‹ Œuvres complètesChapitre 48 sur 140 · RER · texte numérisé non relu

RER

+ L'ARTICULATION de los de la cuisse avec les os des hanches se fait:par genou. La tête du fémur est très-grosse, et la cavité de l'ischion fort profonde. Elles sont l’une et l’autre revêtues d’un cartilage poli , excepté cependant aux endroits où il n’y a point de frottement, c’est-à-dire aux attaches d’un ligament qui se trouve dans l'intérieur de l’article, et qui s’insére à la tête du fémur, un peu au-dessous ‘du milieu, ét prend: origine de la partie éxcentrale et inférieure de la cavité cotyloïde, où se trouve un enfoncement pour loger les glandes synoviales. Des rebords cartilagineux s'élèvent à la circonférence de la boîte de l’ischion , où s’attache aussi un ligament capsulaire ‘trés-fort, qui se teriiné au col du fémur. La cavité cotyloïde est plus profonde en haut et en arrière qu’ en bas et en devant. Elle a, par sa partie inférieure, une échancrure fermée par un ligament sous lequél passent les vaisseaux qui portent la nourritüré au ligament intérieur connu sous le nom de ligament rond, aux glandes synoviales et aux autres parties de l'article. QU dessous et à côté de cette échancrure se trouve en devant ou en dedans le grand trou ovale, qui est bouché par un ligament et par ‘Îles deux'muscles ébiirdtétrs:

Les muscles qui meuvent cette jointure sont de tous les plus forts, particulièrement les fessiers, qui portent la cuisse en arrière et en dehors. Le triceps, qui la tire en dedans, est aussi fort considérable ; et, si le psoas, l'iliaque et le sect, n’ont pas tant de force en apparence, on peut regarder leur Situation et leur passage sur los pubis comme une espèce de supplément au moyen duquel ils plient

-la cuisse avec beaucoup de vigueur. Les muscles carrés ;, piriformes, obturateurs et jumeaux ont aussi beaucoup de force, non-seulement parce qu’ils sont avantageusement situés , mais encore parce que, leur masse charnue forme plusieurs muscles, qui sont courts.

De toutes.les jonctions par genou celle de la cuisse se luxe le, plus difficilement. 1° La tête du fémur est trés-grosse, et la cavité, de l'ischion. est très-profonde. — 9° Il n’y a point de jointures qui soient.couvertes d’un aussi grand nombre de muscles ni de muscles aussi forts. que ceux qui. défendent l'articulation de la cuisse, et résistent aux efforts qui seraient capables de la luxer. — 3° La capsule ligamenteuse, qui est très-forte, et qui tient même de la nature du cartilage, embrasse exactement la tête jusque dans sa partie étroite, c’est-à-dire, jusqu’au-dessous de l’axe de cette tête, du côté qui regarde le cou; ce qui, comme-on le sent assez, affermit beaucoup l'articulation, et rendla luxation, extrêmement difficile. — 4° Le ligament rond s'oppose à l’éloignement de l'os, non à la vérité dans tous les sens, parce qu’il n’est pas attaché précisément dans le plus profond de là cavité ni au milieu de la tête, mais du moins, Comme on va le faire observer, résiste-t-il à plusieurs espèces de luxations. — 5° Enfin, par cela seul que la cuisse n’a pas un mouvement si libre ni si étendu que le bras, celui-ci, comme nous l'avons dit plus d’une fois, doit se luxer plus aisément, parce que les articulations dont le mouvement est plus grand et né facile sont à proportion moins serrées que les autres.

Des différentes Espèces de Luxations: de la Ole

La cuisse se luxe en haut et en dedans, en haut et en dehors, en bas et en dedans, en bas et en dehors.

La luxation en bas et en dedans est la plus facile , {a parce que la cavité de l’ischion est moins creuse de ce côté-là, et qu'il s’y trouve une échancrure qui, n'étant formée que par un ligament, laisse, : pour ainsi dire, une brèche qui facilite la sortie de l'os de la cuisse: du côté du trou ovalaire. — 2:Le ligament rond se trouvant plus proche du bord de la cavité du côté interne, la tête de los peut s'éloigner plus de ce côté que. des autres sans que le ligament s’y oppose. — 3° Les muscles qui pourraient s’opposer à la luxation en: bas et en dedans sont les moins capables de résister; de sorte que, pour luxer l'os de ce côté, les efforts ont moins d'obstagles à vaincre.

Par des raisons contraires la luxation doit arriver plus rarement en haut. 1° Les bords de la cavité y sont plus élevés. — 2° L’os né peut être luxé de ce côté que le ligament rond ne soit: rompu, et que. par conséquent: l'effort ne soit trés-violent; car, sil était médiocre ; ce ligament, capable d’une certaine résistance, pourrait empêcher l'éloignement de la tête. de l'os. — 3° Enfin. es muscles les plus puissans s opposent. à cette luxation..

