DE L'EXOSTOSE ET DE LA CARIE
Ces deux maladies sont des nées ficheuses qui puissent attaquer la substance des os : elles ont rapport l’une aux tumeurs, et l'autre aux ulcères. qui attaquent les parties molles; et, comme lulcère suit les apostèmes qui suppurent, la carie: est une suite nécessaire de la suppuration des exostoses:: c’est pour cette raison que je renferme ces deux maladies dans un même chapitre.
L’exostose estune tumeurqui s'élève au-dessus de la surface nalurelle de l'os : elle cause souvent de très-vives douleurs ; quelquefois les douleurs -qu’elle cause sont médiocres; elle est souvent sans fièvre, quelquefois elle en cause une assez vive, et proportionnée à la douleur; il y en a qui sont accompagnées de fièvre lente de même que: les. apostèmes.
Il ya des exostoses qui sont causées par les coups , les chutes et autres causes externes ; d’autres sont causées par le vice du sang.
Quelques-unes se terminent par résolution; d’autres suppurent, et quelques autres restent üures , élevées, sans se terminer de l'une ni de l'autre manière ; enfin, de même que les apostèmes sont les uns critiques , et les aubtes symptomatiques , ‘de même aussi il ya des exostoses critiques et de symptomatiques.
Les différens os et les différentes parties des os que deite maladie attaque peuvent faire.des espèces particulières; car, si lexostose est une tumeur de-quelque partie d’un os, elle est souvent l'enflure d’un os entier. De sorte que , si l'on voit la partie moyenne ou les extrémités d’un os $’enfler. séparément , -on voit aussi l'enflure régner dans toute-son étendue.
Le fémur, l'humérus, le tibia, le péroné, lé radius, le cubitus 8 les côtes, tés os des hanches et du crâne sont des 08 dans lesquels l'exostose n’est pas ordinairement universelle.
Quand les os du carpe, du métacarpe, du tarse, ‘du métatarse , les. vertèbres et autres sont attaqués d’exostose , ils le sont ordinairement dans toute leur étendue. s
Quoique lexostose n ‘attaque qu’une partie d’un os cylindrique, il peut le gonfler dans toute sa rondeur , et, en ce cas ,. los est élevé dans toute sa circonférence. D’autres. fois l'exostose n’attaque qu'un côté seulement, et l'os n’est élevé que dans lune de ses surfaces, soit antérieure, soit postérieure.
L’exostose qui survient aux os qui servent de bornes à quelques cavités peut s'élever à l'extérieur, ou faire bosse en dedans. On en voit tous les jours qui s’élévent sur les os du crâne, sur le
sternum, sur les côtes et sur les.os des îles ; on en a vu-plusieurs qui ne paraissaient point au dehors, et qui, par leur accroissement intérieur, causaient des accidens formidables ; ce qui sera remarqué dans la suite de ce chapitre.
… Il y. a des exostoses qui rendent l'os plus dur, et d’autres qui le rendent spongieux : il est rare qu’un os attaqué de cette maladie conserve sa consistance naturelle.
J'ai scié des exostoses avec facilité parce que l'os était devenu spongieux ; j'en ai scié d’autres avec peine parce que leur dureté . était augmentée, quelques-uns résistant plus que l’ivoire,
Dans l'examen que j'ai fait de l’exostose , en sciant les os j'ai plusieurs fois remarqué que la consistance m'était pas égale dans toute l’étendue de l’exostose : quelques-unes’étaient‘plus molles en dehors et plus dures en dedans ; d’autres au contraire plus molles en dedans et plus dures en dehors : de manière que lune et’ l'autre consistance n’approchaient point de la naturelle. Dans quelques-uns j'ai trouvé de la chair ; dans d’autres , une espèce de mucilage; dans d’autres , du pus ; dans d’autres , de la sanie. Quelquefois j'ai trouvé l'exostose comme enveloppée d'une lame osseuse aussi duré que l'émail des dents, et l'intérieur plus spongieux que les épiphyses dans l’état naturel quand je dis enveloppée , j'entends que Ja partie de l’exostose qui tenait au corps de l'os avait cette niême dureté, et que, cet éndroit étant scié suivant le diamètre de l'exostose on la voyait très-distincte du corps de los ; ‘ét l’on voyait aussi la continuation de l'enveloppe dure, et même plus blanche et beaucoup plus serrée que la portion saine de los.
Il n’y a personne qui n’ait vu des exostoses très-élevées sur le corps de l'os, et qui n’y avaient presque point d’adhérence ; d’autres, qui n'étaient attachées que par une base fort étroite, ayant un corps et un sommet fort spacieux ; d’autres enfin, fort plates et fort étendues, qui n'étaient, pour aïnsi dire, que comme une incrustation .de l'os, et duquel on les séparait avec facilité.
On peut mettre dans les espèces d’exostoses ce que certains auteurs ont, assez mal à propos, appelé spina ventosa. C’est une maladie extraordinaire , différemment traitée. J e crois cependant qu'il faut s’en rapporter aux Anglais plus qu'à tous autres, vu qu'il en arrive très-souvent dans leur pays , et encore plus dans quelques îles du Nord qui leur. appartiennent. Voici comme elle est décrite par les auteurs de cette nation: de:
Elle commence à se manifester par des douleurs tant ds les os que dans les parties molles ; les douleurs changent d’un momeént à l'autre. Quelquefois il survient des éxostoses pointues, ce ‘qui fait que la douleur y est si grande. Les os deviennent mous, et comme dissous, ce qui fait qu'ils se brisent partout, n'ayant plus assez defermeté pour garder l'équilibre avec lès muscles ; ‘d'autres fois ils
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sont cariés et:comme vermoulus ; etil site souvent une afrophie particulière , et. quelquefois universelle; quelquefois même la mortification des membres survient. 0%.
Il y a encore bien de lappsentie que la mialadié décrite par Saviard, dans ses Observations de chirurgie, est un véritable spina ventosa , aussi bien que celle que nous vs dans les Observations sur les maladies des 08, ga “Courtial,
Des [Crises pur Exostoses pr pa Caries.
Les causes de ces maladies sont Lr Haqe ou parts ‘elles peuvent aussi être divisées en celles qui dépendent du vice des liqueurs, et en celles qui sont produités par le dérangement des conduits : l'une ou l’autre cause, ensemble ou séparement, peuvent produire cette maladie, soit que le dérangement des sucs ait donné occasion au dérangement des conduits, ou que celui-ci soit la cause de l'autre, ou que des causes extérieures aient produit l'un et l’autre.
Une chose qui est essentielle à savoir c’est que les maladies du périoste peuvent occasioner lexostose et la carie. Avant d’approfondir les causes de ces deux maladies, je-vais dire ce que je pense de la structure du périoste ; ce qui ne servira pas peu à donner de “vraies idées de la formation de certaines exostoses et caries.
Pour-bien concevoir en quoi la mauvaise disposition du périoste contribue aux maladies des os. il faut remarquer 1° que le périoste est.une membrane élastique, adhérente à l’os dans toute l'étendue de sa surface.
2e Cettesmembrane. Pr percée pour. le. passage d'un nombre - innombrable de vaisseaux très-petits.
3° Ces vaisseaux font quelque chemin entre la sunfaoË de l’oset le périoste. ENT -
. 4e Il y a de petites scissures sur la sur Lface sw o$ qui ne sont faites que par le battement et pour: le logement de ces petits vaisseaux. -5° Les os sont des corps durs. capables de résister jusqu’à un
certain point à la pénétration des liqueurs : cela étant, les petits
vaisseaux qui sont entre le périoste et l'os ne peuvent se remplir par l’action du.cœur qu'ils ne se dilatent , ni se dilater qu’ils n’élévent le périoste ;.mais, si la dilatation de ces petits vaisseaux n’est plus soutenue par l’action du. cœur, alors le ressort du périoste, venant à se débander, comprime ces vaisseaux, ce qui-oblige le sang et la lympbe , à couler avec plus de vitesse jusque dans les parties les plus reculées, des fibres osseuses. Ces actions et réactions finissent et recommencent,. à chaque instant : ainsi il faut qu'à chaque instant le périoste soit élevé. par les vaisseaux qui sont dessous , et qu’il s’aplanisse-par son ressort. Voilà quelle est la fonction du périoste dans son état naturel ; mais ; si, par quelque cause que ce
soit, son ressort est relâché, il ne pourra plus accélérer le mouve: ment des sucs nourriciers que portent et rapportent les vaisseaux : d'où il arrivera des obstructions qui ‘seront suivies de carie ou d’exostose ; ou, si le périoste , s’enflammant , devient plus tendu, et par. cofséquenit moins obéissant aux mouvemens'alternatifs établis entre lui et les vaisseaux qui parcourent Sa substance et celle de l'os, il arrivera des ‘obstructions plus’ promptement. Les: dépôts se feront de même ; et c’est ainsi qu’en peu de jours il se manifeste des €exosloses et des caries très-considérables. :
Les causes internes sont FACAIIQUES, scorbutiques ; ne vo scrofuleuses ou chancreuses.
On voit tous les jours les enfans FpHittques être attaqués d’exostoses, dans le corps des os mêmes ou dans les jointures , auxquelles le périoste à souvent beaucoup de part. Celles qui se trouvent dans le corps de l'os le rendent susceptible de fracture : jai vu très-souvent des fractures, aux os du bras, de V'avant-bras et de la cuisse, qui n'avaient pour cause extérieure qu'un effort. Je ne puis sans peine voir tirer les enfans par le bras : la plupart de ceux que j'ai vus ainsi blessés avaient été rudement tirés, voulant léur faire monter un escalier, passér un ruisseau , ou les fâire marcher plus vite qu'ils ne vouléiént ou qu'ils ne pouvaient. Ceux à à qui j'ai vu la cuisse cassée étaient tombés; il y en a cependant qui n’ont été dans cette Situation que par la négligence ou la brutalité de celles qui les portent sur les bras, pour les avoir laissé pencher et emporter par le poids du corps Hédäut que leurs cuisses, retenues, éfaient forcées et obligées de plier ou de casser, ne pouvant ‘résister au poids du corps trop penché. Les exostoses qui occasionent ces sortes de fractures ne se font que parce qu elles rendent les os plus cassans.
