‹ Œuvres complètesChapitre 76 sur 140 · LE Y · texte numérisé non relu

LE Y

Ce nègre eut un dépôt sur les bourses; je fus mandé par le père jacobin, qui me connaissait depuis que j'avais guéri le connétable de Navarre fils du duc d’Albe : le médecin de ce duc fut Abpeté en consultation; son avis fut de ne point saigner le malade, et de lui donner des poudres qu’il ne nommait point, et que jeme connaissais pas; et moi je voulais le saigner abondamment et promptement pour éviter la gangrène, qui‘arriva en vingt-quatre heures parce qu'il ne fut point saigné : alors je voulus faire &es scarifications’ pour empêcher ou borner le progrès de cette maladie; je trouyai de opposition par mi gens qui me ditent que la noirceur de la peau élait un signe de gangrène ads un hègre : aussi Nétait:ce pas sur. -Ja noirceur que j'avais décidé qu’il y âvait gangrène, an contraire c'était sur la blancheur. C’est une chose qu’il faut bien observer que, si la peau des blancs noircit dans la gangrène , la peau ol; hi ‘au conir aire devient moins noire.

Lés taches noires ou brunes du debat né sont pas les étés qui accompagnent cette maladie , ainsi que nous l’avons dit : il y en a de purpurines ;, qui ont différentes formes ‘ef grosseurs ; les unes ne sont pas plus grandes que la pointe d’une épingle; il yen a de grandes comme un grain de millet , d’autres un peu plus : elles s’assemblent plusieurs qui remplissent l'espace de la grandeur d'un liard ou d’un écu; il s'en’ voit de largès comme la main. Les mêmes deviennent quelquefois violettes et brunes* les premières causent de la démangeaison. J'ai connu des malades qui savaient quand il leur sortait de pareilles petites taches purpurines : ils en étaient avertis par un ” pointillement léger ; et une démangeaison qui y succédait.

La troisième espèce de tache ést rouge comme la morsure un cousin; elle est dé même située’'au sommet d’une dureté qui se forme dessous; elles’ sont plus où moins considérables; mais pour Tordinaire elles sont grosses comme le bout du doigt, et ressemblent à une

ampoule, excepté que lon ne et VOIE à Pextérieur Ja tumeur de N 49 |

l'ampoule , et que celle de ces taches est enfoncée dans le corps de la peau , et fait rarement saillie en dehors.

Le milieu dé ces taches est plus rouge que Jes bords , au lieu que les taches purpurines sont aussi rouges ‘dans leurs bords qu’au centre. La tumeur qui accompagne ces taches disparaît quelquefois sans a on s’en aperçoive, et elles reviennent au même lieu où ailleurs

la même pr omplitude. Quelquefois elles ne laissent aucun vesde après leur disparition ; et d’autres fois elles laissent une 1epêre tache comme d'ure contusion.

La quatrième espèce de tache scorbutique est jaune : celles-là sont fort étendues, et n’ont pasle même degré de jaune partout ; certains endroits sont d’un jaune clair, et d’autres ont une couleur plus foncée. La peau est comme on la voit dans les derniers degrés de résolution des ecchymoses et des contusions; souvent ces taches sont farineuses; je veux dire que l’épiderme tombe en écailles comme du son où comme de la farine. ,

Des Signes de l’'Exostose vérolique.

Outre ce que j'ai dit au commencement de ce chapitre au sujet du caractère des exostoses véroliques, j'ai cru qu'il était nécessaire.de dire un mot des signes de la vérole. On se ressouviendra que j'ai déjà fait remarquer que lexostose n’était pas un symptôme primitif de cette maladie : au contraire on sait qu’il ne paraît qu’au troisième degré de vérole. L

Il y a plusieurs SyrbidmEs de’ vérole : la chaude-pisse , le ühancre et le poulain; le phymosis et le paraphymosis sont ordinairement les premiers degrés ; les pustules sont du second : ce n’est pas que cela ne soit quelquefois autrement. On voit des personnes qui gagnent la vérole d'emblée, et à qui il vient des poulains ou des chancres, deux ou trois mois après, sans qu’ils les aient mérités par un nouveau commerce avec des fermes i impures ; on voit cela tous les jours. J'ai vu des malades qui onteu, pour première marque ou signe de vérole, des pustules ; ils avaient été plus de deux ans sans voir de femme lorsque les pustules parurent ; les autres depuis deux mois n'avaient eu aucun commerce avec le sexe ; et les uns et les autres n'avaient eu en leur vie d’autre- maladie vénérienne que des: pustules.