La luxation en haut et en-dehors est:encore plus difficile que la: luxation en. haut et.en dedans, 1° parce que l'élévation du bord de la cavité est plus considérable en dehors, et forme même un rem-

part presque invincible ; Bo parce ‘que trois muscles dés plus forts, le grand, le moyen et le petit fessier, font, de ce côlé, à l'égard de la tête du fémur, ce que Je delloïde fait, par en haut, à l'égard de celle de NE ESS st «

La luxätion enbas et en arrière est la plus difficile de {outés , parce que les muscles fendent toujours à à tirer la cuisse en haut et en déhors x et que d’ailleurs le rebord de la cavité n’a point de brèche de ce côtélà comme il en a une en dedans. Je pense même qu'il n'y a point d’ autres luxations en bas que celles qui se font en dedans ; et il me. semble impossible que la tête du fémur reste fixée sur los Lébion de façon à résister à la contraction des muscles qui tirent en haut, comme elle y résiste lorsque, jetée en dedans : elle S’ engage el se loge dans le trou ovalaire.

Des Signes de la Luxation de la Cuisse.

Les signes qui font connaître que la cuisse est. luxéé en haut et en dedans Sont : 4° la tumeur que la tête du fémur forme sur le pubis. — 2° La cuisse est plus courte, parce que la tête du fémur est montée audessus de la cavité de l’ischion. —3°'Le grand trochanter et le pli de la fesse sont, par la même raison , rebaussés : la fesse est de plus aplatie, parce que l'os de là cuisse, porté en devant, en soutient moins la rondeur , et que les musc fes qui s’attachent postérieurement au grand trochanter sont un peu tirés. — ke Le genou et Je pied sont un peu tournés en dehors , parce que les obturateurssont tendus. — 5 La cuisse ést un peu étendus ou portée en arrière , parce que. Tes muscles fessiers sont en contraction , et que le psoas, l’iliaque et le péctinéus sont relàchés.—6° La cuisse ne peut être fléchie sans de grandes douleurs, parce qu ’alors les muscles fessiers sont trop tendus , et aussi à cause de la compression que souffrent les parties sur lesquelles appuie la tête du fémur. —"7° La cuisse et toute l'extrémité inférieure se g confle et s’'engourdit, parce que les troncs de veines, d'artères et dencris qui s’y distribuent sont comprimés par la tête de l'os. Le scrotum se tuméfie aussi, tant par une suite du gonflement des parties Yoisines que par la gène que souffrent les vaisseaux spermatiques. |

, Lorsque la luxation est en haut et en dehors, on le connaît {° par l'éminence. ou la bosse. que fait en cet endroit l'os déplacé.—2 La cuisse. est plus courte , cel le plide Ja fesse est SR haut, parce que

AE

que le triceps est ér contraction. — 4° La cuisse ne peut être ue

en dehors sans douleur, parce qu’alors on étend trop le {riceps , et on soulage en portant Et cüisse en dedans, parce qu’on relâche ce muscle. — 5° Le bout du pied appuie à terre, parce que, la cuisse

étant raccoutcie, le‘malade tâche de suppléer au défaut de longueur en étendant le pied.— 6° On sent, depuisle pubis jusqu'à la partie moyenne de la cuisse, une espèce de corde tendue, ce qui n’est autre chose que les différentes têtes du. triceps , qui sont réellement dans une grande tension.

Les signes de la luxation en bas el en dedans sont : 1° une fumeur qu’ on trouve au-dessous de laine, et qui est formée par la tête du fémur, placée sur le trou ovalaire, qui fait une espèce de cavité dans laquelle los de la cuisse, jeté en dedans, est plus disposé à à se loger qu’en tout autre endroit. 29e La cuisse maladé est plus longue que la saine, parce que, le trou ovalaire sur lequel appuie la tête de l'os est plus Das que la cavité de l'ischion. —3° Le pli de la fesse est, par la même raison, plus bas du côté luxé que de l'autre ; la fesse paraît de plus creuse, où du moins aplatie, tant parce que le grand trochanter qui suit le déplacement de la tête du fémur est jeté en devant, et ne fait plus en dehors son éminence naturelle, que parce que, par l éloignement du vrand trochanter, les muscles de la fesse sont étendus, el par conséquent. aplatis.— 4° Le pied et le genou sont tournés en dehors, parce que la cuisse luxée en dedans est tirée du côté opposé par es muscles fessiers. — 5° La cuisse ne peut êlre portée en dedans sans douleur, parce qu’alors on force les muscles fessiers , qui sont tendus, et en contraction: d’ailléurs la tête du fémur appuie rudement sur le muscle obturateur externe , ce qui le meurtrit, et augmente la douleur. Ge Quand on met 1e malade debout, l'extrémité inférieure du côté luxé, étant plus longue que celle du côté opposé, ne peut lui devenir égale que par la flexion du genou ; et, sile malade veut étendre la jambe ,.il faut qu’il la porte en devant ou la jette À côté. — 7° Le malade marche, pour ainsi dire, en fauchant ; et cela parce que la cuisse saine ne peut soutenir le COrps assez élevé pour que l'extrémité luxée cesse de. toucher à terre , et que la jambe étendue puisse être portée directement en avant; ce qui serait nécessaire pour rendre la progression facile. Le malade est donc obligé de jeter en dehors.la cuisse luxée..enfaisant décrire un demi-cercle au pied pour le passer aisément devant. l’autre. — ‘85 Le malade appuie la pointe du pied tout à la fois eten même temps depuis les orteils jusqu’au talon , parce que toute l'extrémité inférieure , déjà trop longue, le deviendrait encore davantage si le bout du pied. ou le talon posait d’abord à terre. C’est pour-cette raison que ceux qui ont une paralysie des fléchisseurs du pied marchent ‘encore plus difficilement , parce que, pour poser à: plat leur pied ,

qui pend et traîne à {erre , ils sont obligés de jeter beaucoup. la jambe en. dehors.

