‹ Œuvres complètesChapitre 70 sur 140 · FRACTURE DE L'AVANT-BRAS · texte numérisé non relu

FRACTURE DE L'AVANT-BRAS

esquilles , parce qu'elles s ‘engageraient les unes dans les autres À el s'opposeraient au déplacement; ainsi il se ‘trouve des fractures où iln’y à point ou que peu de déplacement, “ef où par conséquent il faut faire peu d'extension pour. les réduire , eti même souvent il n’en faut faire aucune. Mais, à celles où il y a déplacement, il faut toujours faire extension et, contre-extension ; de sorte que, si les bouts de rayon sont proche du cubitus , Je. chirurgien doit. employer quelqu'un à faire baisser la main du côté du. cubitus afin de lever le bout:inférieur du rayon , et il fera, par. ce moyen , Textension et la contre-extension nécessaires pour remédier à ce déplacement :

cepenüant il doit presser avec ses deux mains Ja partie antérieure de l’avant-bras contre la postérieure afin que les muscles, ainsi poussés entre les deux os rayon et.cubitus , relèvent les piéces de l'os cassé. C'est ainsi qu’ en. même temps le chirurgien remédie : au déplacement selon l'épaisseur , et fait ce que nous avons appelé conformation. Il ne faut aucune précaution pour empêcher les. os de s’écarter lun: de l'autre ) parce qu'ils sont retenus par le ligament interosseux.

Lorsqu'ils sont réduits, quelques-uns nee des aitelles sur les bouts des 08 TOMPUS, de quoi il faut bien se donner de garde ; car, loin d’ appuyer sur les bouts cassés , il faut que les bandes et compresses soient tellement. posées qu'elles fassent à à peu près le même effet que faisaient les mains du chirurgien en réduisant les os, c'est-à-dire que, aprés avoir mis une simple compresse et la première bande légèrement serrée, il faut appliquer deux compresses épaisses, l’une sur la partie: intérieure, et l'autre sur la partie extérieure , qui, toutes -deux ensemble , étant tenues et pressées par une même bande, fassent. effort l’une contre l'autre en s'Opposant au déplacement, selon la longueur | etselon l'épaisseur des os : par ce moyeu elles contiendront facilement les pièces des ,os cassés, parce qu’elles, pousseront les muscles dans Jentredeux des os, ce qui tiendra les pièces {oujours relevéés ; ; €t, pour cela, il faut que les compresses appuient dans le milieu entre les os.

-Par-dessus, cette deuxième bande on en met une troisième, où l'on se sert du reste de: Ja deuxième si elle est assez longue pour faire quelque. circonvolution ‘autour de la main tant pour. la tenir sans mouvement que pour assujettir. une pelote qui tient des doigts demi-fléchis, On: y. lie deux cartons taillés, et -convenables à la parlie;; puis on place la maintet Vavant-bras dans: une écharpe, l'avant-bras.et la main étant dans une.situation commode et nalurelle telle. que les, muscles ne. soient point génés.. À l'égard du cubitus , on remarque que la pièce supérieure est toujours dans sa place pendant, que la pièce. inférieure s'approche du rayon par le

moyen du muscle carré, pourvu qu'il ne se trouve aucune pointe ou esquille d’os qui le retienne.

Il y en à qui croient que le cubitus fracturé se déjette en dehors ;

mais l'expérience nous fait voir le contraire dans les fractures compliquées ; l’on a toujours remarqué que, dans la partie supérieure , le cubitus était dans sa place, et que le bout d’en bas se trouvait approcher du rayon. D'ailleurs il est démontré qu'aucun de ces os ni de léurs pièces cassées ne peuvent se .déplacer en s’écartant, parce que le ligament interosseux les retient toujours. La por tion supérieure ne peut s'en approcher, parce qu’il ne se trouve point de muscles qui puissent la tirer en dedans; et il est impossible qu elle se jette en dehors en s'écartant du rayon, parce que le ligament interossenx S’oppose à cet écartement. Il n’en est pas de même de l'extrémité inférieure du cubitus, qui peut s'approcher du rayon par l’action du muscle carré; car, quoique ee muscle soit déstiné au mouvement du rayon, il fait un effet tout contraire en cette occasion ; car , lorsque cette pièce du cubitus où s'attache le carré se casse et se sépare de la supérieure, il faut nécessairement qu'elle ne soit plus le point fixe du muscle carré, et qu’ainsi ce muscle tire cette pièce du côté du rayon plutôt que le rayon du côté de cette pièce, parce que , lorsqu'il y a fracture , le rayon a deux points d'appui, l’un au bras, l’autre au poignét, et que la pièce inférieure du cubitus cassé n’a plus que celui d’enbas.

A. l'égard de la réduction, elle est la même que ce du rayon, à la différence qu’il faut tourner la main du côté du pouce pour faire Vextension pendant qu’on presse la partie fracturée avec les deux mains. Il faut faire un bandage tel que nous l'avons fait au radins, avec cette différence qu'il n y a pas tant de précaution à prendre pour assujettir la partie supérieure du cubitus, puisqu elle ne peut se mouvoir que selon la flexion et ” extension ; ce qu'il faudra empêcher par l’écharpe..

Lorsque les deux os sont fracturés , il faut observer à peu près fes mêmes circonstances : on les déduira de lastructure de la partie, qu’il faut avoir toujours en vue, non-seulement dans cette opération, mais dans toutes les autres. L'appareil est composé d’une simple compresse fendue, de deux compresses épaisses , de trois bandes , d’un grand tion ou de deux petits cartons liés avec deux lacqs, d'me compresse qui enveloppe la main, d’une pelote dont on remplit la main, et d'une écharpe qui sert à soutenir et à renpe E la main, l'avant-bras et le coude.

Page 1