‹ Œuvres complètesChapitre 29 sur 140 · DE. LA STRUCTURE DES FAR LÉSÉES · texte numérisé non relu

DE. LA STRUCTURE DES FAR LÉSÉES

Les idées dé QURR de la structure des Litres se peuvent tirer de l'espèce de Particulation, des ligamens , des muscles, des cartilages, de la synovie, des vaisseaux, des graisses, et même de la peau.

De Fe d Artiéulation,

Elle représente au chirurgien la forme et la figure naturelle de Farticulation , qui peut être par genou ou par charnière : par genou à grosse tête et cavité profonde, comme la cuisse avec les-os inno-, minés; ou bien par genou à grosse tête et cavité superficielle, comme los du bras avec l'omoplate : OU Par. genou à à petite tête et cavité superficielle, comme les jointures des premières phalanges des doigts avec les os du métacarpe ou du métatarse , et autres. ;

Les jointures par charnière sont à déte têtes et deux cavités, comme la jambe avec la cuisse ; ou trois têtes et trois cavités, comme l'avant-bras avec le bras, et autres!

De la nature des Ligamens.

Les ligamens des jointures sont de trois sortes, : les.uns ne servent que de tunique pour retenir la synovie, et l'empêcher de se répandre ailleurs que dans l'article; les autres servent de liens pour affermix les os ,-ou pour borner les mouvemens, comme les ligamens circulaires des jointures par genou, les .ligamens droits, obliques ou croisés des jointures par charnière, dont il sera parlé dans le particulier. Enfin la derniére espèce de ligamens comprend ceux qui dirigent les mOuvemMens , comme sont les ligamens demi-circulaires de la partie supérieure et de l'inférieure du rayon , celui du derrière de l’apophyse odontoide, et plusieurs autres.

De la disposition des Muscles.

Une. connaissance trés-nécéssaire au traitement des luxations c’est celle de la disposition des muscles qui servent aux mouvemens de Yarticle, de leur nombre, de jeur jorce ci de leur : situation ,. de leurs tendons et de leurs aponévroses. Il ne faut pas seulement connaître ceux qui son{ propres aux. mouvemens d'une articulation , mais encore ceux qui ne font qu'y passer pour s'insérer ailleurs ; ce qui est très-nécessaire à remarquer, comme on le verra dans la suite.

LUXATIONS EN GÉNÉRAL. 3 aù Lx Des Cartilages.….

Des cartilages, les uns couvrent ét rendent lisses et polies les têtes et les cavités des os ; d’autres en relévent les bords ; et il y en a qui, sans appartenir à aucun des os articulés, sont placés entre les deux ; on les nomme mitoyens : ce qui se remarque dans l articulation de la mâchoire inférieure, dans celle de la jambe avec la cuisse, du cubitus

avec le carpe, etc.

De la Synovie.

A l'égard & la synovie, on sait qu’elle découle par de petites glandes voisines des ligamens : c'est une liqueur un peu gluante , fort claire el transparente, qui tombe dans l'articulation pour en faci-

er le mouvement. Le superflu est repris par des conduits ou pores absorbans, de même que les larmes superflues sont reprises par les points laCrymAux : ; que la Iympbhe des ventricules du cerveau, conduite à la glande pituitaire par linfundibutum , y est absorbée ; de même enfin que la lymphe du péricarde, celle de la cavité de la poitrine, du bas-ventre et autres sont reprises par des conduits absorbans ain qu’elles ne se trouvent pas en plus grande quantité qu'il n’est nécessaire pour lubrifier ces parties, et leur donner la facilité de glisser et de se mouvoir les unes contre les autres.

Du passage des Vaisseaux.

On doit savoir quelle est la route des gros vaisseaux pour éviter de les comprimer, soit dans les extensions, soit dans l'application des bandages. Cette connaissance sert de plus, dans certains cas , à rendre raison des phénomènes , à fairé le pronostic, et So déterminer à tenter plus va ou plus tard la = ra |

De la Graisse.

1 graisse est aussi à observer pour la juste application des lacgs dans ceux qui ont, de l'embonpoint. Elle détermine même les remédes généraux et le choix d’un régime plus ou moins sévère.