Du-Pronostic de la Luæation de la. Cuisse.

Toutes les luxations de Ja cuisse sont dangereuses ; mais toutes n'ont pas le même danger. La moins ficheuse est celle qui se fait en bas, et dans laquelle la tête de l'os est logée sur le trou ovalaire : elle est ‘cependant quelquefois plus difficile à réduire que les autres ; mais , lors même qu’on n’a pu en faire la réduction, lé malade souvent ne laisse pas de marcher ; et au contraire il Tu est presque toujours impossible de se soutenir sur sa cuisse lorsqu'on n’a point réduit les autres luxations. Quand j'avance que le malade peut marcher dans le cas où la tête du fémur est placée sur le trou ovaaire, je ne dis pas que ce soit d’abord ni avec autant de facilité que si l'os était dans sa cavité naturelle. En effet le mälade boite nécessairement , et a tous les accidens d’une cuisse luxée, exceplé cependant la douleur, qui cesse après un certain temps.

La facilité de marcher vient de ce que l’os de la cuisse s ’aécommode si bien au trou ovalaire que, par succession de temps, il s’y meut presque aussi aisément qu’il sé mouvait dans sa cavité naturelle. On a même vu quelquefois qu'il s était formé, aux environs du {trou ovalaire, des rebords aussi fermes et aussi élevés que ceux de la cavité cotyloïde; et ceci justifie ce que j'ai dit dans le premier chapitre, au sujet de la luxation compliquée de fracture, lorsque j'ai proposé de faire la réduction de los luxé après l’affermissement du cal, et la parfaite consolidation de l'endroit de la fracture. Si la tête du fémur peut se former une cavité proportionnée à sa figure dans un lieu où elle n’a jamais été, et où elle doit être considérée comme un COrps étranger , à plus forte raison un os pourra-t-il. se replacer dans une cavité qu’il a déjà habitée, et dont, pendant l’espace de quelques mois; la figure naturelle ne peut avoir considérablement changé.

Lorsque la cuisse est luxée en haut, la guérison est difficile et incertaine, quoique la réduction ait été bien faite, ce qui vient de ce que le ligamenit rond souffre nécessairement rupture dans ces sortes de luxations, et de ce que la réunion ne s’en fait pas toujours, quelque précaution qu'on prenne pour la procurer. La plus dangereuse de toutes les luxations de la cuisse est celle qui se fait sur los

: pubis, parce que, la tête dü fémur comprimant les vaisseaux cruraux, ilen arrive de grands accidens ; comme on l’a dit en RAP tant les signes.

Lorsque la luxation oxHivé long-temps après une chute sur le grand trochanter, on ne doit point, dans ce cas, en espérer la guérison. Je n’en dirai pas ici davantage de cette espèce de luxation, dont aucun auteur, que je sache, n’a encore écrit. Mais, comme il me paraît important dela traiter à fond, j'en ferai un article séparé à la fin de ce chapitre.

: LUXATION DE LA CUISSE. 85 Dé la Cure de la RATES la Cuisse.

Pour réduire la cuisse luxée, en quelque endroit que la tête du fémur soit placée, il faut toujours faire lextension et la contreextension, puis conduire l'os en sa place (1). Pour exécuter ces opérations'on ne se sert pas d’un aussi grand nombre de moyens qu’à la luxation du bras. Les séuls qu'on emploie pour la réduction de la cuisse sont : les mains , les lacqs ‘et les moufles simples , aukquels j'ajouterai la machine que j'ai ci-dessus décrite.

Lés mains sont ici moins suffisantes qu'ailleurs, non-seulement parce que les parties, étant beaucoup ‘plus grosses, ne peuvent être fermement saisies par les mains des aides, mais encore parce que, les muscles de la cuisse étant considérablement plus forts, il est nécessaire que la force des extensions soit aussi beaucoup plus grande pour vaincre leur résistance, et approcher assez los luxé pour le mettre au niveau de la cavité dans laquelle on doit le replacer.

A l'égard des lacqs, l'un sert à faire l'extension, et on l’applique à la partie inférieure de la cuisse, immédiatement au-dessus des condyles du fémur. L'autre est un lacq non serré, avec lequel on retient le corps, et qui doit être placé dans laine de facon qu'un des chefs passe sous la fesse , et l’autre sur le côté du ventre. On réunit ces deux chefs à tréatré doigts au-dessus de la crête de los des îles, et l’on fait, en cet endroit, tirer le lacq par quelqu'un de . fort; ou bien l’on passe dans l’anse un autre lien capable de résister, et qu'on arrête à un point fixe. On peut ainsi, au moyen des lacqs, faire les extensions, ou avec les mains, ou en se servant des moufles.