On en trouve quantité aux côtes et à leurs cartilages dans les enfans qui sont noués; et les épiphyses en sont presque toujours attaquées. Nous pub Ot la’ cause qui les produit dans le traité du Rachitis ; on remarquera seulement que , si l’exostose du milieu des os est une cause occasionelle de fracture , Péxostose des” épiphyses des jointures est une cause occasionelle de td ou d'ankylose. | k ‘ Les exostoses scorbutiques sont rares ; fs ‘scorbut réa prétoc la carie que l'exostose ; en en. VOit” ‘cependant quelques-unes par cette cause ; Mais On observé 1° qu’elles sont moins élevées que les autres ; 2° qu'elles n arrivent point au scorbut de toutes les espèces, et que, | pour lordinaire , c’est à celui qui est compliqué du rachitis , des écrouelles,ou de la vérole ; “80 que les exostoses h’arrivént point au écorbut, si ce n'est das” ses commencemens ; ‘lorsque Je sang et la Jymphe: sont épaissis ; car , ‘quand le scorbut à duré assez 16ngtemps pour que le sang Soit tombé en fonie, ilParrive carie plutôt qu'exostose. .
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J'ai vu, à la fin de année 1692 et au commencement de 1693, quantité de scorbutiques à l'hôpital de Bovigne, près de Dinant sur la Meuse; hôpital dans lequel il y avait ‘toujours quaitre.à cinq cents personnes attaquées de cette maladie ; jai vu, Mie trois exostoses seulement ,.et plus de cent caries. Wa
Les exostoses étaient toutes à l'os dela mâchoire inférieure , dans la partie où sont logées les grosses dents molaires : la éhütre était, en cet endroit seulement, plus grosse d'un tiers que le naturel. J'ai cependant vu un soldat, dans lhôpital de Dinant, qui mourut attaqué du scorbut, ef qui avait un pied considérablement enflé, ‘dur et sans fluctuations je louvris, et je remarquai que tous les os 7 tarse et du métatarsé étaient romans el le périoste gonflé par une
. lymphe épaissie. pr
Les scorbutiques de l'hôpital de Bovigne attaqués de carie ont été les plus malheureux : presque tous sont morts, hors ceux qui
avaient de légères caries aux alvéoles. Dans ceux que j'ai ouverts jai remarqué que le périoste était détaché de l'os en bien des endroits, et que plusieurs avaient le périoste détaché de presque tous
les os du corps : de sorte que , faisant incision le long des côtes, je les.trouvais nues, âpres , inégales, détachées de leurs cartilages , et.ne tenant que peu aux ligamens et tendons qui s ’attachent à leur partie postérieure. Il sortait de dessous le périoste une lymphe brune, noirâtre, tirant sur le rouge foncé, qui était d’une odeur insupportable. Lorsque je faisais une incision le long des ‘bras et des jambes jusqu’à l'os, je trouvais la même chose ; dans quelquesuns jé tirais les os entiers , hors leurs épiphyses, tie les tendons et les ligamens retenaient ; atDéIA r’arrivait qu'aux jeunes soldats de . recrues , dont nous avions alors grand nombre : ils tombaïient dans cette maladie par la fatigue , la misère, la mauvaise nourriture de ces temps-là, et peut-être aussi par É chagrin qui s'empare de l'esprit de ceux qui, se voyant dans un hôpital, et qui, se ressouvenant de la maison paternelle , en regrettent la douceur.
‘Je ne fais pas ce récit sans raison : le scorbut n’a presque point d'autre cause que les fatigues, la misère, la mauvaise nourriture A et surtout les inquiétudes d'esprit et le chagrin. ‘
Les matelots, pendant un voyage. de long cours, dans lequel ils
: éprouvent toutes sortes de calamités, en sont très-souvent attaqués. Je ne prétends pas exempter de cette maladie ceux qui mènent une vie molle et oisive, qui ne mangent que des mets délicats : comme
les premiers tombent dans ce mal par les mauvaises digestions , l'estomac surchargé dans les sensuels et dans les gloutons ne digère
. pas mieux.
. Nous voyons des hommes. sages qui pe e'souffrènt d'aucun besoin, et que la vertu éloigne de tout excès, qui tombent aussi dans cette maladie parce qu ‘ils sont livrés à des emplois laborieux, qu’ils s’oc-
cupent d’affaires importantes, qu’ils travaillent à des sciences abstraites : on sait que rien n’est plus. capable de troubler l'estomac dans ses fonctions : d’où il résulte un même effet par une cause différente, On peut ajouter à toutes ces causes de: scorbut les saisons dérangées, l'air, les différens climats ; l'âge et le sexe,
Je ne prétends pas déterminer le caractère que prend le sang, 1 qu'il n’est renouvelé que par un chyle cru etindigeste : les choses qui sont problématiques ne conviennent point dans un Traïté qui fournit un si grand nombre de faits incontestables , que l'expérience journalière enrichit, et ne contredit jamais : c’est celte expérience qui me fait regarder toutes ces choses comme causes éloignées du scorbut., Les hypothèses sur la nature des sels qui font un virus scorbutique sont arbitraires ; et c’est là que l’homme sincère doit avouer que ses : connaissances sont bornées : nous ne voulons pas cependant nous faire un langage particulier et nouveau ; mais, en nous servant des termes reçus, nous tâcherons de tirer des conséquences, non des mots, mais des choses que l'expérience nous aura plusieurs fois confirmées.
J'ai dit ci-dessus que les exostoses scorbutiques étaient moins élevées que les autres : c’est l'expérience qui apprend cela. I me serait bien difficile d’en donner ia raison sans dire que le virus scorbutique , étant un âcre , corrode plutôt qu'il ne coagule, et qu’il doit moins causer Lexostoéer) où les sucs sont coagulans, que la
carie, où l’on voit que tous les suos sont corrosifs : c’est pour cela que j'ai fait remarquer que , si l’exostose arrive au scorbut ; ce n’est que dans le commencement de la maladie, où pour l'ordinaire le sang et la lymphe sont dans un état de coagulation et peuvent causer l'exostose ; mais, cet état ne durant pas long-temps; le sang et Ja Iymphe deviennent âcres , et produisent la carie. Il faut remarquer que le scorbut peut n’être qu’une vérole dégénérée, ou bien causé par la vérole: en ce cas il y a des exostoses , accompagnées des signes du scorbut, sans qu’on puisse accuser le scorbut d’en être la première cause ; et il.peut y avoir des signes de vérole et de scorbut ensemble. On donnera par. la suite. des marques certaines pour distinguèr ces maladies l’une de l’autreafin de prendre des mesures justes pour la cure,
La vérole est la plus ordinaire cause d’exostose : ce syrhdtotile n'arrive cependant pas dans les commencemens, et on ne doit le regarder que comme un symptôme consécutif de la vérole. Il n’est pas étonnant qu'un virus copier d’épaissir la Lan tr. DrOT duire l’exostose.
Cette lymphe est, comme on sait, le véhicule dé suc nourricier des os; peut-être est-ce elle-même qui les nourrit. Que la Iymphe s’épaississe dans la vérole, cela est prouvé par tout ce qui accompagne cette maladie. Nous examinerons ce fait dans la suite ; et je
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me contente de faire remarquer ici que toutes les parties où lalymphe abonde sont le siége de la vérole ; les glandes conglobées, la peau, la bouche, les viscères, les jointuresset les:os même sont les théâtres sur lesquels elle se montre sous: des formes ordinaires, auquel cas tout le monde la connaît; ou: sous des masques et des déguisemens qui la cachent au point de n'être connue que par ceux qui savent qu’elle est un Protée. |
S'il est rare que la vérole produise d’abord lexostose, c’est parce qu'il ne suffit pas que la lymphe arrêtée dans les conduits osseux y fasse obstruction; il faut encore qu’elle les dilate, qu’elle en. écarte les fibres, qu’elle s'y accumule, et en augmente peu à peu le volume qui fait la tumeur : ainsi les symptômes de vérole paraissent plus tôt aux parties molles à cause de leur flexibilité, et aux os plus tard par la raison contraire.
Combien de fois avons-nous vu des exostoses véroliques arriver à des gens qui se. croyaient exempts de vérole parce qu'ils jouissaient d’ailleurs d’une parfaite. santé l'ils avaient eu des chancres, des bubons ou des chaudes-pisses , dont ils croyaient avoir été parfaite- | ment guéris parce qu'ils avaient été entre les mains d’habiles gens, et qui les âvaient traités selon les règles : ces gens habiles sont cependant la plupart dans l'erreur de croire que ces maladies, traitées par les tisanes sudorifiques et par la panacée, lé sont radicalement et sans crainte de retour. Ils se trompent cependant. J’ose avancer ici que le chirurgien le plus habile traite un chancre , un poulain ou une chaude-pisse avec les tisanes et les prépérdtdôns mercurielles; j'ose avancer, dis-je, que, après ce traitement, ce chirurgien ne doit ni ne peut. assurer que son malade n’aura point la vérole.
