OBSERVATION SUR UN ACCOUCHEMENT
la ligne blanche les unit ensemb'e, leur contraction devint inu-
tile!, la douleur cessa, et la dilatation de l'orifice de la matrice ne pouvait augmenter.
3° On pourrait me demander encore pourquoi j'ai ouvert l'hydron céphale avec un bistouri au lieu de m'être servi du trocart. Je réponds que, comme le trocart n’est pas un instrument.qu’un chirurgien porte foujours avec soi, je n’en avais point ; et le cas était trop urgent. : j’eusse perdu un temps trop précieux si j’eusse envoyé chercher mon trocart; mais je répondrai encore mieux à cette objection en disant que , si le hasard et la nécessité m'ont fait mettre le bistouri en usage, je leur suis redevable d'avoir reconnu que, dans cette opéralion, le bistouri est préférable au trocart, parce que les eaux se seraient écoulées avec trop de lenteur, et qu'il m’eût été impossible d’en accélérer l'écoulement, qui ne pouvait être que proportionné au calibre de la canule du trocart ; au lieu que, ayant faitune incision capable d'introduire mon doigt aisément, et donnes à mon gré plus ou moins d'espace pour la sortie de eaux , j étais le maître de PA SU évacuation plus ou moins prompie : mais un autre avantage bien plus considérable c’est que, ayant mon doigt dans la cavité du crâne, le faisant agir seul, je pouvais m’en servir comme d’un crochet ; êt, en y joignant le pouce, comme je fis, je formai une plhcette assez forte pour amener au : passage la plus grande partie de la poche ou sac hydrôpique, ce qui me donna alors la facilité d’empoigner le tout avec les deux: mains : ces forces réunies furent suffisantes pour tirer l'enfant hors dé la matrice ; mais elles n’excédaient pas de beaucoup la résistance. que j'avais à vaincre : il valait donc mieux ouvrir avec le bistouri qu'avec le trocart, qui ne pouvait procurer qu’une lente évacuation des eaux , et me priver des autres avantages que je tirai de lincision faite avec le bistouri. . |
4° Maïs , si l'évacuation des eaux par la canule du trocart était trop lente, imeituté faite avec le bistouri ne pouvait-elle pas procurer une évacuation trop subite? Sans doute : aussi ai-je agi en conséquence , puisque le doigt indicateur , que j'avais introduit dans l’ouverture , me servait à modérer à mon gré l'évacuation , et empêcher qu’elle ne fût trop prompte. |
5° J'ai dit, dans l'exposé , que la tête de l’enfant était placée dans la situation la plus naturelle , c’est-à-dire qu’il avait le derrière de la tête tourné du côté du ventre de la mère , et la face du côté de l'os sacrum : je le reconnus au toucher, parce que, en portant mes doigts aussi avant qu’il me fut possible au-delà de la dilatation du passage, je trouvai les deux -pariétaux à droite et à gauche ; en haut je touchai l’occipitai, et en bas, c’est-à-dire du côté du coccyx, jetrouvai le tout mou et membraneux , sans pouvoir toucher le coronal, sans douté parce que mon doigt ne pouvait point aller au-delà de la conti-
nuation de la fontanelle, qui , dans le fœtus, comme on sait, sépare ces deux os en deux. La tête de l'enfant était donc avantageusement placée, puisque la face était tournée du côté du rectum , et le derrière de la tête du côté du ventre.
6° On sait qu’il peut arriver, dans l’accouchement naurel, que l'enfant soit quelquefois retenu par les épaules, et que le col dela matrice , se resserrant à l'endroit du col, laisse la tête dehors et les épaules au dedans’ ce qui met en risque de séparer la tête du tronc. C'est ce qui n’arrive qu'aux novices et à ceux qui n'opèrent pas avec assez de promptitude ; car c’est un instant duquel il faut profiter. . C’est pour éviter cet accident qu’on passe promptement les doigts indicateurs sous les aisselles en forme de crochet. Par ce moyen on maintient le col de la matrice dilaté ; on peut même le dilater davantage s’il est besoin; en écartant les doigts on l'empêche de se resserrer davantage entre la tête et les épaules, et on profile de cet instant pour leur faire passer le détroit; après quoi rien ne résiste.
7e Maïs pourquoi, après avoir tiré la tête de l'enfant, ne passé-je point mes doigts sous les aisselles en forme de crochet Suivant Ia méthode ordinaire? Je répondrai que les épaules passèrent avec grande facilité , et que je ne trouvai de résistance que lorsque les os* de la base du crâne se trouvèrent,au passage; car, aussitôt qu’ils ‘furent passés, le tout vint avec assez de promptitude ; sans doute, parce que Île reste du corps de l’enfant n'avait pas pris autant de nourriture qu’il en aurait pris s’il n’avait point eu d’hydrocéphale. D'un autre côté la base du crâne avait, pour ainsi dire , servi de di- Jlatatoire, ayant plus de volume que les épaules ; enfin la pratique des accouchemens nous apprend que les enfans qui ont la tête grosse, et qui, étant au couronnement, sont poussés par une douleur vive et durable, sortent avec tant de promptitude que les épaules passent de même sans qu’on ait le témps de faire cette manœuvre, qu’on ne pratique qu’au besoin.