La chaude-pisse, que je considère comme vérole , n’est pas pour l'ordinaire suivie des symptômes de, cette maladie lorsqu’ elle coule : abondamment, que l'écoulement emporte avec. lui la douleur , la cuisson et les autres accidens ; lorsque la matière change de couleur , et que, par degrés, elle deyient blanche ; lorsque la quantité diminue peu à peu par le seul usage des remèdes , et sans le secours des astringens intérieurement pris ou extérieurement appliqués en injection ; lorsqu'elle n’est point cordée ; lorsqu'elle ne tombe point

. ji

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dans les bourses, qu’elle ne se dépose point dans les jointures ou sur les yeux, ce qui n’arrive que trop souvent ; enfin lorsque la fièvre, sil en survient; n’est point cause de la suppression de l'écoulement ; mais , si le contraire de ce que je viens de dire arrive , la vérole ne ‘ manque point de se maniiester. : os

Le chancre, si bien qu'il soit traité , cause presque toujours la vérole, surtout s’il durcit, s’il reste paélate dureté après la cicatri= sation de l'ulcère, ou si le prépuce demeure gonflé, ou enfin si quelque glande de laine reste dure ou plus je es qu elle ne doit

être naturellement.

Dans le grand nombre de maladies vénériennes que j'ai vues j'ai trouvé peu de malades, atteints de Nova it. qui ne oi eue de ces manières.

Si la chaude-pisse et le chancre peuvént être suivis de vérole, on ne doit pas douter que la vérole ne succède au poulain. La distinction du poulain en primitif et en consécutif est juste ; maïs la consé- . quence qu’on en tire ne l’est pas,

Il est vrai que le poulain primitif présuppose un transport du virus de la verge aux glandes de laine immédiatement par les vaisseaux lymphatiques de cette partie; mais on ne doit pour cela conclure que tout le virus se soit déposé dans ces glandes : 1° parce que les vaisseaux lymphatiques qui se déposent dans les glandes de l’aïne ne sont pas les seuls qui reportent la lymphe de la verge. Il y a de ces vaisseaux qui passent par le dessous et le long de l'urêthre, lesquels dégorgent leur lymphe dans les lymphatiques de fhÿpogastte ce qui est une route ouverte par laquelle le virus peut aller immédiatement dans la masse du sang. 2 Il y a encore d’autres vaisseaux lymphatiques qui suivent la veine honteuse interne, lesquels passent avec élle sous Parcade de l’os pubis, et se dégorgent aussi dans les vaisseaux lymphaliques de lhypogastre : les uns et les autres de ces vaisseaux peuvent porter le virus immédiatement dans la masse du sang. 3° Quand tout le virus prendrait la route des seuls vaisseaux lymphatiques qui vont aux glandes de l’aine, est-il sûr que toute cette lymphe infectée s'arrête dans les glandes? IL faudrait pour que cela füt possible que l'obstruction se fit d’abord après le coït, et que , en commençant, elle fût totale ; sans quoi il passerait {onjours une portion de la ihiptié dans le sang, et par conséquent du virus. 4° Les vaisseaux lymphatiques ne sont pas les seuls vaisseaux capables de porter le virus dans le sang; les veines le peuvent aussi, et l’on sait que, cette route n'étant interrompue par aucunes glandes , le virus doit immédiatement se mêler avec le sang.

- Le poulain dont je parle est celui que la plupart des chirurgiens croient exempt de vérole quand il suppure; OTi voit cependant, par tout ce que je viens de dire, qu'il ne faut pas s’y fier ; l'expérience nous fournit chaque jour de tristés preuves.