Cette facon de penser ne sera pas reçue de tout le monde ; mais l'expérience la confirme: On voit tous les j jours des personnes attaquées de vérole qui ont eu des chancres et des poulains traités par les remèdes que nous avons dits ci-dessus. Aux uns elle se manifeste de façon que personne ne peut douter de son existence ; aux autres. les symptômes sont différens, ce qui dépend souvent du temps qu’il y a que le malade a eu les chancres ou les poulains. Nous rendrons raison de toutes ces choses en parlant des signes : c’est là que je. ferai connaître que ceux qui-n’ont eu que des chaudes-pisses ne sont pas toujours plus heureux que ceux qui ont été attaqués de poulains et de chancres. : +
La vérole peut causer l’exostose parce que, épaississant les sucs, elle leur ôte la facilité de couler dans les conduits osseux, ou celle d'y être poussés par le ressort du périoste , soit que ces sucs ne pénètrent que l'extérieur. de l'os, ce qui forme les -exostoses extérieures , ou les superficielles qui.ne sont qu'incrustées ; soit qu’ils en pénètr ent l’intérieur, mais que le retour du superflu soit interrompu
par la même cause ; car il a été remarqué que l’usage du périoste n’est pas sétitément de fairé que les liqueurs pénètrent l’os en agissant sur les vaisseaux qui le portent dans leur substance, mais de rendre le retour du superflu facile en agissant sur les vaisseaux qui le réportent dans la masse du sang.
S'il peut arriver des exostoses par le seul chrmigthient qui survient
au ressort du périoste, on doit penser que ce: changement peut arriver à la membrane de la moelle qui couvre l'intérieur des cavités, ou des cellules diploïques qui contiennent ce sue médullaire, parce que cette membrane fait en dedans ce que le périoste fait au dehors.
La dure-mère dans l’intérieur du crâne , la membrane pituitaire du nez, celle des sinus frontaux, maxillaires, sphénoïdaux, font - la même chose ; les cavités intérieures et extérieures de l’organe de l’ouie sont aussi couvertes de membranes , lesquelles font office du périoste sur la surface des os qu'elles tapissent, et elles doivent être sujettes aux mêmes maladies : on doit donc-naturellement penser que lintérieur des os et l’intime de leur substance, aussi bien que l'extérieur , doivent être susceptibles d'obstruction , et par consé-— quent d'exostose et de carie.
On doit concevoir aussi que , par le seul défaut du périoste , sans qu'aucun virus règne dans la masse , il surviendra des exostoses, lesquelles pourront être nommées bébighssi pour l'ordinaire elles ne causent aucunes douleurs, elles ne blessent les fonctions que par rapport à leur volume et aux lieux qu’elles occupent ; et de plus, en les ouvrant, on ne trouve aucune altération, la substance de Pos étant à la vérité beaucoup plus dure, mais d'ailleurs trèsnaturelle.
ès vu cinq ou six exostoses de cette espèce. à
Un soldat -du régiment Royal-Roussillon vint dans Phôpital de Lille en Flandre, attaqué de la pierre : on lui fit l'opération, il mourut, et je le disséquai pour m'instruire sur la nature d’une tumeur qu’il portait "depuis quinze ans : elle, était sur Pos des tempes, où elle avait crû et végété peu à peu jusqu’à la grosseur d’un petit melon. Elle ressemblait d'autant mieux à ce fruit qu’elle était oblongue, et que quantité de veines gonflées, qui régnaient sur la surface, représentaient assez bien les côtes des melons.
Après avoir découvert cette tumeur, et en avoir détaché tout le périoste, je la considérai d’abord comme une espèce de hernie, dans laquelle une portion du cerveau s’était plongée ; ; j'avais d’autant plus de facilité à le croire que l'os des a Hs est fort mince en cet endroit dans l’état naturel. Dans cette pensée je n’ouvris point le crâne par le côté de la tumeur , Mais en détruisant les pariétaux , le coronal, Voccipital et l'os de la tempe du côté opposé; ce que je fis tantôt avec la scie, tantôt avec le ciseau, le maillet et les tenailles incisives, de manière que découvris la düre-mêre autant qu’il le fallait pour bien voir ce que je m'étais imaginé. Je fus trompé: la dure-mère et le cerveau de ce cote n’avaent rien de particulier, et l'os des témpes n’était
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monstrueux qu’au dehors: l’intérieur gardait sa conformation naturelle jusque dans les moindres scissures que les- vaisseaux .ont coutume d’y graver. Je pensai donc que la tumeur était une exostose, et je la reconnus bénigne après l'avoir enlevée, et l'avoir sciée en deux parties égales : elle était aussi dure et aussi blänche aus Pivaire:s ; il n'y avail aucune porosité dans toute sa substance:
‘On voit butent des ékbstoSéé de. cette espèce, mais fort petites, sur la crête du tibia et sur différentes parties du crâne, à des personnes qui n’ont aucune maladie. Presque tous ceux que j'ai interrogés sur la cause de ces tumeurs m'ont dit avoir fait des chutes, ou recu des coups, lesquels, ayant meurtri le corps de l'os ou le périoste , ont produit cette tumeur dure , qui n’est que le suc nourricier de l'os épanché, accumulé et endurci par le temps.
Il n’est pas nouveau de voir des élévations osseuses au voisinage du cal qui se forme aux fractures, ef qui ne sont point formées par les sucs qui se sont épanchés des os cassés ; cela n'arrive ordinairement que par la compression un peu forte et assidue qu'y font des compresses ou des attelles trop dures ou trop serrées.
J'ai remarqué, en sciant des calus à des gens morts long-temps aprés la guérison de leurs fractures ; que l'intérieur du cal. était d’une dureté semblable à celle de ces exostoses , et qu'il ne paraissait aucune porosilé,; ce qui pourrait faire télée que les Sucs qui forment le Calus s’épaississent ét se durcissent sans conserver de passage aux vaisseaux. Si cela est, on peut penser que l’extérieur &u cal, eui est couvert du périoste ou des membranes des parties voisines, peut avoir quelque commerce avec. les vaisseaux, mais que l'intérieur n’en a point, et subsiste comme fait a partie extérieure des dents,
Je ne puis passer sous silence l'obsérvation qu j'ai ke sur une maladie presque semblable à la tumeur qu'avait le soldat de Royal- -Roussillon. Un jeune homme la por tait dépuis sépt ans qu’elle avait.commencé jusqu’au temps qu’il se détermira à se laisser faire l'opération, Cette tumeur était placée sur la partie supérieure et moyenne de Pun des pariétaux ; elle était très-élevée , ayant plus de quatre pouces de citconférence dans sa base, trois dans son milieu , et deux vers son sommet, qui était légèrement carié. Ce malade me fut nantes par un de mes amis, en présence duquel je l’examinai et lui promis de lui faire l'opération ; je s préparai par saignées, pur kalo et diète, S. É. monseigneur le cardinal de Rohan melerecommanda, etordonna tous les secours dont 1 pourrait avoir besoin. Cette maladie était rare pour que ques personnes curieuses de la voir , et envieuses d° opérer » puisqu ’elles nr’en-, levérent mon malade par des menées, et des souterrains que je n’ai jamais pratiqués , évités ni craints. Le malade, qui avait confiance en moi, obtint de ces usur pateurs comme Par grâce, que je serais présent à l'Opération : Ils me le proposér ‘ent; je lés refusai, et je leur fis plaisir sans dessein. Ils firent . ane incision, découvrirent la tumeur , êt la regardèrent comme: une hernie de cerveau, dont le crâne prolongé faisait le sac : ils trépanérent cette tumeur,
à Pendroit de la carie, avec beaucoup de peine à cause de sa dureté ; ils firent
entrer la couronne jusqu’à ce que le sommet de la tumeur touchât le fond : fatignés d’une opération autant laborieuse qu’elle était inutile, ils pansèrent le malade, etremirent au lendemain le reste de l’opération. Ils n’eurent point la même. fatigue : la fièvre qui prit au malade les empêcha de travailler; les saignées brusques et copieuses ne diminuèrent point les accidens , et le transport au cerveau, qui survint, emporta le malade.
Ils ouvrirent le crâne, et furent détrompés de l’idée de hernie qu’ils avaient, idée que j'avais eue de la tumeur du soldat: dont j j'ai déjà parlé, mais que je n’avais point de celle-ci parce que la première n’avait instruit.
La tumeur qu’ils enlevèrent fut sciée : on la trouva pleine, dure et blanche commé l'ivoire. Il m'est bién permis de faire des réflexions sur cette maladie , particulièrement sur la cause d’une mort si prompte ; mais, si je n’en dis mot en ce lieu, je me réserve le droit d’en parler ci-après dans la cure des exostoses, matière de laquelle celle-ci dépend. g
S'il y a des exostoses dont l'intérieur est plus dur que los, ainsi que nous l’avons remarqué dans les différentes espèces, il yena au contraire qui ne sont osseuses qu’à l'extérieur, et qui, dans l’intérieur , bién loin d’être dures , sont toutes molles et charnues : cette variété ne vient sûrement pas de la cause ; elle est la même : je veux dire que les coups, les chutes, les affections du périoste, peuvent produire l'une et l’autre espèce, et que ce qui en fait la différence est la tournure que prend le sue nourricier qui s ’épanche, où son mélange avec quelque autre suc : chose qu’on ne peut expliquer clairement, et que je passe pour m “attacher au clair , au certain, et, j'osele dire, à l'utile.
. L'espèce d'exostose dure dont j je. viens de parler est plus commune qu’ on ne pense; comme elle arrive ordinairement près.des épiphyses , il y a lieu de croire que, si elle n’attaque pas le milieu des os, c’est qu’il n’est pas garni d’un assez grand nombre de vaisseaux sanguins Per qu’elle s’y forme.
