MADEMOISELLE DE VERTUS
Ici repose Catherine-Françoise de Bretagne , demoiselle de Vertus. Elle passa sa plus tendre jeunesse dans le désir de se donner à Dieu, pratiquant dès lors, avec un goût particulier, la règle de saint Benoît dans un monastère. Mais, engagée dans le monde par ses parens, les flatteries des gens du siècle, et cette estime dangereuse que lui attiroieiit les grâces de sa personne et les agréraens de son esprit, l'emportèrent bientôt sur ses premiers sentimens, dont elle ne laissoit pas d'être toujours combattue. Pour surcroît de malheur, se trouvant mêlée fort avant dans les cabales qui divisoient alors la cour, elle prit, hélas! trop de part aux plaisirs et aux intrigues que dans son âme elle condamnoit. Mais Dieu, qui ne vouloit pas qu'elle pérît, jeta une amertume salutaire sur ses vaines occupations, et permit que, rebutée de leur mauvais succès, elle en connût mieux le néant, et qu'elle lui rendît tout son cœur. Elle eut le bonheur, dans les premiers temps de sa conversion, de fortifier, par son exemple et par ses conseils, la duchesse de Longueviile dans le dessein qu'elle forma aussi de se convertir, et fut l'ange visible dont Dieu se servit pour aider à cette princesse à trouver la voie étroite du salut. Catherine , malgré ses continuelles infirmités, affligeoit son corps par des austérités continuelles , goûtoit une paix profonde et une solitude intérieure au milieu des troubles et des orages dont elle voyoit avec douleur l'Église agitée , veillant sans cesse à tous les besoins de cette épouse de Jésus-Christ et de ses membres , surtout de ceux qui soufi'roient pour la défense des vérités chrétiennes : et elle fut rendue digne, par cette charité si compatissante, de contribuer à la paix qui calma pour un temps toutes ces tempêtes. Alors, persuadée qu'elle n'avoit plus autre chose à faire que de consommer sa pénitence, elle se retira dans cette maison', dont elle embrassa toutes les pratiques , et où ses violentes maladies , qui l'attachèrent au lit pendant les onze dernières années de sa vie, l'empêchèrent seules de faire profession. Mais elles n'empêchèrent pas sa régularité à réciter tous les jours l'office aux mêmes heures de la communauté , son attention aux nécessités du prochain , sa charité pour toutes les sœurs , et surtout son attention à Dieu dans une adoration perpétuelle au milieu de tous ses maux, qu'elle souffrit avec une extrême humilité, et avec une patience incroyable. Enfin-, à^ée
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