Le poulain consécutif n'arrive que Jlong-temps aprés le coiït, et présuppose que le virus a passé immédiatement dans la masse du sang ; qu'ensuite , en circulant, il s’est déposé dans les glandes de laine : on tivibnt que célui-là est rérplé > Personne ne le dispute. Je ferai ici une réflexion :

Si le virus a passé dans la masse, ‘dela DAME que les glandes des aines ne sont pas de sûres barrières pour l'arrêter, puisque le virus peut passer , pour ainsi dire, en contrebande. Or, si le virus peut passer malgré les glandes, on doit-penser que, dans le poulain primitif, il est possible qu’il reste dans les glandes peu ou beaucoup de ARTE viciée, et qu’ainsi il.-passera plus ou moins de virus dans le sang ; mais, parce que ce peu est suffisant pour corrompre toute la massé ; on conclura que tout poulain peut être suivi de vérole.

Ainsi là différence du poulain primitif au poulain consécutif est que le primitif arrive peu après le coît, et le consécutif long-temps après. Le primitif se forme d’abord par le virus-porté immédiate- ment de la verge aux glandes; et le consécutif-est formé par le virus qui, après s’être introduit dans la masse, se dépose aux glandes peu ou long-temps après ; quelquefois il paraît huit ou quinze.jours , un mois, un an et plus aprés le coit : c'est ce “re l'expérience fait “voir tous les j Four: 4 xrtd

Selon ce que j'ai dit ci-dessus, l'un de ces poulains ne différe pas essentiellement de l’autre; il est difficile de croire que, dans le bubon consécutif, tout le virus passe dans la masse du sang sans qu’il en reste quelque portion dans les glandes, ni que, dans,ie primitif, tout s'arrête aux glandes sans qu’il en passe dans le sang: ainsi la différence de l'un à l’autre n’est que du plus au-moins de virus passé dans la masse ou retenu dans les glandes ,.et du plus au moins de temps qu’ils sont à paraître ou à se former. Tant l’un que l'autre peuvent avoir un progrès rapide ou lent, suppurer, s’endurcir ou se résoudre, attaquer plusieurs glandes ou une-seule, arriver à laine, aux aisselles, au cou ou ailleurs.

-On observera que le primitif qui a été gagné par ja coi arrive toujours aux glandes supérieures de l’aine; que. celui qui’a été gagné par la mamelle, soit pour avoir. donné à téter à un:enfant gâté ou autrement, attaque les glandes les plus prochaines de Paisselle, et que celui qui survient après les baisers lascifs attaque les glandes voisines de la gorge et du cou.

1 n’en est pas de même du poulain At er il peut attaquer toutes les mêmes glandes indifféremment; et en cela on pourrait le confondre; il est cependant des cas où on ne peut se a ; Par exemple : | .. Si, après un coiït impur, il d nient un bubon sous Vaisselle, on ne peut niér que ce bubon ou poulain ne soit consécutif ; de même , pour avoir donné à téter, si une nourrice est attaquée d'un bubon

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au-cou ou à laine, le bubon est conséoutif, à moins: ae elle nait baisé son enfant rt bouthe:e :51 24790 &6 «1 FINE 94

Si, pour avoir baisé liscivement une: sine gâtée; äl arrive un bubon aux aisselles ou à laine, ce bubon est encore :consécutif.

Ainsi tout bubon qui altaque les glandes-éloignées de la partie par laquelle on à péché est un:bubon consécutif; au lieu que le bubon qai attäque les glandes. voisines des .parties par lesquelles on a péché n’est pas toujours un bubop primitif. Il a déjà‘été prouvé qu'il pouvait arriver des. bubons ‘consécutifs. aux glandes: les: plus voisines ; mais il arrive des bubons, dans ce même voisinage, qu’on ne peut reghrdiés que comme bubons consécutifs , quoiqu'ils paraissent immédiatement. après. le coit: Par exemple, silarrive un bubon aux glandes inférieures de laine, comme où. sait que lès vaisseaux lymphatiques de la verge ne se dégorgent point dans ces glandes, on doit juger que ce poulain. est consécutif ;: puisqu il ne peutavoir élé formé que par la lymphe infectée qui:est revenue. des extrémités inférieures, et-que cette kymphe ne peut en revenir que parce qu’elle y avait été portée par.les lois de laicireulation,

