‹ Œuvres complètesChapitre 82 sur 140 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

DE LA CHARTRE ou RACHITIS. |

LE rachitts est ‘une maladie presque particulière aux S ENFANE dans laquelle on remarque qu’ordinairement ceux quien sont attaqués ont l'esprit plus vif et plus pénétrant que les autres,, les organes des sens bien disposés, la face pleine et nourrie , la tête grosse , le. teint vermeil ; ils mangent beaucoup et avec appétit : le foie et la rate sont d'un Solnñie considérable ; leur couleur et leur consistance sont naturelles , et leur cœur "Dasait sain, pendant qu'ilse passe. ailleurs mille désordres qui rendent ces pauvres enfans l’objet de l'étonnement et de la pitié.

Ils sont maigres, desséchés , et comme décharnés. dans toutes les autres parties de leur corps. L’épine. se courbe ; les. jJointures serelâchent ; les os deviennent mous ; les épiphyses et presque | tous.les. os spongieux ‘s'enflent, et forment des nœuds ou nodus ;. les : sutures sont écartées ; la uteile est membraneuse ; les côtes. sont déprimées ; les omoplates etles os des îles sont épais, rétrécis et comme rep RES; ; les grands os se courbent;. ce qui rend tous les membres contrefaits ; et enfin, quand on ouvre ceux qui en meurent, on trouve que les poumons adhérens à Ja plèvre sont livides, squirrheux ,

remplis d'abcés, et presque toutes. les glandes conglobées gonflées. d’une Iympüe épaisse.

Des Causes du Rachilis.

Toutes les Are n’ont que deux sortes de causes, dont tes unes sont en nous, et les autres sont au dehors. Celles qui sont en nous ne doivent être considérées que comme des causes’secondes, ou, pour mieux dire, comme les effets des causes extérieures. En-effet le vice. des esprits:, du sang , de lalymphe.et desautres humeurs, que mous considérons comme des causes internes , ne sont que les effets du vice de l’air, du déréglement des saisons, de l'excès ou de la mauvaise:

qualité des alimens, du grand tavail ou de Fextrême repos, du profond sommeil ou des longues veilles , # “stage aNéa du a A ment de nos passions.

Cela étant, nous devons téhéder qe cünises de toutes nos maladies dans le mauvais usage de quelques-unes de ces choses, que: les anciens ont nommées choses non naturelles. vi

‘Pour parvenir au dessein que je me suis proposé je dis 1° que leur mauvais usage altère les humeurs ; 2° que les humeurs altérées d’une certaine manière produisent la mollesse dans les os ; 3° que cette mollesse empêche la distribution réglée des esprits dans certaines parties par le désordre qu’elle produit dans Pépine ; #° que les esprits animaux interrompus dans leur distribution donnent occasion à la. maigreur des parties molles où les nerfs quiles portent vont aboutir; 5° que la mollesse des os etla compression des nerfs sont des causes occasionelles de leur courbure et de tous les autres phénomènes.

Je commence ‘par rechercher les causes primitives qui ont pour effet lé vice des humeurs : j’en reconnais particulièrement cinq aux

-enfans; savoir : les régions et climats différens ; les dents, qui doivent sortir ou qui sortent; les vers, auxquels ils sont sujets ; le vice du lait et des autres alimens , et Je changement de DRE EN quand on les sèvre.

Les régions ont beaucoup de part au vice des NES qui cause le rachitis, puisque nous voyons que celte maladie règne particu- Hiérement ‘dans la France, la Flandre, là Hollande et l'Angleterre plus que dans les autres climats de l'Europe.

Lorsque les dents commencent à pércer, les enfans sont en danger de devenir richais à cause de ja douleur qu'ils ressentent, qui peut être occasionée par deux causes principales : l’une considérée de la part de la dent , laquelle se trouve garnie de plusieurs petités pointes qui sont autant d'aiguitlons lesquels, en percant et déchirant les fibres nerveuses des gencives, , causent des douleurs très-vives ; l'autre considérée par rapport aux gencives quarid elles sont dures , parce qu elles résistent davantage aux efforts que font les dents pour sortir : d'où il s’énsuit que les fibres nerveuses qui ‘les composent en sont plus rudement ébranlées , ce qui rend la douleur plus violente.

Cette douleur peut causer le rachitis en deux manières : 1° parce qu ’élle causé des cris, de la fièvre, desi insoranies et des convulsions; accidens si funestes aux enfans que rien n’est capable de troubler davantage la chylification , de diminuer les forces, &’altérer les humeurs, et d'empêcher leur distribution réglée. — 2° Les gencives,

enflammées par les irritations des dents , font que lès enfans rémuent souvent les mâchoires pour presser les gencives les unes contre les autres , apparemment pour s’épargner de la douleur, puisque l’on voit ces pauvres innocens soulagés quand on leur passe et'repasse doucement le doigt sur les gencives des dents prêtes à percer ; etl’on

remarque qu'ils restent long-temps autéton, moins pour téter que pour mordre doucement le mamelon , et lepromener sur leurs gencives douloureuses. — Enfin ils portent tout indifféremment à leur Bouche: pour se satisfaire ; et les, mouvemens réitérés de leurs mâchoirescompriment les glandes salivales, d’où.vient que la salive leur coule en abondance-dans la bouche, delà dans l’estomac.etdansles intestins, où elle produit le cours de ventré, qui , joint aux accidens que la douleur seule a causés , mettent ces enfans dans un état pitoyable.

