit. — La plaie du corps da testicule se mondifia, et, les chairs se réunissant au reste, il n’y eut qu’une seule plaie, qui fut assez promptement cicatrisée; le testicule fut adhérent à la cicatrices et il était extrêmement diminué de grosseur, parce qu'il avait perdu plus d’un tiers de sa propre substance, que javais tirée à chaque pansement. :

J'ai vu depuis un pareil cas où je fus appelé trop tard pour éviter cette faute. Toute Ja substance du testicule avait été tirée; il ne restait que l’épididyme , lequel était gonflé assez considérablement pour qu’on le prît -pour Le testicule même. Je ne fis point connaître ce qui en était en présence du malade. Etant sorti, mon confrère, inquiet du prétendu testicule, me demanda mon avis; il fut surpris de la confession que je lui fis de la faute que j'avais commise, et encore plus lorsque je la comparai à celle qu’il venait de faire. Ayant rappelé toutes les circonstances , il convint que cela pouvait être silme pria de voir de temps en temps le malade, ce que je fis avec plaisir. L’épididyme, qu’il croyait être le testicule parce qu’il était tuméfié, devint dur, et grossit encore davantage ; et, comme le cordon spermatique pouvait permettre l’amputation, je la proposai : elle fut faite, et nous examinâmes à loisir la partie enlevée. Nous reconnûmes , ce que j'avais dit, que le testicule avait été, pour ainsi dire, dévidé comme un peloton de fil; que la membrane albugineuse était restée seule, et que, jointe à l’épididyme , elle formait avec lui le corps gonflé et endarci qu’on avait pris pour le testicule,

J'ai vu arriver presque la même chose par une cause différente, mais à:la suite et en conséquence d’un semblable procédé. Un garde-chasse reçut un coup deballe qui lui perça le scrotum de part en part , et endommagea le tésticule gauche; il avait, selon toute apparence, les bourses pendantes, car le dedans de la cuisse gauche était entamé par le trajet de la balle de l’épaisseur d’un ècu, et c’élait à trois travers de doigt plus bas que la blessure du scrotum. Ce garde étant debout lorsqu'il reçut le coup, ces deux blessures auraient dû être à même hauteur si le scrotum eût conservé sa situation; mais, s'étant retiré vers le ventre, la situation respective des parties blessées avait été changée. Cette observation a son utilité. Comme lentrée-de la balle dans le scrotum et sa sortie n'étaient éloignées que de deux pouces l'une de l’autre, je jugeai qu'il fallait couper tout le trajet pour ne faire qu’une seule plaie des deux. Pour cette effet j'introduisis une sonde creuse dans l’ouverture antérieure pour la :passer postérieurement, afin de conduire un bistouri dans la cannelure de cette sonde, et de couper toute la par tie du scrotum qu’elle comprenait; mais je ne pus passer outre, parce que je rencontrai le testicule dans le passage, ce qui me fit juger que celui- -ci n'avait point été percé par la balle : je tournai ma sonde avec douceur, et je la fis sortir par l’ouverture opposée; j'introduisis mon bistouri, et, le tranchant tourné: vers. le-bas du scrotum, je coupai tout ce qu embrassait la sonde; en écartant les deux lèvres de cette plaie je trouvai le testicule éntier, mais fort contus par la balle. Le malade pansé, je revins.à Paris, laissant %e biessé-entre les mains du chirurgien du lieu, qui me demanda le quinzième jour, parce que était en peine d’un sinus qui ne pouvait se tarir depuis huit ou dix jours qu’il le vidait fort exactement. Je trouvai que ce sinus était causé par la séparation d’un portion de la membrane albugineuse, et que ce qui én sortait était la propre substance du testicule, qui, s’étant pourrie, sortait en forme de pus brun accompagné de filets que le chicureten me dit avoir tirés fort exactement à chaque pansement. Comme il y avait huit jours qu’il en tirait, il ne restaît que fort peu.de la substance du testicule : j’agrandis l’'ouver ture de la membrane albugineuse; je pansai avec la charpie sèche.

Etant sorti , j'instruisis le chirurgien sur la nature du fait, et je lui dis que j'avais beaucoup de part à la faute qu’il avait commise : premièrement pour ne l'avoir pas averti de ce qui devait arriver; en second lieu pour n’avoir pas fait des scarifications sur la CGntusion du testicule : il est vrai que je ne manquai à cette circonslance que parce que je ne croyais pas la contusion si forte qu’elle était; mais je fus confirmé dans l'usage où j'étais depuis plusieurs années de faire des scarifications plus ou moins profondes sur. la membrane albugineuse lorsqu'il y a contusion au corps du testicule : par ces scarifications j'évite la perte de cette en ‘comme on va le voir par l'observation qui Suit :

- Un cavalier du régiment des cuirassiers reçut un COUP sté pied de ékeval sur le scrotum; en six heures de temps la partie devint noire et grosse Comme. la tête. On le pansa avec des compresses trempées dans l’eau-de-vie eam-