Si une nourrice est attaquée d’un: bubon sousle bras, ce bubon est consécutif par la même raison, parce que les vaisseaux lymphaliques qui reviennent de la mamelle se SÉBoRgEn dans.les glandes supérieures de l'aisselle... |

Si, d’abord. après.des baisers lascifs ; il sir etont un -bubon au voisinage de la gorge , la distinction du bubonm’est pas si facile; car la bouche à une si grande étendue que ses vaisseaux lymphatiques passent par une infinité de routes différentes : aussi voyons-nous,qu il se forme des bubons sous le menton, dessus-et-dessous l'angle de la mâchoire, et.le- long du- cou jusques aux clavicules ; on-en a vu attaquer les glandes thyroïdes et même le-thymus. Tous ces bubons peuvent être primitifs ou consécutifs. Onne. peut les distinguer par la situation, parce que, comme il a été remarqué , da bouche ayant une grande dtondis , la lymphe retourne par des routes différentes , et peut s’engorger d’abord dans toutes les glandes-du-voisinage ; il est vrai que toutes les routes se réunissent à deux ou trois de chaque côté, dont la principale est.ce fameux canal rorifère.de Bils > qui va se jeter dans la sous-clavière:: ainsi il n’y aque les bubons qui se forment derrière l'oreille , derrière le cou, ceux des glandes, thyroïdes,ou du. thymus, qu’on puisse affirmer-être-des bubons consécutifs à, la suite.des baisers lascifs et impurs, paree que la lymphe de la bouche ne prend'pas ces routes ; cesn’est pas pour cela que l’on puisse assurer que..les autres soient des bubons rie par les raisons que nous avons dites ci-dessus.

Il n’est pas souvent nécessaire, et même:il est presque toujours inutile, de distinguer ces bubons les uns desæutres. J'ai déjà dit qu'ils marquaient également ja vérole; ‘et, quoique le traitement

paraisse différent à bien des gens ; pour moi je pense qu’il doit être le même en général; et, si ceux qui sont du sentiment contraire veulent faire réflexion que la: plupart de ceux qui se font traiter de la vérole bien caractérisée-ont êté pansés'en conformité du système indulgent; qui ne donne la vérole qu'à ceux sur qui cette maladie exerce toutes ses fureurs, ils diront peut-être que plusieurs personnes qu'ils ont ainsi. traitées se portént bien. A cela je répondrai deux choses : la premiére, que nous savons plusieurs personnes qui n’ont jamais été traitées , ou qui l'ont été très-mal, et qui jouissent en apparence d’une parfaite santé, parce que la vérole donne des quinze , vingt et trente années de répit, même plus. Secondément qui assurera que ceux que nous avons ainsi traités avec indulgence m'ont pas chérché guérison chez d'autres de nos confrères, qui, moins indulgens , leur ont administré les remèdes efficaces? Nous es voyons en bonne santé, et nous jugeons que nos palliatifs en sont cause parce qu’ils gardent le secret sur ce qu’ils ont fait à notre insu.

Cela étant ainsi, je jugerai qu’une exostose est vérolique lorsque le malade aura eu une chaude-pisse soit bien ou mal traitée, puisque nous avons dit qu'un homme pouvait gagner la vérole d'emblée , et que la chaude-pisse pouvait être consécutive, c’est-àdire un symptôme de vérole; car, de même que le virus dune chaude-pisse supprimée peut infecter le sang, de même aussi le sang infecté peut altérer les PUOSEMES , €t causer une chaude-pisse que j'appellerai consécutive.

Si, après une chaude-pisse süppriméé par les injections , il survient une exostose , je jugerai cette exostosé vérolique.

Si, dansle temps qu’une chaude-pisse coule , une fièvre survient , et supprime l'écoulement, l'exostose qui succèdera sera vérolique.