Les vers produisent de si grands désordres que:les enfans qui en sont attaqués: n’ont qu'un Sommeil interrompu; ils serrent les mâchoires en dormant; ils ont des mouvemens convulsifs dans les extrémités, des. tranchées trés-vives, qui cessent quelque temps: après qu’ils ont. mangé; ils se frottent.souvent le nez parce qu'il leur démange ; leur-ventre.est gonflé ; leur teint tantôt rouge , tantôt pâle ; ils deviennent maigres ,.etont un appétitidévorant, une toux sèche, etleur bouche-est toujours pleine de salive. Ils n’ont qu’un sommeil interrompu: parce qu'à chaque instant les vers irritent les membranes des intestins, et causent des reflux. dons qui les agilent, comme -il va être-expliqué ci-après,

Les tranchées vives viennent de. Pa Hem : 1e. du mouvement des vers contre les parois des intestins , qui fait, à leur égard, mais, avec bien-plus d'efficacité, ce que fait une plume ou une paille. que l'on passe et repasse sur le bord des lèvres ; — 2 du picotement que ces insectes causent en mordant ou pinçant. peut-être parleurs dents, puisque l'on voit des vers percer. des planches:et.des. pierres; les fruits mêmes et les graines à noyaux, les noix , les avelines: et les noisettes ensont percés. —.3° L’impression de la tière vermineuse, contre les. parois des intestins est: capable de 5, ces tranchées par. l'aigredoux qui s’y rencontre.

C'est de l'action de ces insectes contre les: membranes. des intestins, -et-de l’action. de la matière vermineuse contre ces mêmes membranes , aussi bien que de l'introduction de cet aigre-doux dans la masse du sang, que je tirerai l'explication des autres phénomènes.

Les tressaillemens. sont causés par la sensation douloureuse en conséquence de l’ébranlement des nerfs, qui cause. un reflux des esprils. animaux , lesquels. réfléchissant fortement. dans d’autres nerfs, produisent ces. tressaillemens. et même les convulsions qui arrivent aux muscles où. ces nerfs vont aboutir. Si ce, reflux. se fait dans: les nerfs du bras, il y aura des mouyemens, convulsifs ét des tressaillemens. dans le bras : s’il se fait au nerf des yeux, les: yeux seront en convulsion ; ; S'il se, fait à ceux. des Jèvres, il yaura une espèce de ris landonique; s il se fait enfin aux nerfs qui ,commmu- . niquent aux muscles qui meuvent les mâchoires , ce reflux sera suivi d'un grincement de dents,

La matière vermineuse cause les convulsions , les. iressaillemens

et mouvemens convulsifs ; rentrée dans la masse du sang , elle agit sur les membranes nerveuses , et y cause des irritations qui sont suivies detous ces accidens ; mais de plus cet aigre-doux , ‘circulant avec le sang, peut. être filtré par certains couloirs, où il cause différens symptômes ; car , s’il est porté aux glandes “du poumon, ik cause la toux sèche, parce qu’il picote les vésicules pulmonaires. De: cette toux il s'ensuit que le teint de ces enfans est tantôt rouge et tantôt pâle ; il est rouge quand ils toussent, parce que les contractions de la poitrine et dés muscles du bas-ventre pressent les poumons, ce qui fait que le sang est arrêté pour un instant .dans les sous-clavières et dans les vaisseaux de la face. Au contraire le teint devient pâle lorsque la toux cesse , parce que le sang arrêté au visage reprend son cours par les jugulaires et sous-clavières. — Leur bouche est mouillée de salive parce que cet aigre-doux picote les glandes: salivaires, ce qui les oblige à se vider plus abondamment dans la bouche. De plus les muscles des mâchoires, des lèvres et des autres. parties voisines; qui sont dans des mouvémens convulsifs , compriment plus souvent ces glandes, ce qui cause la sortie de cette liqueur qu’on leur voit découler de la bouche. —IIs se frottent le nez parce qu'ils y séntent une démangeaison , laquelle est produite par l'aigredoux qui s’est filtré avec le mucus du nez, qui picote la membrane pituitaire ; et l'air qui passe par les narines, étant chargé de cetaigredoux, qu’il a enlevé des PAPIEURES du poumon, "00 picoter de même la membrane interne du nez.

Si lon objecte: que l'irritation de la séitaté interne ne peut pas exciter cetté démangeaison au dehors du bout du nez , je répondrai ‘que c'est'uné : sensation que l'ame rapporte en ce lieu, quoiqu'elle n'y: sôit, peut-être pas, comme elle le fait en bien d'abtreé occasions qui ne seront pas déduites ici.. En un mot il est certain que ‘cet’ aigre-doux s’introduit dans le sang, puisqu' il se manifeste dans a salive et dans: lhaleïne des enfans vermineux , comme om peut Fobserver à l'odeur aigre qui leur exhale de la bouche etdunez.

