DE LA LUXATION DE LA TÊTE
Aux côtés du trou occipital il y a deux LA qui sontrecus et emboités dans les cavités des deux apophyses obliques supérieures de la première vertèbre, ce qui forme un ginglyme à deux têtes et deux cavités , assujetties par des. ligamens courts, forts et croisés. Par cette articulation la. tête ne peut que se fléchir et s'étendre ; elle se tourne sur les côtés par le moyen de l'articulation de la prémière vertébre avec la seconde. Sept ou huit paires de: is Dre servent à exécuter tous ces mouvemens.
Le trou occipital, à côté duquel se trouvent les éuk état à qui font l'articulation de la tête avec la première vertébre du’ cou, est cette grande ouverture par laquelle sort la continuation de la moelle alongée, qui, passant dans tous les trous des vertèbres, forme la moelle de l'épine. Les nerfs accessoires et les artères vertébrales passent aussi par le trou occipi tal.
Il est presque impossible que la tête se luxe d'avec la première vértèbre. La deuxième vertèbre , la troisième et les autres se luxent plus facilement, parce qu’elles sont plus éloignées de la tête, et qu’il est clair que les vertèbres doivent se luxér d'autant plus, Méhiont qu’elles sont plus éloignées jusqu’à un certain point de la jointure della tête. D'ailleurs la jonction de la tête avec le cou ne se fait pas: seulement par le moyen de là premiére vertèbre : la seconde y est fortement attachée parun ligament qui part de Papophyse odontoide,, et s'insère à la partie antérieure du trou occipital. La premiére vertèbre se luxe aussi difficilement d'avec la seconde, à cause de l’apophyse odontoïde qui lui sert de borne , et qu elle est retenue et attachée par deux forts ligamens, : ‘Fun postérieur , qui empêche qu’elle ne se renverse en arrière; et l'autre qui la tient attachée avec: ‘la partie antérieure dutroa ocuipftal.
Des Causes de la Luxation de la téte.
1 n’ési pas nécessaire de s'étendre beaucoup sur les causes , parce que nous les avons détaillées fort au long dans le général ; je ne puis cependant m'empêcher de rapporter ici une histoire RARES qui. peut avoir quelque utilité :
Le fils unique d’un. ouvrier, âgé de six à sept ans, entra dans la boutique: d’un voisin ami de son père. En badinant avec cet enfant il lui mit une de ses mains sous le menton, et l’autre sur le derrière de la tête, puis l’éleva ainsi en: l'air en disant qu’il allait lui faire voir son grand-père (manière de parler basse: et populaire). À peine cet enfant eut-il perdu la terre qu’il se mutina en l'air, se disloqua la tête, et mourut à l'instant. Son père, qui, dans le moment, en: fut averti, transporté de colère, courut après son voisin, et, ne pouvant l’atteindre, lui jeta un marteau de sellier qu’il tenait à la main, ét lui enfonça: la partie tranchante de ce marteau dans ce qu'onnomnie la fossette du cou. En: coupant tous les muscles il pénétra l’espace qui se trouve entre la première et la seconde vertèbre du cou, et lui coupa la moelle de l’épine, ce qui le fit périr à l’heure même. Ainsices deux morts arrivèrent d’une façon presque semblable.
Cette ‘manière de badiner avec les: ane n’est que trop commune parmi les gens du bas peuple, parce qu’ils ne savent pas le danger auquel ils s’exposent. Peut-être aussi que l'enfant ne serait pas
mort s’il eût été plus tranquille; car je ne doute point que les mou vemerns qu'il se donna n'aient été une des principales causes de ke uxation de la tête!
Nous observons , dans presque tous les pendus , que la vrhiéré vertèbre du cou est entiérement séparée de la seconde: c’est peutêtre même la cause la plus propre et la plus puissante de leur mort. Cette observation me persuade que la tête et la première vertëbre dur cou’ se séparent très-difficilement, et que, presque toutes,les fois:
queHon croit la tèle luxée, ce n'est qu ‘une luxetion de la première ‘eine d'avec la seconde.
Des ans et du Pronostic de la Lusation de la tête.
LE signes sont apparens et très-funestes; ils ne. durent pas longtemps, puisque le malade meurt par la compression ou le déchirement du tronc de la moelle de l'épine si on ne réduit pas promptement cette luxation.
Ce la Cure de la Lusation de la téle.
I me semble qu’il n'est pas. impossible de réihiiéé une luxation de la tête, particulièrement si elle est incomplète.
La réduction se fait avec un lacq fendu par le milieu.
On passe la tête dans l'ouverture: du lacq, et on place les côtés de la fente, l’un sous le menton, et l'autre derrièére.la nuque du cou. ses chefs passent sur les oreilles, puis on les joint en manière d’anse sur le sommet de la tête, et on y applique les forcés qui doivent tirer. On a un autreacq plus long , et fendu de même : dans sa fente on passe la tête, faisant appliquer les deux côtés de la fente sur les épaules du malade , et les deux chefs, l’un le long de l’épine, et l’autre le long de la poitrine et du ventre. On lie ensemble les. deux chèfs entre les cuisses, à un pied au-dessous des parties génitales; et, dans l’anse de ce lacq, on en passe un autre que l’on attache à un point fixe. Alors, le malade étant couché sur le dos, on fait tirer le lacq supérieur avec les mains ou des machines pendant que le lacq inférieur résiste au point fixe qu’on lui a donné, ce qui fait extension et la contre-extension. Lorsqu’elles sont suffisantes, l'opérateur a soin de pousser la tête du côté convenable à la réduction.
L'appareil qu’on doit appliquer aprés la réduction consiste en une compresse figurée en croix et couverte d’un défensif. Deux de ses extrémités font le tour du cou; la troisième descend le long des vertèbres du cou jusqu’au dos , ct la quatrième monte et s’étend sur loccipital. Le tout est contenu avec une fronde à quatre chefs, dont deux font le tour du cou, et les deux autres celui-de la tête, en se réunissant au front : le centre de la fronde se trouve ainsi placé à la nuque. On fait coucher le malade sur le dos, la tête fort haute, appuyée sur un coussin creux dans son milieu, et relevé des bords pour appuyer les côtés de la tête, et servir comme de fanons.
On fait dé copieuses saignées de trois en trois heures, les pre- é mières du bras , les autres du pied, et on les répète plus ou moins, suivant la grandéur" du mal ét lés forces du malade. On fait user , dans les commencemens, des sucs de buglose, de bourrache, de: laitue : on en donne trot où quatre onces ,.de quatre heures. erk quatre heures , dans l'intervalle des bouillons , avec deux gros de
sirop des cinq racines. Lorsqu’ il né survient point de fiévre;" on donne l’infusion des vulnéraires de Suisse et des plantes céphaliques. On tient le ventre libre par des lavemens, et on fait CHA EN parfait silence au malade et aux assistans, * 71 + :