Un homme d’environ quarante ans tomba de cheval, et se fit une légère plaie à la peau, que soulevait une exostose qui, pendant vingt ans, s'était formée peu à peu dans l'apophyse supérieure du tibia : cette exostose, quoique deux fois plus grosse que le poing, ne Fincommodait, que dans les mauvais temps. ’
Après sa chute, il eut recours au chir urgien de son quartier, qui, dans le pansement de la plaie, n’omit rien de ce qui en pouvait procurer la réunion. Elle semblait se guérir lorsqu'une fièvre continue, avec des redoublemens , l’engagea d'appeler M. Tonnelier, docteur-régent, et très-habile en médecine; il le traita méthodiquement sans aucun fruit, ce qui luifit-penser qu’il pouvait y avoir quelque cause cachée ; il.me fit’ appeler. J’introduisis un stylet dans un
petit endroit dela plaie, où je découvris un sac purulent , que j’ouvris jusqu’au fond ; jy aperçus un bout trou par lequel mon stylet introduit arriva à los. Je le trouvai détaché des tégumens de la grandeur de la paume de la main ; une incision en T et l’amputation des deux angles Payant mis à découvert, ‘j'apercus une pièce d'os de figure triangulaire, laquelle, détachée du tout, était un peu enfoncée, et ne gardait plus le niveau; je crus qu’il fallait la relever, eten
siX
EXOSTOSE ET CARIE. 993 faire l’extraction, ce que je ne pus faire qu'après avoit échancré avec de forts. ciseaux une-portion de la pièce solide. A la faveur decette échancrure , je passai une feuille de myrte sous la pièce enfoncée , et je l’enlevai en me servant de cet instrument comme d’un élévatoire ; il en sortit un pus fétidé. Cette pièce levée, j’eus la liberté de porter‘le doigt indicateur dans l'ouverture, et je reconnus que toute cette tumeur m'était qu'une masse de chair enfermée dans une boîte osseuse, épaisse du côté dé los qui lui servait d'appui , et si mince partôul ailleurs que certains endroits se coupaient facilement avec des ciseaux, quoiqu’ils fussent aussi durs que le sont les parties moyennes des grands. DS. J’en coupai assez pour me donner la fatilité de détacher la masse de chair, ‘et la faire sortir en plusieurs gros morceaux , qui, rassemblés, avaient un tiers plus de volume que le poing. Cette extraction faite ,.je portai mes doigts dans cette espèce decrâne , où je trouvai des recoins dans lesquels il y avait de cette même chair , que’je séparai exactement, ee qui mit los presque à nu. Je remplis ce grand vide avéc de la charpie ; le reste fut couvert de plumasseaux , et enveloppé de compresses et de bandes : il fut saigné comme il convenait ; on lui prescrivit les alimens et les remèdes convenables. .
Le lendemain je portai les instrumens nécessaires pour rompre et emporter les parties de cette boîte osseuse qui avaient résisté aux ciséaux, et qui formaient encore une cavité considérable , dont les bords relevés représentaient un antre dans lequel il eût été difficile de porter exactement les remédes propres à procurér l’exfoliation. D’ailleurs , Quand la cicatrice aurait pu se faire , la difformité eût été à charge au malade: il convenait donc d’emporter ces bords , et d’aplanir la tumeur, pour approcher, autant qu’il serait possible, de la forme naturelle. Le maillet, le ciseau et les tenaillés incisives me servirent alternativement ; et, lorsque j’eus détruit cette voûte osseuse jusqu’au corps de l’os qui lui servait de base, je pansai avec la charpie trempée dans les teintures de myrrhe et d’aloës jusqu’à ce que le malade fut parvenu à une Situation plus heureuse ; alors on mit en usage tout ce qui procure ou facilite l’exfoliation , après laquelle la plaie se cicatrisa.
La boîte osseuse, et la masse de chair qui y était renfermée comme le cerveau dans son crâne , ne nous permet-élle pas de comparer celte maladie et l'opération que j'ai faite; une aux plaies du crâne , et l’autre autrépan? spy
Les coups et les chutes peuvent blesser Simplement les tégumens qui couvrent le crâne, et, n’y faisant qu’une plaie simple , on doit tenter la réunion : c’est l'intention qu'avait le chirurgien qui le premier à pansé-notre malade. Le péricrâne peut être contus et détaché du crâne ; il sefait épanchement entre l'un et l’autre ; la matiére se déprave : la douleur et la fiévre surviennent ; on fait incision ::le pus sort ; la tension du péricrâne cesse , et jés accidens diminuent : c’est ce qui est arrivé au genou de notre malade, |
La chute ‘avait meurtri et détaché l'os des membranes qui le couvrent ; les sues épanchés ont causé » par leur dépravation , dela douleur , la fièvre et labcès ; l'ouverture a diminué ces accidens.
En faisant sur le.crâne incision aux tégumens détachés de los on n’évacue pas seulement le pus , On met los à nu ; et, s’il est fracturé, Surtout s’il est enfoncé, on trépane pour enlever la pièce détachée
du tout. N'y avait-il pas un os fracturé , une enfonçure ? Ne fis-je pas le trépan lorsque j’échancrai la pièce voisine de l'enfonçure pour y passer l'instrument qui me servit d’élévatoire pour relever et emporter la pièce osseuse , que la’Chute avait ‘enfoncée sur la masse de chair de l’intérieur de cette exostose ? Enfin, si l’on trépane pour relever les pièces d'os, on trépane aussi pour évacuer le sang épanché, soit fluide , soit Codralé: soit converti dn pus. N’ai-je pas, par cette. opération , donné lieu à l'évacuation du pus qui s'était formé sous la pièce enfoncée ? suppuration qui produisait la fièvre et autres accidens, qui eussent infailliblement emporté le malade si, par le moyen de cette opération, la cause n’eüût été détruite.
Ce parallèle pourrait être porté plus loin : la commotion quiarrive aux coups de tête est peut-être arrivée à l’exostose de notremalade; le pus qui se trouva sous la pièce d’os enfoncée n'était peut-être pas moins le produit de la commotion que de l’enfonçure ; les abcës qui se forment dans la cavité de la moelle à la suite dtnie simple contusion de losprouvent bien que la commotion n’est pas une causée de maladie qui soit particulière au cerveau.
La cause des exosloses scrofuleuses n’est pas plus facile à déterminer que celle du gonflement de la plupart des glandes conglobées. On dit que la lymphe é épaissie produit l’un et l’autre , et que, quoique les effets du virus scrofuleux soient presque semblables à ceux. du vénérien ,.il y a cependant quelque différence non-seulement entre ces deux virus, mais il y en a aussi entre les effets de ces deux différentes causes ; et l’on distingue si les exostoses, les abcés , les ulcères , les caries et les pustules sont scrofuleux ou s'ils sont véro- Jiques ; ce que nous tâcherons de faire. connaître en donnant les signes ci-après des uns etdes autres. .
Ce n’est pas qu'on ne puisse quelquefois se tromper > Si Von n'y prend garde , lorsque les scrofules sont compliquées de vérole, ou lorsque les scrofules ne sont que l'effet d’un virus dégénéré. Il y a des personnes attâquées des écrouelles qu’on ne peut soupçonner de vérole acquise ni héréditaire; d’autres peuvent être soupçconnées de l’une ou de l’autre , clou fois de toutes les deux.
Ne peut-on pas croire que celle-là est exempte de vérole qui at-
. taque un petit nombre d’habitans d’un: lieu où le nom même de la vérole est ignoré? Au contraire ne.doit-on pas penser que celle-ci est vérolique qui afflige un grand nombre d’habitans d’un pays où la vérole est très-commune , puisque; si peu de gens.s'en font traiter,
qu’elle y est héréditaire à des degrés dégénérés, qui marqueraient , pour ainsi dire, le nombre des aïeux si quelqu'un n'avait augmenté l'héritage par de nouvelles acquisitions?
Nous: Voyons tous les j jours des personnes attaquées nr scrofules à qui en ont élé guéries, à qui elles-reviennent à la suite d’un coit impur.
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Ne remarque-t-on pas, dans la pratique, des vérolés qui ont pour symptôme de leur vérole le sonfement presque universel des glandes conglobées ?
J'ai vu des femmes qui avaient été guéries de plusieurs glandes scrofuleuses dans leur jeunesse, et qui, dans leur première grossesse, ou peu de temps aprés, retombaient dans celte maladie , soit qu elles eussent acquis quelque virus de leurs maris ; ou que le lait, aigri dans la masse du sang , eût coagulé la lymphe ; ou enfin que ce nouvel état eût développé l’ancien virus Scrofuleux , que. le traitement n'avait qu'affaibli. | tai x
Une j jeune femme de vingt ans était en parfäite santé di epuis dix ans ‘qu’elle avait été guérie de deux tumeurs scrofuleuses : l’ane au pied , où l’os du mé- tatarse qui soutient le pouce était presque entièrement tombé par exfoliation; l'autre à l'angle de la mâchoire, où quelques glandes avaient été détruites par les caustiques, et l’ulcère parfaitément consolidé. Après dix ans de guérison parfaite ‘en apparence, elle fut mâriée; son mari, qui avait eu des maladies vénériennes mal traitées , avait un reste d'écoulement : il lüi donna une gonorrhée qui malheureusement ne fut traitée que comme gonorrhée, et par une personne du nombre de celles qui croient que supprimer l'écoulément d’une chaude-pisse c’est la-guérir, Peu de temps après la fausse guérison de cette chaude-pisse, les glandes du cou, des aisselles et des aines se gonflérent, les anciennes plaies se roüvrir ét; le tarse et l'angle de la mâchoire s’exostosèrent ; ‘elle fut long-temps: traitée par les seuls remèdes anti-scrofaleux, parce que l’on ne soupçonnait point la vérole, mais seulement le retour des écrouelles. Ce traitement long et infructueux doûna lieu à une ‘consultation, dans laquelle on fit des récits du passé plus fidèles qu'on ne l’avait fait au chirur gien ordinaire ; et il fut conclu que ce retour de scrofules était vérohique : ; qu’il fallait passer la malade par wi RÉRNIES ce qui eut tont le succès qu’on en devait pr prie |
On voit donc que la vérole ét les écroieltés peuvent causer des
exostoses , soit que l’une de ces maladies précède l’autre; maïs ce qu'il ya de remarquable dans l'espèce d’exostoses. scrofulénses et
véroliques, € est qu’elles suppurent plus. ordinairement que celles qui sont simplement véroliques ; el Vernon de carie -qui y succède est toujours très-fâcheuse.