Les convulsions des yeux sont souvent accompagnées d’une certaine disposition qu’il est difficile de décrire, mais qui ne-laisse pas d'être remarquable, les yeux étant comme hagards, troubles, en un mot vermineux; ce qui vient de ce que: l'aigre-doux dont : nous avons ‘parlé’, ‘se “mélant avec les larmes , irrite les paupières , etieur cause une ‘émangeaison ; et, parce que la glande lacrymale ; qui filtre cet aigre , est prochaine du muscle releveur des paupières, ce musele irrité se contracte , et tire la paupière supérieure” ‘en haut. C'est pour cela aussi que les énfans attaqués de vers semblent dormir les yeüx ouverts, parce que le releveur ‘de l'œil , qui est immédiatement au-dessous , participe à celte irritation ; le globe est relevé à la prun@lle est cachée sous la paupière ; d’où il s'ensuit qu’ils montrent le blanc des yeux pendant leur sommeil.

Le trouble de l'œil peut s'expliquer de. même; car cet aigre, se mêlant avec l'humeur aqueuse , y Cause une légère coagulation" qui la rend moins transparente. . :

La fièvre qui accompagne cette La à et les paroxismes irréguliers qu’on yremarque sont produits par la même cause, parce qu’il entre tantôt plus outantôt moins de cet. aigre dans la masse-du sang ce qui la fait fermenter plus ou moins. Voilà comme on peut rendre raison des fièvres irrégulières et des autres accidens qui affligent les enfans. vermineux. Enfin l’on: peut conjectürer qué tant d’accidens. doivent troubler la digestion etla chylification : d’où il résulte un sang mal conditionné, et. un vice dans la lymphe et dans les autres. humeurs ; qui devient la cause du rachitis et d'une FRinse d’autres maladies. … ,

Si l'enfant a été ROUE d'un Jait séreux , sans liaison se, sans consistance,.co:ame est ordinairement celui des nourrices qui ‘travaillent et fatiguent. beaucoup, de. celles qui sont mal nourries , qui ont quelque maladie , ou qui enfin, étant grosses, continuent allaiter un nourrisson; si, dis-je, l'enfant a tété ce lait séreux et sans consistance, son sang sera chargé d’une lymphe‘insipide, dépourvue de ses principes, qui, loin de produire la dureté des os, les rendra plus mous... :, :; $

Si l'on ôte aux enfans l'usage du bon lait avant qu'ils aient la plus grande partie de leurs dents, ne pouvant mâcher, ils tombent souvent dans la chartre ou rachitis ; parce que, les alimens étant mal mâchés,, le dissolvant de leur estomac m'est pas assez puissant pour en séparer et dissoudre tous les principes, et en faire un bon chyle : d'où il arrive deux choses : l'une, que le sang qui en résulte, étant dénué de ces. principes $ made) cause du rachitis ;'et l'autre , que l'enfant ,

n étant pas. assez fort pour. supporter la douleur ; sera exposé à fous les accidens dont j j'ai. parlé ci-dessus. |

Ainsi l'on peut assurer que les régions, le mauvais lait, a: douleur des. dents, les vers, le changement de nourriture et autres causes. alléguées peuvent altérer la chylification de manière que le sang se trouvant appauvri, produira la mollesse dansles os.

De tous les os ceux qui sont poreux s’amollissent. plus facilement. que. les autres: ainsi les Yertèbres s’amollissent les premières ; et, étant devenues, molles PA “elles doivent S ’affaisser les: unes sur .les autres : d'où. il arrive qu’ ’elles laissent moins d'i intervalles danses : trous..que lormen leurs échancrures pour la sor tie des nerfs ; que ces nerfs , qui sortent de la moelle de l'épine, se trouvent comprimés , ce qui empêche le cours. des esprits animaux dans les parties où ces nerfs se distribuent; et, parce que l'esprit animal sert à lanourriture des parties , comme il sera prouvé dâns la suite, celles qui n’en receyront pas suffisamment doivent s ’affaisser , et devenir sèches et maigres. "dore ‘a $

Sur ces-principes il nous ‘est facile d'expliquer plusieurs phéño-

mènes qui accompagnent ces maladies, ce que je ferai ‘après avoir rendu raison de la rauelns des 08.

De la Courbure des. Os dans la Chartre.

Glisson, fameux médecin anglais, prétend que cette courbure arrive par Ja même raison qu'un épi de blé se courbe du côté du soleil, ou qu'une planche, du papier, un livre: et autres choses semblables se courbent du côté du feu , parce que le soleil ou le feu enlève quelques-unes des parties humides qui se rencontrent dans

-les pores de la surface exposée au soleil ou au feu, et pousse les autres dans la surface opposée; ce qui fait, à l'égard de ces surfaces, ee que feraient plusieurs coins dé bois que lon mettrait dans les séparations des pierres qui composent une colonne ; car , si tous ces coins étâlent du même côté, le pi ou la colonne se courberai du

côté opposé. - 7

Voulant faire l'application de cet PA Te à la courbure des os , ik

dit qu’ils se courbent lorsque la nourriture porte «en plus grande abondance d'un côté que d'autre, parce qu’un: côté, venant à s’enfler et à croître considérablement, oblige la surface opposée à se courber : c’est pour cette raison que le même auteur ordonne de frotter le côté courbé d'huile pênétrante et de linges chauds pour rappeler la’ nourriture dans cette partie, et faire entrer dans ses pores des particules nourricières pour alonger ces fibres à l’aide des bandages et des attelles qu'il on quon appque aux côtés opposés à la courbure.