Soit qu'on tente de réduire la cuisse par cette manœuvre, soit qu'on fasse usage de ma machine, il faut observer trois choses. Premiérement le malade doit être couché sur le côté opposé à la luxation ; en second lieu il faut que la jambe soit fléchie ; enfin le chirurgien toujours attentif au produit des extensions, doit donner à propos les différens tours de main nécessaires, selon les espèces de luxations.

Pour se servir de là machine proposée acitontilt ne doit point être fendu: ou du moins il ne faut pas que la cuisse soit, comme le bras, passée dans la fente de ce lacq. Il suffit qu'une des bandes qui font la boutonnière appuie solidement par son milieu ‘sur la tubérosité de l’ischion de facon que les deux extrémités où sont les gaines dans lesquelles doivent entrer les bouts des branches de la machine passent, l’une par-devant , et l’autre par-derrière ; Ja machine sera ainsi placée entre les deux cuisses. On attachera le lacq de la cuisse au cordon de Ja moufle Pose et on procédera du reste

(4) Voyez les remarques ci-après, pag. 88.

S6 TRAITÉ DES MALADIES DES OS. à

comme: il a été saphiqués fort au long au sujet de la réduction du bras.

Si la çuisse.est luxée en haut'et en dedans 1€ ’est-à-dire sur l'os pubis ; le bout inférieur de la machine doit être porté un peu en arrière quand on commence Fextension : et il faut lé rapprocher en devant quand on croit que l'extension est suffisante. Au contraire , si la cuisse est luxée en haut et en: dehors , il fauéra, en commencant l'extension , porter le bout de la fhchinié en devant ; etle repousser en arrière lorsque les muscles paraîtront suffisamment alongés.Ee chirurgien agira en même témps de ses mains pour conduire la tête de l'os, et la déterminer à rentrer dans sa boîte. Si, pour les extensions ; on suit la méthode ordinaire , il faut de même faciliter la réduction en faisant faire à la cuisse des mouvemens semblables à ceux qu'on lui donne lorsqu'on porte l'extrémité de la machine soit en devant, soit en arrière.

IL est souvent fort difficile ; comme on l’a déjà dit, de réduire Ja cuisse luxée en bas et en AeñATA sur le trou ovalaire. Les extensions cependant ne doivent être que très-légères , c’est-à-dire qu'il ne faut pas alonger considérablement le membre , puisque , loin d’être raccourci , il est au contraire trop long ; mais, quoiqu ’il s'agisse Seulement de dégager un peu la tête de l'os ; ce n’est qu'avec beaucoup de peine qu’on peut faire cette extension , parce que les muscles les plus forts sont tendus, et qu’ils le sont même presque tous, l'os appuyant sur un éñdrôtt plus bas que sa cavité naturelle. L'extension doit durer jusqu’à ce que la tête de l'os ait été ramenée vis-à-vis la cavité cotyloïde, parce que, si, avant que l'os y fût parvenu ; on cessait de résister à la contraction des muscles, il arriverait de nouveau que , par cette même contraction, la tête du fémur serait appuyée fortement vers le bord de la cavité, et ne pourrait se glisser dedans ; de sorte qu’on serait obligé de recommencer les extensions.

Pour faire cette réduction , les lacqs étant disposés comme pour les autres luxations , on prend une serviette, Gont on noue ensemble deux angles pour en former une anse, däns laquelle on passe la cuisse jusqu’à laine. Le chirurgien, pendant les extensions, fait tirer en dehors cette serviette, et en même temps il pèse sur le condyle ex terne du fémur , qu il porte en dedans. Par cette manœuvre il dégage la tête de l'os ju ue ovalaire, et la replace dans sa cavité.

Pour réduire avec facilité, Ja cuisse luxée en bas. et en dedans j j'ai que aux branches de la machine deux espèces de croissans, dont

l'un appuie sur l'os des îles, et l'autre sur la partie moyenne ‘de la cuisse, Je passe de même une serviette dans laine, jen attache l’anse au cordon de la moufle mobile, et je tourne Ja manivelle. Par là je fais trois efforts différens : le croissant supérieur arc-boute contre l'os de la hanche ; l'inférieur pousse le bas de la cuisse en

dedans ; la serviette tire le haut du fémur en: dehors; et, par le concours de ces trois mouvemens , la réduction se fait presque toujours sans peine, el sans sjau il soit pere Hi de med d’autres extensions.

Sije n'ai point AT de signes pour distinguer js intation en bas et en dehors , C’est parce que je ne l'ai jamais vue, et qu’elle me semble même impossible ,'si ce n’est dans le cas-de a paralysie des muscles qui peuvent tirer en haut la tête du fémur. Au reste , dans cette supposition, on sent quels pourraient être les signes de cette luxation. Pour en faire. la réduction il ne serait pas besoin qu’on fit d'extension ; il faudrait seulement que le chirurgien appuyât une de ses mains sur la partie interne du genou , et l'autre sur la-partie inférieure et externe. de la jambe fléchie , et qu’il fit une espèce de bascule , qui retournerait la tête de l'os, et la conduirait dans sa cavité ; mais cette réduction serait peu avantageuse si l'on ne remédiait à a paralysie ; puisque, tant qu’elle subsisterait, Pos sur ait aisément sortir de sa cavité.