Si, après une chaude-pisse longue et’rebelle à guérir, il arrive exostose , cette exostose sera vérolique.

‘Si la cHavdé:pièce est tombée dans les bourses, l'exostose est vérolique , et ainsi des autres causes de suppression de chaude-pisse.

Le chancre ne sera pas moins suspect, et il le sera même encore plus , puisque l'espérance de n’avoir point la vérole à l’occasion d'une chaude-pisse n’est fondée que ‘sur l'abondance des écoulemens qui accompagnent ; mais on doit plus craindre la vérole aprés le chancre , puisque cet ulcère suppure moins en un mois qu'une chaude-pisse en un jour. Ainsi, lorsqu' il surviendra une exostose à quelqu'un qui aura eu des chancres , je ne ferai aucune difficulté de juger que cette exostose est vérolique, puisqu'il a été remar qué ailleurs que le chancre primitif, comme le consécutif, nr ou peuvent être suivis de Ia vérole. ”

Je ne dis rien de plus du poulain : j'en ai assez partés jai Häme donné des éclaircissemens sur cette matiére que j'ose dire être peu connus ; peut-être aussi seront-ils peu goûtés; ce ne sera pas ma

Le

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faute : je dis ce que je pense, et surtout ce qu'une Brie de <rê de quarante années m'a confirmé.

Quoique je-ne traite pas ici de la vérole à fond, je ne puis mn em

-pêcher de dire quelque chose, en passant, sur la nature des pustules

et des porreaux, laissant les autres symptômes, moins communs pour une autre occasion, espérant de donner un jour les observa-

tions sur lesquelles je fonde le jugement sévère que je fais de tous

ceux qui sont attaqués de quelque maladie yénérienne que ce soit. Les pustules et les porreaux sont regardés par tout le. monde

comme des symptômes certains de vérole.: ainsi je ne. m’amuserai

point à prouver qu'ils sont la véroie même, Je veux. seulement donner ici des signes qui les caractérisent.

Il y a plusieurs espèces de pustules véroliques : : les.unes. sont sèches; les autres, humides; et tant les unes que les: autres sont plates ou élevées, iréguliéses ou rondes, douloureuses ou. indolentes.

Les pustules sèches sont aussi de. plusieurs sortes : il y en a qui sont dartreuses, vives où farineuses, écailleuses et croùteuses ;

quelques-unes sont jaunes ; d’autres, d’un rouge pourpré.

Les pustules humides sont suppurantes, saigneuses, ou mouillées par une sérosité roussâtre; el, de celies-là, les unes gardent. le

niveau de la peau, les autres sont rongeanies avec ulcération pro-

fonde, et d’autres au contraire frites des bosses et des éléyations qui rerident la peau inégale et raboteuse à leur circonférence.

Les pustules rondes peuyent être. humides :ou sèches; mais elles sont presque toujours petites ; les. plus grandes le sonk. comme. le bout du doigt ; il y en a de plus petites qui s’élévent en. pointe , à Ja sommité desquelles il sort une goulte de lymphe rousse presque imperceptible.. Quelques-unes paraissent sous. la peau cu. dans.le

corps de la peau: celles-là arrivent d'ordinaire immédiatement. après

le chancre ou le poulain rentré, et elles sont prises par les malades pour ce qu’on nomme communément une, ébullition .de sang. Elles

n’ulcérent point la peau ; elles la rendent truilée ; et, lprsque elles se dissipent, l’épiderme tombe en farine. ù

Les pustules irrégulières n'ont cette irrégularilé. que parce que plusieurs se sont trouvées ensemble. Elles peuvent être du. caractère de toutes celles que nous avons décrites ci-dessus. |

Les pustules indolentes sont presque toutes, celles qui vert après la disparition des poulains.