Ce système de Glisson éoufrre plusieurs difficultés, qui ont été réfutées tant de fois qu’il me suffira de dire qu’il pourrait passer pour vraisemblable si l’on connaissait quelque cause qui pût produire une distribution inégale de la nourriture dans quelque os, et si les os ne se courbaient pas du côté où il semble qu'ils dussent recevoir plus

de nourriture. En:effet les jambes se courbent ex dehors; et, suivant ce que dit Glissor, elles devraient se jeter en: dedans.

: Mayou propose un système tout différent, où il'dit que, dans cette maladie, les cordes tendineuses et: les muscles sont desséchés et raccourcis faute de nourriture, pendant que’les os, loin de diminuer, augmentent : d’où il arrive qu’ils se courbent, de: même qu'une corde’ qui: est attachée aux extrémités du ‘tronc d’unjeune

arbre” Foblige à se courber parce que cette corde ne peut prêter quand l'arbre croît et fait effort pour s s'alonger, Voici les objections faites contre ce système : — [a première, qu'il y a des os qui, étant recouverts de: toutes parts, doivent être tirés également, el ne devraient pas se courber; ce qui arrive pourtant à ceux des bras

et des cuisses, qui sont également recouverts de muscles; — Ia deuxième est qu’il n’y a point de cordes/téndineuses qui s’attachent aux deux extrémités d’un même os; comme la corde dont il a été parlé s'attache aux deux bouts du même arbre, puisque l’on voit au contraire que les muscles qui partent d’un os passent au-delà de l'articulation pour s'attacher à l'os qui est au-dessous; d’où l’on tire cette conséquence que la courbure des membres ne paraîtrait que dansles articles ;:de‘même que , s'il y avait une charnière dans le milieu de Parbre; Iæ Dr me: PRE se courbor sad l'endroit de:cette charniére. 42 Ces objections ne: Rire sied du système de Mayou. Pour répondre à la première je dis que, quoique certains os soient recouverts de: muscles dans toute leur étendue, on ne doit pas cependant conclure qu'ils aient des forces égales, et que les plus fortes doivent l'emporter sur les plus faibles , et obliger los à se courber. : À la deuxième objection on répondra que , quoiqu'il n’y ait pas. de corde tendineuse qui s'attache aux deux extrémités du même os, on ne doit pas conclure que celles qui passent par les articu- ‘lations soient moins disposées à courber les membres dans le milieu des:os que dans les articles, et cela pour trois raisons : 1° les muscles qui fléchissent le pied ne peuvent le tenir continuellement dans cette: situation; puisque les extenseurs agissent alternativements;:et, si l'on m’objectait qu'il en est la même chose à l'égard des muscles qui couvrent les os, ce que je dirai tout à l'heure: prouvera le contraire. -— 2° Les muscles qui passent par l'articulation: sont antagonistes, ce qui fait que , s'ils agissent tous ensemble, ils peuvent bien faire un mouvement tonique dans lequel ces muscles ne pourront porter la partie plus d'un côté que d'autre ; mais, à l'égard du corps de los ; ils sont , pour ainsi dire, congénères, parce qu’ils tendent tous à le courber du même côté , comme on le peut voir à la jambe , où le péroné et le tibia se courbent en dehors, parce que les muscles’ fléchisseurs et extenseurs du’pied et des orteils sont tous situés dans les parties extérieures , antérieures et postérieures ,-et:qu’il ne s’en trouve pas un dans la partie interne de la jambe, comme tout le monde le sait. -— En troisième lieu il faudrait que les muscles fléchisseurs ou extenseurs fussent toujours em contraction pour rendre un membre courbé dans l’article, comme il arrive dans les ‘convulsions qui produisent certaines: espèces d’ankyloses; maïs il n’en .est pas de même des os qui peuvent se courber quoique des:muscles ne soient pas toujours en contraction , parce que, les'os étant mous, s'ils se courbent par l’action de: quelques muscles , ils ne: pourront se redresser pendant Vinaction, les os “n'ayant point le ressort qu'il faudrait qu’ils eussent pour reprendre leur premier état : ainsi, demeurant dans cette figure, ils seront courbés davantage à la seconde contraction des muscles,