Dans la petite-vérole il survient dk tumeurs qui se dorminent si promptement en abcès qu'on aurait peine à remarquer les quatre temps que les anciens ont prétendu distinguer dans les apostèmes : puisque souvent la première chose que. l’on aperçoif | c’est, la fluctuation ; et, quoique la matière n’ait pas séjourné, on trouve les os décor É gonflés , et souvent cariés ; ce quipeut venir de deux causes ; ou del’äcreté de la matière, ou de: ce qu’elle se forme sur le. périoste ou dans le corps des os:
J'ai vu. des abcès considérables succéder à: la petite-yérole, et qui avaient découvert les os dans presque: toute. leur étendue; ils fournissaient une si grande quantité ii pus que les malades périssaient
dans le marasme, ou dans la Kacophlogmatie causée par la fonte du sang.
Les exostoses Done être cancéreuses : j'en ai vu plusieurs.
Une femme de cinquante ans , attaquée d’un cancer à la. nie m’appela pour lui donner quelques seCOUrS “celui que je crus le plus convenable fut d’amputer la mamelle : la tumeur RAI) Vaisselle libre , exempte de tout gonflement, les forces de la malade, sa confiance en l'opération, tout invitait à la faire, et semblait assurer du succès ; la saison même n’était point contraire; j'espérais, et elle guérit. Deux mois aprés, il Jui survint une douleur insup- ‘portable au talon sans aucun gonflement ; rien n’était changé dans la couleur ni dans la consistance de la partie : on se servit de tout ce qui est capable d’appaiser la douleur , et rier ne réussit : il parut un œdème aux chevilles du pied ; l'os du talon se gonfla peu à peu; la peau devint rouge et œdémateuse : on fit une incision; le calcanéum se trouva gonflé , découvert et carié ; on Soupçonna,la hole - on passa la malade par les remèdes ; le mial augmenta au point que les malléoles se gonflèrent , et, tout le pied tonibant en gangrène, nous nous déterminâmes à couper la jambe. T1 survint par le canal de a moelle ‘un champignon chancreux , qui fit un progrès considérable en peu de temps ; il devint dur, déuloureux, noir et fétide, jetant une si grande quantité de
sanie puante que la malade ‘succoniba et périt.
Une autre femme beaucoup plus âgée avait depuis long-temps un cancer à la mamelle, dont elle n'était incommodée que de temps à autre; il luisurvint une tumeur à la partie moyenne de la cuisse gauche, pour laquelle élle ent recours à la chirurgie. Dans l’examen que j’en fis j je reconnus que le corps de l'os était gonflé dans toute sa circonférence : trois jours après, il me parut l'être davantage; je jugeai qu’il y avait exostose; les douleurs profondes, continuelles, avec élancemens, me confirmèrent dans cette pensée, ‘et leur persée vérance malgré l’usage des remèdes indiqués me fit croire que l’exostose abcèderait, et que Ja carie en serait la suite. C’est ce qui arriva après deux mois de souffrances si permanentes. qu’elles ne cessèrent que lorsqu'elle se rompit la cuisse en se retournant dans son lit. Une semblable tumeur se forma au bras, et une à la clavicule ; elles fürent moins de temps douloureuses parce que ces os se cassèrent plus tôt que n’avait fait la cuisse.
Il est.facile de s’imaginer quelle était Ja difficulté de mouvoir cette femme pour le moindre de ses besoins. Les matières fécales et les urines attirèrent la gangrène aux fesses et à los sacrum : elle mourut dans © une situation si déplorable que la mort fut ün'bien pour elle.
Une autre mourut d’un cancer qu’elle avait depuis huit ans, ivloéré ‘depuis six mois, auquel on n’avait point voulu faire l’opération parce qu’ il avait été adhérent aux côtes dès son. commencement : je disséquai le dessous pour voir en quoi consistaient les adhérences : je reconnus que tout ce qui devait être glande, muscle où graisse n’était qu une masse de chair uniforme, presque aussi dure que les cartilages. Les côtes qui. servaient d'appui à cette tumeur ulcérée formaient, per 2 cêt endroit, des exostoses, même un peu cariées.
La carie est une iidsdié fort ordiriaire aux cancers. Le cancer du nez est presque aussitôt maladie des os qu'il l’est des chaïrs ; et la carie qui y survient a souvent quelque chose de particulier , que je ne es passer sous silence , -mais que ÿ” “aurai de la peine à déérire et
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à faire entendre à ceux qui n’en 6nt point vu. Ce n’est point une carie avec vermoulure ; il arrive rarement qu xl y ait gonflement comme dans l’exostose ; mais les os s’usent, et s’anéantissent en pièces si petites qu’elles disparaissent sans qu’on s’apercoive des esquilles,
si ce n’est le dernier morceau, qui tombe assez gros parce que la matière attaque la suture qui %e joint à los maxillaire supérieur. Lorsque cette dernière portion de los du nez est séparée ; la portion de l'os de la mâchoire à laquelle elle était jointe ne paraît point cariée; cependant le cancer augmente , et l’os dépérit sans.qu’on s’aperçoive qu’il soit découvert , ni qu’il s'en sépare aucunes esquilles ; ilest au contraire toujours caché par des chairs spon gieuses,.qu'on pourrait,
ce me semble, comparer à la cendre qui cache le Fa j mes consume la mèche et.le büis pourri.
J'ai quelquefois vu tomber les os tout entiers, HA du nez, l’unguis, les lames spongieuses inférieures, et même l'os de la pommette; mais cela n'arrive qu'aux cancers du visage qui attaquent à la fois une. grande étendue de parties : le vomer , l'os ethmoïde, le sphénoïde , le coronal, l'os maxillaire, tombent toujours par parcelles inpércoptibilés, parce qu’ils ont trop d’étendue pour être attaqués. universellement. :
Outre ces exemples que j'ai d’exostoses et de caries cancéreuses , M. Malaval, chirurgien-juré , et très-célébre , m’a fait voir une exostôse cancéreuse qui attaquait les. parties supérieures du tibia et du péroné près du genou; mais, commeil doit panier cette observ ation aupublic, je n’en ferai aucun détail. on
La formation de cette chair sur les os à mesure qu w'ils s’'évanouissent et disparaissent est un phénomène difficile à expliquer ; mais il y a encore plus de difficulté d’expliquer comment se fait la métamorphose des os en chair, maladie que j'appellerai carnification des os parce que, de durs qu’ils sont , ils se converlissent en une substance: toute semblable à à la chair : c’est ce que lon verra par les observations suivantes :
Un homme ‘âgé de pauatel ans était attaqué, depui die hit. ans, de douleurs de tête occupant le front , un peu plus d’un côté que de Vautre: il saignait du nez très-abondamment par les deux narines. Il alla à Forges , et les eaux le soulagèrent un peu; il retourna chez lui, où le saignement et les douleurs le reprirent , ce qui fut suivi de deux polypes dans le nez , et de rougeur aux-paupières de l'œil gauche, à la conjonctive et au grand angle, près du nez. Il parut, sous la peau du grand angle, une pétite tumeur molle, presque sans douleur, diminuant ani on la pressait avec le doigt, parce qu’elle se vidait en partie dans le nez par:le canal nasal , et en partie dans la cavité des paupières par les points Jacrimaux. La matière contenue était une lymphe purulente. On me fit à peu près ce détail dans un mémoire qui me fut envoyé, et auquel j je répondis que, si le malade avait quelque éclaircissement à nous donner à ce sujet ,‘il nous ouvrirait peut-être une voie plus courte et plus sûre pour sa guérison : il prit le parti de venir à Paris; sa présence m’in-
struisit beaucoup mieux , tant par l'examen que je fis du mal extérieur que par une conversation que nous. eûmes, dans laquelle d'appris RES circonstances qui me mirent au fait. Te
Dans l’examen de son mal je fis les obserditibne suivantes :
4° Que l'œil gauche était d’un travers de doigt plus éloigné de la racine du nez que n’était l’œil droit ; — 2° que le globe de cet œil était saillant d’un travers de doigt plus que celui de l’œil droit; — 3° qu'il y ‘avait, au-dessous de la tumeur molle dont j'ai parlé, une autre tumeur plus” dure, résistant au toucher, et qui, loin de s 'effader: par la compression , paraissait beaucoup plus lorsque lon avait vidé le pus de la première tumeur. — 4° Je remarquai à cette, tumeur une pulsation anévrismale. très-considérable:: cette pulsation se trouvait de même au grand angle de l’autre œil, au petit angle de l'œil malade ; et, en touchant du doigt les deux polypes, on la ressentait aussi forte; elle était si considérable que l’on voyait le doigt appliqué'sur l tumeur . être repoussé par cette pulsation, laquelle répoadait parfaitement à celle de Partère, de manière que, en touchant le pour et la-tumeur en même temps, on ytr Fe une conformité si parfaite qu’une intermission de pouls de dix en dix battemens s’observait en même temps au poulset à la tumeur.
