‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 35 sur 170 · M, COLBERT · texte numérisé non relu

M, COLBERT

M. Colbert disoit qu'au commencement que le roi prit connoissance des affaires, ce prince lui dit et aux autres ministres : « Je vous avoue franchement que j'ai un fort grand penchant pour les plaisirs ; mais si vous vous apercevez qu'ils me fassent négliger mes affaires, je vous ordonne de m'en avertir. »

On prétend que M. Colbert est mort malcontent; que le roi lui ayant écrit peu de jours avant sa mort, pour lui commander de manger et de prendre soin de lui, il ne dit pas un mot après qu'on lui eut lu cette lettre. On lui apporta un bouillon, là-dessus; et il le refusa. Madame Colbert lui dit : « Ne voulez-vous pas répondre au roi? » Il lui dit : « Il est bien temps de cela : c'est au Roi des rois qu'il faut que je songe à répondre. » Comme elle lui disoit une autre fois quelque chose de cette nature, il lui dit : «Madame, quand j'étois dans ce cabinet à travailler pour les affaires du roi, ni vous ni les autres n'osiez y entrer; et maintenant qu'il faut que je travaille aux affaires de mon salut, vous ne me laissez point en repos. 3>

Le vicaire de Saint -Eustache dit à M. Colbert qu'il avertiroit les paroissiens au prône de prier Dieu pour sa santé : « Non pas cela dit M. Colbert, maisbien qu'ils prient Dieu de me faire miséricorde. »

Deux jours après sa mort, les bouchers de Paris et les marchands forains avoient abandonné Sceaux, et allaient à Poissy : lettre de cachet, puis arrêt du conseil, pour les obliger de retourner à Sceaux'.

M. Mansard prétend qu'il y a trois ans que Colbert étoit à charge au roi pour les bâtimens ; jusque-là que le roi lui dit une fois ; « Mansard, on me donne trop de dégoûts, je ne veux plus songer " bâtir. »

La dépense des bâtimens , en 1685 » a monté à seize millions

^. C'est le premier maréchai de Villeroi, petit-fils du minisire dft Henri IV.

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