et de plus en plus à mesure que les contractions seront réitérées. Quoi qu'il en soit, on ne peut nier que la courbure des os ne dépende de la contraction des muscles ; mais j'ajouterai que , sans leur mollesse, ils ne pourraient se courber ; que la pesanteur du corps et de ù tête y contribue, et particuliééeinent la courbure naturelle qui se trouve à tous les os : ainsi j’admets quatre causes de la courbure des os des richais ; savoir : leur mollesse, la contraction des muscles, la pesanteur du, corps, et leur courbure naturelle. Et, pour expliquer la courbure de chaque os en particulier , je dis premiérement que l’épine se courbe parce que les vertébres sont molles ; secondement, par Paction des psoas longs , scalènes, droils et obliques du bas-ventre, lesquels, tirant la poitrine en devant, obligent l’épine à se voûüter en arrière. Troisièmement la tête, qui, étant fort grosse dans les richais , pèse considérablement sur l'épine, qui n'ayant point de solidité, est obligée de plier comme ferait un pilier de plomb sur lequel serait appuyée une masse trop pesante. Quatrièmement le cou se courbe en arrière , et se voûte en devants les vertèbres du dos se courbent en devant , et se voûtent en arrière ; les lombes se courbent en arrière , et se voütent en devant, parce que ces parties sont: naturellement un peu courbées de ce côté-là. Les côtes sont aplaties dans leur milieu et poussées en dedans par la pression des muscles pectoraux et des grands dentelés , de sorte que ces demi-arcs deviennent courbes : d’où il arrive que Ja respiration est empêchée parce que le sternum est poussé en devant, ce qui fait que Ja poitrine paraît pointue: = Les cartilages et le bout des côtes deviennent plus gros du côté de la cavité de la poitrine, parce qu’ils n’ont rien qui les comprime en dedans. — Les os des îles sont étroits et pliés en dedans par la contraction des muscles fessiers et iliaques , qui , tirant de leur côté, rétrécissent et courbent ces os. — Les omoplates deviennent moins amples et plus épais, parce. que les muscles sous et sus-épineux , sous-scapulaire ,+grand et petit rond , qui les couvrent, tirent chacun de leur côté, et approchent, pour ainsi dire , toute “ circonférence au centre. L’os du bras ne change presque pas de figure, parce qu’il est entouré de muscles qui ont presque une égale force, joint à ce que cet os ne sert à Pappui d'aucune partie comme fait los de la cuisse. | Il faut pourtant remarquer que, quand la mollesse des os est grande, non-seulement l'os du bras se courbeen arrière et se voûte en devant à l'endroit de l'insertion du deltoïde et de l’origine du brachial antérieur , mais très-souvent ilse trouve à demirompu, comme je l'ai vu-plusieurs fois. Cet accident n’arrive pas seulement à l’os du bras, mais souvent aux côtes et aux eh moyennes des os de la cuisse et de la jambe.

Les os de l’avant-bras sont courbés en devant parce que les muscles les plus forts y sont placés. De plus ces deux os s’approchent lun de

l’autre parce qu’ils sont tirés par les muscles ri court pense à etéariés x de 4

Quoique los de La cuisse soit inthuié dé obéir presque égaux en force, il n’est pas des moins courbés par plusieurs raisons : la première, parce qu'il est exposé à quantité ‘demotüvemens qui ne. peuvent s’exécuter que par l’action des muscles ; — la seconde, parce qu’il est le plus long de tous les os du corps, et qu'il ést plus facile de courber un corps long qu'un court; — la troisième , parce qu'il est naturellement plus courbé que les autres; — la quatrième raison pour laquelle cet os. se courbe est qu'il appuie et soutient le poids de presque tout le corps. : --

Il ne me reste plus, pour Gonner une idée complète du rachitis , qu’àarendre raison de la grosseur de la tête, de Fembonpoint du visage , de la vivacité de l'esprit des rachitiques , dela délicatesse des organes de leurs sens , de la maigreur des parties qui sont au-dessous du cou, de Ja grosseur des parties internes, de la petitesse de la poitrine et de la difficulté de respirer ; enfin d'expliquer l’adhérence des poumons à la plèvre, leur dureté , leur lividité, et les abcès qui y surviennent ; le gonflement et la dureté du thymus , des glandes, du médiastin, du pancréas et du mésentère : e est ce que je vais faire en peu. de mots ; ensuite je répondrai à quelques ve a ti ur on a faites contre ce système. à

A l'égard de la grosseur de la tête , elle dépend de la mollessée des os du crâne, de ce que leurs sutures sont membraneuses , et de ce que le cerveau, qui recoit du sang en plus grande quantité que les autres parties à cause de leur affaissement , doit augmenter son volume , et par conséquent éloigner les sutures, et écarter les os du crâne qui le renferment. — L’embonpoint du visage et la délicatesse des organes des sens viennent de ce que les esprits animaux y coulent sans interruption : d'où il arrive que ces organes doivent être ébranlés aux moindres impressions que les objets font sur eux. — L'esprit des richais est vif et pénétrant parce qu’il se fait plus de filtrations au cerveau qu'ailleurs : d’où il arrive qu’il se trouve une plus grande quantité d’esprits pour les fonctions de lame. Ce qui fait que les organes des sens , étant facilement ébranlés, comme il vient d'être dit, doivent rapporter à l'ame toutes les sénsations avec plus de régularité ; et elle en doit aussi juger plus sainement, — Les parties qui sont au-dessous du cou sont plus maigres et exténuées , parce que les esprits animaux qui sy distribuent viennent de la moelle de l’épine, et que le désordre des vertèbres fait qu’elles compriment les racines des nerfs qui en sortent, comme il a été dit, et comme je dirai encore dans mes réponses aux objections. — Le foie et la rate sont plus gros que les autres viscères parce que leurs nerfs sont la huitième paire et l'intercostal , qui viennent du cerveau.

