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Né le Mémoire de M. Fabre sur la réunion des plaies et des ulcères avec perte de substance dans le tome [V des Mémoires de l'Académie Fayile de “chirurgie.
05. après l'amputation on est. frappé de voir :que: tous lès malades qu'on à cités pour exemples étaient dans un état de: dépérissement , ou affectés de .quelque vice intérieur! La fille dont j'ai parlé } à laquelle M. Veyret fut obligé de rescier Fos qui excédait de quinze dignes le niveau des chairs, avait depuis’ douze ans un spina ventosa à la jambe. L’os fut encore saillant et dénudé dans un:soldat auquel M. Allouel. avait coupé la cuisse. Ge soldat avait: -récu lun coup de feu a genou ; un mois ou: six semaines après : sa blessure: ile était épuisé par la diète sévère qu ’il avait obsérvée, par une suppuration abondante et par plusieurs dépôts considérables qui s'étaient formés dans la cuisse ; les douleurs vives qui le fourmentaient le déterminérent à à demander lui-même l'opération. On cite encore’ deux exemples dé dénudation de l'os dans deux malades: ‘auxquels MM. Pouteau et Puy, habiles chirurgiens de Lyon:; firent Pamputation, de la cuisse suivant la méthode de M. Louis. Un de ces malades avait été extrêmement affaibli par: les douleurs et: par lès remèdes qu'on lui donnait depuis trois ans-pour. une ankylose! au: genou dans laquelle lextrémité inférieure du. fémur el la partie. supérieure du tibia et du péroné se trouvèrent rongées. L'autre malade “était également attaqué d’une ankylose ulcérée avec carie au genou, accompagnée d’une suppurationséreuse , laquelle: s'étendait jüsqu’ à la, partie moyenne de la-cuisse. Quoique, dans ;ce dernier malade, “le émur. füt très-enfoncé dans les chairs, lorsque Famputation fut achevée, ‘un mois aprés la saillie de l'os devint si considérable que M. Puy fut obligé de le rescier-au. nivéau. des-chairs et, nalgré celte résection , la saillie augmenta encore au point qu'on: eûüt:éle obligé de:scier Tos. une troisième fois si le malade n’était pas moït. Enfin M. Louis lui-même n’a point x ité que le moignon ne devint un peu conique dans un malade qui. avait , avant. Popération,, les .Muscles-de la cuisse dilacérés par la purulence (1). |
IF faut donc que, dans ces cas, il‘existe une cause insurmontabie -de Ja dénudation de l'os. Il ne sera pas difficile .de la découvrir si APR se rappelle ce que nous avons dit des adhérences. qui fixent l'extrémité des muscles au niveau de Pos. Nous avons supposé Fainputation de la cuisse faite. à un homme bien constitué d'ailleurs, à un homime dont les liqueurs n’ont souffert aucune laltération. On sait que , dans, cet état , le sang et la lymphé forment ; dans les plaies récentes , des adhérences solides ; soit qu'ils se coagulent simplement lorsqu’ ils sont extravasés,-soit que l'inflammation augmente leur ténacité : aussi voit-on que, dans ce cas , les chairs restent constamment fixées à l'extrémité du moignon! pour peu qu'on évite les causes accidentelles qu sont capables de rompre les eus qui les
(4) Voyez le quatrième volume des aq " Masai és royale de chirurgie , pag. 58: rt |
retiennent ; mais ii n’en est pas de même dans les sujets dont le sang et la lynighe sont altérés, appauvris ; dans les sujets où ces fluides, presque dissous, n’ont pas la consistance nécessaire-pour former des adhérences capables de lier ensemble et de retenir dans un point fixe les parties divisées. Tels étaient les malades dans lesquels on a vu que la dénudätion de l'os, après l'amputation , a été inévitable. Le sang coagulé et l’inflammation qui a précédé ont bien pu, pendant quelque temps, retenir les chairs au niveau de l'extrémité de l'os", mais ces liens n'étaient pas assez solides pour résister à la moindre force qui tendait à les rompre ; les chairs ne tenaient, pour ainsi dire, à rien, parce que les fluides qui devaient fournir le gluten propre à les fixer. ne pouvaient acquérir assez de consistance et de solidité pour s'opposer à leur rétraction. Ainsi, les fibres musculaires: étant dégagées de tout lien, l'irritation excitée par tes pansemens et] par action d'un pus àcre et. sanieux les faisait retirer chaque jour vers leurs attaches supérieures en excitant leur irritabilité. Peut-êtr e aussi que leur tissu était insensiblement détruit, anéanti par les mêmes causes ; mais, quoi qu’il en soit, los restait dénudé malgré qu’on eût conservé à la masse charnue e muscles une longueur exeedante de plusieurs pouces.