Supposé , que la luxation fût incomplète, ce que nous avons dit être extrêmement difficile, les extensions seraient ionilrs: : et, si la tête de l'os était en one sur le bord de la cavité , il suffirait d' appliquer une main sur la partie interne et supérieure de la cuisse pour tirer en dehors le haut du fémur , tandis que, avec l'autre main, on.pousserait en dedans Ja partie inférieure de cet os. Si la tête du fémur était sur le-bord de la cavité én dehors, on la ferait rentrer en appuyant d’une main sur le grand trochanter, et en tirant avec l’autre, le bas de la cuisse en Gehors. On dirigerait aussi la tête de l'os de: haut: en bas ou de bas en haut, selon a elle serait au-dessus ou au-dessous de la cavité. v!

Quand la réduction est faite, on applique une compresse nliée en huit doubles , et assez longue et large pour entourer toute Particulation de la cuisse. .On fait un spica avec. une bande qui: doit avoir quatre travers de doigt de large et cinq aunes de long. Une compresse soutenue par quelques tours de bande doit couvrir lendroit où. ont.été posés les lacqs, et on trempe tout Pappareil dans de-l'eaude-vie aromatique. Le malade garde.le.lit; on. lui fait, observer la diète,.et on le saigne proportionnellement aux accidens. Les luxations.en haut exigent qu’on applique des appareils plus. serrés , :f qu'on fasse garder le repos beaucoup plus exactement qu'après les autres luxations ; et cela à cause de Ja rupture du.ligament rond ,

dont la réunion se fait difficilement, et demande un. RRIpE considérable.

ds. . TRAITÉ DES MALADIES DES OS.

Remarques sur la Cure de la Luxation de la Cuisse..

En examinant avec réflexion les principes généraux que M. Petit a donnés sur les extensions, Îles contre-extensions , et l'usage des lacgs et des machines qu’il croyait. convenables à la réduction des luxations, et en donnant là même attention aux préceptes particuliers relatifs à chaque espèce, on voit que ce célèbre praticien y a considéré le déplacement des os par abstraction, et qu'il n'a eu; dans l'emploi recommandé de ces différens moyens, aucun égard aux muscles qui supportaient l'effort dés lacqs, et à l’action involontaire que l'impression des lacqs excitait en-eux. Il n'y a point de machine qui n’ait beaucoup plus de force qu'il n’en faut pour vaincre la résistance naturelle des muscles : c’est néanmoins à leur résistance qu'on attribue avec raison la difficulté qu’on rencontre si souvent à réduire les luxations. L'on ne s’est aperçu que depuis très-peu de temps que les plus grands efforts faits par des hommes robustes où par des moufles étaient éludés par le défaut même du procédé qu’on suivait dans l'application peu réfléchie des forces extensives et contre-extensives. La chirurgie doit donc proscrire les anciens préceptes , par lesquels la puissance motrice des musclés exposés à l'impression. des lacqs était déterminée à une action directement opposée aux vues de l'art.

S'agit-il de réduire la cuisse luxée ou fracturée, on appliqué les liens à la partie inférieure du fémur, au-dessus des condyles; tous les muscles qui font mouvoir la jambe sont excités par là à une contraction convulsive qui s'oppose à l’effet des extensions, et qui les rend toujours laborieuses , souvent inutiles, et quelquefois fort dangereuses. Les muscles qui ont des attaches supérieurement à l'os innominé , tels que le grêle antérieur , le couturier , le grêle interne, le biceps, le demi-nerveux et le demi-membraneux, sont tiraillés: douloureusement par ‘le mouvement de lextension avant qu'elle agisse sur los. La contraction convulsive qui y est excitée oppose une résistance souvent invincible à la force dont l'effet devrait être de les alonger. M. Petit dit positivement, en parlant des. luxations en général, qu’un des signes qui mänifestent lé bon effet des extensions «est l’alongement des muscles. Comment, dans la luxation du bras par exemple, pourrait-on alonger le membre pour dégager la tête de los; lorsque, d’une part, on excite par. les lacqs appliqués à la partie inférieure du bras la contraction des muscles biceps et des:extenseurs de lavant-bras, qui ont des attaches supérieurement à l’omoplate, et que le lacq destiné à la contre-extension refoule avec violence vers le haut les muscles grand pectoral.et grand dorsal, prés de leur insertion à l'os du bras; tandis qu'il faudrait permettre à ces muscles de s'alonger, et d’obéir aux forces extensives qui doivent les amener en bas dans une direction contraire. Plus

l’extension aura de puissance, plus le grand dorsal et le grand pectoral repoussés par. la contre-extension:s "opposer ont au succès; des tentatives portées trop loin exposeraient-même leurs attaches à lhumérus à une rupture très-fâcheuse: par: les accidens qui en résulteraient.

On ne peut laisser trop de liberté aux: RUES qui couvrent la partie où est le désordre qu’on se propose de réparer : ainsi le point d'appui principal des forces: extensives, pour la réduction de la cuisse, : doit être à la partie inférieure de la jambe au-dessus des

malléoles; et, pour celle du bras, au-dessus du poignet. Avec cette attention il sera possible d'alonger le membre autant qu’on le jugera à propos, sans éprouver aucune résistance de la part des muscles. M. Dupony, membre de l’Académie royale de chirurgie, a réduit, au moyen de cette précaution, avec facilité et promptitude, :des luxations qui avaient résisté à des efforts considérables: faits à différentes reprises avec peu de ménagement,.