La difficulté de respirer est gr ande —{° parce que le foie et la rate,

qui sont dans l’embonpoint occupent plus de place, et obligent le diaphragme à se rendre convexe du côté de la poitrine, ce qui gêne les poumons. — 2° Les côtes sont aplaties en leur partie moyenne, et enfoncées en dedans, ce qui rend la poitrine encore plus étroite. — 30 Les muscles qui servent au mouvement des côtes ont peu de force , et les côtes ; par leur mollesse et pesanteur , sont plus Cfficiles à mouvoir. — 4° La perversion de l’épine:, soit qu’elle se voûte en devant , en arrière ou sur les côtés, change la disposition des côtes etla direction des muscles qui les font mouvoir

Ces quatre points-étant bien expliqués , il n’est pas difficile de “rendre raison des adhérences , des abcès et dessquirrhes des poumons. Outre la difficulté dé respirer, jé connais deux causes ; savoir : Ja mauvaise qualité du sang et la-force du cœur.

A l'égard de la difficulté-de respirer , elle peut causer les Jésbriès des poumons en deux manières : l'une aura rapport à l'inspiration 7 et l’autre à l’expiration blessées.— Par linspiration blessée il arrive que , ne se trouvant pas dans les poumons une suffisante quantité d'air pour rafraîchir, condenser et préparer le sang que le ventricule droit du cœur y a poussé, le sang y coulera plus lentement, et sera, par sa lenteur et par sa grossiéreté , disposé à faire quelque embarras dans les vaisseaux capillaires de la substance des poumons. — Quand l'expiration est blessée , il doitarriver que l'air ; ne sortant point des bronches avec facilité, et étant en petite puit l'évacuation des matières fuligineuses sera imparfaite , et la sortie des crachats difficile et en petite quantité ; de sorte que ces matières retenues causeront les dépôts et les obstructions dont nous avons parlé. — Lamauvaise qualité du sang , qui est grossier , et qui coule lentement , non-seulement par le défaut de respiration , maïs encore parce qu “il est produit d’un chyle cru et mal digéré , comme je l'ai prouvé en parlant des causes primilives ; ce sang, dis-je, étant mal conditionné , s'arrêtera dans les capillaires des veines et artères du poumon aux moindres dispositiohs vicieuses de la part de ces organes.

Mais une des causes principales est la force du cœur, qui, loin d’être diminuée dans cette maladie , semble être augmentée; d’où il s'ensuit que le sang est poussé du cœur aux poumons avec plus de facilité qu'il n’est renvoyé des pornos au cœur ; ce qui n’est pas la moindre cause des désordres qui s'y passent. — Enfin il sera facile de rendre raison pourquoi le thymus ;, les glandes du médiastin , du pancréas et du mésentère sont squirrheuses , puisque les unes servent au passage de la lymphe, les autres à la filtration des dissolvans , et enfin celles du mésentéreà la préparation et au passage de la lymphe et du chyle , puisque nous avons reconnu que ces liqueurs étaient devenues trop épaisses, par conséquent capables de séjourner dans les glandes, de s’y arrêter , de les gonfler et de les durcir.

Après.avoir reconnu ies.causes, tant:premières que secondes, et avoir expliqué tous leurs effets dans la maladie dont je viens de traiter , voici quelques objections qui m'ont été faites sur (ss système que j'aiavancé : |

Première objection. — On voit des Pr oh Krar en Aryorets ‘sans qu'on s’aperçoive que les dents , les vers, le mauvais lait et autres causes semblables aient pu y avoir part.

Deuxième objection. — I s’en est trouvé qui n’ont jamais dintimié de leur embonpoint, -et qui cependant avaient les bras et les Jambes courbées , ce qui paraît contraire à ce que j'ai établi. :

Troisième objection. — D'autres n’ont eu les membres courbés, et la maigreur n’a paru-qué d'un côté seulement, ce qui ne devrait pas arriver si ce que j ’ai dit dans les çauses de la courbure et de la maigreur était vrai.

Quatrième objection. — Si la compression des: nerfs de l’épine cause la maigreur dans les parties molles, elle doit, ce semble, empêcher le gonflement des os qui se trouvent sous:les parties molles exténuées.

Cinquième. objection. — Suivant ce qui a été dit de lembonpoint des organes des sens, du foie, de la rate, et de la maigreur des autres parties, on ébjecte que cela ne peut pas arriver par la mollesse de l’épine qui s’affaisse sur les racines des nerfs, puisque ce désordre n'arrive point aux nerfs du cerveau , quoique les os du crâne deviennent mous , comme il a été dit en parlant de la grosseur de la tête des richais, et de l’écartement des sutures qui joignent les os ducràne.