Mais. Vexpérience nous démentirait si nous disions que la dénudation de l'os a lieu dans tous les malades qui sont exténués, ou qui sont affectés de quelque vice intérieur. Les liqueurs peuvent avoir des” modifications différentes dans le cours d’une même maladie. Dans la . vérole, par exemple , et dans les écrouelles le sang et lalymphe peuvent, dans un certain degré de la maladie, être, susceptibles de s'épaissir, et de fournir un gluten solide ; au ia que, daps un autre temps, le progrès du mal aura détruit leur consistance. Aussi voiton que certains vér olés ou écrouelleux guérissent prompteméent de. l'amputation, comme M. Petit l’a observé : tandis que cette opération ne réussit pas de la même manière dans d'autr es sujets affectés des mêmes maladies , mais dont les fluides sont tombés en dissolution # ce qui est encore une preuve confirmative de nos principes.
Il est donc des cas où la dénudation de l'os est inévitable quelque méthode qu’on suive, et d’autres, quisont les plus ordinaires , où celle de M. Petit suffit pour l'éviter ; ear il est certain que les muscles, aprés la rétraction primitive qu’ils éprouvent dans l'instant qu'on les divise, n’ont plus la liberté de se retirer dès que la coagulation du sang et de la lymphe , et ensuite l'inflammation , les ont fixés à l’extrémité du moignon. Il suffit donc de les couper, le plus également qu’il est possible, au niveau de l'extrémité de Jos, puisqu'i ‘ils ne doivent:-plus abandonner si le membre reste dans un parfait repos, et sion évite tout ce qui peut rompre les liens qui les retiennent. Or, en supposant que, dans ce cas, on,conserve à la masse charnue des musciés une longueur qui excède de deux ou trois pouces l'extrémité
de l'os, que deviendront ces chairs isolées , sans point d'appui, et au centre desquelles il y a le vide que l'os occupait? Conçoit-on bien commént la cicatrice pourrait se faire dans un pareil inoignon ? ? Cepéndant il semblerait que la méthode de M. Louis conviendrait du moins dans les cas dont nous venons de parler , où la dénudation de-Tos est inévitablé ; mais comment les reconnaître , Ces cas, puisque cette dénudation m'arrive point dans tous les malades qui . Sont exténués , ou affoctés d’un vice intérieur ? ét, en supposant même qu'on les distinguât , ne faudrait-il pas encore attendre que l'expérience nous eût appris s’il ne serait pas plus avantageux de s’exposer à scier l'os une seconde fois, ou d'attendre que la nature en retranchât elle-même la partie excédänfe > que de'pratiquer. une méthode insolite , par laquelle on n’évite pas même nécessairement l'inconvénient dont il est question lorsque les fluides altérés ne peuvent pas fournir un gluten assez solide pour fixer les chairs à Fextrémité du moignon ?
Ce n’était donc point sur Ja manière de couper les chairs dans l'amputation qu’on devait exercer son génie. Celui qui trouverait le moyen d'arrêter Je sang avec sûreté sans faire la ligature des vaisseaux de la manière qu’on la pratique aujourd’ hui mériterait bien mieux de l'humanité. Lorsque Ambroise Paré imagina de lier les vaisseaux , il fit faire un grand pas au progrès de l’art en proscrivant les moyens, aussi infidèles que dangereux, dont les anciens se servaient pour arrêter le sang; mais ce père de la chirurgie française ne comprenait dans la ligature que l'artère seule qu’il fallait lier. Il est vrai qu’on a éprouvé quelquefois que l’impulsion du sang ou quelque autre cause faisait manquer cette ligature ; maïs pourquoi »a-{-on pas cherché à l’affermir par un autre moyen que celui d’embrasser avec le fil beaucoup de chairs qu’on étraängle avec violence? Tous les praticiens conviennent que cette rarhère de lier les vaisseaux est la cause des accidens les plus terribies, surtout lorsque les malades ont toutes leurs forces, comme le jour ou le lendemain d’une bataille : aussi combien peu de ces malheureux qui se sacrifient pour la patrie sauve-t-on de la mort par la voie de l'amputation ! M. Petit, qui connaissait les funestes effets de l’irritation causée par la ligature, croyait qu'on pouvait substituer à ée‘crüel moyen la machine compréssive qu'il avait imaginée dans l’occasion dont nous avons parlé. On à depuis proposé lagaric de chêne , la vessie appliquée seule sur le moignon, ou conjointement avec la ligature de l'artère, comme Ambroise Paré l'avait imaginée, et comme on dit que les Anglais la pratiquent. C’est à t'expétience.à apprécier ces moyens. Enfin, je le répète, celui qui arrêtera le sang avec sûreté, et, dans tous les cas, sans faire la ligature comme on la pratique aujourd’hui, sera digne des plus grands éloges et de la récompense la plus honorable.