Que pouvait-on.penser d’une semblable tumeur et.de son battement sinon que c'était un anévrisme? Ce fut le sentiment de plusieurs;-ce ne fut pas le mien, et j'en. apportai les raisons suivantes : : 4° l’anévyrisme est une tumeur molle. et: celle-ci était dure, — 2° “L'anévrisme rentre; et celle tumeur ne rentrait-point. —.3° L’anévrisme est accompagné de sifflement et de bruissement aperçus par l’ouïe, et même par le toucher ; et cette tumeur n’avait ni l’un ni l’autre. — 4° Je ne pouvais nimaginer que des artères aussi pétites que celles dé celte partie pussent former un anévrisme si considérable. On m'objecta que les plus petites artères. peuvent se dilater extrêmement, et produire de gros. anévrismes : je’ répondis que cela était vrai, mais qu’elles n’ont point de pulsation, ou qu’elles en ont si peu qu’elle ne s'aperçoit pas au toucher , ce qui n’était point dans la tuméur dontil s'agissait, a laquelle la pulsation se trouvait aussi forte que celle des artères carotides. Voici quel fut. mon sentiment : :
Je pensai que la maladie était nn vrai sarcome, je veux dire un Corps EL qui, formé dans les lames spongieuses de lethmoïde, avait er ets était porté de différens côtés. 6
Le malade s’est trouvé enchifrené dans. les commeñncemens DEEE que. la diamètre des narines se trouvait ‘diminué par, le volume de l’excrescence, et que d’ailleurs il était survenu gonflement à la membr ane pituitaire en conséquence:de la compression que cette tumeur. causait aux vaisseaux sanguins : < cette compression a été cause de la doulèur de tête et des saignemens de nez.
On sait que la communication des veines intérieures avec les extérieures est établie pour que ces vaisseaux se rendent des secours réciproques en se servant mutuellement de décharge : si les vaisseaux intérieurs de la partie du cerveau voisine du mal ne peuvent se dégorger dans! les vaisseaux, que, la partie malade tient bouchés , il doit, par cela seul, y avoir embarras dans le cerveau.
Si les douleurs de tête paraissent, inséparables du mal dont il s’agit, doiton s'étonner du saignement de nez, quirevenait souvent et abondamment parce que, les vaisseaux dela membrane pituitaire. étant comprimés , ils se dilatent, deviennent variqueux, Se crèvent, et Jaisgent ‘épancher puis ou moins de sang, selon qu’ils ent plus ou moins de diamêtre?° |
‘Le malade fut soulagé par les eaux de Forges parce qué ces eaux rendiren
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le sang plus coulant : les obstructions diminuérent, et eurent moins de prise sur les vaisseaux dans lesquels la circulation se faisait mieux ; malgré même la compression qui restait encore. # paie
L’accroissement de cette chair a-pu canser aussi la douleur de tête par ellemême en faisant effort pour se loger aux dépens des parties voisines, qui, comme on sait, sont d’une sendibitité très- grande. La’ rongeur des paupières était causée par la compression des vaisseaux qui servent au retour du sang qui les parcourt: Le larmoiement n’avait d’abord que deux causes ; savoir : le retour -du sang interrompu dans la glande Tacrymale , et le gonflemient des paupières et des points lacrymaux : par la première il se produisait plus de larmés; et, par la secondé,, leur écoulement dans le nez ne pouvant se Dre ; les sand débor daient les paupières , ét tombaient sur la joue.
Par la suite l’excrescence de'chair , augmentant, a été une troisième cause de la rougeur des paupières et dü tanMétététe non-seulement parce que Ja compression des vaisseaux a été plus forte, mais encore par la compression du sac nasal et des*points lacrymaux. De plus. il’ s'est fait inflammation dans la cavité du sac lacrymal, et il y avait ce qu’on nomme impropreément fistule lacrymalé:, où platôt dilatation du sac lacrymal. Dans les commencemens, en comprimant cette tumeur, ellé ne se vidait que par lenez:cen ’a été qu’au bout de quelques mois qu’elle a commenré de se vider aussi par les points lacryniaux. C’est cette tumeur molle dont nous avons parlé, laquelle, étant entièrement vidée , faisait voir la tumeur dure, que , sans cela, on n’apercevait point à la vue , mais séulément en la touchant : celte tümeur dure et plus grosse avait été prise pour une'tumeur OCT TRE EN à cause de son battement ; cependant ce n’en était pas une, ainsi que je l’ai déjà annoncé, et que je vais le confirmer en rendant raison Eh il y avait pulsation, et pourquoi les autres sigñes d’anévrismes ne s’y rencontraient pas.
Pour feñüre raison de ce fait ik faut établir pour une ee constante que lesos peuvent devenir de la chair; je ne veux pas seulement dire qu’ ils peuvent s’amollir » comme on le voit dans ‘le rachitis, et comme il est rappor té dans les mémoires, journaux et traités particuliers au sujet des maladies des 05, je veux dire que les os peuvent acquérir la-même mollesse que la chair; qu alors ils sont pénétrés, par le sang, non comme tous les os le sont us leur état naturel, mais comme les viscères , les glandes et autres parties; qu’au surplus on les coupe avec la même facilité : ils ne résistent point aux faibles efforts d’un iûstrument tranchant ; on n’y découvre aucune fibre osseuse ;el, en un mot, ils sont tels que, séparés du corps, PEOE ne peut leur refuser le nom de chi
Revenons à la tumeur de notre malade. fe dis que cette tumeur avait sa racine à l’os ethmoïde : cet ps était carnifié aussi bien que les lames osseuses du nez et que les os planum et unguis : le cerveau, frappant sur l'os ethmoïde carnifié, Jui commüaniquait son BattéEnt et, comme cet os touchait la base et la raditié de cetté tumeur , le battèthehtt répondait à tous les endroits où cette tumeur avait porté ses branches: on le sentait en touchant les deux HE et.en “por tant le se ré es narines. * ge.
Cette maladie est Hé pétiliére! je l'avoue ; mais ; tout extraordinaire qu’elle paraît, il ne sera pas difficile d'en concevoir la pos sibilité quand j'aurai rapporté les CHAINE ani m'ont assuré du fait dont il s’agit : edge cf AUntf Run
4° os, IL y à plus de vingt-cinq années que je pansai un soldat qui avait une tumeur de la grosseur d’un œuf sur le cou-du-pied , prés de son articulation avec la jambe : elle faisait saillie sous la plante du pied ; l’aponévrose qui couvre les muscles avait résisté, et contraint la tumeur de s'étendre et de se manifester sur les côtés. Cette tumeur s’ouvrit; elle fut long-temps pansée sans fruit, et on se détermina à couper la jambe parce que l'articulation s'était abterivées, et que le tibia et le péroné n'avaient pu être à l'abri du progrès rapide de cette tumeur. L’amputation faite, je disséquai le membre pour m’instruire; et, dans tout ce que comprenait la tumeur, je ne trouvai de partie solide que les cartilages quicouvraient les surfaces par lesquelles les os s’entretouchaient; toutes les parties osseuses avaient la consistance de glandes sans aucune fibre osseuse, si ce n’est à quelques-uns des os les plus éloignés du centre de la tumeur, auxquels je trouvai quelques endroits qui n'étaient pas encore carnifiés, mais qui l’auraient êté pour peu qu’on eût tardé à faire l’opération.
2° os. M. Morand le père fit une amputation de la cuisse à laquelle j'assis= tai. Après l'opération, nous disséquâmes l'articulation du genou où était la maladie qui avait engagé à couper ce membre; nous trouyâmes que les condyles-du fémur, l’'épiphyse du tibia et la rotule avaient la consistance de chair molle ; et tous "les cartilages , tant de Ja rotule que des condyles du fémur et des cavités du tibia, étaient dans leur dureté naturelle; ils étaient seulement émincés, et même fendus en quelques-endroits, parce que les os qu’iïs recouvraient avaient augmenté de volume en devenant chair.
3° o8s. Une tumeur au carpe, près de la’ racine du pouce, se. manifestait sous la forme de loupe : on appliqua des fondans et des résolutifs pendant un temps considérable, sans aucun succès : au contraire la tumeur augmenta. M. Maréchal, premier chirurgien du roi, m’assista, et m’honora de ses conseils : il fut d'avis que j’attaquasse la tumeur avec les causliques : par ce moÿen.on découvrit que tout le carpe était maléficié, et que les os n’avaient aucun soutien; le reste des os du carpe s’altéra de même ; de sorte que, pour conserver la vie du malade, on fut obligé de lui couper le poigret. Je disséquai la main, et je trouvai que tous les os du carpe étaient carnifiés, excepté les deux qui font ia jonction avec l’avant-bras ; tous les autres étaient devenus chair assez molle , hors leurs cartilages; j’ai même conservé-celte pièce.