Pour répondre à la première dhisetidéi je dis que, si quelque enfant.a été attaqué du rachitis sans qu’on ait apercu quelque déréglement dans les. cinq choses que j'ai établies pour causes, on ne doit pas douter que quelqu'une n'y-ait part; car on peut se tromper dans l'examen du lait des nourrices , et dans le jugement que l’on peut faire des autres causes, vu qu’il arrive souvent des maladies desquelles nous ne connaissons qu'imparfaitement les causes secondes, ef que nous ne pouvons anti certainement à aucune cause primitive.

Réponse à la seconde objection. — S'il s’est vu quelque richais qui n’ait-point diminué de son embonpoint, je puis répondre qu’il se pouvait que la mollesse ne fût pas considérable, outre qu’elle peut bien n’attaquer que certains os des extrémités sans: que l'épine le soit, et cela par quelque disposition particulière ; comme je viens de dire, ou par la mauvaise situation que la nourrice peut avoir désrnééi, ou enfin par l'attitude de l'enfant lorsqu'il marche; car nous en voyons quise penchent du côté droit, d’autres du côté gauche ; et il s’en trouve qui, en marchant, chancellent, et balancent alternativement leur corps d’un eôté et d'autre, d'où vient que

lépine se courbe de différentes manières; que tantôt la coûrbure est du côté droit, et tantôt du côté gauche, et que très-souvyent elle se courbe des deux côtés alternativement, et prend une. figure ondoyante. — Il sera présentement facile de concevoir pourquoi la maigreur n'est que d’un côté. Par exemple, si l’épine se courbe à droite , les échancrures des vertèbres se trouvent rapprochées, et les vertèbres comme écrasées les unes sur les autres du côté courbé, pendant qu’au contraire les vertèbres sont écartées et les échancrures plus larges au côté opposé à la courbure ;. d'où il arrive que les nerfs de l’épine ne sont comprimés que du côté courbé, que les. esprits animaux n’aurontpas leur .cours libre, et que les parties où ils doivent se distribuer seront maigres et desséchées , au lieu que les parties opposées seront dans l'embonpoint parce que leurs nerfs sortent de l’épine par les côtés où les vertèbres ne sont pas affaissées les unes sur les autres. |

Réponse à la quatrième.objection. — Si les os nese dessèchentpas comme font les parties molles, cela vient de ee que l'esprit animal sert peu à leur nourriture , vu que cet esprit n’aide à la nutrition des parties molles qu’en leur donnant l’élasticilé qui fait équilibre avec l'air extérieur pour que le sang les pénètre avéc facilité, sans qu’il en soit chassé par le ressort et la pesanteur de Pair cniésioune les os, si mous qu’ils puissent être, ont encore assez dé solidité pour s'opposer à cette pesanteur.

Pour réponse à la cinquième objection il suffit d'expliquer pourquoi les nerfs qui sortent des échancrures de lépine sont comprimés pendant que ceux qui sortent du crâne ne le sont point. Nous avons trois raisons à rapporter : la première est que l’épine est Comme écrasée par le poids de la tête ; mais la tête, n’ayant rien à soutenir, n’est point pressée : les nerfs doivent donc en. sortir sans souffrir de compression ; — la seconde, que les nerfs de lépine font plus de chemin que ceux du cerveau , excepté la huitième paire et l’intercostal. — La troisiéme : les nerfs de l’épine sortent horizontalement , et ceux du cerveau perpendiculairement, ce qui fait qu’ils ne sont point comprimés comme ceux de l’épine. :.

Tout ce que nous venons de dire nous paraît suffisant pour donner une idée de la mollesse des os, de leur courbure et des autres accidens quien dépendent : nous allons passer au pronostic et à la cure.

IL est rare que l’on puisse guérir le rachitis lorsqu'il y a hydrocéphale , parce que cetie maladie est d'elle-même mortelle, particuliérement quand elle est parvenue au point que les sutures soient écartées. — On guérit rarement ceux à qui les glandes conglobées sont dures et $squirrheuses, et particulièrement quand. celles. du mésentére sont attaquées de ce vice; parce que le chyle doit passer à travers ses glandes, ce qu’il ne peut faire pour lors avec facilité. Et, comme la vie est entretenue par le chyle, qui passe par ces

ylandes pour se mêler avec le sang et le Hdbdeté: si ce passage est intercepté, il faut qu’à la fin l'animal périsse. — CEUX qui n’ont pas leurs dents guérissent rarement, tant parce qu’ils succombent à leur sortie que parce qu'il est nécessaire qu'ils, en aient pour mâcher, particulièrement s'ils sont sevrés. — Ceux qui n'ont point l’épine courbe guérissent plus facilement ; enfin ceux qui mangent avec appétit, ceux qui se réjouissent , qui sont gais, sont plus tôt guéris que les autres.

It s’agit présentement de remédier à Yeite maladie, et il faut remarquer qu’elle'est, comme les autres, plus facile ‘à guérir dans Son commencement que lorsqu'elle a déjà fait quelque progrés ; que lon peut beaucoup plus facilement Ia prévenir que d'empêcher les suites, et que, quand elle est dans son état, l'art à moins de part à sa guérison que la nature.