Il ne suffit pas de mettre les ut de la partie à l'abri de l'irritation et de la douleur qu'ils souffraient de l'action des lacgs, il faut

avoir encore la plus grande attention de donner au membre une situation telle que les muscles tendus contre l’ordre naturel, à raison du chemin qu’a parcouru la tête de l'os déplacé, soient dans le plus grand relâchement qu'on peut leur procurer : par exemple, dans la luxation de la tête de l’humérus, si Pavant-bras est dans la plus grande pronation, le sous-épineux ef le petit rond souffrent un tiraillement douloureux ; il ne faut pas procéder à l'extension du membre dans cette position; ces muscles en seraient fort fatigués , et on les exposerait à des divulsions fâcheuses. Le chirurgien qui aura les connaissances myologiques bien présentes fera d'abord faire à l'os du bras un mouvement de demi-rotation de dedans en dehors pour relâcher les muscles sous-épineux et petit rond ; ils en recevront un grand soulagement, qui permettra lextension nécessaire sans crainte d'augmenter les tiraillemens qui $ ‘opposeraient au succès de ce procédé.

M. Favre, professeur royal ré pathologie aux écoles de chirurgie, et membre ‘de l'Académie, y a lu, en 1763, un mémoire confirmatif de la doctrine de M. Dupony. Il convient. qu il faut mettre la partie dans la situation qui approche le plus de la naturelle afin que les muscles soient dans un état de relâchement à peu près égal ; il adopte les extensions faites de loin, et qui n’apportent aucune gêne aux muscles de la partie; mais il étend ses attentions sur un point très-important, C’est l'application des forces contre-extensives. La principale difficulté des réductions lui paraît venir de la manière dont on fait ordinairement la contre-extension. Il est prescrit d'appliquer à la partie interne de ia cuisse malade un lacq qui passe antérieurement dans le pli de lame, et postérieurement

sur la fesse du même côté :' les extrémités réunies de ce lacq sont attachées à un point fixe, ou tiréés par un homme très-fort : or il est certain que, par la disposition de. ce lacq, aui agit sur deux branches du muscle triceps, dont les attaches fixes sont à l'os pubis, et les mobiles au fémur, les forces combinées de l'extension et de la contre-extension tendent: moins à faire descéndre l'os de la cuisse -en bas qu'à déchirer où rompre les fibres dé ce muscle du côté de ses attaches au fémur. ;

a sir ugture des parties présente, au premier coup d'œil, la raïson des difficultés et de L'iipossibilité qu'on a à Obtenir la réduction des luxations en suivant une méthode'si défectueuse. M. Fabre a proposé de passer-le lacq dans'le pli de Paine‘du côté'sain, et de la faire tirer par'un homme-robuste. Ce lag énipébRert pas que le bassin ne,füt entraîné, de l'autre côté par: la force’ de l'extension , ce qui rendrait la réduction beaucoup plus difficile. Pour éviter cés inconvéniens, et fixer le Bassin autant qu’il est convenable de le faire, on place un second. lact qui embrasse le bassin du côté malade dans l'intervalle qui est entre la crête de l'os des’îles et Particulation, et on le fait tirer un peu obliquement de bas en hauts; les deux lacqs, agissant conjointement, rendent le bassin immobile : par’ cette méthode-de faire la contre-extension aucun muscle n’est excité à une action contraire aux vues de Part: Le pointimportant est rempli.

Pour la réduction du bras luxé il faut pareillement éviter les impressions Gu lacq sur les muscles grand dorsal et. grand pectoral , ce qui est facile en plaçant le milieu du. lacq sous Faisselle dû côté malade, et l’on en conduira les deux bouts obliquement sur l'épaule opposée, où ils seront assujettis par un aide pour résister à la force de lextension, Gont le point d'appui principal sera au-dessus ‘du poignet. On peut saisir la partie inférieure du bras au-dessus des condyles, et tirer l’humérussans molester les muscles; et l'on favorise singulièrement la contre-extension en arc-boutant avec l'extrémilé des doigts contre l'angle que font la clavicule: et l'acromion:

Ces réflexions rendent les préceptes de la réduction des luxations plus sûrs qu’ils n'étaient, parce qu’ils sont raisonnés: La chirurgie, en se perfectionnanf , sort des mains de Ja routine , et demande à être exercée par des hommes intelligens, dont les lumières dirigeront les OPÉT ations pour : de bien üe e l'humanité: | CASE ALES

De la Luvation de la Cuisse qui succède aux chutes du grand Fe rochanter.