De ta Peau.

A l'égard de la peau, il faut y considérer les plis, les bsätriées; plaies , ulcères, cautères , et les vices de conformation , comme les poireaux et autres excrescences, afin de les éviter, comme on le fera remarquer dans la suite.

Sur ce qui vient d’être dit on peut faire les URI RU PAPER

1° Les articulations par charnière se luxént difficilement, et leurs luxations sont presque toujours incomplètes , tant parce qu’elles ont plusieurs têtes et plusieurs cavités, ce qui fait qu’elles se touchent

4 TRAITÉ DES MALADIES DES Os.

par beaucoup de. surfaces ; que parce que leurs ligamens sont ce grand nombre, très-courts et très-forts.

20 Les 0$.joints par charnière ont leur mouvement borné à la flexion et à l'extension.

3°, Ceux qui sont joints par genon, n Paéat qu'une tête et ‘Une. Cav ité, se touchent respectivement par a à moins de SR FRR EE que les autres.

, 4 Les ligamens des jointures par genou sont plus läches, moins forts, moins nombreux, que ceux des articulations par charnière. 5° Les genoux ne sont point bornés dans’ léurs mouvemens,

puisque ; outre la flexion et l'extension, ils font l’adduction, l'abduction ét la rotation.

6° Les genoux sont toujours chefs , C'est-à-dire premiére articula= tion des membres, comme on le voit par l'articulation du bras, qui est la première de l'extrémité supérieure ; par celle du poignet, qui est la première des parties de la main, et par celle de la premiére phalange des doigts; la seconde et la troisième sont jointes par charnière. Il en est de même de l'extrémité inférieure, excepté la première articulation du pied, qui est une charnière, parce que le pied doit résister plus que la main pour soutenir le poids du Corps.

Les genoux, étant ainsi au chef des membres, sont plus sUSCEptibles de luxation , puisque, dans les’ coups et les chutes , l'effort s’y doit faire sentir plus qu’ailleurs.

1° Par cette raison, et par toutes celles que nous avons Tappor-. tées ci-dessus , il est démontré que les'os joints par genou. se luxent plus facilement que les os joints par charnière. :

8° On remarque aussi qu'ils souffrent presque toujours une trio complète, à la différence des charnières, qui ne se luxent que difficilement , et qui, par céla même, ne peuvent par des causes externes se luxer entièrement qu'il n’en-arrive de terribles accidens , souvent la perte de la partie, et la mort même, par la rupture des ligamens , des tendons, quelquefois des vaisseaux et des. tégumens. IL suffirait de considérer le long trajet que l'os joint par charnière est obligé de parcourir pour se luxer entiérement pour ne point S ’étonner des désordres que cause la luxation complète.

On observera-encore que , s'il n'arrive point ou que S'il n ’arrive que rarement de luxation incomplète aux os joints par genou, c’est parce que leurs têtes sont exactement rondes , et les bords de leurs cavités, fort étroits : delà vient que la tête, étant sur. le bord, n’appuie presque que sur un point, d’où elle glisse ; ce qui fait qu ’élle rentre quelquefois dans sa cavité, ou qu “elle se étte plus loin dans le voisinage.

Les auteurs disent cependant-que l'os de la cuisse et éclel du bras peuvent se Juxer plus ou moins :.cela ne doit pas toujours s’entendre,

LUXATIONS EN GÉNÉRAL. 5) d’une luxation incomplète, mais dune luxation complète, dans laquelle l'os entièrement sorti de sa cavité peut s'éloigner plus ou moins par la contraction des muscles, par la chute du mälade, par les mouvemens qu'il fait après sa chute, ou par les épreuves infructueuses de ceux qui ne sont pas versés dans. Ja théorie et dans la pratique de ces maladies. }

9° La disposition et la force des iuscles sert à rendre raison de la différente figure-que prennent les membres lorsqu'ils sont luxés, à connaître le lieu où s’est jetée la tête de l'os; elle indique les moyens faciles de la remettre dans sa place, et montre à disposer , placer et graduer les forces qu'on emploie pour les extensions, contre-extensions et conformations.

