‹ Œuvres complètesChapitre 19 sur 140 · XL DISCOURS SUR LE TRAÎTÉ · texte numérisé non relu

XL DISCOURS SUR LE TRAÎTÉ

moufle renouvelée pour la se conde fois? An, in humeri luxatione , ambe potius quam scalt, janua, pol yépéstuique tlerato renovata ? La conclusion de cette thèse est affirmative. Pour réduire ‘un bras luxé avec la’ porte où Péchelle on fait monter un malade sur une chaise ou sur un tabouret qui l'élève assez pour qué son aïsselle soit à la “hauteur de la porte ‘ou de l'échelon, garni d’un drap plié en douze ou quinze doubles. Le bras doit pendre de l’autre côté; un homme fort le saisit au-déssus du poignet pour faire Pextension ; on relire en même temps le tabouret de dessous les pieds du malade pour que le poids de son corps fasse la contre-extension. H est facile’ d'imaginer les défauts essentiels de cette pratique, M. Petit Ia blâme fort; M. Andry la condamne aussi. M. Petit donne plusieurs raisons du danger qu'il y a de se servir de ces moyens ; et, entre autres choses plus dignes de rémarque , il dit que, avec échelle et la porte, ce serait un pur hasard que le degré de force füt au point convenable. Car , si un homme maigre à une luxation où la tête de l'os se trouve logée dans le profond de l’aisselle , le poids du corps, qui, dans cette pratique, est la principale force mouvante, ne sera point suffisant , et les extensions seront imparfaites. Si au contraire un homme tréspuissan( à une luxation où la têle de l’humérus ne soit point encore enfoncée dans le creux de l’aisselle, le poids de son Corps sera de beaucoup supérieur à la résistance des muscies, et l'excès de cette force causera des désordres funestes, péut-être même irréparables , comme rupture des muscles , des tendons , des ligamens.

Il semble d’abord, par l'exposé de M. Andry, que ces raisons soient les seules que donne M. Petit contre l'usage de la porte et de l'échelle, et qu'il les ait tirées de la différence qu'il y a entre un homme gras . et un homme maigre, sans attention à la diversité des circonstances que présente l'espèce de luxation. C’est sur cette double infidélité dans l’exposition de la doctrine de M. Petit que l’auteur de la thèse en a bâti le premier paragraphe en prouvant très-sérieusement , ce qui n’était pas bien difficile, qu’un homme de grande stature, quoique maigre , pouvait être beaucoup plus pesant qu’un petit homme qui aurait de l'embonpoint. Mais ceci n’est encore qu’une pure chicame ; car, dès qu’il ne s’agit de Ja considération du corps du malade que par rapport à son poids, il est évident que, dans la distinction qu’on fait d’un corps gras et d’un maigre, l'égalité de la stature est" naturellement sous-entendue. Mais M. Petit distinguait aussi la nature de la luxation , ce dont M. Andry ne fait point mention. Il n’hésite pas, dans les second et troisième paragraphes, à taxer de faux et d’imaginaires les autres inconvéniens que M. Petit reconnaît dans l'usage de la porte et de l'échelle ;-et il ne dit rien à ce sujet que notre

auteur n’ait avancé et prouvé par raisons el par expérience: Dans le guatrième paragraphe M. Andry fait l'éloge de l'ambi d'Hippocrate,

queM. Petit n’a blâmé , dit-il , quefaute de le connaître. M. Petit dit du bien de cette machine ; mais il lui trouve des défauts : son nouvel apologiste convient .que c’est un moyen pernicieux, dans la luxation en en bas , lorsque Ja tête de l'os du brasest sous l’aisselle. Cette réflexion, qui annulle-la critique, n’a point échappé à M. de Haller, qui , dans son Studium medicum , p.787, T. IL , en portant son jugement sur Ja thèse dont nous parlons, dit: Contra PETITUM yen laudat , etsi fateatur nocere in luxatione sub alam.

Enfin, dans le cinquième paragraphe de cette thèse, on répète dhlqhestunes des objectiëns déjà faites contre la moufle, qu'on appelle une machine cruelle, qui cause des tourmens horribles et qu’on ne peut exprimer : Usus machinæ musculos jam ultra quam par est distensos vi summd adhuc distendit , quod horrendis infandisque cruciatibus ægrotantem exercet. Nous avons fait sentir plus haut le ridicule de ces expressions exagérées.

M. Andry, en revenant ainsi à la. charge , ne risquait plus de se compromettre : il s'était toujours singulièrement attaché à décrier les bons ouvrages ; il n’avait pas même épargné ceux de ses propres confrères : MM. Hecquet , Lemery et autres savans médecins de la faculté de Paris ont eu à se plaindre de ses censures injustes. M. Hecquet dit, dans la préface de l'explication physique et mécanique des effets de la saignée et de la boïsson dans la cure des maladies , que , la matière de la. saignée étant peu du goût deM. Andry , ils’était occupé, dans le compte qu’il avait rendu d’une thèse. composée sur ce sujet , plutôt à divertir le lecteur qu’à linstruire ; qw'il s’est toujours déclaré peu équitable et inofficieux envers ses Gone ères. Ses douceursne sont guëre, ajoute M. Hecquet, que pour le mérite étranger : ille relève ou le flatte-alors; mais il le craint, ce semble , dans ses voisins, où. voudrait l’'obscurcir. M. Hecquêt ne put obtenir la pérmission de faire imprimer sa réponse : « On l’a refusée, dit-il, » commeàäun ouvrage plein d’invectives. Cette conduite sans doute » surprendra le public ; car où en sera-t-il si on l’abandonne à l'in- ‘». digne passion qé’aura un journaliste de plâäisanter sur tout, sans ». qu'il soit permis aux offensés de se défendre ? On ditpour toute rai- » son qu'on veut arrêter les invectives qu’on égrit contre lui ; mais -» pourquoi ne point commencer par arrêter les insultes qu'il fait à » tout le public? D'ailleurs il n’est point prouvé que ce soient des » invectives, à moins qu'on n’appelle ainsi des raisons qui sont moins vives encore que les railleries du journaliste ne sont insultantes ». . L'extrait de cette dispute pourrait être utilement ajouté aux conseils donnés à un journaliste par M. de Voltaire, Un de nos savans qui n’est pas moins respectable par sa modération que par ses profondes connaissances, M. de Mayran ancien secrétaire de l'Académie royale des sciences, qui n’ignore aucun des égards que méritent les

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