L espèce de luxation dontil.s agit, quoique Ra enr semble être peu connue (1). Les chuies. ne Ja produisent point d’abord,

l f = TENTE terrrt 'ARTITT. | & hi TT : CREER LME di, 1 À 4 (1) Les exemples de cette maladie, dont l’auteur a traité dans les Mémoires

n'en, sont que des causes éloignées. Souvent. donc, après s'être suffisamment assuré, Qué, au moment de la chute, iln’y a eu aucun déplacement , si quelque temps après la cuisse: vient à se luxer , il arrive alors que ceux qui ne.sont point prévenus, de la possibilité de cette luxation ne s’en. apercoivent-point, ou du moins ne Ja reconnaissent que-lorsqu'il n’est plus temps.d'y.remédier, C’est pour y avoir été trompé moi-même , et après avoir réfléchisurles-causes de mon erreur , que je donne mes observations. à ce sujet.

Lorsque, dans une’Chute, le grand {rochanter est frappé, la tête du fémur est violemment poussée: contre les parois de la cavité cotyloïde ; et, comme elle remplif exactement celte cavité, les: cartilages , les glandes de la synovie et le ligament de l'intérieur de l'article doivent souffrir une forte conlusion , qui sera suivie d’'obstruction , d'inflammation et de dépôt. La,synovie surtouts’ amassera dans la cavité de l'articulation; la capsule ou {unique ligamenteuse en sera distendue , et la tête. de l'os, peu à peu chassée au-dehors , sera-enfin PHARMA luxée. |

La synovie s’'épanchant continuelement dans l'article ; ; S'y épanchant même alors plus que dans l’état naturel , et n'étant plus dissipée par les mouyemens de la partie , on ne doitpoint être surpris qu’elle s’accumule , et qu’elle remplisse Ia cavité au point de, chasser la tête de l'os : ce qu’elle fera avec d'autant plus de facilité que, relâchantles ligamens, elle les met hors d'état de résister. non- -seulement à la force avec laquelle elle pousse l'os hors de sa boîte, mais encore aux efforts que font les müscles pour lirer en haut la tête du fémur. La capsule ne sera donc pas seule distendue, le ligamenrt rond souffrira aussi peu à peu un,alongement qui sera accompagné d’une douleur trèsvive , laquelle augmentera-par degrés , et.ne diminuera que quand

tt: tout-à-fait relâché OU: TOMPU , aUFA abandonné la tête

l'os à à touts la puissance des muscles qui la tirent en haut.

On, voit, par ce qui vient d’être dit, comment le fémur, sans avoir été déplacé dans l'instant de la chute, peut se. luxer long-temps

«aprés. La tête de los garde. même pendant un assez long temps.sa situation naturelle, et la cuisse:ne commence à se raccourcir que quand la tête du fémur est chassée par la synovie; mais, pour que laçuisse.commence à se raccourcir, ik n’est pas nécessaire que: la tête de l'os soit entièrement sortie. En. effet elle devient plus courte peu-à peu à mesure que la tête est poussée en dehors par la synovie.

Ceite tête étant de figure sphérique , et la portion qui est reçue,

dans la cavité étant au plus-une demi-sphère , les muscles peuvent

évidemment commencer de tirer la .cuisse en haut pour peu que la

de PAcadémie des sciences , en 4722, fort multipliés depuis, ne laissent plus aucun doute sur son existence, ni sur l’incapacité de ceux qni n’v prêtent pas l’attention qu’elle mérite.

synovie éloigne la tête du fond desa cavité. Si donc'alors.on mesurait la cuisse de l'endroit où la-tête du fémur-touche le bord supérieur de sa cavité, on la trouverait: déjà plus courte; et, plus la tête du fémur ‘48 de chemin pour sortir; plus la cuisse perdra de sa longueur. Lorsque la tête sera entièrement. sortie , son sommet , qui, dans l’état naturel, répondait au centre ou au iiele de là cavité, se trouvera au bord supérieur de cette cavité, et la cuisse sera plus courte de la moitié du diamètre de la tête du Semur: . Sila tête de l'os, entièrement chassée de sa cavité, n’est pas d'abord portée us loin par l’action des muscles, c’estparce que le ligament rond la retient encore ; et il est facile de concevoir qu’alors les douleurs doivent augmenter considérablement. En effet, tant que quelque portion de la tête a pu être retenue par le rebord de la cavité , le ligament rond à: partagé avec lui l'effort des muscles ; et nes At alongé que peu à peu ;mais , la tête du fémur ayant été entiérement chassée , lé ligament supporte lui seul l'effort des muscles , les douleurs deviennent insupportables, et durent, comme on l'a déjà dit, jusqu’à ce que la rupture du ligament ou sa relaxation entière ait permis aux muséles d'éloigner los autant qu’il peut l'être parleur plus grande contraction. La tête du fémur, ainsi portée, en haut eten dehors ; peutse tourner en devant ou en dérière ; mais plus souvent.en arrière ; et on le reconnaît par les signes rapportés Cidessus pour distinguer les luxations en devant ou en arriére.