10° Il est utile d’avoir une idée juste de la forme et de la fièss des cartilages , particulièrement de ceux qui sont mitoyens , et de ceux | qui fgrment le rebord des cavités; parce que: ceux-là, peuvent se réplier dans le temps que l'on réduit Los, et qu'il faut éviter de renverser ceux-ci dans la cavité Joreq on y faitrentrer la tête de l'os luxé.

11° La connaissance de la synovie qui coule dans l'articulation n est pas moins utile :. on sait que cette liqueur, sert à faciliter le mouvement des jointures, de même que le vieux oing facilite celui des roues; et que, lorsque: cette liqueur s’accumule, se corrompt el s'épaissit, elle empêche le mouvement; quelquefois elle joint et soude, pour ainsi dire, les os, ce qui cause des ankyloses ; ou bien : elle les pousse et les Chasse hors de leurs cavités, ce qui fait des luxations fâcheuses ; souvent elle corrode et carie les cartilages, et même les os : d'où il arrive des dépôts suivis d'accidens très-fàcheux.

DES Dinétenéss DES LUXATIONS.

Nous tirons les espèces et différences des luxations de plusieurs choses ; savoir : de l’articuiation.de l'os, du Heu qu’il occupe étant luxé, des causes capables de le luxer , du temps qu’il y a que los est déplacé , et enfin des a 8 et accidens ut à RE Se Les luxations.

| De lespéce de l'Articulation. Mr

Les luxations arrivent, les unes aux. os joints, par genou, ;… les autres aux os. joints par charnière : auxquelles on, peut. ajouter les écartemens des sutures , le déplacement des dents » et la séparation ‘les, 08 joints par cartilage.

Du lieu que l'Os occupe BAant lé.

Les luxations sont où complètes quand Pos est tout--fait: sorti de sa cavité, ou incomplètes lorsqu’ il'est encore sur Le bord: Lorsqu'il ÿ

a plusieurs têtes et cayités, on nomme aussi les luxations incom-

plètes si l’une des têtesse loge dans la cavité voisine, comme lorsque

ie corfyle externe du fémur s’est glissé dans la cavité interne du tibia.

Par rapport au lieu , on peutdire.encore que la Jûxation est interne quand los est jeté en dedans ; qu’elle est externe quand il s’est jeté en dehors ; supérieure, “quand il s’est jeté en haut; et inférieure, quand los s’est jeté en bas: etl’on compose ces noms quand la situation est combinée , comme lorsque los luxé a suivi une diagonale qui l'approche écalerent de la partie interne et supérieure , ou interne et inférieure ; ainsi des autres.

Des Causes capables de luxer.

Les causes de luxations sont internes ou externes. «re f

Des luxations qui viennent de causes internes , les anes sont produites par la convulsion des muscles; les autres, par la faiblesse:

des ligamens ; d'autres, par la paralysie aidée de la pesanteur du

COS ou du membre seulement: d'autres, par les sérosités qui abreuvent et relächent les ligaments: Il y en a qui sont causées par la synovie qui chasse la tête de los de sa cavité ; d’autres , par le

gonflement de l'os même, comme on le voit dans les rachitiques ;. dans ceux qui habitent les lieux. marécageux, et dans ceux à au

travaillent sur le plomb, le mercure et dans les mines:

Des Maladies et déreriré qui. accompagnent les Luxations,

Les luxations sont dites simples si elles ne sont accompagnées d’aucunés maladies ni accidens ficheux ; on les appelle, composées s’il se rencontre plusieurs.os luxés ; et, si elles sont accompagnées d’apostèmes , plaies , ulcères, fractures: douleur insupportable , fièvre , insomnie, convulsion, paralysie , on les nomme Pad 22 gi

DES CAUSES De LUXATIONS.

ul faut nécessairement examiner les causes des luxations dontn nous avons parlé dans les différences ; nous commencerons par la première des causes internes, qui est la convulsion permanente.

