DE LA FRACTURE DE L'AVANT-BRAS
IL y a deux os à l’avant-bras, le eubitus et le radius ; ils sont joints èn haut avec l’humérus, et en bas avéc le poignet, laissant un espace entre eux qui dépend de la courbure que font ces deux os, se déjetant l’un un peu en dedans, et l’autre en dehors ; ils se joignent entre eux par leurs deux extrémités, et l’espace qu'ils laissent entre eux est occupé, dans toute la longue’, par un ligament fort, mais mince , lequel s’attache à lun et à l'autre de ces os.
Ils peuvent se casser tous deux ou séparément : l’on connaît facilement la fracture des deux os par les signes pue nous avons parlé dans le général.
L'on s'apercoit plus facilement de la fracture du métitus que di celle du rayon, parce qu il est moïns couvert de muscles, et qu'il est le principal appui de l’avant-bras, Pour connaître la fracture du rayon il faut tenir la partie supérieure de lavant-bras avec une main pendant que , avec l’autre, on tourne la main du malade avec douceur, alternativement du côté de la supination et du côté de la pronation ; et pour lors, si l’on sent que le rayon résiste à la main qui tient la partie supérieure, et qu’il fasse ‘effort contre elle pour se mouvoir, on doit être assuré qu’il n’y à point de fracture. Au contraire, si l'os ést cassé, non-seulement il ne résistera point, mais on entendra une crépitation, parce que la pièce inférieure du rayon, qui Sera mue, froltera contre la pièce supérieure, que l’on tiént comnie immobile avec la main qui tient la ‘partie supérieure de l'avant-bras ; c'est ce qui souvent n'arriverait point si, sans
(4) Voren sur l’inutilité de ce bandage, le Discours préliminaire, pages
xLII €t xL1V. L'appareil convenable pour la fracture de l’os du bras, à sa partie supérieure, ést décrit dans le tome IV 4h re de l’Acadèmie royale de chirurgie. :
tenir fixé la parlé Supéricurélae Pavanebrés, on sé’cüntentait de
fairé mouvoir la main du maladé'en pronation où ent Supination ; puisque, | poux sentir la cHépitalion , “1 faut absolument qu'il n’y ait qu ne piece mobile; “ôW' que toutes tes deux se méuvent dans des sens différens. CRE
és bouts des os Tompus spl étre dép ae ent deux mañières ; ee" : selon leur Jongueur ‘en müritant'les ‘uns sur les dutrés, où bién selon leur “épaisseur seulernént Soit font tous deux énsemble plus d’é épaisseur que n’en ferait un seul. À légard du déplacément selon sa longueur, jésais-que l’on peut le disputer dans la fracture d'un seul 0$; mais nous le prouvérons ci-après d’une manière à n'en DO EE Je passe au déplacement selon l'épaisseur, qui se peut faire en deux manières, La première est lorsque les os ne sont pas tout-à-fait sortis de leur épaisseur, c’est-à-dire qu'ils se touchént encore un ‘peu par leurs ‘bouts cassés ; la seconde est lorsqu'ils sé sont approchés du eubitus, ce qui arrive parce que le rond et le carré, deux muscles servant à la pronation , agissent, ensemble, et tirent ces pièces d'os du côté du cubitus.
Il faut remarquer que ces muscles, en tirant les os cassés vers le cubitus, les tirént un peu en dedans , c ’est-à-dire du côté de la pronatiôn; ce quele muscle rond fait avec plus de force, parce qu'il s'insère. plus loin du point d'appui de cette pièce par rapport à elle seule qu'il ne faisait auparavant la fracture par rapport à tout los; car Jon sait que ce muscle s’insère à la parlie moyenne du rayon, ét que, si le rayon est cassé en cet endroït, pour lors lé mtscle ést: entièrément éloigné du point d'appui, puisqu il est tout-à-fait au bout de cette pièce d'os, ce qui lui donné plus de force pour la tirer. Le muscle carré porte aussi la pièce inférieure en dedans, ce qu'il ne peut cependant pas faire si facilement ni avec tant de force que lé muscle rond.
Si les bouts des os s’approchent du cubitus, il faut qu'il y ait déplacement selon sa: longueur. IE ést vrai que Fattache de cet os avec le cubitus semble s'opposer à cette espèce de déplacement : mais On sera convaincu de sa possibilité pour peu qu'on examine avec attention. Je dis 1° que » par l'action du muscle rond , le bout supérieur du rayon sera porté du côté du cubitus, non pas par une ligne droite, mais par une ligne courbé, Je dis 2 que la partie inférieure du rayon s 'approchera du cubitus par l'action du muscle carré, non:suivant une ligne courbe; de manière que le bout du rayon, étant arrivé au cubilus, fééntérd! sur le bout supérieur du
rayon qui sera arrivé au même POHR du CUS ; Aa même laura dépassé d'une certaine quantité. "1" de >.
Rémarquez que pas un de cés déplacemens ne ‘se ferait Si se trouvait au bout des os fracturés de petites inégalités , pointes ou