XL DISCOURS SUR LE TRAITÉ
morts , ne s’est pas cru dispensé de remuer les cendres de M. Andry en parlant , dans l'éloge de M. Lemery , de la contestation qu'il y eut entre ces deux médecins. Le portrait du journaliste , fait par une main aussi hàbile , passera à la postérité dans l'Histoire de l Académie royale des sciences, année 1743. La copie n’en sera point déplacée dans ce discours; les circonstances sont tout-à-fait semblables : M. Andry aeu, avec l’auteur du Traité des maladies des os , la même A era qu'il avai tenue avec M. Lemery :
« Il jouissait en paix dé sa réputation naissan(e, et il travaillait sérieusement à l'augmenter par son fpplication à l'étude et à la pratique, lorsqu'un médecin journaliste trop connu:par son esprit critique se déclara contre lui. M. Andry, car il serait inutile d'en taire le nom, attaqua le Traité des alimens par un de ces extraits où l'ironie règne d’un bout à l'autre , et qui, n’étant faits que pour divertir le lecteur oisif et malin ; sont aussi peu propres à l'instruire qu'à corriger l'auteur. Le nombre d’attentions triviales et de détails abjects en apparence sur lesquels il avait fallu ‘insister dans un semblable traité donnaient beau jeu à la plaisanterie. Mais que répondre à des censures de cette espèce quand on ra pas du temps à perdre en paroles? Comment soutenir ce genre d'escrime avec un homme qui tient en quelque sorte la plumé du public, et qui, par l'abus qu'il en fait , peut tous les jours lancer impunément ses traits contre nous, directement ou indirectement , dans une page , dans une ligne , dans un seul mot? » Je ne dispute’ point, disait le père Malebranche , avec des gens » qui font un livre toutes les semaines ou tous les mois ». | Les étrangers ne se sont pas laissé séduire par les bIMMAtloR des. ennemis de M. Petit. Ils ont vu dans son ouvrage des détails. raisonnés , et un ordre bien établi auquel se rapporteront naturellement tous les faits particuliers que la pratique de l'art pourra fournir. M. Heister a tiré de grands avantages du Traité de notre auteur pour les livres des luxations et des fractures publiés dans ses Institutions de chirufgie en 1739. IL loue M. Petit en beaucoup d’oc: casions ; il lui reproche d’avoir conseillé , dans l'appareil de la fracture du Got du fémur, le même bandage que pour la fracture du corps de cet os. La remarque est judicieuse : quand le col du fémur est cassé, l’on retient en place les parties de l’os divisé par le moyen des lacqs appliqués au-dessus du genou, et fixés au pied du lit, pour empêcher la cuisse d’être tirée en haut, et dese raccourcir par l'action des muscles; ét l’on soutient le tronc du malade couché à plat au moyen d’un “tacn qui embrasse la partie supérieure de la cuisse , et dont les chefs sont attachés au chevet du lit. La situation hotediiale empêchera que ce lacq ne supporte tout le poids du. corps, ce qui pourrait entamer la peau. J'ai vu un n ulcère très-profond, à une