On ne peut détruire aucuns de ses effets qu’ en détrufsant leurs causes : cela étant, pour suivre dans la cure lordre que nous avons tenu jusqu’ ici, il faut d'abord avoir égard aux causes primitives , ensuite on détruit les causes secondes ei, leurs effets,

A l'égard des causes primitives , on les prévient , autant qu’il est possible ; en faisant respirer aux enfans un air subtil, en ne leur donnant rien qui puisse produire des vers, mais. partientièr ement en leur onnant de bonnes nourrices , et en ne leur faisant quitter le bon lait que quand is ont la plus grande partie de leurs dents, sans quoi ils tombent dans cette maladie, comme il a été dit. Et si, pour n'avoir pas pris toutes ces précautions , l'enfant se trouve attaqué de cette maladie, voici en deux mots ce qu il faut faire pour la guérir entièrement ou la pallier.

On.prescrit d’abord un régime de vie qui est différent suivant hé causes : si c’est l'air , on fait changer de lieu au malade ; ou, si cela n’est pas possible , on corrige celui dans lequel il est par TER battus de plantes et par quelque calcination d'ailes de perdrix , de cornes de cerf et’ autres. -

Si les dents ont de la peiñe à percer les gencives, on facilite leur sortie en les frottant souvent avec le sang de crête de coq 2 la cervelle dé Tiévre, les huiles d'amande douce, de lis, de palme et autres petits rémèdes que lé succès a mis en usage parmi ceux qui gouvernent et nourrissent les enfans ; et, si les gencives sont trop dures, on peut les inciser pour faciliter la sortie des dénts.

Lorsqu’ il y a des vers, on saigne pour prévenir Pinflämmation ; on donne des lavemens deait avec la décoction de figues , de raisins et un peu de sucre: On donnera au contraire par ‘en haut tous les amers, comme les préparations d’absinthe, de chicorée, de rhubarbe, le quinquina, l’opium , et autres médicamens propres à tuer les vers. Les lavemens doux attirent les vers, qui, n'étant que de pures machines, doivent naturellement s éloigner des médicamens amers

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que l'on a fait prendre par la bouche pour s'approcher des médicamens doux que nous avons recommandé de donner par en bas, ce qu’ils ne peuvent faire sans s’approcher-de la porte par laquelle on veut qu’its sortent. Mais, pour les déterminer davañtage à sortir, on donne des purgatifs avec l’eau de chicorée, le sirop de la même plante et la rhubarbe , ou, à sa place, le sirop magistral, ce qui fait deux bons effets, car les amers tuent ou font fuir les vers ; et de plus l'action du purgatif actélére le mouvement péristaltique des intestins , ce qui détermine cetle-vermine à couler-vers le bas. — Il ne faut pas oublier l'émétique: et les préparations de mercure, qui son! uliles pour tuer les vers et pour évacuer la matière vermineuse. Enfin on fait observer un régime de vie en défendant au malade leg alimens doux , laiteux et faciles à s’aigrir.

Si la nourrice. qui a commencé de nourrir l'enfant n’a pas un bon lait, bien. conditionné ; qu’elle ait quelque maladie , quelque chagrin ; qu’elle soit obligée de lravailler beaucoup, ou qu’elle soit mal nourrie, il faut en donner une autre de laquelle l'enfant puisse sucer une bonne nourriture , afin quelle chyle ; le sang et la lymphe soient corrigés de manière que toutes les parties reprennent leur embonpoint, que les os durcissent ,; que les dents ‘sortent, et que l'enfant ail assez de force pour résister à la douleur qu elles causent: en sorte que, si l'enfant tombe en chartre immédiatement après avoir été sevré , et qu’il l'ait été trop tôt ou avant la sortie des dents, il faut lui donner une bonne nourriture pendant que lon travaillera à détruire les causes secondes et leurs effets en la manière qui suit : — il faut purger, mais rarement, et avec les remèdes les plus doux, à moins qu'il n’y âit des vers, parce qu'il s'agit moins d’évacuer qué de corriger lé sang et la lymphe par des décoctions de plantes aromatiques , par des bouiïllies dans lesquelles on met des cloportes, la poudre de: vipères, ét, au lieu de sel commun, les vola‘ils de cornes de cerf, de crâne humain; en un mot tous les sels volatils conviennent. — Si l'enfant ne peut prendre ces remèdes , où quand même il les prendrait facilement ; on ne peut que sp faire en les faisant prendre aussi à la nourrice. 4 *

Quant aux difformités -de l'épine , de la poitrine et des autres membres, elles peuvent être corrigées et même détruites si , outre les remèdes prescrits, on a soin de contenir l’épine par les corselets , et les bras, jambes et cuisses, “par les patine de cuir, de linge, d'acier et par la bottine.

Voilà ce que j'ai cru devoir diré pour donner une idée du rachitis. Si je me suis étendu beaucoup plus sur les causes et sur Fexplication des symptômes que sur les formules, c’est que je suis persuadé que les maladies qui sont bien connues indiquent elles-mêmes le remède qui leur convient. ‘2

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