LUXATION DU POIGNET
flexion, parce que les fléchisseurs du poignet sont plus tendus que les extenseurs. — 5° LeS doigts sont étendus, et on ne peut les plier sans douleur , parce que la tête dés 05 luxés pousse et presse les tendons de rex tenseur commun et des quatre extenseurs propres. — 4° Quand: on veut étendre le poignét on fait beaucoup souffrir le malade, parce qu’on force le radial et le cubital internes , qui sont déjà fort tendus. — 80 Fi y a, ‘comme aux autres luxations du poignet, difficulté dans les mouvemens de pronation et de supination, et la douleur s'étend de même sur tout l’avant-bras jusqu'àux condyles.
. Les signes de la luxation de la seconde rangée des’ os du poignet sont à peu près les mêmes que ceux qui font distinguer les luxations des:os de la première rangée , à leur articulation avec le rayon. Les museles dont nous venons de parler, et qui, coudés el tendus par le déplacement des os, détermineht là mauvaise configuration de la. partie, passent également sur tés deux articulations; et vont s’attacher au-delà de la seconde ; d’où il suit que , à cet ésardl les déplacemens de l’une ou de l'autre articulation doivent avoir presque les mêmes symptômes ; ét, si du reste il y'a dans leurs signes quelques différences , elles sont si légères et si faciles à entrevoir que nous Se at di pas ra en sur ce sujet.
Du Pronostic de Luxation du Poignet.
La luxation du poignet est une des pi fâcheuses à cause ds la douleur extraordinaire, du gonflement , de l’inflammation , des abcès et des dépôts dematières glaireuses qui en sont la suite. Cette luxation est. d’ailleurs difficile à réduire ; la: cure -en est fort longue ; il reste souvent une. douleur périodique , une difficulté de mouvement et quelquefois ankylose. |
Onne sera point surpris des fâcheux sien qui accompagnent ou qui suivent les luxations du poignet si on se rappelle d’abord qu’il ne- passe sur cette jointure que des tendons , non-seulement ceux qui servent aux mouvemens de la main, mais encore ceux qui font mouvoir les doigts: Il ne s’y trouve point, comme au bras, à Vavant-bras, à la cuisse, ‘des muscles considérables ; dont le corps charnu peut résister à de plus grands efforts, et cependant avec beaucoup moins de douleur que ne le feront tous les tendons de la main , puisque Ja chair du muscle est infiniment moins sensible que le tissu des tendons. -
Toutes les fois qu'il arrive une détorse ou une hisatidrs au re les os ‘ne souffrent pas:seuls un déplacement : chaque tendon se trouve aussi comme déplacé ; ils sont tous forcément alongés ; leurs gaines sont éxtrêémement étendues et écartées ; les vaisseaux dé la synovie sont comprimés, ‘et serompent; ‘cette liqueurse dépose dans les gaines en plus grande abondance ; elle les distend, et comprime
les tendons de facon qu’ils ne peuvent y glisser sans beaucoup de difficulté et de douleur. La synovie s’amasse. aussi-dans l'articulation, se répand au voisinage, et dans la suite ou.elle s’épaissit,‘et rend l'articulation roide, produit-:même lankylose, ou bien, en se corrompant, elle cause des abcès très-difficiles à. guérir , fi qui se terminent ordinairement par des fistules avec carie. Enfin Ja vive douleur attire de fortes inflammations, suivies de dépôts , ettrès-souvent de gangrènes-dont on ne pen BIT ÉSeR les pregnes. me par Para putation. |
Ces accidens n arrivent sms on point drdindirenient lorstn on prend toutes les précautions pour: les prévenir. Tls'ne sont le plus souvent si considérables que par la mauvaise disposition du blessé, par son mauvais régime, et surtoùt par le mauvais traitément, lorsqu'on applique sur la partie dès médicamens gras. qui attirent Jinflammation, ou des remèdes trop spiritueux , qui épaississent Ia synovie, ou enfin lorsqu'on néglige de faire opera un me suffisant de saignées.
Le poignet se réduit avec assez de faclité rôveque la héx ation est incomplète, et qu’elle est à l'articulation de la première rangée des os du carpe avec.le rayon; mais, lorsque la luxation est à larticulation des os de la seconde rangée avec ceux de la premiére, la réduction est alors trés-difficile. Parmi ces luxations il y en a tiêlhe qu'on n’a jamais pu réduire, parce que, pour réussir dans les extensions , il faut que l’effort se fasse sur lés os mêmes qui sont luxés, et non sur les voisins : ‘or la première rangée n’a pas "assez détendue’ ‘pour pouvoir être saisie et embrassée par les mains où par les lacqs dont on se sert pour faire la contre-extension. On est obligé de tirer le bout inférieur des ‘os de Pavant-bras ; et, uné partie de l'effort se perdant dans l'articulation des os de la première rangée. (articulation qui, comme on a dit, est moins serrée que la seconde), le’ reste de la force n est plus suffisant pour éloigner les os de la seconde rangée de ceux de la première, pour les dégager et pour les replacer.
Quoique la réduction: soit bien faite, ‘il reste long-temps une difficulté de mouvoir le poignet et les doigts. La synovie a, pour ainsi dire, inondé tous les lieux où elle opérait avant de bons effets, autant par sa quantité: discrète que par sa qualité savonneuse. Cette liqueur, pour rentrer dans ses bornes, et reprendre les qualités qui lui sont nécessaires, a besoin d’un temps considérable: souvent même le-temps ne suffit pas pour rendre le mouvement des articulations facile’, et faire que les terions “ne ghee Ver pps. mere leurs gaines.