Les douloureuses sont toutes celles qui pr repe ou qui se déterminent à suppurer.: Elles causent dela douleur par Fâcr eté du pus qui s’y forme ou qui en découle. Il y a plusieurs.de ces pustules qui sont élevées:comme de petits furoncles, et,quine suppurent point :

elles restent long-temps rouges et dures; il. y.en a d’autres: qui

suppurent comme le furoncle, et. qui.noircissent même comme le -

charbon ; et l’ulcëre qui leur survient est profond et difficile à guérir. On voit, par toutes ces espèces de pustules douloureuses et suppuranies , que Ceux qui croient que les pustules qui suppurent ne sont point véroliques sont dans l'erreur ; ce n’est pas'aussi l’indolence qui en décide , comme le pensent quelques-uns.

On doit übsérver aussi que les pustules suppurent où sont douloureuses par rapport à à leur situation. Celles qui se forment dans le. pli des cuisses, à l’entre-fesson , aux bourses ;. Sous la verge à l’endroit qu’elle appuie sur le scrotum, sous les aisselles, derrière les oreilles, sont et plus donfotReiess à cause du frottement de ces

‘parties, et plus suppurantes parce qu'elles se touchent mutuelle-

ment, et que l’une jette sur l’autre son pus ou $a sérosité ; ce qui, joint au frottement, l’irrite , l'éthauffe et l’enflamme.

Cela suffit pour donner une idée des pustules par leurs signes caractéristiques ; je pourrais en dire davantage , mais je m’éloignerais trop de mon sujet : je finis en disant un mot des porreaux.

Le porreau est un signe si-certain'de vérole qu’on ne peut s'y méprendre. Il en arrive aux cuisses près de laine, au fondement, aux bourses .et à la verge. Ceux qui arrivent aux cuisses, aux bourses et au dehors de la verge n’ont ordinairement que Ja figure du porreau ; mais ceux du pli de la cuïsse, du fondement et ceux qui se forment au gland ou dans l'intérieur du La de are différentes figures.

Au pli de la cuisse et au fondement ils se trouvent quelquefois alongés , éminens, et dentelés comme une crête de coq. Sur le gland et à l'intérieur du prépuce ils sont comme des framboises aplaties. Toutes ces formes différentes dépendent de la pression qu'ils souffrent, laquelle les oblige de se mouler aux parties, ce qui les empêche de croître en tous sens, comme ils font ailleurs où rien ne les gêne ni ne s'oppose à leur accroissement.

Les douleurs dans tous les membres, les insomnies, les inttifétas dans les jambes, la chute des cheveux et des poils, les lassitudes , la maigreur , les indigestions , les dévoiemens, la jaunisse , les inflammations des yeux, la goutte sereine , la cataracte , les fistules lacrymales au périnée et à l'anus, celles qui surviennent à certains abcès, la difficulté d’endurcir un cal après qu’une fracture a été bien réduite et bien retenue; tous les ulcères du nez, des paupières , de la gorge, du fondement et du poumon , en un mot toutes les maladies , peuvent avoir pour cause la vérole ; et, si peu de gens sont de cé sentiment , c'est que peu de gens observent : c’est l'observation. je le répète, c’est elle qui nous fait chirurgiens : sans elle on voit des malades, et on les traite sans connaître léurs maladies; ce qui n’a fait dire souvent . que voir des malades ou voir des maladies étaient des choses bien différentes : les ignorans voient plus de malades que de maladies, et les habiles gens voient souvent plus de maladies que de malades.

EXOSTOSE ET CARIE. 245

Je conclus que tout ce que j'ai dit touchant la vérole doit être scrupuleusement considéré quand il s’agit de décider si une exostose est vérolique où non, et qu’il y a de! la témérité de juger qu'une exostose n’est point vérolique lorsque ‘le malade a été attaqué de quelque maladie vénérienne, si légère qu’elle ait paru, y eût-il trente et quarante années , et le malade eût-il joui pendant tout ce temps-là de la plus parfaite santé du monde. Cette maladie n’a point de prescription : elle paraît et disparaît ; elle cause un: AIO # il s'évanouit , il en succède un autre : c est un Protée. |