.phrée; on le saigna copieusement ; mais, malgré cette pratique, on fut obligé d'ouvrir le scrotum des deux côtés : il sortit quantité de sang coagnlé, et il en resta beaucoup qui était infiltré dans les cellules des membranes. Les testicules

ne paraissaient point gonflés ; mais, à la levée du premier appareil, ils parurent l'être considérablement. Les ayant examinés , ] ’aperçus une (ctua ti que je jugeai être causée par un fluide épanché dans le péritestès; et, comme cette membrane était brune, je ne doutai pas qu'il n’y eût du sang , et, par ce que je sentais au toucher de la fluidité, je conclus que le sang qui y était contenu n’était pas entièrement coagulé, parce qu’il s'était mêlé avec l'humeur qui est naturellement dans cette partie, mais qui s’y était déposée en plus grande quantité en conséquence du coup. — J’ouvris des déux côtés dans toute l’étendue da péritestès : il en sortit beaucoup de sanie et quelques caillots de sang. Les. testicules n'étaient pas considérablement gonflés ni douloureux : ce ne fut qu’à la levée de ce second appareil qu'ils parurent un, peu plus gros, durs, très-sensibles et d’une couleur brune, ce qui me fit craindre d’abord la mortification: mais, ayant fait réflexion que cette douleur eccompagnait toujours les contusions, je regardai le tout comme une ecchimose. En conséquence je fis une incision de huit à à dix lignes de long à chaque testicule, cou— pant la membrane albugineuse jusqu’à la substance du testicule : il sortit beaucoup. de sanie; la couleur fut sur-le-champ moins noire, et encore moins le lendemain, si bien qu’elle se dissipa, hors deux points, grands comme l'ongle, qui tombèrent en pourriture, Apparemment que ces deux endroits avaient été plus vivement pressés contre les. os pubis par la pince du fer du cheval. Cette pourriture n’eut point de suite, parce que, profitant des fautes passées, je ne tirai point les filets spermätiques et ce qui est un point essentiel, .c’est que les saignées et les opérations préliminaires avaient êté diligemment faites.

Quand on perd du temps il s’en faut bien que-les choses réussissent heureusement. J'ai vu, en pareil cas , l’inflammation et la gangrène survenir en vingt-quatre heures pour n’ avoir pas saigné suffisamment, et n’avoir pas ouvert les deux côtés du scrotum pour vider le sang ‘épanché ou infiltré dans*les membranes cellulaires. Ce sang à qui on ne procure point d’issue se glisse , de proche en proche, dans le tissu cellulaire , et il forme des ecchimoses, nonseulement dans toutes les extrémités inférieures, maïs, ainsi que je l'ai vu quelquefois, à l'extérieur du ventre, des lombes et de la poitrine : ce qu'il y a d’épanché dans le péritestés s’altère. J’ai vu de ces épañchemens qui avaient étè négligés, auxquels j’ai fait incision le huitième jour où j'ai trouvé ce que j'ai dit.

J'ai fait l'ouverture du cadavre d’un marinier qui avait recu un coup de rame sur le scrotum, à qui cette négligence avait causé Ja mort ; je lui trouvai toutes ces parties gangrenées, et de plus il y avait ecchimose.dans tout le tissu cellulaire-du péritoine et dans les enveloppes graisseuses des deux reins jusqu’au diaphragme. J’en ai vu d’autres qui, outre les dérangemens dont je viens de parler, sont morts de rétention et suppression totale d'urine. À Pouverture de leurs cadavres, j’ai trouvé que le sang, infiltré dans le tissu cellulaire du péritoine , ÿ était en si grande quantité que les reins. et la vessie en

étaient pressés au point qu’ils ne pouvaient faire leurs fonctions.

Jai dit ci-dessus que les incisions qu’on fait pour ouvrir le scrotum doivent être de toute sa longueur et même par-delà ; je veux dire

qu’il ne suffit pas d’ouvrir toute sa partie antérieure, qu’il faut continuer l’incision postérieurement au moins un pouce par-delà, et même davantage quand la tumeur et grosse : l'expérience m’a appris que, si on néglige de couper ainsi le serotum , on se trouve obligé de le faire dans la suite ; ce qui est honteux au chirurgien, et très-préjudiciable au malade, parce que, le fond des bourses n'étant pas ouvert, forme un sac dans lequel le pus séjourne, et cause une douleur vive et d’autres accidens , comme sont le gonflement de tout le scrotum, la gangrène même, laquelle détruit toutes les enveloppes; et on a vu souvent les testicules dépouillés après la séparation des escharres. Le

Le scrotum, étant vidé par l'opération qu’on vient de faire, se retire vers le haut par la contraction des fibres charnues; et, comme -ces fibres ont leurs plus fortes attaches en devant, elles tirent le scrotum de ce côté-là ; de manière que l’angle inférieur de l'incision se treuve plus haut que le fond du scrotum, ce qui fait le sac dont il s'agit; au lieu que, quand on prolonge l'incision jusqu’à la partie postérieure , l'angle inférieur reste toujours dans le bas du scrotum, et facilite l'écoulement des matières.

On observera cependant que le conseil que je donne n’a lieu que lorsqu’on ouvre des tumeurs dans lesquelles le scrotum west point attaqué ; car, s’il est gonflé, soit par inflammation , soit par infiltration , alors les fibres charnues n’ont pas le pouvoir de retirer le scrolum : et la peau même est trop résistante pour se plisser et obéir à la contraction des ces muscles: alors l'incision ne change qu'à mesure que l'inflammafion diminue , ce qui se fait lentement! et pour lors le sac purulent n’a pas lieu.

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