4° os. M. Boudin, chirurgien royal de Laval, provinee da Maine, vint à Paris pour se faire traiter d'ine tumeur qui occupait lé dedans de la main, et passait au dehors eñtre le pouce et l’os du métacarpe qui soutient le doigt indicateur ; de plus elle se montrait aussi à l'endroit de l’6s du métacarpe qui soutient le doigt du milieu. On lui conseilla l’amputation de la main; mais le besoin qu’un chivtrsten a de sa main l’empêcha d’ y consentir : il aima mieux , au plus grand risque de sa vie, souffrir que-je lüi disséquasse la main pour séparer la tumeur des tendons dont elle était traversée. Après l’opération, on reconnut que l’os du métacarpe qui soutient le doigt médius, étant devenu chair , formait le centre de la tumeur, et ne faisait aucune ince à l’instrument tranchant, ni même au Mdanssoie dont je me servisencelte occasion; ce qui fut encore vérifié par l'ouverture de son cadavre. *
‘5° oss. Il y a huit ans que M. Leauté, mon confrère, m’appela pour assister à uné opération qu’il fit d’une tumeur au-dessous de l'œil , à d’endroit où se Soient Vos de la mâchoire supérieure et celui de la pommette. Cette tumeur, qui, en APPSPORCE, n’était pas plus grosse qu ’une noix, entrait dans la bouche, dans le sinus maxillaire et dans l'or bite, d’où elle avait éloigné l'œil, lui faisant faire saillie en dehors d’un grand travers de doigt. On emporta ce que l’on put
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de cette tumeur , sans trouver aucune résistance, de la part des os, soit pour entrer dans le sinus maxillaire, soit pour,trouver la communication dans la bouche ; ou.pour la suivre dans l'orbite; ce qui montrait bien que les os étaient carnifiés , ainsi qu’il fut prouvé après la mort du malade. On trouva que les os planum, unguis, une grande partie de los de la pommette et de los maxillaire, avaient la consistance de chair, ne résistant point à Pinstrument tranchant, pas même aux doigts, qui les pénétraient avec assez de facilité. On entrait de même dans le crâne en poussant, le doigt à travers les os cribleux et sphé= noïde, qui, ayant perdu leur dureté, ne résistaient que comme une chair moins ferme que facile à pénétrer. - pfétems à k 6° ons. Il y a vingt-sept on vingt-huit années que M. Maréchal, premier chirurgien du roi, pour lors chirurgien en chef de la Charité des hommes, et toujours le premier dans l’exercice de son art, me fit voir un jeune homme de vingt ans qui avait l'œil gauche proéminent , et jeté en dehors de plus d’un travers de doigt, en conséquence d’une tumeur qui paraissait au grand angle de l’œil, accompagnée de douleur de tête, d’étourdissement , de larmoiement de l'œil, et de sécheresse de la naine du même côté. Ce célèbre chirurgien attaqua cette tumeur avec un grain de cautère, L'escharre fut incisée jusqu’au fond : il sortit deux ou trois cuillerées’ de lymphe un peu roussâtre ; l'œil se remit presque dans son lieu naturel. Louis-le-Grand, de glorieuse mémoire, perdit M. Félix, son premier chirurgien, et choisit, pour occüper cette place, M. Maréchal , que le public n'aurait vu le quitter qu’à regret s’il n’avait pas . chéri la santé de son monarque plus que la sienne : comme ses occupations près du roi lui firent perdre de vue une maladie si particulière , il me saura gré de la rappeler à sa mémoire , et d’en faire part au public. . Les chairs brûlées par la pierre à cautère étant tombées ; on crut, voir cicatriser la plaie; mais, huit ou dix jours après la chute des escharres, il parut, dans le milieu de l'ouverture , une éminénce qui semblait être une vessie par sa mollesse, sa surface unie et sa facilité à rentrer ; elle fut ouverte avec une lancette; l’humeur qui en sortit était semblable à lapremière, mais un peu plus abondante. Deux jours après, il en parut une troisiènre, qui fut ouverte de même; il en sortit peu de chose. L’œil s’éloigna du nez,.et devint saillant en dehors commeil l'avait été dans les commencemens; la tête devint pesante; la fièvre s’alluma, et, en peudetemps, lemalade mourut dans l’assoupissement léthargique. À l'ouverture du crâne je ne trouvai rien de particulier au cerveau. Je remarquai seulement que la dure-mère, qui couvre le lobe moyen et inférieur du cerveau, était soulevée considérablement ; ce quim’engagea d'enlever tout le cerveau pour examiner plus aisément la cause de l’élévation de la duré-mère: je levai peu à peu cette membrane en la détachant des os du crâne jusqu’environ ie milieu de la partie écailleuse de l’os des tempes, où je la trouvai d’une adhérence qui la confondait avec l'os, qui me parut en celieu cartilagineux ou charnu; ensuile je.coupai la partié supérieure du bord de l'orbite; et, quand j'approchaï de la portion dy,coronal qui ferme la voûte de l'orbite, je la trouvai aussi cartilagineuse ; puis, ayant levé la dure-mêre avéc le scalpel, jé trouvai trois hydatiques ou vessies pleines d’eau roussâtre; elles avaient chacune la grosseur d’une noix : l’une était dans l'orbite; l’autre, moitié dans l'orbite et moitié dans le crâne; et la troisième était dans Ja partie de la cavité du crâne formée par l’os des tempes, la base de l’os sphénoïde et la moitié de l’apophyse pierreuse. Ces portions d’os et celles qui forment le trou optique avaient la consistance de chair, plus ferme en certains endroits et plus molle en d’autres, de manière que cette disposition régnait depuis l’apophyse pierreuse jusqu’au
grand angle de l'œil : los unguis, l'ethmoïde et l'os planum étaient carnifiés.
Cetté métamorphose n’est pas plus difficile à expliquer que l’ossification des chairs; et qui peut dire comment les chairs se changent € en os pourra bien dire comment les os se conver tissent en chair.
Des Signes diagnostics d l'Exostose,
L'exostose bénigne n’est pas difficile à distinguer, surtoutsilon a l'indice de quelques causes externes, et que l’on n’ait point lieu de soupconner quelques-unes des maladies qui les causent ordinairement.
Un coup peut être cause de cette espèce d'exostose ; et, si les signes de scorbut, de vérole et autres causes internes ne s’y rencontrent point, ni quelques-uns des symptômes qui accompagnent ces maladies ,.alors on peut.croire que l’exostose est bénigne. Ce n’est pas qu il ne puisse arriver quelquefois des accidens fâcheux en conséquence d’une exostose bénigne, surtout lorsque la tumeur se trouve
placée près de quelque partie qu'elle incommode par sa figure ou par son volume.
il 5 * J'en aï, par exemple, vu une qui s'élevait perpendiculairement sur la partie postérieure et supérieure du condyle externe du fémur : elle ne causait aucune douleur lorsque le malade était debout ou assis, ni même lorsqu'il marchait doucement; mais, quand il marchaitavec vitesse, il sentait de vives douleurs, et s’apercevait d’un bruit de cliquetis que produisait le passage brusque du tendon du biceps par-dessus la tumeur, ce tendon se trouvant dans la partie antérieure de Pexostose lorsque le malade avait la jambe alongée , et dans la partie postérieure lorsqu’il l'avait pliée, de manière que, en mbetaues le tendon passait alternativement de devant en arrière: quand la jambe se fléchissait , et de derrière en déyant lorsque la jambe s’étendait.. Quand le malade marchait lentement, ce passage se faisait avec douceur, il ne soüffrait point;au contraire, lorsqu'il courait ou marchait vivement, le frottement du tendon contre l’exostose était bruyant, rude et douloureux.
Une exostose bénigne ne cause Sin de douleur par He He - £ et la peau qui la couvre n’a ni enflure ni rougeur. J'en ai vu une au borû supérieur de lorbite, du côté du petit angle de l'œil , laquelle avait élevé la paupière, et faisait sur. le globe de l'œil une si grande-saillie que les cils de la paupière étaient sur le sommet apparent de la tumeur , et la partageaient en deux, de manière que la moitié. supérieure 6 tait couverte par là peau de la paupière ; l'inférieure, appuyant sur Le globe de l'œil, était couverte par la conjonctive. Lé malade , dévért louche, voyait les objets doubles.
L’exostose que le soldat dont ÿ ai parlé.ci-dessus avait sur l’os des tempes ne lui causait aucune douleur ; Mais il était un peu gêné lorsqu il ouyrait la. bouche ; -parce que le muscle crotaphite était extrêmement tendu par: Ja on qui le soulevait ;'et il tournait la tête pour voir. les: objets qui. étaient de ce côté, DATES que la tumeur faisait une UE qui bornait sa vue. ré !
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Celle du jeune homme qui appartenait à S. E. Msr le Cardinal de Rohan ne causait aucune douleur; la difformité fut la seule chose qui l’engagea à se la faire extirper. Mais cette raison n’est pas suffisante pour nous déterminer à faire une ARAFAIAN dont les suites peuvent être aussi fâcheuses. x
Ilarrive des exostosés auprès des articulations qui peuvent, en augmentant, détruire le mouvement ou le’diminuer beaucoup en prescrivant aux têtes des os des bornes trop étroites. Une exostose à la malléole interne fut reconnue bénigne par la cause qui lavait produite , puisque c'était un coup de boule , ét encore mieux par ses suités , qui ne furent point fàächeuses, puisque le malade, qui la portait depuis quinze ans, n’en avait senti d'autre incommodité que la raideur du mouvement de son pied dans la flexion Seulement.
Onen pourrait rapporter bien d’autres que la mémoire ne rappelle point; mais je crois en avoir assez dit pour apprendre c à distinguer les exostoses bénignes d’avec les autres.
Je crois que ces exostoses bénignes sont de la même nature que le cal , et quele cal difforme pourrait passer pour exostose bénigne, puisqu'il ne blesse ordinairement que par sa grosseur , sa figure et sa situation.
L’exostose causée par le vice du périoste a presque toujours des signes préliminaires : un coup, une chute , un ancien ulcère , et surtout lulcère variqueux, un gonfiement douloureux , une enflure œdémateuse, précèdent ordinairement les vices du périoste.
Sur l'os de la jambe on voit survenir des tumeurs plus ou moins grosses ; il y à peu de gens qui n’en aient observé. J'en ai vu une qui s'était élevée de quatre lignes comme une apophyse styloïde placée sur le milieu du tibia ; elle avait causé des douleurs très-vives dans son commencement : c'était peu de chose lorsque je la vis pour la premiere fois ; les vives douleurs ont peu à peu diminué au up qu’à présent cette tumeur n’en cause aucune.
Il est rare que les ulcéres anciens r’altérent ou ne relàchent le périoste : s’il est enflammé et qu'il suppure, il arrive ordinairement carie; et, s’il n’est que relâché, los se gonfle , et fait exostose par les raisons que nous avons dites dans son lieu. Hippocrale a fait cette remarque lorsqu'il a dit que les ulcères voisins ii o$, qui durent un an ou plus , altèrent l'os et le cariént. ML
Les vieux loups (ulcères des jambes) soit Ducs M aunines d enflures du corps de l'os ; et j'ai plusieurs fois disséqué des jambes de gens qui en avaient eu’, ‘auxquels j j'aitrouvé cette enflure. J'ai un tibia dônt la partie moyenne est moitié plus grosse qu’elle ne devrait être : à la vérité je ne suis pas assuré que la personne fût exempte de vérole : cependant je crois que cette enflure de l'os n’était point vérolique , d'autant que cette personne n’en avait aucuns signes ; - elle avait un ulcère calleux à la jambe depuis dix ou douze ans.