Il me semble entendre certaines gens gloser sur ce que je dis; mais, en attendant que je puisse répondre à leur glose,: qu rs examinent s'ils ont assez vu de maladies vénériennes pour en juger ; si celles qu'ils croient être des preuves vivantes contraires à ma pratique le sont autant qu'ils le pensent ; et si ce qu’ils croient être une Hosts radicale’ n’en est pas une mt)

Signes des Exostoses chancreuses:

C'est ici qu’il faut être bien attentif à tout le passé pour pe point se méprendre : il.n’y a. presque point de signes pathognomoniques connus pour distinguer l’exostose chancreuse ; il est vrai qu’on peut faire ce raisonnement : le malade attaqué d’exostose n’a aucuns signes de scorbut ni d'écrouelles ; il n’a jamais couru les risques de gagner la vérolé: son exostose est donc cancéreuse ; de plus sa tumeur est brune ; elle est venue peu à peu; elle était petite et exactement circonscrite ; dés sa naissance la douleur était lancinante; il y a des veines gonflées aux environs. Enfin on juge qu’une pareille exostose est cancéreuse quand-elle. n’a pas. cédé aux . remèdes mercuriaux. Celle de la femme dont j'ai parlé, et à laqüelle les os se cassérent, était plus facile à juger parce que

-cette malade avait un cancer à la mamelle; on ne pouvait pas s’y

tromper, non plus que dans celle à qui je distéquai et sniçeal la mamelle après sa mort.

Signes de l’Exostose: scrofuleuse.

Quand le malade attaqué d’exostose a été affligé des écrouelles dans sa jeunesse ; lorsqu'il a des glandes conglobées au cou, aux aisselles, aux aiïnes ; qu'il a le ventre dur; qu'il digère mal; que son teint est d’un pâle un peu plombé; qu'il a des enflures au nez, à la lévre Supérieure ; qu'il a la vue tendre ; qu'il larmoie; qu'il a des écoulémens pituiteux par le rez, on ae justement soupconner que son exos{ose est scrofuleuse, surtout s’il a été mal nourri dans sa jeunesse ; sil habite un pays marécageux ; s’il est: Espagnol ou de quelque autre nation sujette aux écrouelles, et si son pére, sa mére ou autres parens ont été attaqués de ce mal.

On ne se méprend pas aux caries ni, aux exostoses qui arrivent après la petite-vérole : le mal ne tarde point à venir, et les dépôts purulens qui surviennent au voisinage des os annoncent lexostose ou la carie. Ces dépôts font de grands, progrès en un jour ,-et la fluctuation de la matière suppurée est presque aussi prompte que la tumeur. J'ai ouvert de ces abcès un grand nombre, et j'ai presque toujours trouvé les os découverts, exostosés ou cariés. M. Barbesson, mon confrère, m’a appelé en consultation pour l'enfant d'un Daignenns Au il avait déjà ouvert deux abcès, l'un au coude, et l'autre au genou; celui du coude s’est guéri assez facilement et sans exfoliation sensible , quoiqué les os fussent découverts. L'autre abcès du genou avait découvert la rotule ; la partie osseuse de cet os s’est entièrement séparée d’ayec les cartilages , ligamens et aponévroses , sans que larticulation en ait souffert: le pus à pris son cours au dehors >. et, les cartilages qui revêtent et environment la rotule étant restés dans leur entier , la jointure a ‘été conservée. Cette observation est pd ire de remarque.

Pronostics.

Les exostoses “‘bénignés ne sont durables que par Vopérätion : ; mais on ne s’avise guère de la faire, à moins que la situation de l’exostose ne cause Le lésion de quelque action , comme il a été remarqué ci-devant.

L’'exostose starbüttque est fâcheuse ; la véraltiue l’est moins; la rachitique se guérit souvent d'elle-même; la chancreuse est. mortelle, à moins qu’on ne puisse emporter le membre; encore survient-il quelquefois des accidens fâcheux, causés par le ‘dépôt de la même humeur sur quelque autre partie. Le pronostic de la carie ‘est le même que celui de Fexostose. S'il manque quelque chose. à ce que je viens d’en dire, on le trouvera dans ee APHUHEMES suivans.

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