Il paraît aussi, long-temps même après la guérison, une diffore mité à l'endroit de l'articulation ; et surtout une élévation de Yéminence du’cubitus au poignet : ce: qui fait croire aux malades que 1a
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réduction n’a pas été bien faite ; mais cette difformité est une suité naturelle du mal, et ne demände qu'un plus long usage des remèdes. Ce n’est autre chose que le gonflement œdémateux des graisses qui couvrent le muscle carré jusqu’ à son attache au cubitus en passant sous le cubital interne; et la saillie de la tête du cubitus près du poignet n’est que l'éminence naturelle de cet os, qui paraît plus élevée tant parce qu’elle est un peu poussée en dehors par la synovie de son articulation avec le rayon que parcé que les enveloppes ligamenteuses qui la couvrent sont gonflées.
De la Cure de la Luxation du Poignet.
Puit faire les extensions et contre-extensions on placera quelqu'un de fort du côté de l’avant-bras, qu'il embrassera , avec les deux mains, à trois ou quatre travers de doigt de l’article. Un autre encore plus fort et plus intelligent embrassera le métacarpe le plus près du carpe qu'il pourra. Le chirurgien les fera tirer d’abord avec douceur, puis en-augmentant les forces par degrés, jusqu’à ce que l'extension soit suffisante. Le poignet se réduit quelquefois sans autre manœuvre; d’autres fois aussi il est nécessaire de faire des mouvemens pour faciliter la réduction. :
Dans ces cas on fait fixer solidement l’avant-bras par celui qui en est saisi ; et, si la luxation est du côté de la flexion, on ordonne à celui qui tire la main de la fléchir en la tirant, ét de pousser avec ses doigts le poignet du côté-de l'extension. Au contraire, si le poignet est luxé du côté de l'extension , les mouvemens doivent être OPposés , c’est-à-dire qu’on fait étendre Ta main en la tirant, et qu’on fait avec les pouces appuyer sur les os du poignet pour les jeter du côté de la flexion. Si la luxation est du côté du pouce, les extensions étant suffisantes, celui qui tire la main la tournera en dedans, et poussera les os du poignet en dehors. Enfin, si la luxation est du côté du petit doigt, la personne qui tient la main. la tournéra en dehors, et déterminera les os du poignet à se porter du côté du pouce. Le chirurgien aura toujours ses deux mains sur l'articulation pour diriger ces différens mouvemens , et conduire les os dans leur cavité.
- Après la réduction on appliquera une compresse roulée; on passera le pouce dans louverture pratiquée à l’une de ses extrémités G et on la fera circuler autour du poignet, de façon qu'elle couvre la partie inférieure de lavant-bras et une grande partie de la main. On emploiera ensuite une bande longue de deux auneset demie, et large de deux travers de doigt, avec laquelle on décrira yn 8 dé chiffre en spica, faisant en sorte que le croisé se trouve toujours précisément sur l'endroit œu’oceupait l'os déplacé , soit du côté de l'extension, de laflexion, de l’abductionou de l’adduction. On fera, avec le reste de celte bande, des circuläires au-dessus et au-dessous
de Far ticulation. On remplira la paume de la main avec une pelotte de linge mollette , puis on mettra sur la main une compresse, dont deux chefs passeront au-dessus du pouce, et les déux autres Couvriront {ous les doigts, et: retiendront la pelotte. Le tout sera maintenu par une bande qui aura seulement une aune et démie de. longueur et deux grands travers de doigt de large. Toutes ces compresses et ces bandes seront trempées dans de bonne eau-de-vie aromatique ou camphrée, ÆEnfin on mettra le bras dans une écharpe, qu’on placera comme il a été décrit dans le chapitre de la Luxation du bras. L
I n’est point de luxation dans laquelle le régime, les saignées ef les remèdes généraux soient plus nécessaires. que dans celle-ci pour prévenir les accidens. Une faute cependant dans laquelle tombent ceux qui n’ont pas assez pratiqué c'est. de ne, point faire d’abord d’abondantes. saignées. Ils-.croient qu’il ne:.faut pas, saigner si, la. fièvre, la douleur ou linflammation actuelle ne l’exigent; mais ils ne font pas réflexion que, quand la réduction de l'os est faite, les accidens peuvent cesser sans que les causes prochaines RP LEAVE "OR mation, de la fièvre.et du retour des douleurs soient détruites.
Les tendons et leurs gaînes ayant plus souffert à proportion.que le reste de l'articulation, la synovie s’élant répandue dans ces.gaines en grande quantité, les conduits ou.pores qui servent à absorber; cette liqueur ne pouvant plus la repomper à cause de leur gonflement, on voit que, sans attendre.les douleurs, il faut saigner pour. désemplir les vaisseaux sanguins qui arrosent PAR des tendons. et les autres parties de la jointure, et faire ainsi que les.artères moins pleines fournissent moins de synovie, et que les veines dés-. emplies' puissent.la recevoir plus aisément des vaisseaux lymphatiques. Il est assez facile de préveair par lila grandeur des accidens; mais, si, dans les premiers instans; on a négligé la saignée, Joe! qu'ensuite les symplômes viennent à paraître ; on ne, peut trèssouvent les dompter. |