Cette maladie est incurable quand , ‘n'étant pas d’abord connue s on ne fait pas promptement les remèdes qui conviennent pour la prévenir. J'y ai plusieurs fois réussi par l'usage des défensifs faits avec les blancs d'œufs , l'alun en poudre et de l’éau-de-vie aromatique , dont je mouillais des compresses en huit ou dix doubles. Je les appliquais sur toute l'articulation ‘de la cuisse ; je les retenais pa -un bandage seulement contentif ; et, sans défaire l'appareil, je l'humectais deux ou trois fois par jour avec cetté même liqueur. Je placais commodémient le malade dans son lit, et lui faisais éviter tous les mouvemens capables d’exciter de: la déèué Je le saignais le premier jour deux ou trois fois ; et, les jours suivans , je répétais la saignée plus ou moins , selon que la douleur le demandait , et que les forces le pouvaient permettre , étant nécessaire de ne "point épargner le sang dans cette occasion si Von‘veut éviter lengorgement des vaisseaux , l’inflammation et le dépôt dans l'articulation. Je prescrivais un régime humectant-et rafraichissant ; enfin je tirais un grand secours du suc épuré des plantes légèrement améres ; des anodins et des narcotiques sagement démihistré es. |

Les suites de ces luxations sont différentes ; il y en a qui rédiien: Ja paralysie de l'extrémité inférieure ; d’autres attirent des dépôts, quise terminent par suppuration ; d’autres: enfin n’ont aucune mauvaise suite que la claudication ; les unes laissent une figure si con- -

refaite que le malade ne peut Sp d’autres laissent la facilité de marcher; d' abord avec une béquille ; puis avec un bâton; on en rh même qui, avec le temps, permettent de marcher sans aide.

” La paralysie est causéé par la compression du nerf sciatique lorsque la tête du fémur y appuie. La maigreur ét l’exténuation de tout le membre, un froid presque continuel, en Sont les suites.

… Les dépôts viennent de plusieurs causes, comme de la compression des vaisseaux sanguins ; de Ia paralysie même, êt Surtout de la douleur, qui , resserrant et étranglant les vaisseaux sanguins: et lymphatiqes » : OCCasione gonflement , dilatation, rupture des vaisseaux, épanchement et conversion de Ja matière épanchée en pus. Ces abcès. se forment en différens endroits : Jes uns ont leur foyer dans la boîte de l'articulation quand la synovie se dépravé ; d’autres se font dans le dieu où réside la tête de l'os luxé. IL y en à qui se forment dans les interstices des muscles fessiers ou triceps ; et d’autres enfin qui arrivent dans les parties éloignées de e jointure :

comme au genou, à la jambe, ou au pied.

J'ai ouvert quantité d’abcès de cette nature ;ils sont tous difficiles à guérir; mais ceux qui se forment dans la cavité cotyloïde ou dans le lieu où s’est logée la tête du fémur sont, de tous, ceux qui guérissent le plus difficilement. Ils restent presque toujours fistuleux.si le malade ne meurt pas de fièvre lente, de dévoiement, ou d’une fonte générale de la masse du sang ; d'où s ’ensuil enflure aux jambes et aux cuisses, bouffissure du visage et des mains , puis hydropisie de la poitrine et du bas-ventre. Quelquefois même les malades ne vivent pas si long-temps aprés l'ouverture de Vabcès , parce que la pourriture se met dans la plaie, ét que, la masse du sang étant une fois corrompue par la longueur de la: maladie >» par les douleurs ; par la fièvre et les insomnies , alors l'application des

L RE les plus convenables et les opérations les mieux eoncerées deviennent infructueuses.

Souvent on trouve les os cariés sans pouvoir Y remédier, soit à cause de la difficulté qu'il y aurait à faire les opérations nécessaires ,

: soit parce que les forces ou RARE ne D jm rt a Lis de nv Basarder (1). |

J'ai trouvé, dans RAA eat semblable apebbse dub: jes 05 étaient carnifiés ; je veux dire que la tête du fémur et la cavité de l'ischion ; éloignées l’une de l'autre par la luxatiôn', mais toutes deux découvertes par l'ouverture de labcès ; avaient lamême consistince et la même couleur que la Chair. Le vohinié de ces os était considérablement augmenté ; et ils étaienit si semblables à de Ja chair D saignaient au HOone attouchement. Cette rie gs ñ ce je. la

LS

dx nn était le cas de Fo monséigheur lé: 0e de Het mort en 1764, omis SEEN OT EQ

94 TRAITÉ DES MALADIES DES Os.

seule que j'aie de cette espèce; j'en rapporterai dans la suite plusieurs qui ne sont pas moins surprenantes , et qui prouvent que , si les chairs s’ossifient, les. 0$ peuvent aussi devenir semblables aux chairs (1). SR AT

Les abcés qui se forment dans les endroits éloignés de la jointure n’ont rien de particulier ,-si ce n’est qu’its se renouvellent souvent.

+ Lorsque les luxations dont il s’agit n’ont point une terminaison fàcheuse , elles laissent: aux malades la liberté de marcher, comme nous l'avons dit ; mais ils sont tourmentés de douleurs , que les mauvais temps produisent et font renaître : ils Sont , pour ainsi dire ,! des baromètres vivans, qui annoncent la pluie ou létempssec.

J'ai aussi observé que quelquefois les os se soudent ensemble par une espèce de cal, comme font les os fracturés , ce qui forme une espèce d’ankylose. Les difformités qui restent aprés cette luxation viennent le plus souvent dela mauvaise situation que l’on laisse-prendre au malade, à qui il est bien difficile d'en donner d'autre que celle où il souffre le moins : heureux quand cette situation n’a rien de contraire à la position naturelle de la partie !

© CHAPITRE xil.

Page 1