Il est facile de concevoir que, si les muscles qui étendent une pärtie demeurent long-temps en contraction, ceux qui servent au mouvement opposé ne pouvant plus le tenir en équilibre, la tête de Pos doit se jeter du côté des muscles relàchés, et le membre doit être emporté du côté opposé par les muscles qui sont en ‘convulsion : c’est ce qu’on voit souvent dans les crampes.

La faiblesse des ligamens , la paralysie € et la pesanteur d’une partie sont de- puissantes causes de luxation : si, par exemple, les liga-

mens de la jointure de l’humérus avec l'épaule sont xslachéf ou que

| LUXATIONS EN GÉNÉRAL. : : ri

les muscles qui meuvent le bras soient paralytiques , la pesanteur de la partie fera sortir la tête de l'humérus hors de la cavité de lé paule , parce qu’alors les ligamens ne peuvent la retenir, et que les ' muscles n’ont plus la force de soutenir le bras.

Il faut remarquer que les ligamens des jointures servent, avec les muscles, à maintenir les os articulés , et qu'ils se succèdent dans cet office comme pour se délasser ; de bte que , si quelque sérosité épanchée abreuve et relâche les ligamens,on ne doit pas s'étonner qu’alorsies os se luxent , quoique les muscles ne soient point paralytiques, parce que ceux-ci ne sont point toujours en contraction, et que la pesanteur du membre agit toujours: De même, dans la paralysie, quoique les ligamens aient leur ‘élasticité naturelle , ïl arrive des luxations, parce que, la pesanteur du membre agissant ‘continuellement sur les ligamens, ils perdent bientôt nécessairement leur ressort.

L'amas de la synovie chasse les os de leur boîte ou cavité : cette liqueur, à mesure qu'elle s’'accumule, ‘éloigne peu à peu la tête de l'os de sa cavité, ce qui est cause de luxation, et souvent d’ank ylose.

Les luxations causées par le gonflement des têles et des cavités des os arrivént aux enfans attaqués du rachitis parce que, dans le même temps que les têtes grossissent, les cavités s’effacent par le même gonfiement, d'où vient qu'il n’ÿ a plus de proportion entre les unes et les autres, et que les os s ’éloignent et se luxent. Il arrive la même

chose aux luxationé des enfans par les efforts dans un accouchement laborieux.

Un eHtué ayant eu la cuisse démise par la matvaise manœuvre que fit une sage-femme en le tirant de la matrice par les pieds, on ne s’en aperçut que cinq ans après. On me consulta pour SaVOir mon avis sur ce qu’il faNait faire ; mon. sentiment fut que cette luxation était absolument incurable pour deux raisons : 4° à cause.de son ancienneté , les récentes d’un mois ou deux se guérissant quelquefois , - Mais étant im possible. d'en guéri ir une de cinq ans; 2° parce qu’en naissant toutes les parties osseuses sont si tendres qu’elles croissent promptement et avec facilité ; qu’en croissant elles acquièrent dela dureté, et ne conservent ou ne se donnent leur figure qu’en se moulant les unes sur les autres : ainsi la tête du fémur, après cinqans, n'avait plus sa figure ronde, et la cavité cotyloïde avait dû s *effacer, n'étant plus habitée ; de manière que ces deux parties, qui devaient croître enseaie n'ayant pu se moulér l’une à Pautre, et conserver les rapports que doivent avoir les pièces qui composent cette articulation ; il était impossible de les remettre dans leur état naturel.

Il est certain. que la tête du fémur s’est fait et s’est moulé elle-même une nouvelle habitation aux dépens des parties voisines du lieu étranger qu’elle occupe. On doit même penser que, si maintenant , par quelque chute violente, il arrivait que cette cuisse se déplaçât du lieu étranger où elle est, le chirurgien serait obligé de la remettre dans ce même lieu; car, quoiqu'étranger, cinq années d'habitation lui ont acquis le droit de dktarariré et la cavité cotyloïde, qui autrefois lui fut naturelle, lui serait pour lors une place étrangère.

Il n’est pas extraordinaire que .les efforts, les coups et les chutes fassent des luxations : on le voit tous les jours ; mais il n'en arrive presque jamais que les membres ne se trouvent éloigriés du a “ comme nous le ferons remarquer dans la suite.

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