Les ulcères variqueux sont encore plus souvent accompagnés d’altération du périoste et de l'os quand ils en sont voisins , parce que la varice n’est pas seulement la dilatation des vaisseaux apparens, mais de tous les petits vaisseaux capillaires qui doivent se dégorger dans les gros ; c’est même en partie la raison Pour laquelle les varices sont presque toujours accompagnées d'œdème, Or, si cette disposition variqueuse et l’œdème arrivent aux vaisseaux du périoste, on conçoit bien que le ressort de cette membrane se relâchera, et que l'os s ’altèrera. Je juge de même de l’œdématie qui ue longtemps sur l'os , parce qu’elie produit le même effet.
On détiaitré que la maladie du périoste est un œdème iotiQié elle est fixée et circonscrite dans un certain espace sans qu'il y en ait d'ailleurs quand la peau n’est point enflammée ; et qu'il n’y a point ou irès-peu de douleur.
J'ai plusieurs fois vu cet œdème sur l'os de la jambe , ne paraissant point sur les parties latérales : il n’est pas si apparent que l’œdème ordinaire; il commence profondément, et s'étend ensuite à l’extérieur. Lorsqu'il commence , la peau est vacillante par-dessus ; Si l'on appuie le doigt lébéremeñt la marque ne réste point ; sil’on appuie plus fort, elle reste, mais elle ne dure pas long-temps : et, sitôt qu’elle disparaît , si l’on remue la peau en appuyant légèrement , on sentira l’enfoncement de l’œdème du périoste qui reste fixe et immobile pendant qu’on fait passer et repasser la peau par-dessus avec facilité. Cela vient de ce que la sérosité qui remplit les cellules dé la graisse en est exprimée, et y rentre plus facilement que celle qui occupe les cellules du périoste.
Tous ces signes sont ordinairement suffisans pour nous faire ; juger qu’une exostose est’ bénigne; mais, si les signes de vérole, de scorbut et autres sont évidens, alors, quoiqu’un coup ou autre cause extérieure ait précédé, on a. lieu de soupçonner une cause intérieure, et l'on doit au moins suspendre son jugement jusqu’à ce que lon ait plus amplement examiné , et qu'on puisse judicieusement se déterminer. É .
Signes que l'Exostose est rachilique.
On connaît cette -exostose à ce qu’elle se trouve accompagnée de symptômes du rachitis, comme nous allons nous en expliquer dans un traité particulier qui va suivre cette manière, J'ajoute ici que l’exostose rachitique attaque les jeunes gens, qu ‘elle ne disparaît pas toujours quoique le rachitis soit guéri. On voit des personnes qui ont été nouées qui restent difformes toute leur vie, et qui. d'ailleurs se portent bien; de celles-là il y en a qui ne sont contrefaites que par la courbure des os, et d’autres par le gonflement des épiphyses, qui n’a pu se äissiper et se fondre malgré l’effort de l'art et de la nature. |
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Les exostoses rachitiques ne sont pas en petit nombre comme les autres : elles se trouvent presque dans tous les os spongieux de l'épine et des jointures.
Les autres exostoses causént ART de douleur fans leur comméncement , encore plus quand elles augmentent : les douleurs cessent quelquefois quand elles sont entièrement formées, cessent toujours lorsqu'elles se dissipent. Au contraire les exostoses rachitiques ne causentpoint de douleur depuis leur naissance jusqu’à leur entiére formation ; mais elles en causent de vives et cruelles quand elles se dissipent, et ces douleurs sont quelquefois par reprises, d’autres fois continuelles ; ce qui peut venir de deux causes : la première, de ce que Pœdème cesse au périoste avant que le COrpS de los. gonflé soit rétabli; de sorte que l'os toujours gonflé s'oppose au resserrement des fibres du périoste ; ainsi, la: tension douloureusé du périoste doit être à peu près la même, soit que l'os s'élève contre le périoste, comme il arrive dans les exostoses ordinaires, soit que le périoste s’approche de los gonflé, comme il arrive dans les exostosesrachitiques. La seconde cause de cette douleur est que les membranes de la moelle et du suc médullaire sont peut-être
pressées par le resserrement des fibres osseuses de l’exostose qui se dissipe. Quoi qu'il en soit, ce qu'il y a de certain c’est que les enfans souffrent de vives douleurs lorsque leurs nodus commencent à à se dissiper.
Signes qui doivent accompagner ou précéder l'Exostose scorbutique.
Les signes qui caractérisent cette maladie sônt tous ceux qui annoncent l'affection mélancolique et hypocondriaque , dont le scorbut est ordinairement la suite. Les signes propres de cette maladie sont les lassitudes etles douleurs dans les bras et dans les jambes, la sputation fréquente et fétide , l’haleine trés-mauvaise ; la salive est épaisse, visqueuse et puante ; les dents sont molles, c st dire que, mal affermies par les gencives et par les alvéoles , elles n’agissent point avec force sur les alimens; les gencives se gonflent, deviennent rouges, brunes, puis noires ; il en suinte une espèce de suppuration séreuse d’une odeur insupportable ; elles saignent, et croissent au point dé cacher les dents en les surpassant de beaucoup ; : les gencives se séparent de la dent, l'abandonnent , et, parce que les alvéoles en font autant , les dents branient, et tombent même avec, facilité. Les alvéoles se découvrent, se carient, tombent en pourriture si le mal persévère, ‘ou elles tobent par exfoliation si le mal se guérit.
Les hypocondres sont douloureux , la tête est pesante, et toutes - les fonctions de l'ame semblent blesse surtout Yimagination, qui fatigue le malade et ceux qui le soignent ; il sent des douleurs dans les bras et dans les jambes , des lassitudes et des faiblesses dans les
membres, Souvent les malades ont des crampes D rene : s ils maigrissent ou devienaent. bouffis ; ; leur : visage: est plombé, et leurs yeux, par une espèce d'égarerent. j montrent l'inquiétude et la frayeur dont ils sont saisis. Le saignement du nez est trés-ordinaire ; : les hémorrhagies, dans les plaies et dans les ulcères scorbutiques ; sont un symptôme très-fréquent; les ulcères de la bouche sont presque inséparables , surtout ceux qui se forment autour des gencives ; il s’en forme aussi à [a langue, au osier, aux joues et au palais : on en a vu qui ont percées j joues de dedans en dehors. À
Les jambes n’en sont point exemples ; etlon peut, dire que , après . Ia Bouche et le néz, elles sont les parties que le virus scorbutique attaque le plus ordinairement:
On a vu , dans le commencement de ce dbabitel , que presque tous les os du. corps, ou du moins le périoste, en étaient alfaqués, puisque, dans les: scorbutiques de l’hôpital de Bovigne dont j'ai parlé, il s’en est trouvé qui avaient presque tous les os du corps séparés de leur | périoste.
Je n’aurais jamais : fait- si je voulais rapporter les diftérens symptômes qui accompagnent le scorbut ; et, si lon veut s’en rapporter aux discours que la crainte fait tenir à ceux qui sont attaqués de cette maladie, iln’y a point de maux qu'ils ne ressentent. Personne ne se plaint de quelque maladie qu’ils ne croient la ressentir : aussi peut-on dire que personne n’a plus Gë foi qu’eux à la médecine ; mais malheureusement ils la croient trouver partout et sans disfinction. La plupart passent de charlatans en chariatans jusqu à ce que la guérison ou la morten décide.
C’est donc par ces signes ou par quelqu'un dut que:l’exostose ou Ja carie scorbulique doit être reconnue. Je ne traiterai pas de tous, ce n’estpoint ici le lieu de le faire; mais, comme les taches scorbutiques n’ont pas été suffisamment caractérisées par les auteurs, j'en dirai deux mots en faveur des jeunes gens, qui, faute de iumiéres Ca pe raient les confondre avec d’autres.
Il paraît des taches quelquefois ‘par tout le corps, PA pe fois aux jambes seulement. Les taches scorbutiques sont de quatre espèces : les unes sont livides ou. violettes ; et sé étendent beaucoup ; celles-là n'arrivent guère qu'aux braset aux jambes, ou aux parties génitales jusqu’ aux environs de l'anus : j'en ai quelquefois vu aux paupières , qui les rendaient semblables à ce qu'on nomme vulgairement l'œil poché au beurre noir. J’ai vu de ces taches pluslarges que la main ; j'en ai vu même qui occupaient tout un membre :{cette noirceur est une vraie ecchymose ; le sang arrêté dans les vaisseaux ne peut y couler librement : il en déchites et rompt quelques-uns ; ils’épanche et s’étend plus ou moins, ce qui fait la tache noire ou violette; cela EE aussi de la couleur du sang plus ou moins foncée. ‘
Cetie noirceur alarme ceux qui n’ont'point l'expériencé des re-
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mèdes qui la dissipent : plus d’une fois. elle a été prise pour une noirceur gangrénèuse ; il est. cependant, facile de distinguer lune de Vautre: La noïrceur scorbutique. est moins s brune que la gangréneuse, elle tire sur le violet, et quelquefois. € on y distingue des petits points rouges, etmême des ‘endroits qui ont la couleur naturelle de la peau; la noirceur gangréneuse ne se dissipe point, et, celle-ci.se dissipe ; onla voit diminuer peu à peu, ét l'autre augmente au gontraire peu à peu, et quelquefois avec promptitude. Lorsque l'on touche la peau noircie par le scorbut , le malade sent qu'on le touche, ei celui qui a
la peau noircie par a gangrène ne le sent DIR vd, s La noirceur gangréneuse a Ordinairement € des’ bornes plus régulières que celle qui est scorbu tique. «
A propos de la couleur de la peau dans la gangrène, je rapporterai une observation : que j'ai faite sur un nègre appartenant à un père jacobin qui revenait du Pérou.